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IR Notes 7 – 9 avril 2014
www.irshare.eu
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Qui est IR Share?
IR Share est une agence de
partage d’informations, de documentations et de compétences pour les
managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR Share opère
via des publications en ligne, des groupes de travail, des formations
consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe
: ce numéro a été
préparé par Francisco Gomez Abeillera, Jean-Claude Fillon, Sofia
Lampousaki, Sebastian Schulze-Marmeling et Frédéric Turlan. Retrouver
l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
S’abonner à IR
Notes En quelques
clics sur le site IR Share ou par E-mail: frederic.t@irshare.eu
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Interview
Dr. Thorsten Schulten, chef d’unité au Wirtschafts- und
Sozialwissenschaftliches Institut (WSI)
Que représente pour l’Allemagne
l’introduction d’un salaire minimum ? Pendant longtemps, les partenaires sociaux
estimaient que la question du salaire minimum pouvait être réglée
par la négociation collective de branche, sans intervention de
l’État. Mais depuis les années 1990, le système de négociation
collective s’est affaibli. De plus en plus de salariés ne sont plus
couverts par des conventions collectives – le taux de couverture
conventionnel ne dépasse pas 60% – surtout dans le secteur des
services. Ce contexte a amené les syndicats à changer d’opinion et
réclamer la mise en place d’un salaire minimum au niveau national.
Les syndicats ont réalisé que l’absence de salaire minimum a permis
le développement de secteurs entiers pratiquant des « bas
salaires » ce qui a contribué à maintenir une pression sur les
salaires, ces derniers ayant peu augmenté depuis les années 1990.
Combien de salariés sont
actuellement concernés par des bas
salaires? Actuellement, nous estimons qu’entre 5 et 6
millions de salariés sont payés moins de 8,50 euros. Ainsi le
salaire minimum profitera immédiatement à 1/5e des
actifs. Il est donc très important que l’Allemagne se dote d’un
salaire minimum. C’est un succès politique du mouvement syndical qui
a mené une campagne en ce sens depuis dix ans finissant par
convaincre une majorité des citoyens et même les partis politiques
conservateurs comme la CDU qui franchissent le pas, estimant qu’il
est inacceptable qu’en Allemagne des salariés travaillent pour 4 ou
5 euros de l’heure.
Le projet de loi vous donne-t-il
satisfaction? Nous critiquons le fait que le niveau du
salaire minimum n’est pas assez élevé – avec 8,50 euros, il est plus
bas que le salaire minimum français – et surtout qu’il n’évoluera
pas avant 2018 comme le prévoit le projet de loi. Actuellement, le
salaire minimum français représente environ 60% du salaire médian. À
8,50 euros, le salaire minimum allemand représente 50% du salaire
médian, et comme le salaire minimum français va continuer à croître
les trois prochaines années ; l’écart va encore se creuser. Comme
l’a dit le président du syndicat Ver.di, il faudrait rapidement
arriver à 10 euros de l’heure. Le projet comporte aussi une
incertitude sur la façon dont sera revalorisé le salaire
minimum. Une commission
paritaire devra adopter une recommandation pour l’augmenter et le
gouvernement devra appliquer cette recommandation sans pouvoir
intervenir. Mais on ne sait pas encore très bien ce qui ce passera
si la commission ne parvient pas à un accord, car une majorité du
patronat est opposé au salaire minimum.
Vous vous inquiétez aussi des
dérogations prévues par le projet? En effet, nous critiquons les quelques
dérogations prévues par le projet de loi, même si nous saluons le
gouvernement qui a résisté à l’intense lobbying de nombreux secteurs
d’activité qui voulaient obtenir des dérogations. Le texte prévoit
que le salaire minimum ne sera pas applicable aux salariés de moins
de 18 ans – ce qui ne nous paraît pas équitable dès lors qu’ils font
le même travail qu’un adulte – ni aux chômeurs de longue durée (plus
d’an an au chômage) qui se font embauché – avec le risque d’un fort
effet d’aubaine où des employeurs pourront recruter des chômeurs de
longue durée pour les licencier au bout de six mois et en reprendre
d’autres sans avoir à respecter le salaire minimum. Ceci dit,
l’impression d’ensemble est qu’il s’agit d’un grand pas en avant et
d’une véritable rupture avec le modèle allemand d’autonomie des
partenaires sociaux. C’est vraiment une très bonne chose.
Est-ce une bonne nouvelle pour
l’Europe ? C’est
un message politique très important
adressé à la Commission européenne et à la troïka BCE-Commission-FMI
qui exercent une forte pression sur les pays en faveur d’une
modération salariale, d’une diminution du salaire minimum ou d’un
affaiblissement du système de négociation collective. La réussite
allemande ne s’est pas construite sur les secteurs à bas salaires et
l’accroissement de la précarité. On peut même dire que le pays a
réussi malgré ces deux phénomènes ! Désormais, le sentiment qui
domine est que l’Allemagne est allée trop loin dans la flexibilité
du marché du travail et qu’il faut aussi que les gens puissent vivre
de leur travail et bénéficier de plus de sécurité ainsi que de
meilleures conditions de travail. D’où la revendication syndicale en
faveur d’une nouvelle règlementation du travail (Neue Ordnung der
Arbeit) dont le salaire minimum fait figure d’élément
central.
N’y a-t-il pas un risque de perte
massive d’emplois dans les secteurs à bas
salaires ? Les
recherches internationales sur le
salaire minimum les plus récentes montrent clairement que l’impact –
lorsqu’il en existe un – du salaire minimum sur l’emploi est
négligeable. En Allemagne, de nombreuses études soulignent que les
salaires minima dans certains secteurs d’activité n’ont pas eu un
impact négatif sur l’emploi. Les entreprises ont de nombreuses
possibilités pour s’adapter à un salaire minimum plus élevé. Elles
peuvent augmenter les prix ou accroître la productivité. Dans
quelques domaines, les bénéfices seront légèrement plus bas. Enfin,
le salaire minimum va créer un nouveau pouvoir d’achat qui stimulera
positivement l’économie.
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Agenda
9 au 11
avril Brème
(Allemagne) Colloque organisé par le « Research
Centre for East European Studies » de l’Université de Brème et
ses partenaires sur le thème : « The Europeanization of Trade Unions in
the Countries of the Eastern Enlargement. Perspectives for Interest
Representation by Trade Unions and for Trade Union Solidarity within the
EU »
11 avril Manchester La
Middlesex University organise un séminaire intitulé « Work-life
balance, fairness and social justice in recession ».
14
avril Bordeaux Séminaire
organisé par le Centre de droit comparé du travail et de la sécurité
sociale (COMPTRASEC – Université de Bordeaux) sur « Le droit du travail
en face de Jaibeol en Corée », par Jeseon Parck, et « Overcoming
Marginalization: Informal workers and their solidarity-based movement in
India », par Supriya Routh. Lien vers le programme.
14 au 17
avril Strasbourg Session
plénière du Parlement européen avec le vote du rapport sur les Conditions
d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers dans le cadre
d’un détachement intragroupe.
28
avril Bruxelles Conférence
sur les conditions de travail, organisée par la Commission
européenne.
14 et 15 mai Genève Forum de dialogue mondial sur les
relations d’emploi dans le secteur des médias et de la
culture, organisé par l’Organisation internationale
du travail.
6 mai Évry
(France) Colloque international sur
« l’inspection du travail, l’entreprise et les droits des
travailleurs », organisé par le Centre de recherche Léon Duguit
(Université d’Évry-val-d’Essonne). Lien vers le programme.
15 et 16
mai Lyon Colloque
organisé par l’Erds-CERCRID et l’IETL (Université Lumière Lyon) sur la
mesure des flexibilités du droit du travail avec en particulier des
interventions de Sylvaine Laulom (« Les flexibilités du droit social
européen ») et de Farida Khodri (« Les normes sociales fondamentales :
un rempart efficace aux flexibilités ?). Lien vers le programme.
20
mai Créteil Conférence
organisée par le RT 18 (Relations professionnelles) de l’Association
française de sociologie et intitulée « Syndicats
et nouveaux acteurs face aux défis des restructurations
multinationales ». Contact: dkessel11@gmail.com
23
mai Avignon Séminaire
méditerranéen de droit du travail, organisé par l’Association française
de droit du travail en association avec l’association espagnole et
l’association italienne de droit du travail. Le thème est celui du
« fait religieux dans l’entreprise ». Lien
vers le programme.
26 au 28
mai Copenhage Le Danish National
Research Centre for the Working Environment (NRCWE) organise la
troisième conférence internationale sur le bien-être au travail.
12 et 13 juin Paris Colloque
international « Trajectoires
professionnelles et
dispositifs publics en action » organisé par sept institutions
de recherche (CEE, IDHE, Ires, Irisso, Lest, Lise et Printemps).
20 juin Bruxelles Conseil
«Emploi et Affaires sociales »
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IR Notes est
une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues
européennes et réalisée par IR
Share et son
réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en
vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le
site IR Share. IR Share
est une entreprise à capitaux privés,
indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider
l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le
correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg,
depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
Michelin
prend le virage du dialogue social européen
La direction du groupe Michelin (62000 salariés en Europe) et les négociateurs
mandatés par son comité d’entreprise européen ont signé, le 26 mars, à Valladolid,
un « accord-cadre européen de responsabilité sociale et de développement »*. C’est
la première fois que le groupe Michelin conclu un accord transnational et c’est une
révolution : 1° longtemps marqué par une culture paternaliste et peu favorable aux
syndicats, le groupe a été plusieurs fois condamné pour discrimination syndicale en
France et n’a mis en place un CE européen qu’en 1999. 2° Le contenu de l’accord
s’éloigne des accords-cadres internationaux standards grâce à une négociation
longue « pour laquelle la direction s’est donné les moyens de travailler avec les
représentants des salariés », souligne Cyrille Poughon (CFDT), secrétaire du CE
européen de Michelin. Au final, l’accord reflète la « nouvelle » culture du groupe,
ses ambitions en matière de relations sociales et contient des engagements
concrets, comme celui de rendre 50% des postes accessibles aux seniors et aux
femmes. 3° Le texte est un accord-cadre sur lequel les partenaires sociaux du
groupe vont ouvrir, à partir de 2015, un cycle de négociations transnationales à
partir des différents thèmes listés dans l’accord. Il ouvre aussi la voie à la
négociation d’un accord-cadre international, pour couvrir les salariés hors UE, avec
la fédération syndicale IndustriAll Global Union. Rien ne laissait présager il y a
vingt ans que le président du groupe puisse dire, comme l’a fait Jean-Dominique
Senard, lors de la signature de l’accord, qu’«une entreprise qui réussit est une
entreprise qui vit des relations sociales exemplaires ». Les partenaires
sociaux ont ainsi su transformer une culture d’affrontement et d’évitement en
« dialogue social constructif », et dans cette mue, le dialogue noué au sein du CE
européen y a contribué. Chapeau bas !
* Ce dernier sera disponible sur IR Share dès que
nous aurons reçu l’accord de la direction et du CE européen.
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1. Union
européenne
Législation
- Marchés publics : les
trois directives réformant les règles d’attribution des concessions et marchés
publics sont parues au Journal officiel (JOUE,
28 mars 2014, L 94). Il s’agit de : 1°la directive
2014/23 du 26 février 2014 sur l’attribution de contrats de concession ;
2° la directive
2014/24 du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics ; 3° la
directive
2014/25 du 26 février 2014 relative à la passation de marchés par des
entités opérant dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des transports et des
services postaux. D’un point de vue social, ces textes sont importants car ils
permettent à ceux qui décident de l’attribution des marchés publics : 1°
d’exclure des entreprises qui ont fait l’objet d’une condamnation en raison du
« travail des enfants et autres formes de traite des êtres humains » et celles
qui ont manqué à leurs obligations relatives au paiement d’impôts et taxes ou de
cotisations de sécurité sociale. 2° De se fonder, lors de l’attribution de
marchés publics, non plus uniquement sur le prix le plus bas, mais aussi « sur
l’offre économiquement la plus avantageuse » qui est évaluée sur la base de
critères comprenant des aspects qualitatifs, environnementaux et/ou sociaux.
Ainsi, « les qualifications et l’expérience du personnel assigné à l’exécution
du marché » pourront être prises en compte « lorsque la qualité du personnel
assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d’exécution du
marché ».
- Travailleurs saisonniers :
la directive
2014/36 du 26 février 2014 établissant les conditions d’entrée et de
séjour des ressortissants de pays tiers aux fins d’un emploi en tant que
travailleur saisonnier est parue au Journal officiel (JOUE,
28 mars 2014, L 94). Elle détermine les conditions d’entrée et de séjour
des ressortissants de pays tiers aux fins d’un emploi en tant que travailleur
saisonnier et définit les droits des travailleurs saisonniers.
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Actualité
sociale
- La France invitée à réviser sa législation
sociale: la Commission européenne a adressé, le 28 mars,
deux avis motivés à la France concernant le temps de travail des médecins et la
protection des pensions en cas d’insolvabilité. Pour les premiers, elle note que
« les périodes de garde supplémentaires et les heures de cours à l’université ne
sont pas couvertes, alors que la directive n° 2003/88 exige qu’elles soient
considérées comme du temps de travail ». Dans le second avis, elle considère que
la législation ne protège pas suffisamment les droits à pension professionnelle
en cas d’insolvabilité de l’employeur, contrairement aux prescriptions de la
directive n° 2008/94 relative à la protection des salariés en cas
d’insolvabilité (v. communiqué
de la Commission).
- L’Irlande doit revoir sa fiscalité sur les
indemnités de départ : la Commission européenne a
demandé à l’Irlande, le 28 mars, de modifier sa législation concernant les
indemnités de départ au motif qu’elle instaure une discrimination à l’encontre
des salariés travaillant pour des sociétés d’un même groupe dans d’autres États
membres. La Commission européenne (v. communiqué) reproche
que le calcul d’un allégement fiscal sur ces sommes ne prend pas en compte les
années de service exercées dans des sociétés d’un même groupe dans d’autres
États membres que l’Irlande.
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Dialogue
social sectoriel
- Secteur ferroviaire : les
partenaires sociaux européens du secteur ferroviaire – Communauté européenne du
rail et la Fédération européenne des travailleurs des transports – ont adopté,
le 11 mars, des recommandations
conjointes sur l’identification et la prévention des risques psychosociaux (RPS)
dans leur secteur. Les signataires visent « la naissance d’une culture
d’entreprise basée sur la coopération » dans le cadre « d’un processus global
d’évaluation des risques » fondé si possible sur une « approche conjointe ».
- Nettoyage industriel : les
partenaires sociaux européens ont adressé une position
commune (en anglais) à la Commission européenne dans le cadre de la
seconde phase de consultation sur le travail non déclaré.
- Industries extractives :
les partenaires sociaux européens ont adopté une déclaration
conjointe sur les recommandations du Comité scientifique en matière de
limites d’exposition sur le lieu de travail pour le NO2 et NO.
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Jurisprudence
- Transport maritime et actions collectives
: l’avocat général de la Cour de justice de l’UE a rendu
ses conclusions,
le 1er avril, dans une affaire concernant deux actions collectives
(blocage du chargement et déchargement d’un navire) menées par des syndicats
suédois dans un port suédois à l’encontre d’un navire battant un pavillon d’un
État tiers, mais appartenant à une société norvégienne – membre de l’Espace
économique européen (EEE). La juridiction suédoise qui a saisi la Cour estime
que la question de la licéité des actions syndicales est décisive pour la
solution du litige et qu’il lui appartiendra de juger si le droit suédois en
matière d’actions syndicales est compatible avec les règles du droit de l’Union
en matière de libre prestation des services. Mais elle n’interroge pas la Cour
sur ce point estimant sans doute suffisamment claire la jurisprudence Laval et
Partneri (Arrêt du 18 décembre 2007, Laval un Partneri (C‑341/05).
L’avocat général, qui estime que la Cour de justice n’a pas à se saisir de cette
question, ne se prononce que sur l’application du règlement n° 4055/86 du
22 décembre 1986, portant application du principe de libre prestation des
services de transport maritime entre États membres et entre États membres et
pays tiers. Ce texte « s’applique à une société établie dans un État de l’EEE,
propriétaire d’un navire, battant pavillon d’un pays tiers et effectuant des
services de transport maritime entre les États de l’EEE, à condition que cette
société assume elle-même la responsabilité de l’exploitation de ce navire ».
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2. États
membres
Allemagne
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Belgique
- Titres restaurants
électroniques : le Conseil national du travail s’est
prononcé, dans un avis du
25 mars (en flamand),
en faveur d’une généralisation des titres-restaurants électroniques. Cette
mutation totale et définitive devra intervenir le 1er janvier 2016.
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Espagne
- Abaissement de cotisations sociales
: le décret-royal
3/2014 qui fixe le montant des cotisations sociales versées par les
employeurs à 100 euros pour les deux premières années suivant l’embauche d’un
salarié en contrat à durée indéterminée est paru. La cotisation passe à 50
euros s’il s’agit d’un contrat à temps partiel. De plus, dans les entreprises de
moins de 10 salariés, les cotisations sociales versées par l’employeur seront
réduites de 50% la troisième année.
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France
- Détachement de travailleurs et compagnies
aériennes « low-cost » : la chambre criminelle de la
Cour de cassation a rendu, le 11 mars, deux arrêts conjoints concernant le
statut social de personnels navigants exerçant leur activité à partir
d’aéroports français pour le compte de compagnies étrangères de transport aérien
low cost (Cass. crim. 11 mars 2014, Easyjet, n°11-88420
et Vueling, n°12-81461).
La Cour de cassation rejette les pourvois des deux compagnies condamnées en
appel pour travail dissimulé et non affiliation à la législation française de
sécurité sociale. Elle n’applique pas la jurisprudence de la Cour de justice de
l’Union européenne sur la valeur probante des certificats E 101 tant qu’ils
n’ont pas été retirés ou modifiés par l’institution émettrice. Les deux
compagnies peuvent encore déposer une plainte auprès de la Commission européenne
qui pourrait dès lors ouvrir une procédure d’infraction contre la France.
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Grèce
- Un accord interprofessionnel pour
2014 : les partenaires
sociaux au niveau national – la confédération syndicale GSEE et les
organisations d’employeurs SEV, ESEE, GSEBEE et SETE – ont signé, le 26 mars,
une nouvelle convention collective nationale interprofessionnelle (EGSSE) pour
l’ensemble du secteur privé (texte
en grec) qui s’applique rétroactivement au 1er janvier. Avec ce
nouvel accord, les partenaires sociaux affirment leur décision de maintenir
active la négociation collective et de restaurer le rôle de l’EGSSE – mis en
cause par une législation de 2012 adoptée dans le cadre du mémorandum négocié
avec la BCE, la Commission européenne et le FMI. Les signataires veulent
participer à des actions visant à réduire le chômage et à lutter contre le
travail non déclaré ; conclure un accord programmatique à l’échelon national
pour la reconstruction économique et sociale du pays ; établir une coopération
entre eux fondée sur les thèmes suivants : emploi, éducation, formation ;
protection sociale ; compétitivité ; entrepreneuriat et innovation ; conclure
une proposition conjointe de partenariat avec le service public de l’emploi afin
de mener des actions concertées en faveur des jeunes et enfin étendre le recours
au congé parental aux pères.
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Royaume-Uni
- Plus de femmes dans les conseils
d’administration : un nouveau rapport
se félicite des actions menées depuis 2010 pour féminiser les instances de
direction des entreprises. Au 1er mars 2013, les femmes
représentaient 17,3% des membres des conseils d’administration des sociétés
cotées à l’indice boursier des 100 plus grandes entreprises cotées (FTSE 100) et
13,2 % parmi celles cotées à l’indice FTSE 250, contre respectivement 12,5% et
7,8% en février 2011 (rapport
2011), soit une progression de près de 40%. Par ailleurs, depuis le
1er mars 2012, les femmes représentent 34% de l’ensemble des
nominations aux conseils d’administration des sociétés du FTSE 100 et 36% pour
le FTSE 250.
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3.
Entreprises
Accord
transnational
- Banco Itaù : la banque
privée brésilienne Banco Itaù (80000 salariés), essentiellement implantée en
Amérique du Sud, et la fédération syndicale internationale UNI Global Union ont
signé, le 26 mars, un accord-cadre international (v. communiqué
de presse).
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Comités
d’entreprises européens
- Air liquide : la direction
du groupe Air liquide et les membres du CE européen mis en place par accord
du 16 mai 2000 ont conclu, le 26 mars, un avenant
(en français) qui s’inscrit dans le cadre de la directive révisée de 2009.
L’accord reprend les principaux apports de cette directive (définition de
l’information et de la consultation, articulation avec le niveau national,
clause d’adaptation…) tout en maintenant strictement la compétence aux
questions qui touchent l’ensemble du groupe ou au moins deux filiales dans deux
États membres. L’avenant met en place un bureau du CE européen de cinq membres,
de nationalité différente, qui pourra notamment être directement consulté
lorsque les conséquences économiques et en termes d’emploi « sont d’ampleur
limitée au regard des activités du groupe en Europe ». Une consultation du
bureau élargi aux représentants des pays concernés, est prévue si les
conséquences « sont significatives mais n’affectent qu’un nombre limité de
pays ».
- Deutsche Bahn : le CE
européen de la compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn a dénoncé, le
6 mars, le fait d’avoir été « brusqué » par la direction générale lors de la
réunion du comité qui s’est déroulée le 16 février à Berlin (v. communiqué,
en allemand). Le CE européen a estimé que la direction ne respectait pas la
procédure d’information et de consultation sur un dossier de création de centre
de services partagés réunissant la comptabilité européenne.
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Conflit
collectif
- Grève des pilotes chez
Lufthansa : le syndicat des pilotes Cockpit a appelé ses
5 400 membres, salariés de la Lufthansa, à se mettre en grève pendant trois
jours du 2 au 4 avril. Cockpit a assuré que la grève terminera avant la période
de vacances de Pâques. La compagnie aérienne a annulé 3 800 vols concernant
presque 500 000 passagers, et elle estime que la grève lui coûtera 50 millions
d’euros. Cette action collective est le résultat d’un plan de restructuration
qui, entre autres, met en cause une règle qui permet aux pilotes de partir à la
retraite à 55 ans. Aujourd’hui, la compagnie leur verse jusqu’à 60% du dernier
salaire jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge légal de départ à la retraite.
Lufthansa justifie la suppression de cet avantage par une augmentation de la
concurrence mondiale. Le syndicat insiste sur le fait que cette mesure
n’entraine pas de coûts supplémentaires, car elle permet d’embaucher de jeunes
pilotes plus faiblement rémunérés. En réaction, un représentant du parti
chrétien-démocrate (CDU, membre de la coalition gouvernementale) a critiqué le
fait que l’économie soit « exposée au chantage » de la part d’un petit groupe de
salariés et demande une réforme du droit de grève. La ministre du Travail,
Andrea Nahles (parti social-démocrate, SPD) a répondu que la question d’une
telle réforme n’était pas à l’ordre du jour.
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Société
européenne
- SAP : le groupe allemand
SAP, leader mondial des applications d’entreprise, a conclu avec un groupe
spécial de négociation, le 21 mars, un accord sur l’implication des travailleurs
à l’occasion de la transformation de SAP AG en société européenne. L’accord
comporte un volet sur le comité de la SE, qui remplacera le CE européen, et un
autre sur la représentation des salariés au sein du conseil de surveillance.
Pendant un an, les membres actuels du conseil de surveillance, tous de
nationalité allemande, resteront en place mais seront rejoints par une
représentante pour la France et un représentant slovène, actuellement membres du
CE européen. Ensuite une élection aura lieu dans chaque pays. Quant au comité de
la SE, il se réunira 4 fois par an, au lieu d’une fois pour le CE européen. Les
membres bénéficieront de la même protection que celle assurée aux représentants
allemands. En dehors de l’Allemagne (20000 salariés) qui obtient 7 sièges, tous
les autres pays n’ont qu’un représentant tant le deuxième pays, la France (2000
salariés) que l’Estonie (1 seul).
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Syndicalisme
- Coca-Cola : le groupe
de coordination syndicale initié par la fédération syndicale européenne Effat
s’est réuni, les 20 et 21 mars, à Madrid, pour renforcer la coopération entre
les syndicats présents chez Coca-Cola et s’opposer aux restructurations menées
en Espagne. Un manifeste européen
commun pour un « système de relations sociales soutenable » au sein de
Coca-Cola a été adopté.
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4. Études et
rapports
Évolution du coût de la main-d’œuvre :
selon Eurostat, les coûts horaires de la main-d’œuvre dans l’ensemble de
l’économie ont été estimés, en 2013, en moyenne à 23,70 euros dans l’Union
européenne et à 28,40 euros dans la zone euro (v. communiqué
d’Eurostat).
- Chômage : le taux de
chômage dans l’UE poursuit sa lente décrue avec un taux de 10,6% en février
2014, en baisse par rapport au taux de 10,7% de janvier 2014. Dans la zone euro,
le taux de chômage est de 11,9%, inchangé depuis octobre 2013 (v. communiqué
d’Eurostat).
- Impact de la crise sur les conditions de
travail : la Fondation pour l’amélioration des
conditions de vie et de travail (Eurofound) a publié, le 3 avril, une étude
sur l’impact de la crise sur les relations sociales et les conditions de
travail en Europe. L’étude met notamment en avant une forte tendance à
la décentralisation de la négociation collective, à l’augmentation des
possibilités de déroger aux accords de niveau supérieur, à la diminution des
procédures d’extension et à la suppression des mécanismes de maintien des
accords collectifs après leur dénonciation. Un autre point plus inédit est le
recensement de nouvelles formes de mouvements sociaux comme les Indignés ou le
“Mouvement du 15 mai” en Espagne et d’autres formes de mouvement au Portugal,
en Slovénie ou en Grèce.
- Sociétés européennes :
l’Institut syndical européen (ETUI) a dressé un bilan
(en anglais) des créations de sociétés européennes (SE). Si le nombre absolu de
création tend à diminuer du fait d’un moindre recours à ce statut de la part des
cabinets conseils tchèques qui ont créé centaine de SE ces dernières années, il
n’y a jamais eu autant d’annonces de transformation en SE en prévision comme
Airbus Group, Christian Dior, Schneider Electric and LVMH Moët Hennessy Louis
Vuitton. Le document fait également un point sur la participation des
travailleurs dans les conseils d’administration ou de surveillance.
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Le mot de la
quinzaine
L’affaire
Laval et Partneri
Le 18 décembre 2007, la Cour de justice a rendu un arrêt (aff. C-341-05, Laval un Partneri) dans une
affaire concernant une action collective menée par un syndicat suédois de la
construction pour contraindre une entreprise lettone qui avait détaché des salariés
sur un chantier en Suède à signer la convention collective en vigueur dans le
secteur afin de rémunérer les salariés lettons au même niveau que les salariés
suédois, évitant ainsi tout dumping social. La Cour a reconnu que le droit de grève
était un droit fondamental de l’Union européenne, ce qui a immédiatement été
applaudi par le mouvement syndical. Mais l’arrêt affirmait un peu plus loin que
l’exercice de ce droit n’est pas de nature «à faire échapper une telle action au
champ d’application du droit communautaire » : il doit s’articuler avec d’autres
droits fondamentaux, telles la liberté d’établissement ou la libre prestation de
services. Une position contre laquelle les syndicats se sont révoltés. Plus de
détails dans le Dictionnaire
européen des relations sociales (en anglais).
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