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IR Notes 25 – 11 février 2015
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une agence de
partage d’informations, de documentations et de compétences pour les
managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR Share opère
via des publications en ligne, des groupes de travail, des formations
consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Francisco Gomez Abelleira et Frédéric Turlan.
Retrouver l’ensemble de l’équipe
d’IR Share sur le site.
S’abonner à IR
Notes En quelques clics sur le site
IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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À nos lecteurs
Toute l’équipe d’IR Notes est heureuse de compter parmi ses lecteurs,
depuis quelques semaines, les membres comité d’entreprise européen du
groupe Carrefour et des membres du bureau du comité
d’entreprise européen de Michelin, du Club
méditerranée, de la SNCF et de
Cereal partners. La Fédération européenne du
nettoyage industriel s’est également abonnée. Vous pouvez
également contribuer à notre développement et surtout au maintien de
notre indépendance en nous aidant à faire connaître IR Notes dans vos
réseaux. Toutes les suggestions et conseils sont les bienvenus !
N’hésitez pas à nous contacter directement !
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IR Chronique, par Fernando Vasquez
avocat, ancien fonctionnaire à la Commission européenne et expert du
réseau IR Share
À l’occasion de cette semaine importante
pour le sort, non seulement du pays de l’UE le plus affecté par la
crise, mais aussi du débat sur le dilemme austérité-croissance, il
est utile de rappeler l’évolution récente de l’économie et du marché
de travail de l’UE.
Que
nous disent à ce propos les chiffres divulgués par le récent
rapport de la Commission européenne ?(*)
Entre 2003 et 2013, la population de l’UE est passée de 484,726 à
500,457 millions (+15,731 millions) et la population en âge de
travailler (15-64 ans) de 203,804 à 212,702 millions (+ 8,9
millions). Sur cette même période, le taux d’emploi (en équivalent
temps plein) est resté pratiquement stable passant de 58 à 58,2%)
avec un pic de 60,4 en 2008. Cependant, la part des indépendants
dans l’emploi total est passé de 16,4 à 15,4 % (– 673000), celle des
travailleurs à temps partiel de 16,5 à 20,3 % (+ 9,5 millions) et
celui des salariés sous contrat à durée déterminée de 12,7 à 13,8 %
(+ 3,5 millions). L’augmentation combinée de ces trois catégories
dépasse de 4 millions l’augmentation la population en âge de
travailler. Le nombre de chômeurs dans l’UE est passé de 20,840
millions en 2003 à 26,388 millions en 2013, soit une progression de
5,5 millions. Mais l’augmentation atteint 9,5 millions si l’on prend
en compte la meilleure des années intermédiaires (16,8 millions de
chômeurs en 2008). Quant au taux de croissance du PIB, qui a été en
moyenne de +2,6% entre 2003 et 2007, il est passé à – 0,1 % en
moyenne sur la période 2008 et 2013.
Ces
chiffres démontrent le lien entre croissance et
emploi et l’effet néfaste de l’augmentation
du chômage sur la qualité de l’emploi de
ceux qui travaillent : statistiquement, la progression du nombre de
contrats précaires absorbe la totalité des emplois nouvellement
crées. Plus grave, elle puise même dans le stock des emplois stables
déjà existants (4 millions). Le rapport illustre aussi l’énorme
disparité entre les Etats membres en ce qui concerne l’ensemble de
ces données ainsi que – ce qui est plus préoccupant –
l’accroissement constant de ces disparités, c’est-à-dire le
processus de divergence économique et sociale à l’intérieur même de
l’UE. Le rapport de la Commission le reconnaît lorsqu’il souligne
l’importance d’un retour à la convergence en matière économique et
sociale, en particulier dans le sud et la périphérie des anciens
Etats membres de l’UE.
En
revanche, le lien établi dans le rapport entre le niveau de
développement des marchés du travail – les
marchés plus ouverts et moins segmentés, ayant davantage investi
dans l’éducation et la formation tout au long de la vie et disposant
de systèmes d’activation plus efficaces – et leur performance
pendant la crise, ignore les facteurs macro et micro-économiques :
ceux liés à la structure industrielle mais aussi les différences de
compétitivité, de niveaux de la demande interne et externe et
d’autres causes externes aux marché du travail qui les
influencent.
Le
rapport omet également de constater l’échec des innombrables
politiques et mesures de promotion de
l’emploi qui ont été lancées par l’UE et par
les Etats membres au cours de la dernière décennie, la plupart du
temps soutenues par d’importants financements. L’efficacité des
politiques d’emploi mériterait d’être mieux prises en compte, à côté
du rôle fondamental de la croissance, sur le maintien de niveaux
d’emploi acceptables, au moment où l’on veut relancer l’emploi en
Europe. On y reviendra.
(*) Employment
and Social Developments in Europe 2014, en anglais
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Agenda
11
février Bruxelles Conférence
finale du projet européen Eurosofin sur la contribution du
dialogue social dans le secteur financier en Europe à l’anticipation
du changement et aux restructurations. Le projet est piloté par
l’unité Négociation collective et politiques de l’emploi du Luxembourg
Institute of Socio-Economic Research (LISER). Lien
vers le formulaire d’inscription.
12
février Paris Entretiens
de l’Ires, à l’occasion de la parution du numéro spécial de la
Chronique internationale de l’Ires : « Education, Santé : services
publics dans la tourmente », qui associeront des chercheurs et des
membres des organisations syndicales autour de deux tables rondes sur
les expériences française et étrangères.
12 et 13
février Paris Les
partenaires sociaux européens du secteur de l’aviation civile organisent
une conférence présentant le résultat des travaux menés par l’Université
de Gand sur « l’emploi atypique au sein des équipages », à la demande
des partenaires sociaux.
24
février Bruxelles Forum
mensuel de l’Institut syndical européen sur la responsabilité
sociale des entreprises et les syndicats.
26
février Riga Conférence
de la présidence lettone de l’UE sur le
rôle des syndicats dans la promotion d’une croissance durable et
créatrice d’emplois.
26 février Bruxelles Réunion
de la commission Emploi et Affaires sociales du Parlement européen.
5 mars Bruxelles Conférence
de haut niveau organisée par la Commission européenne à l’occasion du
30e anniversaire du lancement du dialogue social européen (« Val
Duchesse »), où elle présentera ses nouvelles orientations.
9 mars Bruxelles Conseil
Emploi et Affaires sociales.
31
mars Riga Forum
des partenaires sociaux sur le rôle du dialogue social en faveur
de la croissance économique et la qualité de l’emploi, organisé par les
partenaires sociaux lettons et la présidence lettone de l’UE.
9 et
10 avril Paris Séminaire
organisé par Astrees, IR Share et SBI-FNV Formaat, avec le soutien de
la Commission européenne sur la question de la compétence transnationale
des CE européens. Ce séminaire est réservé aux managers en charge de CE
européens. Tél. : + 33 (0)6 81 41 53 95.
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR Share et
son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente
sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le site IR Share. IR Share est une
entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est
d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et
au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et
le Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
Le dialogue
social européen est-il un trentenaire plein d’avenir?
« C’est le 31 janvier 1985 que le dialogue social européen voyait le jour dans une
réunion provoquée par le président de la Commission européenne Jacques Delors »…
Ainsi commence le « Policy
brief » publié par l’Institut Jacques Delors et signé de Jean Lapeyre,
ancien secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats de
1991 à 2003. Cette note, qui retrace l’histoire du dialogue social européen, se
termine sur des recommandations en vue de « relancer et renforcer le dialogue
social » : mettre en place un cadre juridique pour les « accords autonomes » des
partenaires sociaux (c’est-à-dire les accords conclus de leur propre initiative sans
intervention de la Commission européenne) avec une « instance autonome capable
d’arbitrage et de conciliation » ; créer un secrétariat européen du dialogue social
financé sur le budget de l’UE afin de donner les moyens nécessaires au
fonctionnement et au développement du dialogue social ou encore lancer un dialogue
social spécifique à la zone euro. Autant de propositions qui pourront alimenter la
conférence de Haut niveau organisée par la Commission, le 5 mars prochain, à
Bruxelles, avec des représentants des partenaires sociaux européens. Les discussions
s’articuleront autour de quatre thèmes : 1° Mieux associer les partenaires sociaux à
la gouvernance économique tant au niveau européen qu’à l’échelon national. 2°
Améliorer la participation des partenaires sociaux à l’élaboration des politiques
européennes en matière sociale (p. ex. sur la mobilité des travailleurs,
l’intégration sur le marché du travail) mais aussi dans d’autres domaines comme
l’Union de l’énergie ou le Marché unique numérique. 3° Renforcer les accords
européens conclus par les partenaires sociaux et en particulier lorsqu’il s’agit de
les « transposer » via une directive européenne. 4° Consolider, avec le soutien
financier de l’Union, le dialogue social dans les États membres. La Commission
entend aussi revoir ses lignes de financement en faveur du dialogue social et des
relations sociales, en donnant une priorité aux projets portés par les partenaires
sociaux européens. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker avait annoncé
qu’il sera le « président du dialogue social ». L’année 2015 le dira ! > Voir aussi la page
spéciale consacrée par la Fondation pour l’amélioration des conditions de
vie et de travail (Eurofound) et notamment la note
sur le blog de Christian Welz sur la réunion fondatrice du dialogue social,
le 31 janvier 1985, au château de Val-Duchesse (en anglais).
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1. Union
européenne
Législation
- Régime fiscal des sociétés mères et des
filiales : la directive
2015/121 du 27 janvier 2015 qui modifie la directive 2011/96 concernant
le régime fiscal commun applicable aux sociétés mères et aux filiales d’États
membres différents, a été publiée au Journal officiel. Il s’agit d’éviter le
recours abusif à une mesure visant à exonérer de retenue à la source les
dividendes et autres bénéfices distribués par des filiales à leur société mère.
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Actualités
sociales
- Augmentation du préfinancement des mesures
en faveur des jeunes : la Commission européenne a
adopté, le 4 février, une proposition
de règlement visant à augmenter le montant du préfinancement initial
versé aux programmes mis en place par les États membres dans le cadre de
l’initiative pour l’emploi des jeunes. Après adoption par le Conseil et le
Parlement, ce texte doit permettre de débloquer 1 milliard d’euros en 2015, ce
qui permettra, selon la Commission, de multiplier par 30 le préfinancement versé
aux États membres en faveur de l’emploi des jeunes et d’aider jusqu’à 650 000
jeunes à accéder à un emploi (v. communiqué
de la Commission et sa note
« questions-réponses »; autres langues IT PT EL PL).
Cette initiative corrige l’un des nombreux défauts du dispositif « garantie
pour la jeunesse » : les sommes mobilisées par les pays les plus frappés
par le chômage des jeunes sont pris en compte dans le calcul du déficit
budgétaire, ce qui n’incite pas les pays à adopter de tels programmes. Le
préfinancement leur permettra d’engager des dépenses sans avoir à les financer
sur leur propre budget.
- Intervention du Fonds européen
d’ajustement à la mondialisation : la Commission
européenne a proposé, le 3 février, une aide de 8,7 millions d’euros à la Grèce,
pour soutenir la recherche d’emploi de 1633 salariés qui ont perdu leur poste
dans le secteur des médias (v. communiqué
de la Commission, en anglais).
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Jurisprudence
- La Cour de justice ne peut se prononcer
sur la validité d’une période d’essai d’un an : la Cour
de justice était invitée à se prononcer sur la conformité d’une des mesures
phares de la réforme du marché de travail espagnol de 2012 avec le droit de l’UE
: une période d’essai d’un an, pendant laquelle l’employeur d’un salarié
embauché dans le cadre du nouveau « contrat de travail à durée indéterminée de
soutien aux entrepreneurs », pouvait mettre fin à la relation de travail à tout
moment sans justification (CJUE,
5 février 2015, aff. C-117/14, Nisttahuz Poclava) Une juridiction saisie
par une salariée licenciée au cours de sa période d’essai s’est donc tournée
vers la Cour de justice, s’interrogeant sur une violation de la Charte
des droits fondamentaux de l’UE, la Convention
OIT n°158, la Charte
sociale européenne et la directive
1999/70 du 28 juin 1999 sur le travail à durée déterminée. Alors que le
Comité européen des droits sociaux a rendu un rapport
en janvier qui juge cette disposition contraire la Charte sociale européenne, la
Cour de justice se déclare, à juste titre, incompétente : la Charte des droits
fondamentaux s’applique aux seuls textes qui mettent en œuvre le droit de l’UE.
Or, le contrat litigieux ne peut être considéré comme un contrat de travail à
durée déterminée et n’entre donc pas dans le champ d’application de la directive
1999/70. De plus, la Cour n’est pas compétente pour statuer sur l’interprétation
de dispositions des autres textes de droit international précités. Enfin aucune
autre disposition du droit de l’UE n’encadre la période d’essai. « Le droit du
licenciement échappe au droit du travail de l’UE, c’est l’une de ses
faiblesses», souligne Jean-Philippe Lhernould, professeur à l’université de
Nantes.
- Précisions sur la directive concernant les
licenciements économiques : l’avocat général de la Cour
de justice a rendu des conclusions dans trois affaires concernant la directive
sur les licenciements collectifs (CJUE,
5 février 2014, aff. C-182/13, C‑392/13, C‑80/14). Il s’agit de
déterminer en cas de licenciement collectif, la portée exacte de la notion
d’ «établissement» visée à l’article 1er, paragraphe 1, sous a) (2),
de la directive 98/59. La Cour devrait rendre son jugement dans l’année.
- Prise en compte des périodes de travail
accomplies avant 18 ans : la Cour de justice s’est
prononcée une nouvelle fois, près de six ans après l’affaire Hütter (CJCE,
18 juin 2009, aff. C-88/08), dans une affaire autrichienne concernant un
salarié dont la date de départ pour calculer son avancement ne tenait pas compte
des périodes d’apprentissage antérieures à ses 18 ans (CJUE,
28 janvier 2015, aff. C-417/13, ÖBB Personenverkehr AG c./G. Starjakob).
La Cour précise qu’« aussi longtemps qu’un système procédant à la suppression de
la discrimination en fonction de l’âge d’une manière conforme à ce que prévoit
la directive 2000/78 n’aura pas été adopté, le rétablissement de l’égalité de
traitement implique l’octroi » aux personnes lésées « des mêmes avantages » que
ceux dont ont pu bénéficier les travailleurs placés dans une situation
comparable.
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2. États
membres
Allemagne
- Suspension de l’application du salaire
minimum aux routiers en transit : la ministre du Travail
Andrea Nahles a décidé de reporter la décision de rendre obligatoire le respect
du salaire minimum légal en vigueur depuis le début de l’année, aux chauffeurs
routiers des autres États membres lorsqu’ils sont en transit sur le territoire
allemand (v. communiqué,
en allemand). L’organisation patronale européenne IRU à appeler à un moratoire
immédiat (v. communiqué,
en anglais). De son côté la Fédération des travailleurs du transport (ETF) juge
la mesure conforme au droit de l’UE et souligne que, tant qu’il n’y aura pas de
politique européenne visant à combattre le dumping social, les États
continueront à chercher des solutions nationales pour lutter contre la fraude
sociale dans le transport (v. Eurofound (2015) « EurWORK
topical update – Pay – Q4 2014 – Statutory minimum wages in 2015 »). La
Commission mène actuellement une enquête préliminaire pour vérifier la
compatibilité (douteuse selon nous) de cette mesure par rapport au droit de l’UE
et notamment de la libre prestation de services.
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Espagne
- Un programme pour les chômeurs en fin de
droits : le gouvernement a adopté un décret-royal
(en espagnol), approuvé par les partenaires sociaux, afin de proposer aux
chômeurs qui ne sont plus indemnisés de participer à des programmes d’activation
pendant six mois tout en percevant une allocation de 426 euros.
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France
- Financement des partenaires sociaux :
prévu par la loi nº 2014-288 du 5 mars 2014, le fonds de
financement des organisations professionnelles d’employeurs et des organisations
syndicales a été mis place par un décret
du 31 janvier. Ce fonds doit financer les partenaires sociaux au titre
de leurs missions d’intérêt général (gestion des organismes paritaires,
formation des représentants du personnel…). Le financement est assuré par une
contribution des employeurs privés (à hauteur de 0,016 % de la masse salariale)
et par l’État. Le décret fixe les règles d’organisation et de fonctionnement du
fonds et de répartition des crédits. Ce dispositif doit mettre fin à l’opacité
des canaux de financement des partenaires sociaux.
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Luxembourg
- Amendements au Code du travail :
le gouvernement a adopté, le 6 février (v. communiqué,
en français), un projet de loi qui vise : 1° à mettre la législation en
conformité avec le droit de l’UE en ajoutant “la notion de changement de sexe
dans les dispositions légales générales sur la non-discrimination”, dans le Code
du travail et dans la législation applicable aux fonctionnaires ; 2° à
garantir, dans le cadre de fusions transfrontalières, les mêmes droits de
participation aux salariés hors Luxembourg qu’à ceux qui travaillaient déjà sur
le territoire national avant la fusion. Par ailleurs, le gouvernement a adopté
un projet de règlement transposant la directive 2010/32 du 10 mai 2010 qui
définit les mesures à mettre en œuvre pour protéger les salariés contre les
risques liés aux objets tranchants dans les secteurs hospitalier et
sanitaire.
>
Retrouver plus
d’informations en matière de droit du travail dans la Newsletter
European Labour Law Network (en anglais) et en matière de négociation
collective dans la lettre de l’Institut syndical européen « Collective
Bargaining newsletter » (en anglais).
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3.
Entreprises
Accords
transnationaux
IndustriAll présente ses nouvelles lignes
directrices pour la négociation d’accords transnationaux :
la fédération syndicale mondiale IndustriAll Global Union a présenté, le 6
février, ses nouvelles
lignes directrices en matière de négociation d’accords-cadres
internationaux. Outre le rappel des droits sociaux fondamentaux garantis par
divers textes internationaux, un accord-cadre international doit : 1° couvrir toutes
les activités du groupe dans tous les pays, sans exception ; 2° inclure un
engagement à faire respecter le contenu de l’accord par les fournisseurs et
sous-traitants au profit de leurs salariés ;
3° s’engager à traiter les syndicats
de manière positive, s’interdire toute pratique antisyndicale et respecter une
stricte neutralité quant au choix des salariés d’adhérer ou non à un syndicat ; 4°
de permettre un accès « raisonnable » des représentants syndicaux sur le lieu de
travail ; 5°
prévoir un mécanisme efficace de mise en œuvre et un
processus
contraignant de résolution des litiges.
Un groupe de travail permanent est créé
pour réviser les accords en vigueur et présenter un rapport annuel sur l’application
des accords signés. Les accords doivent être traduits dans toutes les langues
utilisées et diffusés aux salariés, aux managers, aux fournisseurs et
sous-traitants. Ces recommandations sont déjà respectées par l’accord mondial du
groupe Total, signé le 22 janvier dernier.
- Areva : pour simplifier
les dispositifs de suivi des accords européens signés entre le groupe Areva et
la fédération syndicale européenne IndustriAll Europe (*), les deux parties ont
fini de négocier un nouvel accord européen favorisant un pilotage commun des
accords existants. Le projet d’accord, soumis à l’approbation des syndicats
représentés dans le groupe et membres de la fédération, insiste sur le fait que
le dialogue social doit couvrir les « orientations stratégiques du groupe » afin
d’en anticiper « les effets prévisibles sur l’emploi, les métiers et les
compétences ». Le texte insiste aussi sur la reconnaissance des compétences
acquises dans l’exercice d’un mandat de représentant du personnel et le respect
de l’égalité de traitement entre ces représentants et les autres
salariés.
(*) Les accords « égalité
professionnelle » (ainsi que son avenant)
et « gestion
des emplois et des compétences » sont disponibles sur IR Share.
- Scor : le groupe français
de réassurance Scor SE (2 300 salariés dans 11 États membres) a signé, le
29 janvier, une charte
européenne sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes
avec les membres du comité d’entreprise commun aux quatre sociétés européennes
formant le groupe Scor SE (en anglais CECC Common European Companies Committee).
Le texte passe en revue tous les aspects de la relation de travail liés à
l’égalité de traitement (recrutement, formation, évolution de salaire,
maternité) et met en place des outils (réseaux de femmes, mentoring, campagne de
sensibilisation…) pour assurer une bonne application de l’accord et « qui vont
permettre, comme l’indique Roberta Iorizzo-Fard, représentante du comité
d’entreprise commun, d’aider tous les salariés à donner le meilleur d’eux-mêmes
et d’améliorer la qualité de vie au travail à tous les niveaux ».
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Comité
d’entreprise européens
- Dana : le nouvel accord
sur le CE européen (en allemand) signé le 18 novembre 2014 entre la
direction du groupe équipementier automobile américain Dana (5 325 salariés en
Europe) et le président du CE européen précise que les questions transnationales
sont celles qui concernent deux établissements dans deux États membres ainsi que
celles qui touchent les salariés européens de façon importante quel que soit le
nombre de pays concernés. Pour obtenir l’organisation d’une réunion
exceptionnelle, la demande du comité doit être soutenue par des membres du
comité représentant au moins deux pays et 25% des effectifs.
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4. Études et
rapports
- Salaire minimum : la Fondation pour l’amélioration des
conditions de vie et de travail (Eurofound) a publié une note
sur le salaire minimum en Europe (en anglais), à jour au 1er janvier
2015, qui indique le montant des salaires minima en vigueur dans 22 États
membres et son évolution par rapport à 2014. Elle se risque aussi à indiquer
l’évolution du salaire minimum « réel » en prenant en compte l’inflation. Il
apparaît que dans cinq pays, celle-ci a été négative.
- Indemnité de
licenciement : la Fondation pour l’amélioration des
conditions de vie et de travail (Eurofound) a publié une note
de synthèse (en anglais) sur l’indemnité légale de licenciement dans
l’Union.
- Impact sur l’emploi des sanctions contre
la Russie : la Fondation pour l’amélioration des
conditions de vie et de travail (Eurofound) a publié une courte
analyse dans sa synthèse trimestrielle sur les restructurations (en
anglais), sur les pertes d’emplois dans les entreprises de l’Union liées aux
sanctions prises par l’Union contre la Russie.
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Le mot de la
quinzaine
Val-Duchesse
Le prieuré de Val Duchesse est situé dans la commune d’Auderghem, dans le sud de
Bruxelles, en bordure de la forêt de Soignes. C’est dans ce cadre bucolique qu’est
né, le 31 janvier 1985, le dialogue social européen, à l’initiative du président de
la Commission européenne Jacques Delors. Il sera ensuite question du « Processus de
Val-Duchesse » où les représentants des syndicats et ceux des employeurs vont
devenir des acteurs de l’élaboration de la législation européenne dans le cadre de
la construction du marché unique.
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