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IR Notes 11 – 4 juin 2014
www.irshare.eu
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Qui est IR Share?
IR Share est une agence de
partage d’informations, de documentations et de compétences pour les
managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR Share opère
via des publications en ligne, des groupes de travail, des formations
consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe :
ce numéro a été préparé par Peggy Corlin, Ekaterina Markova,
Sebastian Schulze-Marmeling et Frédéric Turlan. Retrouver l’ensemble de
l’équipe
de IR Share sur le site. © jorisvo – Fotolia.com
S’abonner à IR
Notes En quelques
clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
> Offre spéciale
: formule
TEST pour 1 mois (5 euros H.T) ou 2 mois (30 euros
H.T)
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Interview
Henryka Bochniarz, présidente de la Confédération polonaise des
employeurs Lewiatan, Polska Konfederacja Pracodawców Prywatnych
En Pologne, le dialogue social
s’est notamment grippé autour de la réforme du droit du
travail. Le pays est le champion des contrats qui n’offrent
aucune protection aux travailleurs. Vos entreprises
ont-elles réellement besoin de telles
flexibilités ? Ces contrats ont permis de s’adapter à
un environnement très compétitif. Nos entreprises ont pu
traverser la crise grâce à ce type de flexibilité. Car notre
Code du travail est très rigide. Mais dans le même temps, ces
contrats créent des distorsions de concurrence, c’est pourquoi
notre confédération essaie de trouver une porte de sortie. Il
faut trouver un juste milieu. Car nous souhaitons que les jeunes
qui entrent sur le marché du travail puissent être protégés,
obtenir un crédit, financer leur retraite etc, et ce sans
compromettre l’adaptabilité des
entreprises.
Votre marché du travail semble
pourtant assez flexible si on le compare à certains marchés
du travail d’Etats membres de l’ouest de
l’Europe? Le
niveau de protection est
effectivement plus élevé dans certains pays de l’ouest de
l’Europe. Mais il ne faut pas oublier que l’économie polonaise
s’est développée plus lentement. Les entreprises ont des
expériences et budgets différents, qui font que leur activité
doit toujours être basée sur le rapport compétitivité-prix.
C’est crucial pour le développement des sociétés polonaises de
conserver encore cette marge de manœuvre.
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Agenda
12 et 13 juin
Paris
Colloque international «Trajectoires
professionnelles et
dispositifs publics en action» organisé par sept institutions de
recherche (CEE, IDHE, Ires, Irisso, Lest, Lise et Printemps).
18
juin Paris Matinée de
formation IR Share en partenariat avec le cabinet BRL Avocats sur le
« droit du travail en Allemagne », par Matthias Bosbach, avocat au
cabinet Ebner Stolz (Stuttgart). Contact : frederic.t@irshare.eu
18
juin Bruxelles
Déjeuner-débat organisé par Eurofound sur les mécanismes de
fixation des salaires en Europe, avec Erika Mezger et Christian Welz
(Eurofound), Patrick Itschert (CES) et Maxime Cerutti (BusinessEurope).
20
juin Bruxelles Conseil
«Emploi et Affaires sociales ».
1er au 3
juillet Strasbourg Plénière
du nouveau Parlement européen.
4
juillet Paris Formation
« jurisprudence et veille sociale européenne », avec Jean-Philippe
Lhernould, professeur à l’université de Nantes, organisée par IR Share
en partenariat avec le cabinet Fromont Briens. Tél. : + 33 (0)
6 81 41 53 95.
7 au 10 juillet
Bruxelles
Réunions des commissions du Parlement européen.
10 au 16 août
Sofia 43e
Congrès de la Fédération internationale des
travailleurs du transport (ITF)
10 au 12 septembre
Dublin
Conférence sur les relations sociales en Europe 2014
(Industrial Relations in Europe Conference – IREC) organisé
conjointement avec le Research
Network on Work, Employment and Industrial Relations (RN nr. 17)
de l’ association européenne de sociologie (European Sociological
Association – ESA).
1er
au 3 octobre
Bordeaux
9e Congrès du Réseau international de recherche sur
les organisations et le développement durable (RIODD) organisé par le
Centre de droit comparé du travail et de la sécurité sociale (COMPRASEC)
de l’Université de Bordeaux, sur le thème « Environnement
et travail : quelles relations ? ».
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Nominations
- Anders Ferbe a
été réélu président du syndicat suédois de la métallurgie IF Metall
lors de son congrès du 16 au 19 mai, centré en parti sur la
nécessaire ré-industrialisation de la Suède.
- Jorma Malinen
actuellement président de la Confédération finlandais des ouvriers
et employés (STTK) a été porté à la tête du syndicat finlandais de
la métallurgie Trade Union Pro, le 24 mai, pour remplacer
Antti Rinne
qui devenu, le 8 mai, le leader du parti social-démocrate
finlandais.
- Annelie
Nordström, du syndicat suédois Kommunal, a
été élu présidente de la fédération syndicale européenne des
services publics (EPSU) lors du congrès de 20 au 23 mai. Le poste de
secrétaire général revient à
Jan Willem Goudriaan et le congrès a
désigné quatre vice-président : Isolde
Kunkel-Weber (Ver.di, Allemagne), Françoise Geng
(CGT Santé Action Sociale, France), Dave Prentis
(Unison, Royaume-Uni) et Mikhail
Kuzmenko
(Health Workers Union, Russia).
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IR Notes est
une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues
européennes et réalisée par IR
Share et son
réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en
vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le
site IR Share. IR Share
est une entreprise à capitaux privés,
indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider
l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le
correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg,
depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
Résultats
des élections européennes : la lecture divergente des partenaires sociaux
européens
« Devenir fort ensemble ou insignifiant séparément » telle est le mot d’ordre du
patronat européen, comme l’a indiqué Markus J. Beyrer, le directeur général de
BusinessEurope, qui a rappelé qu’aucun pays européen ne fera partie des plus grandes
puissances économiques mondiales à l’horizon 2050. Pour la présidente de
l’organisation employeur, Emma Marcegaglia, les électeurs ont apporté leur soutien à
une majorité proeuropéenne qui a l’ardente « obligation de travailler ensemble de
façon constructive » pour une Europe « plus compétitive afin de créer davantage de
croissance et plus d’emploi ». Dans une déclaration conjointe, six
organisations patronales nationales (BDA, BDI, CEOE, Confindustria, Lewiatan et
Medef) voient aussi dans ces résultats « une claire majorité pour les partis en
faveur de l’intégration européenne ». Pour les cinq prochaines années, l’Eurozone a
besoin de « plus de coopération et de contrôle démocratique » et les institutions
européennes devraient « se concentrer sur un nombre limité de priorités apportant
une réelle valeur ajoutée » comme la « compétitivité globale, la croissance, la
prospérité et l’emploi ». S’attaquer au problème de l’emploi est l’un rare point de
convergence avec le mouvement syndical. Pour Bernadette Ségol, la secrétaire
générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), «le véritable défi de
l’Europe est de remettre ses 26 millions de chômeurs au travail », mais cela passe
par « un plan d’investissement ambitieux au niveau européen et au niveau national
pour stimuler la croissance durable et la création d’emplois », et non pas par la
poursuite des politiques d’austérité (v. communiqué
de la CES). Toutes les fédérations syndicales européennes qui se sont exprimées
analysent le scrutin comme un vote protestataire contre l’austérité et le chômage.
Elles dénoncent aussi, comme Oliver Roethig, le secrétaire régional d’UNI Europa, la
« montée en puissance des Euro-septiques et des forces nationalistes », même si
certains sondages ont montré, comme en France, que les sympathisants des syndicats
ont parfois voté plus que la moyenne nationale en faveur de tels partis. Vote clair
pour une majorité pro-européenne d’un côté, vote sanction contre les politiques
d’austérité de l’autre ; appelle à la poursuite des réformes pour accroître la
compétitivité de l’Europe contre une revendication à cesser les politiques
d’austérité et relancer les investissements… Les partenaires sociaux peinent à
partager un début de vision commune sur des recettes pour sortir l’Europe de la
crise.
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1. Union
européenne
Législation
- Directive sur l’encadrement du détachement
de travailleurs : la directive
2014/67 du 15 mai 2014 relative à l’exécution de la directive 96/71/CE
concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d’une
prestation de services a été publiée au Journal
officiel de l’UE. Ce texte, qui encadre le détachement des travailleurs
en donnant plus de moyens aux États membres pour limiter les abus, a été adopté
définitivement, le 16 avril, par le Parlement européen (v. IR
Notes 8) après le compromis arraché en février entre le Parlement et le
Conseil, qui représente les chefs d’État et de gouvernement (v. IR
Notes 5). La nouvelle directive entrera en vigueur le 18 juin prochain
et devra être transposée par les États dans leur droit interne avant le 18 juin
2016. La directive « vise à garantir le respect du niveau approprié de
protection des droits des travailleurs détachés (…) tout en facilitant
l’exercice de la liberté de prestation de services pour les prestataires de
services et en favorisant une concurrence loyale entre ces derniers (…) ». Elle
« ne porte pas préjudice de quelque manière que ce soit à l’exercice des droits
fondamentaux (…) notamment le droit ou la liberté de faire grève ou
d’entreprendre d’autres actions prévues par les systèmes de relations du travail
propres aux États membres (…) ». Elle « n’affecte pas non plus le droit de
négocier, de conclure et d’appliquer des conventions collectives et de mener des
actions collectives ». La directive facilite la détermination par les États du
« caractère véritable du détachement » et la « prévention des abus et
contournements » (article 4). Elle leur permet d’imposer des « exigences
administratives » et des « mesures de contrôle » dès lors qu’elles sont
« justifiées et proportionnées » (article 9). Le texte donne aussi la
possibilité aux États membres d’imposer une responsabilité solidaire entre
l’entreprise donneuse d’ordres et « un sous-traitant direct » lorsque ce dernier
n’a pas rémunéré ses salariés ou n’a pas versé ses cotisations sociales (article
12). Cette solidarité est en revanche obligatoirement mise en place dans le
secteur de la construction.
- Directive sur le détachement
« intragroupe » : la directive
2014/66 du 15 mai 2014 établissant les conditions d’entrée et de séjour des
ressortissants de pays tiers dans le cadre d’un transfert temporaire
intragroupe a été publiée au Journal officiel de l’UE. Cette directive
vise à encadrer et à faciliter la mobilité des cadres, experts et stagiaires
« des branches et filiales des entreprises multinationales » originaires de pays
tiers à l’Union européenne, lorsqu’ils sont temporairement affectés pour des
missions de courte durée dans d’autres sites de leur groupe situés au sein de
l’UE. « Faciliter les transferts temporaires intragroupe permet » aux
multinationales « de faire un meilleur usage de leurs ressources humaines »,
explique la directive. Elle réglemente 1° les « conditions d’entrée et de séjour
de plus de 90 jours de ces ressortissants de pays tiers sur le territoire des
États membres » ; 2° leurs droits et ceux « des membres de leur famille » ; 3°
la mobilité de ces derniers dans l’UE. La directive précise les critères
d’admission (article 5) comme l’existence d’un contrat de travail ou une lettre
de mission contenant un certain nombre de mentions comme la durée du transfert,
la localisation de l’entreprise hôte ou encore la rémunération. Sur ce dernier
point, un vif débat a eu lieu entre le Conseil et le Parlement européen sur
l’application de l’égalité de traitement avec les travailleurs du pays d’accueil
en matière de rémunération. Finalement, l’article 18 instaure une égalité de
traitement, en ce qui concerne les conditions de travail, entre les personnes
faisant l’objet d’un transfert temporaire intragroupe et les salariés européens
détachés dans le cadre d’une prestation de service (directive 96/71). Les
personnes transférées se voient ainsi appliquer les dispositions du droit de
travail du pays d’accueil qui s’appliquent impérativement aux salariés détachés
(durée du travail, salaire minimum, congés payés…). Concernant la rémunération,
l’article 5.4 b) prévoit qu’elle ne doit pas être « moins favorable que celle
offerte à des ressortissants de l’État membre dans lequel les activités sont
exercées et qui occupent des fonctions comparables conformément aux lois,
conventions collectives ou pratiques applicables dans l’État membre où l’entité
hôte est établie ». Il semble donc que le risque de dumping social est écarté
par la lecture combinée de ces deux textes. La directive doit être transposée
par les États membres d’ici le 29 novembre 2016.
- Amélioration de la coopération des
services publics de l’emploi : la décision
n°573/2014 du 15 mai 2014 relative à l’amélioration de la coopération entre
les services publics de l’emploi a été publiée au Journal officiel de
l’UE (v. IR
Share n° 10).
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Actualité
sociale
- Cadre stratégique sur la santé et la
sécurité : la Commission européenne devrait présenter,
le 6 juin, un cadre stratégique de l’Union européenne pour la santé et la
sécurité au travail pour la période 2014-2020. Ce cadre doit, selon la
Commission, « améliorer l’application des règles de santé et de sécurité »,
permettre aux petites entreprises « d’être mieux à même d’adopter des politiques
efficaces de prévention des risques » ; « intégrer les risques nouveaux et
émergents » et « prendre en compte le vieillissement de la population active de
l’UE ». Reste à savoir quels seront les outils préconisés (directives
contraignantes ou non) et si la prise en compte des difficultés des petites
entreprises se traduira par un allégement de leurs obligations.
- Recommandations aux États
membres : la Commission européenne a présenté, le
2 juin, ses recommandations par pays pour 2014. Elles portent sur les réformes
budgétaires du marché de l’emploi et d’autres réformes structurelles que chaque
État membre devrait mener au cours des douze à dix-huit mois pour stimuler la
croissance. Lien
vers les recommandations.
- Situation de l’industrie du
verre : dans le cadre de la « campagne Verre » menée par
la fédération syndicale européenne IndustriAll, une réunion a eu lieu le 16 mai,
à Bruxelles, entre une délégation de la fédération et Diego Canga-Fano, le chef
de cabinet d’Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne, chargé
de l’Industrie et de l’Entreprenariat, ainsi que des représentants de la
Direction générale « Entreprise et Industrie » en charge des questions de
compétitivité industrielle, des secteurs « énergivores » et des mesures
antidumping. La délégation a dépeint les pertes d’emplois enregistrées dans le
secteur verrier depuis 2008, principalement dans le verre plat et les panneaux
solaires, mais aussi dans le verre creux. Des pistes de soutien au secteur
verrier ont été explorées comme les aides d’état à l’innovation et à la R&D,
l’adaptation des mesures antidumping, les fonds régionaux, et la mise en œuvre
d’un dialogue social sectoriel européen.
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Jurisprudence
- Les congés payés ne peuvent neutraliser le
versement de commissions : la Cour de justice (CJUE,
22 mai 2014, aff. C-539/12, Lock c/British Gas Trading Limited) rappelle
que pendant ses quatre semaines de congés payés annuels imposées par la
directive 2003/88, un salarié a droit au maintien de sa rémunération habituelle.
Si une partie de sa rémunération antérieure comprenait des commissions réalisées
sur des ventes, celles-ci doivent être intégrées dans le montant de la
rémunération maintenue pendant les congés. Mais la Cour va plus loin, en
ajoutant qu’au retour de son congé, alors que le salarié n’a pas pu bien sûr
générer de commission, sa rémunération ne peut retomber au niveau de son salaire
de base. « Cette répercussion financière négative peut engendrer un effet
dissuasif sur la prise effective dudit congé », souligne la Cour qui suggère aux
employeurs de prendre en compte le montant moyen des commissions perçues par le
salarié pendant une période de douze mois, afin d’intégrer cette moyenne au
salaire de base qui lui sera versé après son retour de congé.
- Vers un arrêt sur le « tourisme
social » : alors que plusieurs pays affichent leur
réticence à verser des prestations sociales à des citoyens européens venus
résider sur leur territoire, l’avocat général de la Cour de justice a rendu des
conclusions dans une affaire où une prestation versée aux chômeurs a été refusée
à une jeune femme roumaine installée en Allemagne (CJUE,
conclusions, 20 mai 2014, aff. C-333/13, Elisabeta Dano). L’avocat
estime qu’un État doit pouvoir « refuser l’octroi de prestations d’assistance
sociale à des citoyens qui exercent leur liberté de circulation dans le seul but
d’obtenir le bénéfice de l’aide sociale d’un autre État membre, alors même
qu’ils ne disposent pas des ressources suffisantes pour prétendre au bénéfice
d’un droit de séjour de plus de trois mois ».
- Un calcul actuariel ne peut provoquer une
discrimination liée au sexe : la Cour de justice de l’UE
devra prochainement se prononcer sur une question d’une différence de traitement
entre les hommes et les femmes par l’application d’un calcul actuariel. Dans ses
conclusions (CJUE,
15 mai 2014, aff. C-318/13), l’avocate générale de la Cour, Juliane
Kokott estime qu’une allocation forfaitaire versée à un homme, pour compenser
des problèmes de santé ressentis à vie après un accident du travail, ne peut pas
être inférieure à celle d’une femme dans la même situation uniquement par le jeu
d’un calcul actuariel qui prend en compte le fait que les femmes ont une
espérance de vie plus importante que les hommes.
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Dialogue
social sectoriel
- Secteur des hôpitaux : les
partenaires sociaux européens du secteur hospitalier – l’organisation
d’employeurs Hospeem et la fédération
syndicale européenne Epsu – ont adopté, le
6 mars, leur programme
de travail 2014-2016 (en anglais) qui porte en particulier sur la santé
et la sécurité au travail ainsi que le recrutement et la fidélisation du
personnel hospitalier.
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2. États
membres
Belgique
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Bulgarie
- Achats de vote aux élections
européennes : le dirigeant de la mine de Bobov Dol,
Hristo Kovachky, s’est illustré en invitant les salariés à voter pour le parti
socialiste BSP en attribuant des bons d’achat de viande représentant les deux
tiers de leur salaire. Il a promis que si les socialistes remportaient les
élections, il ouvrirait le magasin de viande (qui lui appartient) qui serait
alors bien achalandé. Mais le lendemain du vote, les salariés qui ont fait la
queue de longues heures n’ont vu arriver avec retard que quelques kilos de
boulettes et saucisses.
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Espagne
- Représentation des femmes dans les
conseils d’administration : le gouvernement a adopté, le
23 mai, un projet de loi modifiant le droit des sociétés (Proyecto
de Ley por el que se modifica la Ley de Sociedades de Capital) qui
accroît la transparence sur la rémunération des dirigeants et vise à assurer une
représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les conseils
d’administration. Les sociétés cotées devront adopter des objectifs en ce sens,
sans pour autant que la loi n’impose de quota de femmes.
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Italie
- Réforme du marché du travail :
la loi
n° 78 du 16 mai 2014 (en italien) qui modifie le décret-loi
du 20 mars 2014 (en italien) réformant le marché du travail a été
publiée au Journal officiel du 19 mai. Les principales mesures envisagées
concernent l’assouplissement du recours au contrat à durée déterminée (durée
maximale de 36 mois, cinq renouvellements possibles sur cette période) et aux
contrats d’apprentissage.
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Luxembourg
- Signature de la convention collective de
travail des salariés de banque : la convention
collective (en français) applicable au secteur bancaire pour les années
2014 à 2016 a été signée, le 15 mai, entre, d’une part, les syndicats OGBL,
Aleba et SESF et, d’autre part, l’Association des banques et banquiers (ABBL).
Elle doit encore être publiée au journal officiel (Mémorial A) pour être
applicable.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
- Areva : lors d’une réunion
extraordinaire du CE européen, le 24 mars, le comité de groupe européen (CGE)
d’Areva a rendu un avis sur l’accord de cession du site de Duisburg à un
repreneur (société Livia). Le comité souligne que la direction a accepté, à sa
demande, « de mettre en place une commission de suivi de la tenue des
engagements vis-à-vis des salariés de Duisburg ». Par ailleurs, dans le cadre de
la création d’une coentreprise (joint-venture) avec la société Gamesa, le comité
a obtenu « la présence d’un observateur représentant les salariés de la
coentreprise jusqu’à fin 2015 et, qu’à chaque réunion bisannuelle du CGE une
présentation des aspects stratégiques, financiers et sociaux soit faite ».
Ensuite, « au-delà de 2015, le CGE se réserve le droit d’inviter un représentant
du personnel de la coentreprise si une situation particulière le nécessite ».
- Fiat Industrial : le
groupe Fiat Industrial a été condamné, le 6 mai, par la cour d’appel de Turin,
en raison de son comportement anti-syndical à l’encontre de la fédération de la
métallurgie de la confédération CGIL (Fiom-CGIL). Le jugement
(en italien) reproche au groupe d’avoir écarté la Fiom-CGIL du groupe spécial de
négociation (GSN) mis en place à la fin 2011 pour négocier la mise en place d’un
comité d’entreprise européen. La Cour reproche à Fiat d’avoir perturbé le
processus de désignation des membres du GSN alors que seules les organisations
syndicales sont habilitées à désigner ces membres. « Ce jugement – le premier
relatif à une question touchant les comités d’entreprise européens – est à
mettre au crédit de la ténacité et de la persévérance la Fiom-CGIL et
d’IndustriAll qui avait refusé de négocier sans la Fiom-CGIL », souligne la
fédération syndicale européenne IndustriAll.
- Geopost : lors du CE
européen de GeoPost (filiale de La Poste) qui s’est tenu à Zurich les 12 et
13 mai, la direction a présenté un texte relatif à la qualité de vie au travail
sur lequel, selon FO, « les trois syndicats français, FO COM, la CFDT et la CGT,
se sont abstenus lors du vote » car « il n’apportait rien aux salariés ». Ce
texte prévoit que chaque filiale « devra mettre en œuvre une enquête de
satisfaction », au moins tous les deux ans, « auprès de l’ensemble des
collaborateurs sous la forme d’un questionnaire anonyme et objectif ». Les
filiales devront ensuite engager des plans d’actions « pour remédier aux
dysfonctionnements constatés ». De plus, « un deuxième texte visant à amender
l’accord régissant le fonctionnement du comité a vu les syndicats français voter
contre ». Ce document accroît le nombre de membres du bureau qui passe de 5 à 6
représentants et accord un budget au comité d’entreprise européen. Les trois
syndicats ont contesté le fait que les signataires de l’accord initial n’ont pas
participé à la négociation des amendements.
- UniCredit : le comité
d’entreprise européen du groupe bancaire italien UniCredit a présenté, le 21
mai, en réunion plénière, la déclaration commune sur la responsabilité sociale
de l’entreprise, signée le 31 janvier 2014 entre les partenaires sociaux
européens – UNI Europa Finance et la Fédération bancaire européenne (v. communiqué,
en anglais, ou italien).
Pour le comité, cette déclaration considère que le dialogue social est un outil
crucial pour atténuer les effets de la crise et pour trouver des solutions pour
atténuer les impacts de la crise sur les salariés du groupe. Le comité souhaite,
par ailleurs, parvenir à un accord sur une déclaration commune relative aux
ventes responsables ainsi qu’à un accord-cadre mondial, en collaboration avec la
fédération syndicale internationale UNI Europa Finance. Par ailleurs, dans une
déclaration
conjointe (en anglais, ou italien)
du 20 mai, les fédérations syndicales italiennes (Dircredito, Fabi, Fiba, Fisac,
UniSin, Uilca), autrichienne (GPA-DJP) et allemande (Verdi) ont dénoncé le plan
stratégique du groupe pour la période 2014-2018 qui repose trop sur des
réductions de coûts et des coupes dans les effectifs.
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Conflit
collectif
- Amazon : le syndicat
allemand du secteur des services, Ver.di, a appelé les salariés d’Amazon de se
mettre en grève deux jours du 30 au 31 mai 2014. Le conflit qui concerne les
deux centres de logistiques allemands dure depuis avril 2013. Le syndicat
revendique que la rémunération des 9000 salariés soit fixée selon les conditions
de la convention de branche du commerce de détail et de la vente par
correspondance, alors que l’entreprise américaine applique la convention de la
branche logistique dont les ternes sont moins favorables.
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Syndicalisme
- Smurfitt Kappa : les
fédérations syndicales internationales IndsutriAll et UNI Global Union ont mis
en place, les 18 et 19 mai, à Madrid, un réseau syndical mondial au sein de
groupe papetier Smurfitt Kappa. Il est piloté par un comité de coordination
composé de six membres, dont deux représentants des syndicats européens, deux
représentants pour l’Amérique latine et un représentant pour chacune des deux
fédérations syndicales internationales. Le secrétaire du comité d’entreprise
européen a participé à la réunion pour apporter son soutien.
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Bonnes
pratiques
- PSA Peugeot Citroën : le
constructeur automobile français Peugeot-Citroën a signé, le 15 mai, un accord
triennal autorisant le don de jours de repos à un salarié dont l’enfant est
gravement malade, quelques jours après l’adoption de la loi n° 2014-459 du
9 mai 2014 (v. IR Note 10). Ce dispositif pourrait être étendu d’ici trois ans
au cas du conjoint gravement malade.
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4. Études et
rapports
Les normes juridiques applicables aux
restructurations : la Fondation pour l’amélioration des
conditions de vie et de travail (Eurofound) a mis à jour sa base de données des
législations nationales applicables en matière d’anticipation et de gestion des
restructurations. Cet outil, auquel IR Share a contribué, recense plus de
370 mesures en vigueur dans les 28 Etats membres (plus Norvège). Un outil unique
pour rechercher ou comparer les dispositifs nationaux.
- État des lieux sur les relations sociales
par pays : la Fondation pour l’amélioration des
conditions de vie et de travail (Eurofound) a mis à jour ses fiches de
présentation (« Country profile
») des différents systèmes nationaux de relations sociales en Europe (en
anglais) ainsi que pour des pays hors UE, comme les États-Unis
ou le Japon.
- L’emploi dans le monde :
l’Organisation internationale du travail a publié son « rapport
sur le travail dans le monde 2014 » (en anglais) (voir aussi résumé) qui
rappelle qu’une « croissance économique n’est pas durable quand elle est fondée
sur des conditions de travail médiocres et sans sécurité, des salaires réduits,
une pauvreté au travail croissante et des inégalités ». Pour l’OIT, « l’emploi
et le travail décent devraient dès lors être un objectif central du programme
pour le développement post-2015 ».
- Accroissement du risque de pauvreté en
Europe : Eurostat a mis à jour son étude annuelle sur le
risque de pauvreté en Europe (« People
at risk of poverty or social exclusion », en anglais seulement) qui
souligne un accroissement de ce risque entre 2011 et 2012. Ainsi 124,2 millions
de personnes (24,8% de la population européenne) étaient dans une situation de
risque de pauvreté ou d’exclusion sociale en 2012 (contre 24,3% en 2011). Parmi
les critères utilisés pour mesurer ce risque, figure l’exposition aux privations
matérielles qui touchent 9,9% de la population (+ 1 point) avec taux très élevé
en Bulgarie (40%) et de 25% en Hongrie, Lettonie et Roumanie. Par ailleurs 40,2%
des Européens ne pourraient pas faire face à une dépense imprévue (+ 2,1 points
par rapport à 2011).
- Le taux d’emploi poursuit sa baisse en
2013 : après avoir régulièrement augmenté de 2002 à
2008, passant de 66,7 % à 70,3 %, au déclenchement de la crise économique et
financière, le taux d’emploi dans l’UE ne cesse de se contracter pour s’établir
à 68,3 % en 2013, loin des 75 % prévus par la stratégie Europe 2020, souligne
Eurostat (Stat
14/80 du 19 mai 2014). Seules l’Allemagne et Malte ont enregistré une
hausse quasi constante de leur taux d’emploi sur l’ensemble de la période, de
74 % en 2008 à 77,1 % en 2013 pour l’Allemagne, qui est le seul pays (avec
Malte) à dépasser son objectif national fixé à 77 % pour 2020. S’agissant des
personnes âgées de 55 à 64 ans, la tendance est assez différente : leur taux
d’emploi n’a pas cessé d’augmenter, passant de 38,1 % en 2002 à 50,1 % en 2013.
À noter que l’écart entre le taux d’emploi le plus élevé et le plus faible est
passé de 19,4 points de pourcentage en 2010 à 26,6 points en 2013.
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Le mot de la
quinzaine
Dumping
social
Employé régulièrement dans les débats autour du détachement de travailleurs, le
“dumping social” n’a pas réellement de définition stabilisée. De nombreuses
pratiques d’entreprise peuvent être qualifiée de « dumping social » de la fraude à
la parfaite légalité, en passant par un stade intermédiaire : l’« optimisation
sociale », le fait de tirer avantage de la diversités de système sociaux et des
régimes de droit du travail. Actuellement, le « détachement de travailleurs » semble
être synonyme de « dumping social » d’où l’adoption d’une directive pour mieux
encadrer le détachement (v. Législation). Cependant un contrôle accru des autorités
nationales sur les entreprises détachant des salariés ne pourra rien face à une
réalité de l’UE : comme en matière de fiscalité, la protection sociale n’est pas
harmonisée. Un salarié détaché venant d’un pays où les cotisations sociales sont
faibles, présentera un avantage compétitif face aux salariés d’un pays où ces
cotisations sont élevées, même s’il est payé au même niveau que les salariés du pays
d’accueil. C’est du « dumping social » mais il est parfaitement légal. Aucun pays
n’étant prêt à harmoniser ses taux d’imposition ni son système de protection
sociale, cette forme de « dumping social » à de l’avenir. Plus de détails dans le Dictionnaire
européen des relations sociales (en anglais).
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