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IR Notes 104 — 26 septembre 2018
www.irshare.eu
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Une question à…
Christy Hoffman, secrétaire générale d’Uni Global Union
Quelle est la particularité de
l’accord-cadre international que vous avez signé avec la
banque française BNP Paribas (v. À la Une)
? Cet
accord contient des dispositions relatives au respect des droits
fondamentaux ainsi que des droits qui ne figurent pas habituellement
dans de tels accords comme : le droit à un congé maternité de 14
semaines, un congé de paternité de six jours ou encore des
assurances invalidité-décès. De même, il y a des dispositions sur la
gestion de la diversité ainsi que sur la prévention du harcèlement
sexuel. Nous nous sommes appuyés sur les accords européens que nous
avions déjà signés avec BNP Paribas, ce qui nous a aidé dans la
négociation. Ce type d’accord mondial est important là où il y a peu
de syndicats. Il est nécessaire de confirmer le rôle du syndicalisme
et de la négociation collective. Beaucoup de pays, en particulier en
dehors de l’Union européenne, ne respectent pas, d’une manière ou
d’une autre, les droits des travailleurs.
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Qui sommes-nous ?
IR Notes est une
lettre d’information diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs
langues européennes (allemand, anglais, espagnol, français, italien) et
réalisée par IR
Share et son réseau d’experts. Elle propose une
veille européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la
politique de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant
de 18 euros HT par mois sur le site IR Share.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Sylvain
Nadalet, Christer
Thornqvist, Frédéric Turlan
et Mariangela Zito. Retrouver
l’ensemble de l’équipe
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Notes en quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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À la Une
BNP Paribas
instaure un socle social mondial pour ses salariés
La direction de la banque française BNP Paribas (200000 salariés) et la fédération
syndicale internationale UNI Global Union ont signé, le 18 septembre, un accord
« droits fondamentaux et socle social mondial » qui non seulement garanti
des droits sociaux fondamentaux, mais accorde aussi un certain de nombre de droits
concrets aux salariés. Ainsi, le texte confère à toutes les salariées le droit à un
congé maternité payé d’au moins 14 semaines et invite « fortement » les différentes
entités du groupe à mettre en place un congé paternité payé d’une durée d’au moins
six jours. Les signataires accordent une couverture sociale couvrant trois
garanties – assurance-décès, incapacité-invalidité et frais de santé – pour
l’ensemble des salariés. Par ailleurs, pour favoriser l’équilibre des temps de vie,
chaque salarié bénéficie de cinq jours par an non payés, pour convenances
personnelles. Ces jours peuvent être posés par demi-journées. Le texte précise aussi
les engagements du groupe en termes d’anticipation du changement et
d’information-consultation lors des réorganisations (v. communiqué
d’Uni Global Union et communiqué
de BNP Paribas). (photo: Olivier Braive –
BNP Paribas)
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
- Aide en faveur des salariés portugais du
textile : la Commission européenne a proposé, le 11
septembre, de fournir au Portugal près de 4,7 millions d’euros du Fonds européen
d’ajustement à la mondialisation pour aider 730 travailleurs du secteur de
l’habillement et autant de jeunes non qualifiés à trouver un nouvel emploi (v.
communiqué).
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Jurisprudence
Discrimination religieuse: dans
un arrêt concernant le licenciement d’un médecin par un hôpital catholique allemand
en raison de son remariage après un divorce (v. communiqué
de presse), la Cour de justice rappelle qu’une organisation religieuse ou de
croyance, peut certes prendre des décisions susceptibles d’être discriminatoires,
mais dans certaines limites. L’adhésion du médecin à la conception catholique du
caractère sacré et indissoluble du mariage religieux « n’apparaît pas nécessaire (…)
compte tenu des activités professionnelles exercées » par l’hôpital, « à savoir la
fourniture, dans le milieu hospitalier, de conseils et de soins médicaux ainsi que
la gestion du service de médecine interne dont il était le chef ». « Elle n’apparaît
donc pas être une condition essentielle de l’activité professionnelle », explique la
Cour qui relève par ailleurs que des médecins non-catholiques exerçaient également
des fonctions similaires dans le même hôpital. Le licenciement prononcé n’est donc
pas justifié. Par ailleurs, elle explique qu’une juridiction nationale se doit « de
garantir le plein effet des droits » découlant du principe de non-discrimination en
raison de la religion ou des convictions, « en laissant au besoin inappliquée toute
disposition nationale contraire » lorsqu’elle ne lui est pas possible d’interpréter
le droit national applicable de manière conforme au droit de l’UE (CJUE,
11 septembre 2018, aff. C-68/17, IR).
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Remplacement de salariés détachés :
dans une affaire de dumping social concernant un abattoir
autrichien qui a employé des travailleurs détachés en Autriche par des entreprises
hongroises (v. communiqué
de presse), la Cour de justice a, d’une part, confirmé sa jurisprudence
quant à la force obligatoire du certificat A1 délivré par le régime de sécurité
social du pays d’envoi aux salariés détachés afin d’attester qu’ils sont bien
affiliés à leur régime (CJUE,
6 septembre 2018, aff. C-527/16, Alpenrind e.a.). D’autre part, elle a
interprété l’article 12, paragraphe 1, du règlement n° 883/2004, selon lequel, pour
pouvoir demeurer soumis à la législation de l’État membre dans lequel l’employeur
exerce normalement ses activités, la personne détachée doit respecter deux
conditions : la durée du détachement ne doit pas excéder 24 mois et elle
ne doit pas avoir été « envoyée en remplacement d’une autre personne ».
Pour la Cour, comme « la condition de non–remplacement » déroge à la règle générale
qui prévoit l’application de la législation de sécurité sociale du lieu où s’exerce
l’activité, elle doit être interprétée « de manière stricte ». Ainsi, « le recours
récurrent à des travailleurs détachés afin de pourvoir à un même poste, même si les
employeurs à l’initiative des détachements sont distincts, n’est conforme ni au
libellé ni aux objectifs visés à l’article 12, paragraphe 1 (…), de telle sorte
qu’une personne détachée ne saurait bénéficier de la règle particulière prévue à
ladite disposition lorsqu’elle remplace un autre travailleur ».
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2. États
membres
France
- Nouvelles dispositions relatives au
détachement de travailleurs : la loi
n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir
professionnel assouplit les formalités administratives pour les
prestations de courte durée (C.
trav. L. 1262-6) et pour les employeurs qui détachent de manière
récurrente des salariés (C.
trav. art. L. 1263-8). La loi abroge aussi la contribution de 40 euros
exigée pour chaque déclaration de détachement. Le montant des amendes
applicables en cas de manquement à la réglementation du détachement est doublé
(C.
trav. L. 1264-3) passant de 2 000 à 4 000 euros par salarié détaché et
les travaux menés dans le cadre du détachement peuvent être suspendus en cas de
non-paiement des amendes.
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Italie
Un regain d’intérêt des syndicats pour les CE
européens : lors de séminaire
final du projet européen Circle piloté par l’association SindNova,
plusieurs responsables des trois confédérations syndicales italiennes ont fait part
de leur volonté d’investir dans les comités d’entreprise (CE) européens pour faire
face à la mondialisation et à la digitalisation. Ils ont insisté sur la nécessité de
mieux former leurs membres au sein des CE européens. Ils ont regretté les
difficultés pour les CE européens d’agir en justice en cas de violation de leur
droit à information-consultation, notamment en Italie, et l’absence d’un mécanisme
européen pour sanctionner de telles violations.
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Suède
- Les partenaires sociaux défendent leur
autonomie : il y a environ un an, la ministre du
Travail, Ylva Johansson, a lancé une réflexion afin de modifier le droit de
grève. Mais, en juin, peu avant de présenter les résultats, elle a été
court-circuitée par les partenaires sociaux qui ont présenté conjointement une
proposition législative alternative, défendant ainsi leur autonomie qui est au
cœur du modèle social suédois. Leur texte n’apporte que des modifications
mineures à la pratique existante. Il y aura une interdiction des grèves contre
les entreprises déjà liées par un accord collectif avec un autre syndicat, et
l’objectif ultime d’une grève (et d’un lock-out) sera de conclure une convention
collective garantissant la paix sociale (v. aussi article
de l’Institut syndical européen). Cependant, le sort de ce texte est désormais
suspendu à la formation d’un nouveau gouvernement.
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3.
Entreprises
Accords
transnationaux
Droits sociaux fondamentaux :
le leader européen des casinos, Groupe
Partouche (4288 salariés) a signé, le 17 septembre, un accord-cadre
international avec la fédération syndicale internationale Uni Global Union.
« Un tel accord ne peut pas nuire au dépôt de futurs dossiers à l’étranger pour
développer notre activité, même si l’expansion à l’international n’est pas d’une
actualité brûlante, explique Benjamin Castaldo, animateur des RH de Groupe
Partouche. Nous avons surtout signé cet accord pour aider Uni Global Union à
défendre les droits sociaux fondamentaux dans des pays connaissant des retards en la
matière » (v. communiqué
d’Uni Global Union). > En bref : la banque française Société Générale va entamer, en
octobre, la renégociation de son accord-cadre
international signé en 2015.
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Accords
d’entreprise
Restructuration : les salariés
du sidérurgiste italien Ilva
ont largement plébiscité l’accord signé, le 6 septembre, entre le groupe ArcelorMittal, repreneur du
groupe Ilva, et les organisations syndicales, qui encadre les conditions de reprise
de l’entreprise et la sauvegarde des emplois. Au total 10 700 emplois sont préservés
(sur un total de 13 500 salariés) et environ 2 000 salariés feront l’objet
d’incitations au départ. Les salariés repris ne se verront pas appliquer la récente
réforme du licenciement prévoyant un plafond aux dommages et intérêts en cas de
licenciement injustifié (v. communiqué
d’IndustriAll).
- Participation des travailleurs au conseil
d’administration : le groupe italien Manfrotto (500 salariés),
qui fabrique des supports pour appareil photo, caméra et éclairage, a signé, le
15 avril, un accord avec les trois fédérations syndicales représentatives (Fim
Cisl, Fiom Cgil et Uilm Uil), prévoyant un renforcement de la formation
professionnelle et, fait rare en Italie, la désignation d’un représentant
syndical au sein du conseil d’administration, sur le modèle allemand ou
suédois. «La participation des travailleurs aux stratégies de l’entreprise fait
de Manfrotto une expérience pilote très importante, souligne Marco Bentivogli,
secrétaire général de Fim Cisl, dans Il
Corriere delle Alpi, que nous entendons suivre au niveau national pour
lancer une sorte de contagion positive envers toutes les autres entreprises».
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Syndicalisme
Réseau syndical mondial : un
réseau syndical mondial a été mis en place au sein de la société américaine de
fabrication de papier et d’emballage Westrock (45 000 salariés) (v.
communiqué
d’IndustriAll) pour « favoriser des relations sociales proactives et stables dans
chacune des régions où WestRock » est implanté. « Nous avons construit au fil des
années en Europe une relation fondée sur la confiance et le respect, explique Raffiq
Moosa, secrétaire du CE européen. Nous allons nous efforcer à présent de l’étendre
au plan mondial ».
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