|
| |
IR Notes 86 – 22 novembre 2017
www.irshare.eu
|
|
|
| |
| |
Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Frédéric Turlan, Märt Masso et Mariangela
Zito. Retrouver l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
S’abonner à IR
Notes en quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
|
|
|
 |
| |
Editorial
Quel avenir pour le Socle européen des droits sociaux?
Le président de la Commission européenne,
vingt ans après le dernier « Sommet social européen » qu’il avait
organisé à Luxembourg, avec le soutien du Premier ministre suédois,
Stefan Löfven, ancien responsable du syndicat de la métallurgie IF
Metall, a réussi le tour de force de réunir la quasi-totalité des
chefs d’Etat et de gouvernement, accompagnés de leur ministre du
Travail, pour débattre de l’Europe sociale et proclamer le Socle
européen des droits fondamentaux. Dès le début de la conférence,
Stefan Löfven a donné le ton en expliquant que « la meilleure façon
de renforcer la confiance des citoyens en l’UE et de ses
institutions est d’apporter une réelle amélioration dans leur vie
quotidienne ». Pour lui, il est temps de placer l’amélioration des
conditions de vie et de travail en haut de l’agenda européen et de
penser « people first ».
Le premier acte de ce renversement de
tendance a été la proclamation du Socle européen des droits
sociaux par les
Vingt-sept Etats membres concernés. Ce document se définit lui-même,
dans son préambule, comme « un ensemble de principes et de droits
essentiels pour doter l’Europe du 21e siècle de marchés
du travail et de systèmes de protection sociale qui soient
équitables et qui fonctionnent bien. Il réaffirme certains des
droits déjà énoncés dans l’acquis de l’Union, et y ajoute de
nouveaux principes pour relever les défis issus des évolutions
sociétales, technologiques et économiques ».
Bien sûr, il ne s’agit que de principes.
Mais ils ont le mérite de mettre en avant ce qui fait de l’Union
européenne la seule zone géographique au niveau mondial désireuse de
maintenir et renforcer un modèle social qui entend accorder une
protection minimale aux citoyens et aux travailleurs. Certes,
plusieurs participants présents lors de la conférence, notamment le
représentant danois, ont bien rappelé les limites de cet exercice,
en se référant au préambule : le socle « n’étend pas les compétences
et les tâches » dévolues à l’Union, et il ne porte pas « atteinte au
droit des États membres de définir les principes fondamentaux de
leurs systèmes de sécurité sociale et de gérer leurs finances
publiques ». La mise en œuvre des principes doit se faire en
respectant les principes de proportionnalité et de subsidiarité.
Autrement dit, sa mise en œuvre dépend du
bon vouloir des Etats membres. À écouter certains dirigeants qui se
sont exprimés (toutes les vidéos des tables rondes sont en ligne),
parfois en enfonçant des portes ouvertes, parfois en se gargarisant
de leurs résultats obtenus au niveau national, cela laisse craindre,
comme le pointe Philippe Pochet, directeur de l’Institut syndical
européen (à lire son éditorial replaçant le socle dans une perspective
historique), de voir le Socle transformé en « pétard
mouillé qui s’éteindra rapidement ». Pour autant, peut-on espérer
« un changement de long terme (…) qui visent à rééquilibrer le
social et l’économie », comme le souhaite Philipe Pochet, tout en
reconnaissant que cette hypothèse est peu probable compte tenu du
rapport de force ?
En tout cas, la Commission européenne,
après avoir disparue pendant plus de dix ans du champ de l’Europe
sociale fait indéniablement preuve de bonne volonté, et a déjà
commencé à présenter des propositions de directive qui visent à
mettre en œuvre les principes du socle, et ce pas plus tard que le
20 novembre, avec la publication de la deuxième phase de
consultation des partenaires sociaux européens, sur la manière de
favoriser l’accès à la protection sociale et aux services de
l’emploi de toutes les personnes ayant un emploi qu’il soit salarié
ou indépendant (v. communiqué et document
de consultation).
Enfin, certains dirigeants européens, comme
le Président français Emmanuel Macron, ont lancé des propositions,
comme 1° utiliser enfin pleinement le Fonds européen d’ajustement à
la mondialisation, qui a mis dix ans à consommer la ligne budgétaire
qui lui était accordée pour une seule année ; 2° élargir le champ
d’application du « plan Juncker » pour y intégrer les
investissements dans les compétences ; 3° accroître le programme
Erasmus et l’élargir réellement – en votant les fonds nécessaires –
aux apprentis ; 4° réduire les aides européennes aux pays qui ont
des pratiques de dumping fiscal ou social afin de favoriser une
convergence sociale au sein de l’UE. Si Jean-Claude Juncker a retenu
l’idée d’organiser chaque année un tel sommet social, reste à savoir
si les autres propositions ont trouvé un écho. La suite le
dira.
|
|
|
 |
|
|
 |
IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR Share
et son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en
vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le
site. IR
Share. IR Share est une entreprise à capitaux
privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et
d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle
est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le
Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
|
|
|
À la Une
La Cour de
justice approuve la semaine de douze jours
Dans un jugement surprenant, la Cour de justice a validé la possibilité de faire
travailler des salariés pendant douze jours d’affilée, en renonçant à faire
prévaloir la base juridique de la directive 2003/88 du 4 novembre 2003, relative à
l’aménagement du temps de travail (CJUE,
9 novembre 2017, aff. C-306/16, Marques da Rosa). La base juridique de cette
directive est en effet la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs.
La Cour a interprété l’article 5 de cette directive qui stipule que « tout
travailleur bénéficie, au cours de chaque période de sept jours, d’une période
minimale de repos sans interruption de vingt-quatre heures auxquelles s’ajoutent les
onze heures de repos journalier […] ». La question posée à la Cour était de savoir
si l’article 5 exige que cette période minimale de repos doit être accordée au plus
tard le jour qui suit une période de six jours de travail consécutifs. La Cour se
devait donc d’expliciter l’expression « au cours de chaque période de sept jours ».
L’article 5 « ne précise pas le moment auquel doit intervenir cette période minimale
de repos, relève la Cour, et confère ainsi aux États membres une certaine latitude
quant au choix dudit moment ». Après une « analyse systémique » de la directive,
elle estime que cette période de sept jours est « une période de référence » qui
permet d’accorder les vingt-quatre heures de repos à tout moment à l’intérieur de
chaque période de sept jours. Par exemple le lundi de la première période de sept
jours puis le dimanche de la deuxième période de sept jours. Ce qui laisse douze
jours de travail entre la prise des deux jours de repos. La Cour continue à se
fourvoyer en confondant les souplesses effectivement permises aux États membres dans
la mise en œuvre de la directive – qui contient de nombreuses dérogations – avec les
« souplesses » que la directive accorderait aux employeurs. La Cour explique ainsi
que ces souplesses profitent « non pas seulement à l’employeur, mais également au
travailleur », en permettant de lui accorder plusieurs jours de repos consécutifs «
à la fin d’une période de référence et au début de la suivante ». Bienheureux les
salariés qui peuvent ainsi cumuler un repos hebdomadaire après douze jours de
labeur. La Cour conclut qu’une réglementation qui ne garantit pas à un salarié « de
pouvoir bénéficier d’une période minimale de repos au plus tard le septième jour qui
suit les six jours consécutifs de travail » est bien conforme à la législation de
l’UE. Une interprétation plus stricte aurait dû conduire la Cour à privilégier la
santé des salariés en imposant un repos après six jours de travail plutôt que
d’admettre la possibilité de travailler douze jours sans repos. > Réaction de la Confédération européenne des
syndicats (CES): dans un communiqué,
la CES a vu le danger de cet arrêt en communiquant sur le fait que les employeurs ne
devaient pas voir dans ce jugement un blanc-seing pour faire travailler les salariés
pendant douze jours d’affilée sans prendre un jour de repos. « La Cour a clairement
indiqué que chaque période de sept jours doit comprendre un jour de repos, précise
la CES. Plus précisément, la décision stipule que la période de repos de 35 heures
doit être prévue dans chaque période de sept jours. » La Cour de justice ne dit pas
autre chose, mais le résultat est bien qu’une organisation du travail peut conduire
un salarié à travailler pendant douze jours consécutifs, ce qui aurait mérité une
réaction peut-être moins diplomatique de la part de la CES.
|
1. Union
européenne
Actualité
sociale
La Cour des comptes souligne l’absence de
contrôle dans l’application des réformes du marché du travail adoptées en
Grèce : dans un rapport
(v. autres
langues) très critique sur l’intervention de la Commission européenne dans
la crise grecque, publié le 16 novembre, la Cour des comptes européenne constate que
les réformes sur le travail ont été imposées sans tenir compte de « certaines
particularités de l’économie grecque et notamment de la forte proportion de
micro-entreprises et de petites entreprises » (v. communiqué de
presse). La Cour vise ainsi la décentralisation de la négociation collective
qui devait permettre un ajustement des salaires. Mais confier la régulation des
conditions d’emploi à la négociation d’entreprise alors que les syndicats ou les
instances de représentation du personnel sont très faiblement implantés dans les
très petites et PME grecques s’est révélé inefficace. Pour corriger le tir, la Grèce
a dû ensuite introduire dans sa législation la possibilité de négocier des accords
d’entreprise avec des « associations de personnes » permettant de négocier
directement avec les salariés, sans l’intervention des syndicats. Malgré cette
brèche dans le droit à la négociation collective, « le recours aux nouveaux accords
spéciaux d’entreprise est resté marginal ». De plus, « aucun rapport n’a été
présenté » sur l’efficacité de cette mesure, alors qu’une évaluation était prévue
par le protocole d’accord conditionnant le soutien financier accordé à la Grèce. Par
ailleurs, concernant les autres réformes, la Cour souligne que « dans de nombreux
cas », les réformes du marché du travail ont été « respectées avec un retard (allant
jusqu’à 21 mois) par rapport aux délais fixés par les programmes, ou n’ont pas été
mises en œuvre du tout ».
- Nouvelles normes de réduction de
CO2 dans le secteur automobile : la
Commission européenne a présenté, le 8 novembre, ses propositions
relatives aux normes d’émission de CO2 après 2021. Elle
propose une réduction de 30% des émissions pour les voitures particulières et
les camionnettes d’ici 2030 avec un objectif intermédiaire de -15% en 2025 (v.
Mémo de la
Commission). La fédération syndicale européenne IndustriAll Europe y
voit un « compromis équilibré entre les différents objectifs » tout en réclamant
« des mesures d’accompagnement pour les travailleurs et les régions du secteur
automobile » (v. communiqué).
|
Syndicalisme
IndustriAll Global Union se mobilise contre les
violences sexuelles : le comité exécutif d’IndustriAll
Global Union appelle ses affiliés à prendre l’engagement de combattre la violence à
l’égard des femmes et de prendre des mesures proactives pour le mettre en œuvre
(« Violence et harcèlement contre les femmes : pas sur mon lieu de travail, pas dans
mon syndicat »). Les syndicalistes sont appelés à imprimer un engagement
et à l’afficher sur leur lieu de travail et à diffuser une vidéo.
- Une conférence pour les CE européens :
comme chaque année, la Confédération européenne des
syndicats (CES) a organisé, les 17 et 18 octobre, une conférence sur les CE
européens, qui a réuni environ 160 participants de 14 pays, dont une moitié de
membres de CE européens. Lors de la conférence, la CES a projeté une vidéo en anglais (avec sous-titres
en plusieurs langues) afin de présenter les CE européens et d’appuyer les
revendications de la CES en faveur d’un renforcement de la directive. Point sur
lequel les représentants de la Commission européenne ne se sont pas engagés,
renvoyant à la publication, déjà retardée plusieurs fois, au début 2018, du
rapport d’évaluation de la directive 2009/38. La CES a demandé aux participants
d’établir une hiérarchie entre les dix
améliorations qu’elle a jugé prioritaires. Ainsi, pour près de 70% des
participants, la priorité est le renforcement des sanctions pour garantir un
droit effectif à l’information et à la consultation, devant le fait de garantir
un accès à la justice en cas de violation des droits du CE européen (40%),
l’amélioration du fonctionnement des comités (38%), le renforcement du rôle des
syndicats dans les prescriptions subsidiaires (35%) et la prévention du recours
abusif aux clauses de confidentialité (33%). Parmi les autres enseignements de
ce mini-sondage : près de 60% des participants estiment que la présence de
représentants des salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance
est un moyen supplémentaire pour les CE européens et une source d’information
fiables ; près de 56% estiment que les accords transnationaux sont des outils
importants pour assurer des conditions de travail similaires au sein d’un même
groupe ; 64% estiment que les CE européens devraient pouvoir négocier de tels
accords en coopération avec les syndicats, et que ces accords devraient être
cosignés. Parmi les sujets à aborder l’année prochaine, les participants ont
placé tout d’abord la numérisation et l’avenir du travail (25%) devant la
globalisation des stratégies des entreprises (18%). Une étude qui sera menée à
la fin de l’année par l’Institut syndical européen auprès de 2000 membres de CE
européens permettra d’en savoir plus sur le fonctionnement des comités de
société européenne et CE européen ainsi que des obstacles rencontrés. Peter
Scherrer, secrétaire adjoint de la CES, a regretté l’inaction de la Commission
sur le dossier de la participation des travailleurs et plaidé pour que les
syndicats aient leur place dans les CE européens, ce qui n’est pas le cas pour
40% d’entre eux alors qu’il s’agit d’une condition pour avoir des CE européens
forts. « La conférence a souligné l’importance des moyens développés par les
employeurs pour réduire au minimum le rôle des CE européens, a constaté, Patrick
Renard (CSC), secrétaire du CE européen de Honda, tout en mettant également en
avant l’expertise de la CES et de l’Institut syndical européen ». « J’ai été
frappé par le nombre de CE européens (42%) qui sont encore soumis à de vieux
accords volontaires ou à des accords régis par la directive de 1994», explique
Tuula Aaltola (TEK), membre du bureau du CE européen de Nokia. « Cela devrait
vraiment être interdit maintenant de continuer à travailler avec l’ancienne
directive », ajoute-t-elle, tout en reconnaissant les longs et importants
efforts menés par les syndicats pour obtenir une modification de la législation
européenne.
|
Jurisprudence
- Prise en compte du temps partiel vertical
pour l’indemnisation chômage : le système utilisé en
Espagne pour déterminer la base de calcul de la durée de la prestation de
chômage des travailleurs à temps partiel vertical (qui travaillent certains
jours de la semaine et pas d’autres) est contraire au droit de l’Union. Pour la
Cour, la législation espagnole qui « exclut les jours non travaillés du calcul
des jours pour lesquels les cotisations ont été payées et qui réduit ainsi la
période de paiement de la prestation de chômage » affecte négativement les
femmes qui constituent la majorité des travailleurs à temps partiel vertical (CJUE,
9 novembre 2017, aff. C‑98/15, Maria Begona Espadas Recio). La
réglementation en cause aboutit ainsi à une discrimination indirecte prohibée
par le droit de l’Union.
|
2. États
membres
Estonie
- Hausse du salaire minimum pour 2018 :
les négociations sur la fixation du salaire minimum menées
entre la Confédération syndicale estonienne (EAKL) et la Confédération
estonienne des employeurs (ETKL) ont abouti le 26 octobre, après cinq mois de
négociation, à un nouvel accord. Le salaire minimum national est porté de 470
euros par mois, comme fixé par le précédent accord de 2015, à 500 euros (soit
2,97 euros de l’heure) à compter du 1er janvier 2018. Il a également
été convenu que, jusqu’en 2022, l’augmentation du salaire minimum sera calculée
annuellement sur base de la productivité du travail et de la croissance
économique.
|
Royaume
Uni
Uber condamné en appel à verser le salaire
minimum légal à deux chauffeurs: la Cour d’appel du travail
de Londres a rejeté, le 10 novembre, le recours formé par Uber contre une décision
du tribunal du travail qui avait reconnu la qualité de « travailleur » (worker) à
deux chauffeurs Uber, c’est-à-dire un statut à mi-chemin entre celui de travailleur
indépendant et celui de salarié. Par conséquent, les juges ont condamné l’entreprise
à rémunérer les deux plaignants, soutenus par le syndicat des travailleurs
indépendants IWGB (v. tribune
de Jason-Moyer Lee, secrétaire général d’IWGB, parue dans le Guardian 13.11), au
niveau du salaire minimum (8,50 euros de l’heure) et à leur accorder des congés
payés.
|
3.
Entreprises
Comité
d’entreprise européens
Ferrero : depuis septembre, le
groupe agroalimentaire italien Ferrero a lancé une importante initiative de
formation sur la santé et la sécurité au travail, promue par la commission
santé-sécurité du CE européen qui est composée de représentants des salariés et de
la direction. Dans le but de partager les valeurs de santé et sécurité au sein des
usines européennes, le « laboratoire santé-sécurité » qui réunit des représentants
du personnel en charge de la santé et la sécurité des sites européens, en
collaboration avec la commission santé-sécurité du CE européen, a défini les «10
règles d’or» sur la sécurité sur les lieux de travail. Ces règles sont les
suivantes : 1° Engagement de prévention: tout le monde prend soin de la sécurité de
tout le monde ; 2° Parler de la sécurité et des dangers ; 3° Le lieu de travail doit
être propre et sûr ; 4° Les machines doivent être sûres ; 5° Remettre en place les
dispositifs de protection après le nettoyage ; 6° Respect des règles d’application
des procédures de sécurité ; 7° Utilisation de l’équipement de protection
individuelle ; 8° Protection de la santé: pas de consommation d’alcool et ou de
tabac (uniquement là où cela est permis) ; 9° Adopter une conduite sûre :
n’utilisez pas le téléphone, portez les ceintures de sécurité et respectez les
limites de sécurité ; 10. Amélioration continue. Dans les mois à venir ces 10 règles
seront illustrées et expliquées une par une avec des outils de communication
innovants.
- Rio Tinto : la direction
du groupe minier anglo-australien Rio Tinto (50 000 salariés) et les
organisations syndicales françaises CFE-CGC, CFDT et FO ainsi que les
fédérations syndicales européennes IndustriAll et Feccia, ont signé, en mars
dernier, un avenant
à l’accord CE européen afin de le fusionner avec le comité de groupe
France. Le texte prévoit des réunions extraordinaires en cas de circonstances
exceptionnelles ayant un impact significatif emportant une réduction de plus de
30 % des effectifs totaux du groupe en Europe et concernant plus de la moitié
des pays du périmètre de l’accord. Le bureau du CE européen, composé de cinq
membres, pourra être convoqué en session extraordinaire pour être consulté sur
des sujets transnationaux emportant une réduction de plus de 10 % des effectifs
totaux dans le cadre d’un projet concernant au moins deux pays européens, ou
bien 20 % des effectifs si le projet ne vise qu’un seul pays.
|
Société
européenne
MLP SE : la société allemande
de gestion de patrimoine et de services financiers MLP AG s’est transformée en
société européenne (SE), le 22 septembre (v. communiqué).
Auparavant elle a conclu un accord
sur l’implication des travailleurs avec un groupe spécial de négociation
pour mettre en place un comité de la SE, avec huit membres allemands et un
Luxembourgeois, et maintenir la représentation des salariés au conseil de
surveillance au tiers du nombre d’administrateurs, soit deux sur six. Un tel accord
permet à MLP SE d’échapper à la loi allemande sur la cogestion qui imposerait,
compte tenu de ses effectifs en Allemagne, une représentation des salariés à hauteur
de la moitié des membres du conseil de surveillance. > Voir aussi l’accord
sur l’implication des travailleurs signé en décembre 2016 chez Phoenix Pharma.
|
Responsabilité sociale
Rio Tinto : le groupe minier
anglo-australien Rio Tinto (50 000 salariés) a annoncé, le 21 septembre, avoir mis
en place une nouvelle norme minimale au niveau mondial pour que ses salariés
puissent bénéficier d’un congé parental rémunéré à 100 % du salaire, d’une durée de
dix-huit semaines, à prendre après la naissance ou l’adoption d’un enfant. Le congé
est entré en vigueur aux États-Unis depuis le 1er octobre et sera introduit
progressivement dans le monde entier en 2018 (v. communiqué
de Rio Tinto). > Dernière minute
: conclusion d’un accord-cadre
entre la fédération syndicale internationale des travailleurs du bâtiment et les
groupe Vinci et QDVC sur les conditions de travail des ouvriers travaillant
sur des chantiers au Quatar (v. communiqué).
|
Syndicalisme
- Froneri : la fédération
syndicale européenne Effat a publié un communiqué sur la restructuration engagée
par la société Froneri, une joint-venture
entre Nestlé et R&R Ice Cream détenue par le fonds d’investissement français
PAI Partners, qui prévoit la fermeture d’une usine à Parme (Italie, 120
salariés) et le transfert d’une activité de l’usine de Uelzen (Allemagne) qui
met en danger 180 emplois (v. communiqué). L’Effat met en
relation les syndicalistes des deux pays touchés.
|
4. Études et
rapports
Une évaluation du coût des cancers
professionnels : à l’occasion de la conférence « Travail et
cancer », l’Institut syndical européen (ETUI) a présenté, le 14 novembre, les
résultats d’une étude sur les coûts des cancers liés au travail dans l’UE. « La
facture est très lourde, souligne l’Institut. Entre 270 et 610 milliards d’euros
chaque année, ce qui représente de 1,8 % à 4,1 % du produit intérieur brut de
l’UE ». L’étude prend en compte les coûts directs pour les systèmes de santé des
États membres (liés aux traitements médicaux) ainsi que les coûts indirects pour les
travailleurs et les employeurs (liés aux pertes financières dues à l’arrêt de
l’activité professionnelle) et les coûts humains pour les victimes (impact sur la
qualité de vie des travailleurs et de leur famille). Un calcul qui vise à alerter
les décideurs politiques en parlant le langage financier (v. communiqué). > Pour aller plus loin, voici les
liens vers le communiqué
de presse et l’étude The
Cost of occupational cancer in the EU
|
|
|