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IR Notes 28 – 25 mars 2015
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une agence de
partage d’informations, de documentations et de compétences pour les
managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR Share opère
via des publications en ligne, des groupes de travail, des formations
consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Jan Czarzasty, Märt Masso, Christer Thörnqvist,
Frédéric Turlan et Fernando Vasquez. Retrouver l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
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Notes En quelques clics sur le site
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IR Chronique, par Fernando Vasquez
avocat, ancien fonctionnaire à la Commission européenne et expert du
réseau IR Share
Nous avons déjà évoqué la malheureuse
coexistence d’un niveau de chômage très élevé dans l’ensemble de
l’Union (résultant surtout du taux de croissance très faible qui
s’est installé durablement) et l’augmentation exponentielle du
nombre de contrats précaires (v. IR Notes 25).
La
situation diffère beaucoup à l’intérieur de l’UE.
Partant de cette divergence économique et sociale, la vision
politiquement dominante chante les vertus de la libéralisation des
marchés du travail et de la fin des « rigidités » du droit du
travail, en soulignant leur rôle bénin dans le bonheur régnant dans
les pays prospères. On connait le cercle vicieux du chômage qui
entraîne une réduction de la demande et donc la récession auquel ces
conseils vertueux nous ont conduits. Pourtant, la pensée officielle
demeure ferme avec très peu d’objections audibles de la part des
gouvernements, même si certains pratiquent la résistance silencieuse
et passive. Faute d’un mouvement significatif qui s’y oppose et
essaye d’inverser ces politiques, on peut légitimement se demander
si un nouveau cercle vertueux de croissance/création
d’emploi/qualité de l’emploi est possible et politiquement
viable.
Personne
de sensé ne peut
rejeter un tel mouvement. Il semble
également certain que la grande majorité des citoyens européens le
souhaitent, pas seulement par conviction idéologique, mais parce
qu’ils constatent les ravages que la libéralisation à outrance sont
en train de faire dans leur vies, l’augmentation de la pauvreté et
la montée des inégalités. Une telle inversion est réalisable, comme
que nous le démontre chaque jour le monde économique et social. Les
réalités de la vie des entreprises et des relations sociales
continuent à imposer aux acteurs sociaux une vision pragmatique qui
préserve l’essentiel les modèles sociaux bâtis au fil des décennies
qui sont à la base de la réussite économique européenne. Ces IR
Notes rendent compte régulièrement d’initiatives des entreprises ou
des partenaires sociaux à contre-courant des croyances régnantes et
qui montrent que ces relations sociales sur le terrain restent
proches à ce qu’elles étaient il y a dix ou vingt ans.
La
viabilité politique de l’Union n’apparaît plus
certaine. En effet, la succession de
résultats électoraux nationaux souligne une destruction progressive
du centre politique qui a gouverné l’Europe depuis l’après-guerre.
Tôt ou tard, l’arrivée de pouvoirs réellement dérangeants devra
amener l’Europe à adopter de nouvelles politiques, pourvu qu’elle en
soit encore capable. D’ici là, il serait nécessaire de confronter en
profondeur ces deux conceptions opposées du marché du travail et de
son rôle dans la prospérité économique et le bien-être social dans
le monde globalisé d’aujourd’hui.
Une
analyse globale des réformes. Pour ce faire,
et si l’on veut dépasser les querelles idéologiques, il faudrait
prendre quelques symboles connus du droit du travail qui on fait
récemment l’objet de réformes, proposées ou imposées, et mesurer
leur impact réel, chiffré, sur la compétitivité dans le cadre d’une
analyse globale englobant tous les facteurs qui influencent
celle-ci. Par exemple, son plus important élément, le régime du
licenciement. Il serait souhaitable d’étudier sérieusement l’effet,
estimé néfaste par certains, des règles protectrices subsistant
encore dans la plupart des pays européens sur la compétitivité de
ceux-ci, ainsi que les bénéfices économiques et sociaux (en termes
de création d’emplois décents) de l’introduction de systèmes de
licenciement ad nutum c’est-à-dire sans motif et/ou sans
préavis. Un autre sujet d’étude pourrait être les relations
collectives de travail et, en particulier, la négociation
collective, dont la modification (par exemple, vers la
décentralisation) est au centre de l’ardeur réformiste
actuel.
Orienter
vers des réformes
acceptées. Seul ce type d’analyses
scrupuleuses est en mesure d’orienter de vraies réformes acceptées
par tous – si elles s’avèrent nécessaires – et d’empêcher, par la
conviction que le besoin de reformer est justifié, que des
changements en ces domaines alimentent les choix politiques
anti-européens. Surtout, elles pourront le cas échéant fonder de
nouvelles voies politiques qui reprennent le cercle vertueux propre
à l’Europe dans lequel le bien-être et le progrès social sont au
centre de la prospérité économique.
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR Share et
son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente
sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le site IR Share. IR Share est une
entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est
d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et
au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et
le Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
Pas de
remise en cause directe des restrictions au recours à l’intérim
La Cour de justice a rendu un arrêt (CJUE,
17 mars 2015, aff. C-533/13, Auto-ja Kuljetusalan Työntekijäliitto AKT/Öljytuote
ry, Shell Aviation Finland Oy) dans une affaire relative à l’application de
la directive 2008/104 sur le travail temporaire à propos de l’une de ses
dispositions (article 4) qui prévoit : 1° que les interdictions ou restrictions
concernant le recours aux intérimaires sont uniquement justifiées par des raisons
d’intérêt général (protection des intérimaires, santé et sécurité au travail,
nécessité d’assurer le bon fonctionnement du marché du travail) et d’empêcher les
abus. 2° Une obligation pesant sur les États membres de réexaminer dans les quatre
années suivant l’entrée en vigueur de la directive, les restrictions ou
interdictions applicables au travail intérimaire au niveau national afin de vérifier
si elles sont justifiées par les raisons visées ci-dessus. L’enjeu était de savoir
si des restrictions maintenues dans les législations nationales ou dans les
conventions collectives applicables pouvaient être contestées par des organisations
professionnelles ou des entreprises devant une juridiction nationale si elles
n’apparaissent pas justifiées par l’une de ces raisons. L’avocat général de la Cour,
qui rend des conclusions afin d’éclairer la Cour avant qu’elle ne rende son arrêt,
estimait dans son avis
(v. IR
Notes 21) que l’article 4 fixait « une règle matérielle » qui « interdit le
maintien des restrictions du recours au travail intérimaire lorsqu’elles ne sont pas
justifiées, notamment compte tenu de l’harmonisation des conditions minimales de
travail ». Ce qui a conduit l’organisation employeur Eurociett à se féliciter de la
possibilité pour ces affiliés au niveau national de pouvoir contester les
restrictions leur semblant contraires à l’intérêt général (v. interview IR
Notes 21 et communiqué).
La Confédération européenne des syndicats s’était alors inquiétée d’une telle
interprétation au nom de la protection des intérimaires (v. communiqué).
Finalement la Cour n’a pas suivi l’avis de l’avocat général. La Cour estime que
l’article 4 ne s’adresse qu’aux « autorités compétentes des États membres, en leur
imposant l’obligation de réexaminer leur réglementation nationale » et que de «
telles obligations ne peuvent être assurées par les juridictions nationales ». D’un
point de vue juridique, la Cour ne confère ainsi pas d’effet direct à la disposition
de la directive prévoyant l’obligation de réexamen des restrictions. Autrement dit,
aucune organisation ou entreprise ne peut saisir une juridiction nationale pour
demander la levée d’une restriction qu’elle ne jugerait pas conforme aux critères
définis dans la directive. La CES s’est félicitée de cet arrêt qui ne permet donc
pas des recours directs contre de telles dispositions nationales qui en principe
sont protectrices des salariés (v. communiqué)
et qui, selon la CES, « garantit le droit des partenaires sociaux de réguler
l’utilisation du travail intérimaire par conventions collectives ». La décision ne
peut que décevoir Eurociett même si l’organisation se félicite que la Cour consacre
l’obligation – permanente selon Eurociett et non pas liée au seul réexamen prévu
dans le délai de quatre ans après l’entrée en vigueur de la directive – qui pèse
sur les États membres pour effectuer l’examen des restrictions et de supprimer
celles qui ne sont pas justifiées (v. communiqué
en anglais). À la lecture de cet arrêt, seule la Commission européenne pourrait
désormais agir par le biais d’une procédure en manquement (v. ci-dessous, le mot de
la quinzaine) contre un États membres au motif qu’il aurait maintenu des
restrictions injustifiées. Le fera-t-elle alors qu’elle n’a pas agi suite au rapport
d’application de la directive qui démontrait que les États avaient en grande
majorité laissé leur législation inchangée ?
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1. Union
européenne
Dialogue
social
- Sommet social tripartite :
les dirigeants de l’Union européenne et les partenaires sociaux ont examiné,
lors du sommet social tripartite (ces sommets sont organisés la veille des deux
Conseils européens de l’année) les priorités en matière d’emploi, de croissance
et d’investissement pour l’Europe (v. communiqué
de presse de la Commission). Les représentants de la Commission
européenne ont réitéré, dans la foulée de la conférence à haut niveau du 5 mars
(v. IR Notes 27), leur attachement au dialogue social et ont souligné la
nécessité de développer le dialogue social au niveau national afin d’associer
davantage les partenaires sociaux à la mise en œuvre des réformes.
L’organisation patronale BusinessEurope a insisté sur la poursuite des réformes
du marché du travail, plaidant en faveur d’un « partenariat pour la réforme »
(« reform partnership ») (v. discours
de Marcu J. Beyrer, directeur de BusinessEurope) tandis que la Confédération
européenne des syndicats revendique un pacte pour la croissance et des emplois
de qualité.
- Relance du dialogue social :
l’intégralité des discours
prononcés lors de la conférence sur la relance du dialogue social européen du 5
mars sont publiés sur le site de la Commission européenne y compris la longue
intervention de Jean-Claude Juncker, expurgée de quelques digressions, comme son
anecdote racontant la surprise du roi d’Espagne de le voir quitter une visite
officielle à Madrid pour se rendre à une conférence sur le dialogue social.
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2. États
membres
Allemagne
- Des quotas de femmes dans les organes de
direction : le Parlement a définitivement adopté, le
6 mars, la loi sur la création d’un quota de 30 % de femmes dans les conseils de
surveillance pour plus 100 sociétés cotées ou soumises à la législation sur la
cogestion (Gesetzes
für
die gleichberechtigte Teilhabe von Frauen und Männern an
Führungspositionen in der Privatwirtschaft und im öffentlichen
Dienst). Cette obligation devra être respectée dès 2016. De plus 3 500
autres sociétés de plus de 500 salariés devront fixer des objectifs
contraignants pour augmenter la proportion de femmes dans leur conseil de
surveillance ou d’administration d’ici à la fin 2015. Elles devront ensuite
rendre public l’objectif qu’elles ont retenu. Mais aucune sanction ne leur sera
applicable si l’objectif fixé n’est pas atteint (v. communiqué
du gouvernement, en allemand).
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Estonie
- Manifestation pour autoriser les grèves
politiques : la Confédération des syndicats estoniens a
organisé des actions, dont une manifestation devant le Parlement, et adressé une
pétition au Parlement pour demander une protection du droit de grève. Si les
salariés estoniens bénéficient du droit de grève, la législation exclut
cependant la grève politique contre la gouvernement ou du législateur, par
exemple lorsqu’il s’agit de modifier la législation sociale.
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Pologne
- Nouvel accord collectif à la poste
polonaise : la direction de la poste polonaise (Poczta
Polska) a signé une nouvelle
convention collective d’entreprise, le 18 mars, avec les syndicats dont
deux organisations syndicales représentatives – NSZZ «Solidarnosc» et le
Syndicat des employés de la poste polonaise. Le nouvel accord remplace l’ancien,
qui a été dénoncé par l’employeur en juillet 2014, en raison d’un conflit entre
les parties quant à la proposition de l’employeur d’introduire de nouvelles des
primes de rendement. Les syndicats se sont opposés aux changements proposés
jusqu’à ce que les désaccords débouchent sur un conflit collectif à la fin 2014.
Après de longues négociations, les parties ont décidé de signer une nouvelle
convention collective, mais le conflit collectif n’est pas terminé. NSZZ
“Solidarność” informe
qu’il va encore exercer une pression sur l’employeur pour augmenter le salaire
de base pour tous les employés. Poczta Polska est l’opérateur postal public avec
78 000 salariés (à la fin 2014). Mais ce chiffre est toutefois susceptible de
diminuer en 2015 en raison d’un programme de restructuration en cours visant la
suppression de 8000 postes.
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Suède
- Vers une révision de la législation sur le
travail à durée déterminée : le gouvernement vient
d’essuyer une nouvelle fois des critiques de la Commission européenne en raison
d’un trop fort recours aux contrats de travail à durée déterminée. En 2007, le
gouvernement de centre-droit a en effet facilité le recours aux contrats à durée
déterminée afin de contourner des dispositions de la loi sur la sécurité de
l’emploi qui garantissent à un salarié le passage en contrat à durée
indéterminée après avoir été employé un certain laps de temps par la même
entreprise. Ce changement législatif a accru la précarité d’un grand nombre de
salariés selon plusieurs organisations syndicales. Selon la Confédération des
syndicats suédois (LO), 52% des salariés de moins de 25 ans travaillent en
contrats à durée déterminée. Le nouveau gouvernement, entré en fonction en
septembre 2014 et constitué par les sociaux-démocrates et le parti Vert, ne
s’était pas encore occupé de ce dossier, mais le ministère de l’Emploi indique
qu’il va maintenant examiner la législation pour voir ce qui peut être fait pour
atténuer le problème.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
- ArcelorMittal : la
direction du groupe sidérurgique a demandé, le 5 mars, lors d’un comité
restreint, l’application d’une clause de l’accord constitutif de 2007 qui
prévoit une adaptation de la composition du CE européen lorsque des changements
entraînent « une augmentation ou une diminution significative du nombre des
travailleurs employés » dans l’UE. Or depuis 2007, les effectifs ont diminué de
près de 40% dans l’UE, de 132000 à 80735 salariés fin 2014. La direction propose
donc de faire passer le nombre de membres du comité restreint de 25 à 16 membres
et celui du CE européen de 54 à 33 membres. Une rencontre s’est tenue à ce
sujet, à Bruxelles, entre la direction, IndustriAll et le secrétaire du CE
européen, Jean-Luc Ruffin (CGT), pour notamment mettre en avant l’importance de
maintenir une représentation de l’ensemble des organisations syndicales
représentatives au sein du CE européen. Dans un courrier adressé le 17 mars,
Jean-Luc Ruffin a proposé aux membres du comité de constituer un groupe de
travail sur cette question. Un comité restreint extraordinaire s’est tenu ce
mercredi 25 mars pour une première négociation autour des propositions de la
direction. Il devait adopter une déclaration en faveur du maintien de la
diversité syndicale.
- EDF : la direction et une
délégation de membres du CE européen ont ouvert une négociation pour modifier
l’article de l’accord constitutif du CE européen sur la composition du comité.
En effet, en raison de nouvelles acquisitions en France, le nombre de
représentants français au comité a mécaniquement augmenté au détriment des
délégations des autres pays européens. Un comité de neuf négociateurs – un par
délégation des pays représentés (Royaume-Uni, Pologne, Italie, Hongrie,
Belgique) et un par organisation syndicale représentative française (CFDT,
CFE-CGC, CGT, FO) – doivent, comme l’indique un communiqué
de la CFDT, « parvenir à un subtil équilibre pour continuer un travail de
qualité : conserver une taille raisonnable à l’instance et un nombre suffisant
de membres par pays, même pour ceux dont les effectifs sont faibles ». Après une
première séance de négociation le 12 mars, une dernière devrait se tenir le 14
avril.
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Société
européenne
- Atos : le comité
d’entreprise de la société européenne du groupe de services informatiques Atos
SE a rendu un avis, le 4 mars, dans le cadre du rachat de l’activité Xerox ITO.
Clôturant un processus d’information et de consultation lancé le 2 février,
l’avis souligne l’intérêt stratégique de l’acquisition de Xerox ITO. Cette
opération permet une acquisition sur le marché américain à « un prix
relativement faible ». Le comité se déclare en faveur de l’opération tout en
demandant à la direction de prendre en compte un certain nombre de
préoccupations notamment en matière de maintien de l’emploi en Europe ou
d’accompagnement de la mobilité. En conclusion de cet avis argumenté et reposant
sur un rapport d’expertise délivré par le cabinet français Sextant, le comité
souligne que la croissance par acquisition ne doit pas occulter la nécessité
d’une croissance organique du groupe et que si l’achat de Xerox ITO apporte
clairement un avantage pour les actionnaires, cela est moins évident pour les
salariés européens.
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Participation financière
- Inditex : le groupe
textile espagnol Inditex (137000 salariés) a annoncé, le 18 mars, un plan de
partage de profits (« profit sharing plan ») pour les années 2015 et 2016 qui
couvrira environ 70000 salariés à travers le monde travaillant dans ses
différents sites (magasins, usines, centres logistiques) et filiales dès lors
qu’ils ont au moins deux ans d’ancienneté (v. communiqué
d’Inditex, en anglais). Le groupe leur partagera chaque année 10% de la
croissance du bénéfice net consolidé du groupe jusqu’à un plafond de 2% du
bénéfice total. La fédération syndicale internationale UNI Global Union Commerce
salut cette initiative, même si de trop nombreux employés précaires n’en
bénéficieront pas (v. communiqué,
en anglais).
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Accord
transnational
Solvay : la direction du groupe
chimique belge Solvay et la fédération syndicale internationale IndustriAll ont
réuni pour la première fois, du 4 au 6 mars, le Solvay Global Forum composé de neuf
représentants syndicaux du groupe, quatre issus de l’Union européenne (les membres
du bureau du comité d’entreprise européen provenant de la Belgique, de la France,
d’Allemagne et d’Italie) et quatre syndicalistes provenant du Brésil, de Chine, de
Corée et des États-Unis (v. communiqué
d’IndustriAll). « Alors que nous avons un dialogue social européen de qualité, nous
avons fait le constat que le dialogue social n’atteignait pas le même niveau dans
d’autre pays et qu’il n’y avait aucune raison de maintenir cette différence alors
que le groupe s’internationalise de plus en plus», explique Jean-Christophe
Sciberras, directeur des relations sociales et DRH France du groupe Solvay. Les
partenaires sociaux ont décidé de mettre en place une instance mondiale plutôt que
d’élargir le CE européen à des observateurs, « solution qui aurait présenté deux
inconvénients, précise Jean-Christophe Sciberras, d’une part de donner l’impression
que l’on construit les relations sociales à partir de l’exemple européen et, d’autre
part, risquer de n’accorder aux pays hors Europe qu’un « strapontin » au sein du CE
européen dès lors qu’on ne peut inviter autant de représentants de ces pays que des
membres du CE européen ». Le choix s’est porté sur une structure légère, de huit
membres (temporairement à neuf), moitié Europe, moitié reste du monde, ce qui
correspond aux poids respectifs de nos salariés dans le monde, afin de privilégier
« l’interactivité et favoriser de vrais échanges », souligne Jean-Christophe
Sciberras. « Nous avons été réunis sur trois jours, souligne Albert Kruft,
secrétaire du CE européen, et avons rencontré les membres du comité exécutif du
groupe, des directions fonctionnelles et le président du comité exécutif de Solvay,
Jean-Pierre Clamadieu ». Le Forum se réunira une fois par an physiquement, sur ce
même format et une fois par an en vidéoconférence. Une discussion est en cours pour
assurer un lien régulier entre les membres, tout d’abord via un échange mensuel
d’informations puis pour rechercher des sujets de travail comme la santé et la
sécurité ou le « profit sharing ». Ce Forum « apporte une plus value importante pour
le CE européen car il facilite les contacts avec le reste du monde ».
- ThyssenKrupp : la
direction du groupe allemand ThyssenKrupp (150000 salariés) a signé, le 16 mars,
un accord-cadre mondial avec le syndicat allemand IG Metall et la fédération
syndicale mondiale UNI Global Union (v. communiqué).
IG Metall souligne dans un communiqué
(en allemand) que l’accord contient une clause innovante en matière de
résolution des litiges. En cas de conflit, les personnes qui estiment subir une
violation de l’accord-cadre peuvent non seulement saisir les représentants des
signataires au niveau local, mais aussi adresser leurs doléances sur une adresse
électronique centrale à l’attention du comité de suivi de l’accord. Ce dernier
dispose par ailleurs du droit de se déplacer pour mener des enquêtes sur le
terrain.
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Études et
rapports
Étude sur l’emploi atypique dans l’aviation
civile : suite à la conférence européenne sur l’emploi
atypique dans l’aviation civile, l’université de Gand a publié la version finale de
l’étude
ayant servi de support à cette conférence. Cette étude comporte deux volets, l’un
sur les aspects juridiques concernant les différentes formes d’emploi dans le
secteur ainsi que la question de la loi applicable en matière de droit du travail et
de droit de la sécurité sociale. La seconde partie exploite un questionnaire sur les
conditions de travail des pilotes. Les résultats reposent sur près de 6300 réponses
de pilotes européens dont 45% travaillent pour des compagnies régulières, 22% pour
des compagnies à bas prix et 8% pour des compagnies régionales. Le plus grand nombre
de réponses proviennent de pilotes travaillant pour Ryanair (9,8%) Air France
(9,5%), KLM (8,5%), SAS (7,9%) et Easyjet (4,1%). 79% des pilotes interrogés ont un
contrat de travail avec la compagnie avec laquelle ils travaillent (dont 83% en
contrat à durée indéterminée), 5% se déclarent travailleurs indépendants, 4% sont
mis à disposition par une autre entreprise et 5% par une agence de travail
temporaire. 85% des salariés se voient appliquer le droit du travail du pays dans
lequel est implanté leur base d’exploitation et 10% la législation du travail du
pays où la compagnie est enregistrée.
- La progression de
l’emploi ralentit: le nombre de personnes ayant un
emploi a augmenté de 0,1% dans la zone euro et de 0,2% dans l’UE au quatrième
trimestre 2014 par rapport au trimestre précédent, selon Eurostat (v. communiqué).
Au troisième trimestre 2014, l’emploi avait progressé de 0,2% dans la zone euro
et de 0,3% dans l’UE.
- Rapport sur l’emploi : la
Conseil a adopté, le 9 mars, le rapport
conjoint sur l’emploi 2015 qui fait un état des lieux de la situation de
l’emploi dans l’UE et des réformes du marché du travail réalisées et celles qui
restent à accomplir.
- Les relations sociales dans l’UE
: tous les deux ans, la Commission européenne publie un
rapport proposant un état des lieux des relations sociales en Europe. Le nouveau
rapport
(en anglais), préparé pour la conférence sur le dialogue social du 5 mars (v. 1.
Union européenne, ci-dessus) propose notamment un chapitre sur l’évolution des
relations sociales dans les pays ayant reçu une aide financière des institutions
internationales ainsi qu’un autre sur les changements ayant affecté les systèmes
de négociation collective sur les salaires.
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Le mot de la
quinzaine
Le recours
en manquement
Le recours en manquement est une procédure juridictionnelle exercée devant la Cour de
justice de l’Union européenne. Ce recours peut être engagé par la Commission ou par
un État membre à l’encontre d’un État membre qui n’aurait pas respecté le droit de
l’Union européenne. Le recours en manquement repose sur les articles 258
à 260
du traité sur le fonctionnement de l’UE. Les actions peuvent être dirigées contre un
État membre qui adopte un texte contraire au droit européen ou refuse d’abroger une
mesure interne contraire. Elles peuvent également viser des retards dans la
transposition d’une directive ou l’absence de communication des mesures mises en
œuvre pour transposer la directive. Avant de lancer une action devant la Cour de
justice, la Commission adresse un « avis motivé » à l’État membre. Si la réponse de
ce dernier de convainc pas la Commission, elle peut alors agir devant la Cour de
justice. Une fois l’arrêt rendu, si le pays ne se conforme pas à l’arrêt, la
Commission peut engager une nouvelle procédure en manquement qui pourra conduire
cette fois la Cour de justice à décider d’infliger une amende à l’État récalcitrant.
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