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IR Notes 95 — 11 avril 2018
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Sylvain Nadalet et Frédéric Turlan.
Retrouver l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
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Notes en quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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Interview
Claude Rolin, député européen (PPE), vice-président de la Commission
emploi et affaires sociale du Parlement européen
Vous avez été impliqué en tant que
rapporteur dans les deux dernières révisions de la directive
relative à la protection des travailleurs contre les risques
liés à l’exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes.
Que pensez-vous de la nouvelle proposition de révision présentée
par la Commission européenne (v. À la
Une) ? Je
n’ai pas encore parcouru en détail cette nouvelle proposition, mais
elle va forcément dans le bon sens. Dans le rapport que la
commission Emploi et Affaires sociales du Parlement européen a
adopté (v. À la Une), nous avons demandé un processus continu de
révision de cette directive. Le lancement par la Commission
européenne de cette troisième révision et l’annonce par celle-ci de
lancer d’ici peu une quatrième révision va manifestement dans ce
sens. Cela fait dix ans que l’on n’avait pas modifié ce texte alors
que, sur une période aussi longue, de nouvelles substances ont été
utilisées dans les entreprises et des avancées ont eu lieu en termes
de connaissances scientifiques. Il y a des centaines de substances à
aborder. Est-ce que la prochaine Commission poursuivra dans cette
direction ? C’est, à mon sens, absolument nécessaire. Au cours de
mon mandat de député européen, ma plus grande fierté est d’avoir
travaillé à ces révisions, car elles contribuent à sauver des
dizaines de milliers de vies humaines. Pour les salariés européens,
l’Europe n’a pas forcément très bonne presse. Les protéger de
substances dangereuses répond concrètement à ce que vivent les gens,
à faire une Europe qui protège.
Lors de vos travaux en tant que
rapporteur sur la deuxième révision de la directive, n’avez-vous
pas subit des pressions des industriels pour ne pas inclure les
émissions de moteurs Diesel ? Je n’ai pas senti de pression en tant que
telle. Cependant j’ai perçu que les secteurs concernés étaient en
alerte. Ma ligne de conduite est d’entendre la réalité des secteurs
touchés par la future réglementation. Aussi, lorsque je reçois
l’organisation patronale d’un des secteurs, je reçois également
l’organisation représentant les salariés de ce secteur. Quand les
secteurs peuvent eux-mêmes construire les réponses pour protéger les
travailleurs, comme ce qui a été fait pour la silice cristalline –
c’est très positif. Cependant, s’il est clair que nous devons
favoriser des accords volontaires sectoriels, il n’est pas possible
d’accepter qu’un tel accord se substitue à une législation et à son
application.
Quel a été le point difficile des
discussions sur le rapport concernant la deuxième révision
? La
principale difficulté concernait les gaz d’échappement des moteurs
Diesel. En grande partie en raison d’une incompréhension. En effet,
nombre de personnes pensaient que le texte visait en particulier les
moteurs Diesel des automobiles. Or la proposition de révision vise
essentiellement les moteurs Diesel utilisés dans l’industrie. C’est
la raison pour laquelle nous avons retenu la législation allemande,
issue d’une négociation des partenaires sociaux, pour fixer une
valeur limite d’exposition.
Ce sera aussi un thème difficile
lors des négociations avec le Conseil en vue d’adopter la
directive ? En effet, ce sera un point dur du trilogue.
J’imagine qu’un certain nombre de points particuliers vont être
soulevés par des secteurs qui auront des difficultés à respecter les
valeurs limites proposées. Par exemple, les mines de charbon ou les
tunneliers, c’est-à-dire des activités concernées par des
atmosphères confinées dans lesquelles les travailleurs sont exposés
au carbone et à l’utilisation d’explosifs. Peut-être faudra-t-il
adapter des formules de calculs ou bien donner plus de temps à ces
secteurs pour s’adapter. Mais tous les travailleurs, y compris ceux
des PME, doivent bénéficier d’une protection identique. L’équilibre
entre la soutenabilité économique et la santé des travailleurs est
difficile à trouver, mais il est aussi clair que des règles trop
difficiles à respecter seront mal appliquées et donneront lieu à des
contournements.
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IR Notes a aimé…
…une application pour mesurer le bien-être au travail
La start-up française OurCompany
développe depuis un an une application visant à mesurer le
bien-être au travail. Chaque jour, les salariés peuvent via une application gratuite,
communiquer leur niveau de stress, d’énergie et de bonheur. Les
données sont ensuite agrégées pour construire un indicede bien-être
au niveau de la communauté mais aussi de l’entreprise, consultable
par tous. OurCompany garantit l’anonymat des salariés. Les
entreprises peuvent de leur côté, moyennant un abonnement, accéder à
des informations concernant tout ou partie de leurs salariés, afin
de détecter plus rapidement des difficultés et y remédier.
L’application, soutenue par IR Share, n’est disponible actuellement
qu’en français, mais une version multilingue doit voir le jour en
fin d’année. L’outil pourrait être utiliser par des directions
d’entreprises et/ou des CE européens pour mesurer le bien-être des
salariés Européens, détecter d’éventuelles dégradations ou
amélioration, de façon souple et continue sans passer nécessairement
par des enquêtes européennes lourdes et coûteuses. Quelques
fédérations syndicales françaises (CGT Syntec, CFDT Fonction
publique territoriale du Morbihan, Unsa Ferroviaire Lyon et CFTC de
HP) testent actuellement l’outil. > Contact : Stéphane Bourbier / stephane@ourcompanyapp.com
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Agenda
17 et 18
avril Sofia Conseil
informel Emploi et Affaires sociales.
18 avril
Bruxelles
Colloque organisé par l’Atelier de droit social de l’Université
Catholique de Louvain, intitulé « Quel
droit social pour les travailleurs de plateformes ? Premiers
diagnostics et actualités législatives ».
24 avril
Bruxelles
L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail lance,
conjointement avec la Commission européenne et la présidence bulgare de
l’UE, l’édition 2018-2019 de sa campagne concernant les lieux de travail
sains, sous le thème « Gérer
les substances dangereuses ».
26 et 27
avril Bruxelles
Colloque « Dialogue
social européen 2018 : L’Europe sociale renforce la voix des
travailleurs », organisé par l’Institut syndical européen (Etui)
et la Fondation Hans Böckler.
29 avril au
4 mai Dublin
32e
Congrès international sur la santé au travail consacré à la feuille
de route sur les cancérogènes – initiatives européennes et
nationales
5 au 8
juin Bordeaux
11e Congrès international sur le harcèlement au
travail: Bullying2018 –
Mieux comprendre le harcèlement au travail dans un monde en
mutation, organisé par le Comptrasec et l’IAWBH.
2
juillet Bordeaux
Université d’été pluridisciplinaire et internationale sur le
thème : “Travail et
Innovations Technologiques“.
18 et 19 juin
Paris
Colloque « Revisiter
les solidarités en Europe », organisé par le professeur Alain
Supiot, Collège de France, chaire « État social et mondialisation :
analyse juridique des solidarités ».
27 et 29
juin Bruxelles
Conférence annuelle de la Confédération européenne des
syndicats et de l’Institut syndical européen intitulé «The
World(s) of Work in Transition» qui vise à analyser l’impact sur
l’emploi de différentes transitions (écologique, énergétique,
démographiques…) en vue de présenter une vision plus globale des
changements en cours.
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IR Notes est
une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues
européennes et réalisée par IR Share et son
réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en
vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le
site. IR
Share. IR Share est une entreprise à
capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer
et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà.
Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin pour la France depuis
2009.
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À la Une
De nouvelles
avancées pour la protection des salariés contre les agents cancérigènes
La Commission européenne a présenté, le 5 avril, une proposition
de directive relative à la protection des travailleurs contre les risques liés
à l’exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes afin d’inclure de
nouvelles valeurs limites d’exposition pour cinq agents chimiques. Ces valeurs
définissent un niveau maximal de concentration d’un agent chimique cancérigène dans
l’air ambiant sur le lieu de travail. Cinq agents cancérigènes ont été retenus : le
cadmium et ses composés inorganiques ; le béryllium et les composés bérylliques
inorganiques ; l’acide arsénique et ses sels, ainsi que les composés d’arsenic
inorganiques; le formaldéhyde et la 4,4′-méthylènebis (2-chloroaniline) (v. communiqué de
la Commission et mémo
questions-réponses). Cette nouvelle proposition fait suite à deux
modifications législatives antérieures proposées par la Commission en mai 2016 et en
janvier 2017 qui fixaient des valeurs limites pour 21 agents cancérigènes. La
première modification a été adoptée fin 2017 (directive
2017/2398 du 12 décembre 2017; v. IR
Notes n° 89). La deuxième proposition de modification législative est
actuellement examinée par les législateurs. Elle est passée, le 27 mars, devant la
commission Emploi et Affaires sociales du Parlement européen. Celle-ci a adopté à
une quasi-unanimité (41 voix pour, 0 contre et 7 abstentions) le rapport relatif à
la deuxième phase de la révision de la directive sur la prévention des cancers
présenté par le député européen belge Claude Rolin (PPE) (v. le communiqué de Claude Rolin et
interview ci-contre). Un des apports des députés européens est d’avoir ajouté aux
agents figurant dans le texte de la Commission les gaz d’échappement des moteurs
Diesel auxquels sont exposés plus de 3 millions de travailleurs. Or, sous la
pression des industriels, la Commission avait renoncé à inclure les émissions de
moteur Diesel dans sa proposition de directive alors qu’elles sont classées
cancérigènes avérés par le Centre international de recherche sur le cancer (rattaché
à l’OMS). La commission Emploi et Affaires sociales s’est donc prononcée en faveur
d’une valeur limite d’exposition professionnelle de 50 µg/m³ calculée sur le carbone
élémentaire – une des composantes des émissions des moteurs Diesel. « Il s’agit
d’une valeur identique à celle récemment adoptée en Allemagne », précise Laurent
Vogel, de l’Institut syndical européen qui ajoute que « la majorité des pays
européens ne disposant pas de valeur limite pour l’exposition aux émissions diesel
au travail, l’adoption d’une telle valeur au niveau européen constituerait un
progrès significatif. » Les négociations entre le Parlement et les ministres de l’UE
peuvent désormais débuter, les États membres ayant déjà pris leur position de
négociation le 15 juin 2017. La révision de la directive pourrait ainsi être adoptée
définitivement cette année.
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
- Caterpillar : la
Commission européenne a proposé, le 23 mars, d’octroyer 4,6 millions d’euros à
la Belgique au titre du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation. Cette
somme vise à aider près de 2300 salariés licenciés par Caterpillar Solar à
Gosselies et par plusieurs de ses fournisseurs à retrouver un emploi (v. communiqué)
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Jurisprudence
Une libre circulation toujours limitée pour les
chômeurs : la mobilité des chômeurs de régions à haut niveau
de chômage vers celles ayant cruellement besoin de main-d’œuvre, reste freinée par
une application stricte du règlement
883/2004 du 29 avril 2004 portant sur la coordination des systèmes de sécurité
sociale. Ce texte (article 64) dispose que « le droit aux prestations est
maintenu pendant une durée de trois mois à compter de la date à laquelle le chômeur
a cessé d’être à la disposition des services de l’emploi de l’État membre qu’il a
quitté, sans que la durée totale pour laquelle des prestations sont servies puisse
excéder la durée totale des prestations auxquelles il a droit en vertu de la
législation de cet État membre ». Ce même article ajoute que la période de trois
mois « peut être étendue par les services ou institutions compétents jusqu’à un
maximum de six mois ». La Cour de justice a livré son interprétation de cette
disposition dans un arrêt rendu le 21 mars (aff.
C-551/16, Klein Schiphorst). L’affaire concernait un ressortissant
néerlandais, indemnisé par l’institut néerlandais d’assurance chômage (UWV) qui a
décidé de chercher un emploi dans un autre État couvert par le règlement 883/2004.
S’appuyant sur ce texte, il a demandé à l’UWV de lui « exporter » ses allocations
chômage pendant trois mois, ce qu’il a obtenu. Mais l’UWV a ensuite refusé de
prolonger l’exportation de ses prestations chômage. En effet, l’UWV a expliqué qu’il
ne faisait pas usage de la faculté d’étendre jusqu’à un maximum de six mois la
période d’exportation. La Cour de justice confirme qu’il s’agit bien d’une
possibilité, l’institution concernée de l’État membre n’ayant aucune obligation de
prolonger de trois à six mois le versement de l’allocation. Cet État doit seulement
adopter des mesures qui encadrent la marge d’appréciation des institutions
compétentes. Celles-ci peuvent refuser par principe toute demande d’extension
au-delà de trois mois, « à moins que ladite institution n’estime que le refus de
cette demande conduirait à un résultat déraisonnable ». > En savoir
plus : la Commission européenne a proposé une révision
du règlement prévoyant une période d’exportation de six mois qui est en
cours d’examen au Conseil et au Parlement.
- Non prise en compte du congé parental pour
le calcul du droit à congé payé : il ne s’agit encore
que de conclusions de l’avocat général de la Cour de justice (sur la base
desquelles la Cour rendra son arrêt), mais le sujet est suffisamment sensible
pour mériter d’être évoqué dès à présent. La question est de savoir si le droit
de l’UE impose que la période passée par un travailleur en congé parental soit
prise en compte pour calculer son droit au congé annuel payé. La Cour reconnaît
déjà que « tout travailleur, qu’il soit en congé de maladie pendant la période
de référence à la suite d’un accident survenu sur le lieu de travail ou
ailleurs, ou à la suite d’une maladie de quelque nature ou origine qu’elle soit,
ne saurait voir affecté son droit au congé annuel payé d’au moins quatre
semaines » (CJUE,
24 janvier 2012, aff. C-282/10, Dominguez). Cependant, l’avocat général
estime qu’« en raison de la différence fondamentale entre la situation d’un
travailleur en congé de maladie et celle d’un travailleur en congé parental,
tenant notamment au fait qu’il ne s’agit plus, dans la deuxième hypothèse, d’une
incapacité de travail avérée et indépendante de la volonté dudit travailleur,
cette solution ne saurait être étendue au cas de figure d’un travailleur en
congé parental » (CJUE,
concl., 20 mars 2018, aff. C-12/17, Maria Dicu).
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2. États
membres
Belgique
- Réduction des délais de préavis en cas de
licenciement : la loi du 26 mars 2018
relative au renforcement de la croissance économique et de la cohésion
sociale a réduit la durée des préavis en cas licenciement d’un salarié
par un employeur lors des premiers mois de la relation de travail. Ainsi pour
une rupture du contrat de travail intervenant avant la fin du troisième mois, le
préavis est réduit à une semaine au lieu de deux semaines. Il s’agit de réduire
le coût d’une rupture pour l’employeur en vue de faciliter les embauches (v. communiqué
du ministère du Travail).
- Droit à la déconnexion :
la loi du 26
mars 2018 relative au renforcement de la croissance économique et de la
cohésion sociale prévoit que pour « assurer le respect des temps de
repos, des vacances annuelles et des autres congés des travailleurs et de
préserver l’équilibre entre le travail et la vie privée », l’employeur doit
organiser « une concertation » avec les représentants des salariés du Comité
pour la prévention et la protection au travail. Cette concertation doit avoir
lieu « à des intervalles réguliers et à chaque fois que les représentants des
travailleurs […] le demandent, au sujet de la déconnexion du travail, et de
l’utilisation des moyens de communication digitaux ». Pour le ministre du
Travail, des accords sur ce sujet devraient conduire à réduire l’exposition au
stress (v. communiqué
du ministre du Travail).
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Finlande
Renouvellement de la convention collective du
secteur bancaire : les partenaires sociaux du secteur
financier sont parvenus à un accord, le 25 mars, sur la nouvelle convention
collective, la veille d’une grève programmée de trois jours, évitant ainsi un arrêt
de travail (v. communiqué
du syndicat Pro). L’accord met fin à une négociation entamée en octobre 2017 et qui
buttait sur le travail accompli les week-ends. Le syndicat Pro, qui regroupe des
salariés du secteur bancaire, souhaitait l’organiser dans le cadre d’accords locaux
au niveau de l’entreprise et sur une base volontaire. Les employeurs entendaient
pour leur part organiser le travail de façon unilatérale. Les parties ont accepté
l’accord soumis par la conciliatrice
nationale qui prévoit le recours à des négociations locales. À défaut
d’accord, l’introduction du travail du week-end doit être présentée neuf semaines à
l’avance au délégué syndical. Le principe est le recours au volontariat, mais si les
effectifs ne sont pas suffisants, l’employeur pourra, sous condition, réquisitionner
des employés. Un salarié pourra toujours refuser s’il a des raisons impérieuses. Le
travail du samedi sera payé 50% de plus qu’un jour de semaine et le dimanche sera
payé 100% de plus.
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Italie
Refonte des relations sociales :
les principaux partenaires sociaux italiens (l’organisation
patronale Confindustria et les trois confédérations syndicales Cgil, Cisl, Uil) ont
signé, le 9 mars, un accord historique, appelé « Patto della Fabbrica
» (Pacte de l’usine) qui entend redéfinir le modèle de relations sociales. La
nouveauté de cet accord est qu’il fixe les conditions de la représentativité des
associations d’employeurs. L’un des objectifs est de mettre un frein au phénomène
des conventions de branche « pirates », c’est-à-dire signées par des organisations
peu représentatives pour concurrencer les entreprises d’une branche professionnelle
par un abaissement des salaires et des conditions de travail. L’accord innove
également sur la participation des travailleurs et confirme le rôle central de la
convention de branche pour les salaires et les conditions de travail, tout en
favorisant des accords d’entreprise introduisant des compléments de rémunération
liées à une amélioration réelle de la productivité de l’entreprise.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Johnson & Johnson :
l’entreprise pharmaceutique américaine (134000 salariés) a renouvelé son
accord de CE européen du 1 avril 1998 avec une équipe de négociateurs désignés par
les membres du comité. Le nouvel
accord, signé le 1 janvier 2018, prévoit un représentant par pays ayant au
moins 100 salariés et un représentant supplémentaire à partir de 1001 salariés, puis
au-delà de 2500. Un comité restreint de 5 membres est désigné. Il est « fortement
recommandé » que ses membres puissent communiquer en anglais et ait déjà une
expérience de représentant du personnel. L’accord fixe un cadre à la procédure
d’information et de consultation. Elle doit se dérouler sur une période de huit
semaines, exceptionnellement prolongeable d’un commun accord. La procédure est
enclenchée lorsqu’un projet affecte « au moins 150 salariés dans au moins deux pays
couverts par l’accord » ou la « majorité des salariés dans un seul pays ». Des
schémas sont insérés en annexe pour illustrer le déroulement de la procédure. Il est
prévu d’adapter ce processus pour des projets qui entraînent des changements sur
plusieurs années.
- Gebrüder Weiss : la
direction du groupe familial autrichien de transport et logistique Gebrüder
Weiss a signé, le 4 octobre 2017, un accord de CE européen pour
couvrir ses quelque 6500 salariés dans l’UE, essentiellement en Europe centrale
et orientale. L’accord prévoit la mise en place d’un bureau de trois à cinq
membres ainsi que des groupes de travail si nécessaire.
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Restructurations
Bombardier : la filiale
ferroviaire du groupe canadien Bombardier a conclu un accord, le 28 mars dernier,
avec le syndicat de la métallurgie IG Metall, afin de préserver tous les sites de
production du groupe en Allemagne, dont certains étaient menacés de fermeture dans
le cadre d’une réorganisation mondiale annoncée en 2016 et affectant 5000 salariés
dans le monde (v. communiqué
IG Metall). Cependant, l’accord prévoit la suppression progressive sur trois
ans de 2200 postes (dont un tiers d’intérimaires) sur un effectif total de 8500
salariés. Les suppressions de postes se feront essentiellement via des départs
volontaires (pour un maximum de 1513 salariés).
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4. Études et
rapports
Une convergence salariale existante mais trop
faible : les données
publiées par Eurostat montrent des écarts importants entre les coûts
horaires de la main-d’œuvre entre les différents États membres en 2017, allant de
4,9 euros de l’heure en Bulgarie à 42,5 euros au Danemark. Les données montrent une
accélération des coûts de la main-d’œuvre dans les pays d’Europe centrale et
orientale avec des progressions sur un an au-delà de la moyenne de l’UE, mais les
coûts horaires dans ces pays restent toujours loin de la moyenne de l’UE (26,8
euros, contre par exemple, 4,9 euros en Bulgarie ou 6,3 euros en Roumanie). Le pays
de cette région ayant le coût horaire le plus élevé, la Slovénie (11,1 euros) est
encore à plus de la moitié de la moyenne de l’UE (26,8 euros). À noter la baisse du
coût du travail enregistré en Finlande (– 1,5%, à 32,7 euros) sans doute lié à
l’accord tripartite de 2016 qui visait réduire le coût du travail pour renforcer la
compétitivité de l’économie.
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