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IR Notes 45 – 13 janvier 2016
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe :
ce numéro a été préparé par Stepanka Lehman et
Frédéric Turlan. Retrouver l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
S’abonner à IR
Notes En quelques clics sur le site
IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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Agenda
21 janvier Paris Réunion du
Club CE européen, animé par Astrees et IR Share, sur le
rôle des comités d’entreprise européens face à la
digitalisation, avec des présentations d’Olivier Pelras,
secrétaire du Comité européen de groupe d’Axa, de Philippe Mangion,
responsable relations sociales Airbus, et Christian Bradier, secrétaire
du comité d’entreprise européen de Michelin. Tél. : 06 81 41 53 95
ou frederic.t@irshare.eu
26 janvier Bruxelles Forum
mensuel de l’Institut syndical européen sur le thème «La
Cour européenne de justice et le travail atypique: mettre un terme à
la dualisation du marché du travail ?» Avec Caroline de la
Porte, département Society and Globalisation, université de Roskilde,
(Danemark), Pascale Vielle (Université de Louvain) et Philippe Pochet
(Etui).
24 et 25
février Bruxelles Conférence
EWPCC intitulée « Créer
des ponts : combiner l’information, la consultation et la
représentation des travailleurs au sein des entreprises
multinationales européennes». L’un des thèmes abordés sera les
possibilités de relier la représentation des salariés au niveau de
l’entreprise à la celle des administrateurs salariés.
31 mars Lisbonne Séminaire
final du projet européen Managing transnational employee representation,
animé par le consortium Astrees-IR Share-FNV Formaat/SBI avec une
présentation de recommandations sur la gestion des questions
transnationales, de l’articulation entre les processus d’information et
de consultation nationaux et européens, ainsi que de la confidentialité
des informations.
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR
Share et son réseau d’experts. Elle propose une veille
européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique de
l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par
mois sur le site. IR
Share. IR Share est une entreprise à capitaux privés,
indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider l’ensemble
des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le correspondant
de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg, depuis 2009, et pour
la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
Transparence
nécessaire avant l’extension d’un accord rendant obligatoire l’adhésion à un régime
de prévoyance
En France, les partenaires sociaux peuvent, au niveau d’une branche d’activité,
conclure des accords collectifs afin de mettre en place une assurance complémentaire
aux garanties offertes par le régime de base de sécurité sociale, pour améliorer la
couverture prévoyance et santé des salariés. Jusqu’en 2013, les signataires
désignaient souvent dans leur accord un organisme qui sera en charge de gérer ce
régime complémentaire. Ils demandaient aussi au ministère du Travail d’étendre
l’accord à tous les employeurs et tous les salariés de la branche. L’adhésion au
régime complémentaire devenait ainsi obligatoire et les employeurs ainsi que les
salariés couverts étaient obligés d’y cotiser. La Cour de justice a été saisie pour
se prononcer sur une insuffisante transparence dans la procédure, non pas de
désignation de l’organisme, mais de la procédure d’extension de l’accord, au regard
de l’exigence de transparence de l’article 56 du Traité. La Cour estime qu’une
décision d’extension d’un accord prévoyant la désignation d’un organisme unique de
« prévoyance complémentaire obligatoire » ne peut intervenir « qu’à la condition que
soit respectée l’obligation de transparence » (CJUE
17 décembre 2015, aff. C-25/14 et C‑26/14, UNIS et Beaudout). Or la
procédure d’extension ne satisfaisait pas à cette exigence de transparence (voir
point 45 de l’arrêt), mais le gouvernement a obtenu « le maintien des effets des
décisions d’extension en cause » afin de ne pas porter préjudice aux employeurs et
salariés concernés. Les effets de l’arrêt de la Cour porteront sur les procédures
d’extension engagées après « la date de prononcé du présent arrêt, sans préjudice
des recours juridictionnels introduits avant cette date ». Depuis 2014, les
partenaires sociaux ne peuvent plus prévoir des clauses de désignation mais
seulement des clauses de recommandation, en faveur d’un ou deux organismes choisi
dans le cadre d’un appel d’offres.
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
- Une Europe à deux
vitesses : les ministres des affaires étrangères italien
Paolo Gentiloni et britannique Philip Hammond ont publié, le 15 décembre, un article
dans le quotidien britannique The Telegraph, dans lequel ils précisent avoir une
vision différente de l’Union, les Italiens souhaitant plus d’intégration alors
que les Britanniques préfèrent cantonner l’Union dans son rôle de marché commun.
Cependant ils se rejoignent sur l’idée de réformer l’Union et acceptent l’idée
d’une Europe à deux vitesses, l’une poursuivant le projet d’intégration au sein
de la zone euro. Cette vision a été fermement condamnée par la Confédération
européenne des syndicats (v. communiqué).
- Intégration des réfugiés :
à la veille d’un Conseil européen qui a de nouveau échoué à trouver une solution
commune et solide pour accueillir les réfugiés qui pénètrent dans l’UE, la
Confédération européenne des syndicats a publié un communiqué
réaffirmant, comme l’a fait le secrétaire général de la CES, Luca Visentini, que
« l’intégration des réfugiés est la seule solution : il faut les inclure dans la
société et sur le marché du travail partout où c’est possible. Cela implique
d’investir dans des services publics supplémentaires et de renforcer les mesures
pour garantir un salaire égal pour un travail de même valeur » notamment via des
accords collectifs « pour parvenir à des accords entre employeurs et
travailleurs pour l’intégration des réfugiés dans le monde du travail ».
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Jurisprudence
- Indemnisation d’un licenciement
discriminatoire : la Cour de justice de l’UE s’est
prononcée, le 17 décembre, dans une affaire espagnole concernant une salariée
qui a été licenciée pour un motif discriminatoire. La juridiction saisie estime
qu’elle a bien été victime d’une discrimination liée au sexe, mais elle a un
doute sur le montant des indemnités à accorder. Selon la Cour, le préjudice subi
s’élève à 3000 euros. Or la plaignante demande le double. La juridiction saisie
se tourne vers la Cour de justice afin qu’elle précise l’interprétation de
l’article 18 de la directive 2006/54. Cet article prévoit que le préjudice d’un
acte discriminatoire doit être réparé ou indemnisé « de manière dissuasive et
proportionnée par rapport au dommage subi ». Est-ce que le droit de l’UE exige
que la sanction aille au-delà du seul préjudice afin d’être « dissuasive » ?
Pour la Cour de justice, si rien n’empêche un État membre de prévoir des
dommages et intérêts dissuasifs, la législation de l’Union ne l’impose pas (CJUE
17 décembre 2015, aff. C 407/14, María Auxiliadora Arjona Camacho c/
Securitas Seguridad España SA).
- Perturbateurs endocriniens
: le Tribunal de l’Union européenne a condamné, le 16
décembre, la Commission européenne pour ne pas avoir respecté la législation de
l’Union européenne visant à protéger la population, dont de très nombreux
travailleurs, contre les perturbateurs endocriniens (v. communiqué
de la Cour). L’arrêt de la Cour (TUE,
16 décembre 2015, aff. T-521-14, Suède c./Commission européenne)
considère que l’analyse d’impact lancé par la Commission avant de présenter une
proposition législative n’avait aucun fondement juridique.
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Dialogue
social sectoriel
Administration centrale : les
partenaires sociaux européens du secteur des administrations centrales ont adopté,
le 21 décembre, un accord-cadre
visant à faire bénéficier les fonctionnaires et employés de ces administrations
d’une série de normes minimales à respecter en matière d’information et de
consultation. Le texte sera soumis à la Commission européenne afin qu’elle prépare
une décision du Conseil visant à le rendre applicable au niveau de l’Union, à
travers une directive européenne. L’accord reprend les définitions devenues
standards de la législation sociale européenne (v. communiqué de l’EPSU, en anglais et celui
de la Confédération européenne des syndicats.
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Syndicalisme
Politique d’entreprise : la
fédération syndicale européenne IndustriAll a adopté lors de son conseil exécutif du
2 décembre, deux textes importants qui renouvelle sa politique vis-à-vis des
entreprises : 1° une résolution intitulée « Renforcer
notre capacité à anticiper et à gérer le changement dans les entreprises
nationales et multinationales de l’Union » ; 2° des recommandations internes
concernant les « restructurations d’entreprises multinationales » intitulées « Vers
un renforcement de la coopération syndicale et de la solidarité ».
L’objectif est d’associer les travailleurs le plus tôt possible dans le processus de
décision. La fédération constate que la participation des travailleurs dans les CE
européens « n’est en général qu’une formalité et n’a qu’un impact limité », ces
instances étant « trop souvent confrontées à un “fait accompli” » (v. communiqué
en anglais).
- Des syndicalistes européens du secteur de
l’automobile se rendent en Chine : des représentants
syndicaux de constructeurs automobiles comme Volkswagen, BMW, Daimler, PSA,
Renault, Volvo, AB Volvo, Honda, Toyota ainsi que des syndicalistes d’IG Metall
(Allemagne), d’IF Metall (Suède), d’UNIFOR (Canada) et JAW (Japon) ont participé
à des ateliers avec des représentants des salariés chinois, du 24 au 26 novembre
2015 (v. communiqué
d’IndustriAll Global Union).
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2. États
membres
Belgique
- Titre repas électronique :
depuis le 1er janvier 2016, seuls les titres repas
électroniques pourront être utilisés par les salariés lors de leurs achats
auprès des commerçants. La Belgique devient ainsi le premier pays européen qui
procède au passage total et définitif vers les titres-repas électroniques.
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Grèce
- Temps de travail des médecins
hospitaliers : la Cour de justice de l’UE a condamné la
Grèce pour ne pas voir appliqué correctement les garanties imposées par la
législation de l’UE en matière d’aménagement du temps de travail (CJUE
23 décembre 2015, aff. C-180/14, Commission c/ Grèce).
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Luxembourg
- Réforme du congé parental :
le Conseil de
gouvernement a adopté, le 16 décembre, le projet de loi portant réforme
du congé parental. L’indemnité forfaitaire accordée actuellement et s’élevant à
1.778,31 euros par mois pour le congé à plein temps et à 889,15 euros par mois
pour le congé à temps partiel est remplacée par un réel revenu de remplacement
compris entre 1.922,96 euros et environ 3.200 euros par mois. Les salariés
pourront demander un aménagement du congé parental pour le rendre plus flexible
(une réduction de 20% du temps de travail, un congé fractionné en quatre
périodes d’un mois sur 20 mois) au lieu de n’avoir comme actuellement que deux
options : un congé à temps plein ou à mi-temps.
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République
tchèque
- Convention collective pour les
administrations centrales : le gouvernement tchèque a
conclu pour la première fois une convention collective au niveau de
l’administration publique centrale après plusieurs cycles de négociations avec
les syndicats. Cet accord historique, signé le 22 décembre, concerne plus de
69000 fonctionnaires travaillant dans des organismes gouvernementaux et
centraux. L’accord unifie certains avantages sociaux applicables dans
l’administration publique centrale et prévoit une négociation annuelle sur les
augmentations de salaires. L’accord est valable jusqu’au 31 décembre 2016, et
peut être prorogé par la suite.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Groupe Avril : la direction du
groupe industriel et financier français, Avril (ex-Sofiprotéol, 8000 salariés),
spécialisé dans les filières huiles et protéines, a mis en place un CE européen avec
la signature d’un accord
intervenu le 14 décembre (aussi disponible en polonais
et roumain).
Le CE européen comprend 12 membres, dont 6 Français et 2 Roumains, les autres pays
étant représentés chacun par un seul titulaire. L’accord précise que le comité est
compétent pour les questions concernant l’ensemble du groupe ou au moins deux
établissements dans deux pays différents, mais aussi « les questions qui ont des
conséquences sociales potentielles ou un impact potentiel pour les travailleurs
européens – a minima 30 emplois impactés – ou qui impliquent des transferts entre
Etats membres ». Pour sa composition, l’accord est l’un de rare à affirmer que la
composition devra « favoriser la parité homme femme ». Il sera composé d’un
représentant par pays ayant entre 50 et 500 salariés (Allemagne, Belgique, Pologne,
Royaume-Uni) puis de représentants supplémentaires selon les tranche d’effectifs
attribuant ainsi deux sièges à la Roumanie et six pour la France. Le texte prévoit
la désignation d’observateurs pour les pays hors Union européenne où le groupe
emploie au moins 500 salariés, ce qui est le cas du Maroc. Le comité se réunira en
plénière une fois par an et le bureau tiendra au moins trois réunions par an dont
une physiquement et deux via vidéoconférence voire, en cas de réunion exceptionnelle
par conférence téléphonique (v. aussi communiqué de l’Effat).
- CNH Industrial : un comité
d’entreprise européen a été mis en place, lors d’une réunion de 24 ay 26
novembre 2015 à Turin, au sein de cette société néerlandaise de 41000 salariés
issue du rapprochement entre le groupe italien Fiat Industrial avec la société
néerlandaise CNH Global spécialisée dans le machinisme agricole (Case et New
Holland).
- Ferrero : le groupe de
confiserie italien Ferrero a révisé son accord
de comité d’entreprise européen, le 7 octobre 2015. Une innovation de
l’accord est d’institué un « laboratoire pour la santé et la sécurité sur les
lieux de travail », en charge de la sensibilisation et de l’échange
d’informations, d’expériences et de bonnes pratiques sur ces questions. Un
groupe de travail permanant composé d’un représentant par pays au CE européen se
réunira au moins une fois par an, avec l’assistance d’un expert, afin de
programmer les activités de collecte et de diffusion des informations et des
bonnes pratiques de prévention, ainsi que pour proposer au CE européen le
lancement d’actions de sensibilisation, d’information et de formation. Le site
Web du CE européen comporte un espace spécifique pour les activités du
Laboratoire.
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Syndicalisme
- Smurfit Kappa : lors d’une
réunion organisée à Varsovie, les 13 et 14 décembre, par les fédérations
syndicales internationales UNI Global Union et IndustriAll Global Union, des
représentants syndicaux du groupe d’emballage Smurfit Kappa (43000 salariés),
provenant de dix différents pays, ont mis en place une alliance syndicale
mondiale (v. communiqué
d’IndustriAll Global Union). Un courrier
(en anglais) a été adressé à la direction déplorant l’absence de réponse de sa
part à deux lettres demandant la mise en place d’un dialogue social mondial au
niveau du groupe.
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4. Études et
rapports
- Poursuite de la baisse du
chômage : selon les derniers chiffres d’Eurostat, le
taux de chômage a diminué de 0,1 point entre octobre et novembre, tant dans
l’Union européenne (de 9,2% à 9,1%) que dans la zone euro (de 10,6% à 10,5%).
Sur un an, les baisse les plus marquées concernent l’Espagne (de 23,7% à
21,4%), la Bulgarie (de 10,6% à 8,8%) et l’Italie (de 13,1% à 11,3%). (v. communiqué
Eurostat).
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