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IR Notes 177 – 12 janvier 2022
www.irshare.eu
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Bonne année 2022 !
Toute l’équipe d’IR Share vous souhaite une
bonne année 2022 ! Elle sera sans doute difficile collectivement,
comme 2020 et 2021, mais nous espérons qu’elle vous apportera malgré
tout du bonheur et de la joie. IR Notes, qui entame sa huitième
année, aura le plaisir de vous éclairer tout au long de ces
prochains mois.
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Une question à…
Francisco Javier Gomez Abelleira, professeur de droit du travail et de
droit de la sécurité sociale (ou maître de conférence) à l’Université
Carlos III (Madrid)
Quelle est votre analyse de la
réforme du marché du travail adoptée fin décembre par le
gouvernement espagnol sous la forme d’un décret-loi qui doit
encore être approuvé par le Parlement
? Après des
mois de négociations tripartites entre le gouvernement et les
partenaires sociaux, un accord a été conclu fin décembre sur une
réforme du marché du travail qui touche trois domaines : les
contrats à durée déterminée, le chômage partiel et la négociation
collective. Pour parvenir à cet accord, toutes les parties ont dû
sacrifier quelque chose d’important. Pour le gouvernement et les
syndicats, l’objectif de départ était d’abroger complètement la
réforme du travail de 2012 (réforme conservatrice qui a introduit
une plus grande flexibilité dans les relations de travail, une
baisse des coûts de licenciement et une plus grande décentralisation
des négociations collectives). Pour les organisations patronales, il
était important de maintenir la flexibilité du travail (notamment
les contrats à durée déterminée et la décentralisation de la
négociation collective).
L’accord signifie que les principaux aspects de la réforme du
travail de 2012 ne seront pas annulés. Néanmoins, le gouvernement et
les syndicats ont atteint un objectif important : la convention
collective de branche prévaudra sur l’accord collectif d’entreprise
en ce qui concerne le montant et la structure des salaires. Les
employeurs conservent la prévalence des accords d’entreprise dans
d’autres domaines, tels que la répartition des heures de travail. Le
gouvernement et les syndicats atteignent un autre objectif : les
conventions collectives prolongeront leurs effets après la date
d’expiration et au-delà d’un an après cette date, sauf accord
contraire des deux parties.
Sur d’autres aspects, la réforme 2021 ne
correspond pas à ce que le gouvernement et les syndicats
souhaitaient : par exemple, les motifs, les procédures, les effets
et les coûts des licenciements (individuels et collectifs) ne sont
pas concernés par la réforme. La réforme ne touche pas aux
modifications substantielles des conditions de travail : les
employeurs peuvent modifier unilatéralement les conditions de
travail pour autant qu’il existe une justification économique,
technique ou organisationnelle suffisante et si ces conditions ne
sont pas établies par une convention collective. Bien que la réforme soit moins ambitieuse
que ce que le gouvernement avait initialement prévu, elle pourrait
avoir un impact important sur le marché du travail. En effet, l’une
des pires caractéristiques de ce marché est l’abus des contrats à
durée déterminée comme forme de flexibilité du travail : les
entreprises recourent trop aux contrats temporaires au lieu de
recourir à d’autres formes de flexibilité du travail (comme la
réduction des heures ou la suspension temporaire du travail). L’une
des leçons importantes tirées de la pandémie est que les entreprises
peuvent maintenir les niveaux d’emploi et conserver leurs salariés
même pendant les périodes difficiles : les mécanismes juridiques mis
en place pendant la pandémie, pour lesquels les employeurs, les
syndicats et les administrations publiques ont coopéré afin d’éviter
un recours excessif aux licenciements, sont maintenant établis comme
des moyens normaux pour faire face aux crises futures (crise
générale, sectorielle ou au niveau de l’entreprise).
>
Pour plus de détails
sur la réforme du marché du travail, v. article
en anglais de notre expert national, Francisco Javier Gomez
Abelleira.
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Agenda
17 au 20
janvier Strasbourg Session
plénière du Parlement européen
17 janvier au 27
février En ligne 2e
édition allemande de la formation en ligne “CEE : les règles du jeu” à
raison d’environ 2 heures de travail par semaine. Les inscriptions sont
à faire avant le 10 janvier 2022 en remplissant le formulaire en ligne
disponible ici : https://bit.ly/3FTJU3i. Cette
formation est gratuite.
27 et 28
janvier En ligne
Atelier organisé par l’Institut syndical européen (ETUI) sur « les
risques psychosociaux (RPS) liés au travail au sein de l’Union
européenne » qui propose sur la base d’une étude de l’ETUI, une
cartographie de l’UE concernant le cadre légal national, les conventions
collectives et la jurisprudence en matière de RPS pour notamment
alimenter une discussion sur l’adoption potentielle d’une directive
européenne sur les RPS (Programme
et inscription).
7 et 8 février
En
ligne Formation organisée par l’Institut
syndical européen pour les nouveaux membres de CE européen (ou de GSN)
(autres dates proposées : 10 et 11 février). Contact : esantaniello@etui.org et lien
d’inscription.
14 février
Bordeaux
Réunion informelle Conseil Emploi et Politique sociale.
16 février
En
ligne Ouverture du Mooc «droit
européen du travail» (en français), organisé par le Cnam. Les
cours de cette formation, en ligne et gratuite, se déroulent du 16
février au 4 avril 2022 (les inscriptions sont ouvertes). IR Notes est
partenaire de cette initiative pilotée par Michel Miné, professeur du
Cnam, titulaire de la chaire « droit du travail et droits de la
personne ».
17 et 18 février
Strasbourg
Conférence organisée par la présidence française de l’UE et le
Comité économique et social européen sur l’économie sociale et
solidaire
14
mars Bruxelles Conseil
Emploi et Politique sociale
16
juin Luxembourg Conseil
Emploi et Politique sociale
27 et 28 juin Hambourg 14e
conférence de l’EWC Academy pour les CE européens et comités de
SE, avec notamment Gabriele Bischoff, Udo Rehfeldt et Ilaria
Armaro.
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Qui sommes-nous ?
IR Notes
est une lettre d’information diffusée
tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes
(allemand, anglais, espagnol, français, italien) et réalisée par IR Share et son
réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en
vente sur abonnement pour un montant de 18 euros HT par mois sur le
site IR Share.
L’équipe :
ce numéro a été préparé par Francisco Gomez Abelleira, Sylvain
Nadalet, Pascale Turlan et Frédéric
Turlan. Retrouvez
l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
S’abonner à IR Notes
en quelques clics sur le site IR
Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu >
La lettre d’information IR Notes a été reconnue
comme « service de presse en ligne » selon l’article 1er de la loi n°
86-897 du 1er août 1986 portant réforme du régime juridique de la
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959. Directeur de la publication: Frédéric Turlan. Hébergeur: Ideal prod
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France. N° de CPPAP : 0626 Z 93933.
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Dictionnaire européen des relations sociales
Si vous souhaitez aller plus loin dans la lecture d’IR Notes nous mettons
à votre disposition des liens
vers le Dictionnaire
européen des relations sociales, publié par Eurofound, et
régulièrement mis à jour par IR Share, éditeur d’IR Notes. Les
définitions des termes sont disponibles en anglais et facilement
convertibles grâce à des outils de traduction en ligne.
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À la Une
Les dossiers
sociaux de la présidence française de l’UE
La présidence française du Conseil de l’UE qui a débuté le 1er janvier a
affiché ses priorités dans le champ de l’emploi et des affaires sociales (v. Council of the European
Union). Même si le programme est très largement dicté par des
initiatives déjà engagées, la présidence a tout de même la possibilité de
privilégier certains dossiers pour les faire avancer. Ainsi, dans son programme
de travail, la présidence met en avant sa volonté de « conduire les
négociations avec le Parlement européen concernant la proposition de directive
relative à des salaires minimaux adéquats dans l’Union ». À quelques mois de
l’élection présidentielle en France (avril), l’adoption de cette directive serait
sans doute un gain politique appréciable pour l’actuel Président de la République,
Emmanuel Macron, critiqué pour sa politique jugée par certains trop libérale. Mais
la présidence n’annonce ni l’adoption du texte, ni un compromis avec le Parlement,
car les négociations avec les députés européens s’annoncent difficiles (voir IR Notes 174 et IR Notes 175). Le
deuxième texte est la
proposition de directive relative à l’amélioration des conditions de travail des
travailleurs de plateformes. Cette proposition est bien moins avancée que la
première puisqu’elle vient seulement d’être présentée par la Commission (v. IR Notes 176)
alors que celle sur le salaire minimum a déjà été adoptée par le Conseil et le
Parlement. La présidence annonce qu’elle « débutera également les discussions » sur
ce texte au sein du Conseil. La proposition de la Commission est assez éloignée de
la façon dont le gouvernement français tente de réguler en France les conditions de
travail dans plateformes en misant sur le dialogue social. Le troisième texte est la
proposition de directive sur la transparence salariale, pour laquelle la
« présidence fera progresser les négociations dans le cadre des trilogues » dès lors
que le Parlement aura arrêté sa position, le Conseil étant déjà arrivé à un accord
politique sous la présidence slovène (v. IR Notes 176 et IR Notes 159). Dans
le même temps, la présidence s’attachera « à faire progresser les discussions sur la
proposition de directive relative à un meilleur équilibre hommes‐femmes dans les
conseils d’administration » qui est enlisée au Conseil depuis près de dix ans. À
noter que la présidence française s’inscrit également dans le programme
commun construit avec les futures présidences tchèque (2e
semestre 2022) et suédoise (1er semestre 2023). Ce « programme du trio »
définit les priorités pour les dix-huit prochains mois. Il s’agit de renforcer le
modèle social européen et de rendre les marchés du travail plus inclusifs pour les
travailleurs âgés et les personnes handicapées. Figurent également l’amélioration
des conditions de travail des travailleurs des plateformes, la santé et la sécurité
au travail et la lutte contre les inégalités de genre. De plus le trio « encouragera
l’établissement d’obligations de diligence en ce qui concerne les conséquences sur
les droits de l’homme et l’environnement et soutiendra la mise en place de normes de
l’UE pour la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises
afin de promouvoir un modèle européen d’entreprise responsable ».
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1. Union
européenne
Projet
Agents cancérigènes et mutagènes :
la présidence du Conseil et le Parlement européen sont parvenus
à un accord provisoire, le 16 décembre 2021, sur la révision de la directive
sur les agents cancérigènes et mutagènes (v. Carcinogens directive
revision). Cette quatrième révision de la directive a été
proposée par la Commission européenne, en septembre 2020. (v. IR Notes 149). Le
texte doit encore être approuvé formellement par le Conseil et le Parlement, avant
la publication au JOUE. Le nouveau texte accorde une protection accrue
grâce, d’une part, à la fixation de limites d’exposition pour l’acrylonitrile et les
composés du nickel et, d’autre part, à l’abaissement des limites pour le benzène.
Actuellement, environ 33000 travailleurs sont exposés à l’acrylonitrile, 79000 aux
composés du nickel et un million au benzène. De plus, les députés ont obtenu
l’inclusion, dans le champ d’application de la directive, de 12 substances
reprotoxiques qui ont des effets néfastes sur la reproduction et peuvent provoquer
une altération de la fertilité ou une infertilité. Ainsi, la directive couvrira 39
substances : les 25 substances avec une limite d’exposition professionnelle prévue
par la précédente version de la directive, plus les deux nouvelles limites et les 12
agents reprotoxiques. Le texte prévoit aussi l’adoption, d’ici la fin 2022, d’un
plan d’actions pour ajouter 25 nouvelles substances cancérigènes dans le champ de la
directive. Par ailleurs, la directive protégera mieux le personnel qui travaille
avec des médicaments dangereux. Ce personnel devra recevoir une meilleure formation
sur la manière de les manipuler en toute sécurité. La Commission devra publier d’ici
la fin 2022, des lignes directrices sur la formation, la surveillance et le suivi.
> Voir
aussi : fiche
de présentation de l’agence européenne OSHA-EU, les communiqués du Conseil
et du Parlement.
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Actualité
sociale
Renforcer la démocratie au travail :
le Parlement européen a adopté à une large majorité, le 16
décembre 2021, une résolution
pour renforcer la démocratie au travail, présentée par la députée européenne
Gabriele Bischoff (S&D). Ce texte entend renforcer la participation des salariés
aux décisions de l’entreprise et appelle à réviser plusieurs directives dont celles
sur les CE européens. Les
entreprises qui recourent à des instruments européens de mobilité notamment ceux
prévus par la directive n°2019/2121 sur les fusions transfrontalières ou par le
statut de la société européenne (SE) devraient respecter « des règles européennes
minimales régissant la participation et la représentation des salariés au sein des
conseils de surveillance, y compris pour ce qui est de l’égalité entre hommes et
femmes ». À cette fin, « le nombre/la proportion de sièges » au sein des conseils de
surveillance « prévus pour les représentants des travailleurs devrait aller de
quelques sièges à la parité, en fonction du nombre de salariés de l’entreprise et de
ses filiales ». Par ailleurs, la résolution relève « certaines failles dans le
statut de la SE » qui permettent aux entreprises de contourner les réglementations
nationales, notamment sur la représentation des salariés au sein du conseil
d’administration ou du conseil de surveillance. La Commission est appelée à combler
ces failles. Concernant la révision de la directive n°2009/38 sur les CE européens,
les députés veulent renforcer les droits d’information et de consultation, en
particulier en cas de restructuration. Ils déplorent que « les ressources
financières, matérielles et juridiques nécessaires pour permettre aux CE européens
d’accomplir leurs tâches de manière appropriée ne soient pas toujours fournies par
la direction centrale ». En outre, la Commission et les États membres devraient
garantir qu’il soit « tenu compte de l’avis du CE européen dans les décisions de
l’entreprise et que cet avis soit rendu avant la clôture de la consultation au
niveau adéquat et avant la prise de décisions par les organes de direction ». Enfin
les députés appellent à supprimer les « exemptions » qui assurent la survie des
anciens accords dits “volontaires“ conclus il y a plus de vingt-ans ; à clarifier la
notion du caractère transnational et « à prévenir les abus des règles de
confidentialité comme moyen de limiter l’accès à l’information et la participation
effective ».
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- Coordination des régimes de sécurité
sociale : les représentants des États membres (Coreper)
ont rejeté, le 22 décembre 2021, l’accord interinstitutionnel trouvé la semaine
précédente sur le règlement relatif à la coordination des systèmes de sécurité
sociale (v. Free movement and social
security) dont la révision est en discussion depuis cinq ans.
Neuf États membres ont voté contre le texte, tandis que cinq se sont abstenus,
dont l’Allemagne et la Pologne, empêchant tout vote à la majorité qualifiée.
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2. États
membres
Italie
Un cadre pour le travail hybride :
le ministre du Travail a signé avec 26 organisations syndicales
et patronales un protocole
sur le travail hybride proposant un cadre de référence non contraignant qui
pourra être repris dans les conventions collectives. Avec cette initiative, le
gouvernement prend acte de l’évolution rapide qui s’est produite sur ce thème depuis
la loi sur le travail hybride n°81/2017. Il entend, à partir d’une étude fondée sur
200 accords collectifs, fournir des règles qui seront adaptées en dehors des
périodes de pandémie. Les principes sont les suivants : 1/ le travail hybride ne
doit pas être confondu avec le télétravail car il peut prévoir d’alterner le travail
à domicile (ou autre lieu) et celui en entreprise : l’accord individuel sur le
travail agile conclu entre l’employeur et le salarié doit prévoir cette alternance
ainsi que les lieux qui en sont exclus. 2/ Le caractère volontaire du travail
hybride est affirmé, c’est-à-dire que son refus par le salarié ne pourra faire
l’objet d’aucune sanction. 3/ L’accord individuel peut prévoir une durée déterminée
du travail hybride, mais il est possible d’y mettre fin en respectant un préavis
aussi bien pour l’employeur que pour le salarié. 4/ Le travail hybride implique la
possibilité de rendre l’horaire de travail flexible sans modifier le temps de
travail (le travail supplémentaire est en principe exclu), par exemple en
établissant des créneaux horaires et en incluant le droit à la déconnexion. 5/
L’accord doit énoncer les outils de contrôle par l’employeur. 6/ L’employeur doit
fournir les outils nécessaires à l’exécution du travail et en assume le coût. Si le
salarié utilise son propre matériel, les parties doivent s’accorder sur les outils
de sécurité informatique à mettre en place et elles peuvent convenir d’éventuelles
formes d’indemnisation des frais supportés par le salarié.
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Une loi pour réduire les inégalités salariales :
la loi
n.162/2021 sur l’égalité des chances du 5 novembre 2021, entrée en vigueur
le 3 décembre, entend combler les écarts de salaire. La loi élargie le champ
d’application de la discrimination directe et indirecte afin de protéger les
candidats à l’embauche. Les discriminations couvrent désormais non seulement les
traitements défavorables, mais aussi les changements d’organisation et du temps de
travail qui sont motivés par l’état de grossesse, de maternité ou de paternité et
l’exercice des droits y afférents, mais aussi simplement par le sexe, l’âge ou les
besoins de soins ou de soutiens familiaux et qui place ou est susceptible de placer
la travailleuse dans au moins une des conditions suivantes : 1° position de
désavantage par rapport à l’ensemble des autres salariés ; 2° la limitation des
possibilités de participer à la vie ou aux décisions de l’entreprise ; 3° limitation
de l’accès aux mécanismes d’avancement et de progression de carrière. Au-delà de ces
modifications, c’est l’approche incitative qui est privilégiée à travers l’adoption
d’un dispositif de certification de l’égalité entre les sexes permettant aux
entreprises d’illustrer les actions concrètes prises pour réduire l’écart en matière
de carrières et de disparités salariales, dans la gestion des différences de genre
ou encore pour la protection de la maternité (les critères feront l’objet d’un
décret). Cette certification sera exigée pour bénéficier d’allégements des charges
sociales ou pour obtenir des financements. L’obligation est aussi faite pour les
entreprises de plus de 50 salariés (au lieu de 100 auparavant) d’établir un rapport
tous les deux ans sur la situation du personnel masculin et féminin dans chacun des
métiers.
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- Diverses mesures sociales :
la loi
de finance 2022, adoptée le 30 décembre par le Parlement, contient
diverses mesures sociales (v. présentation
publiée par le ministère du Travail), dont les principales sont l’élargissement
du dispositif d’amortissement social (Cassa integrazione / chômage
partiel) aux entreprises qui n’avaient pas encore accès à ce dispositif ; le
renforcement des obligations en matière de responsabilité sociale pour les
entreprises d’au moins 250 salariés lorsqu’elles envisagent de fermer un site en
Italie. Elles devront informer les syndicats et diverses autorités 90 jours
avant la mise en œuvre des licenciements. Elles devront élaborer dans un délai
de 60 jours un plan pour limiter l’impact sur l’emploi et présenter des mesures
pour assurer le reclassement des salariés concernés et la revitalisation des
sites industriels. Le non-respect de la procédure entraînera la nullité des
licenciements. La loi augmente de 50 millions d’euros le budget du Fonds pour le
soutien de l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes et créée, à
titre expérimental, pour l’année 2022, une exonération de 50 % du paiement des
cotisations de sécurité sociale pendant un an en faveur des mères salariées du
secteur privé, à compter de leur retour au travail après leur congé maternité.
Cette mesure leur assure, pendant un an, un salaire net plus élevé qu’à leur
départ en congé maternité. Il s’agit d’inciter les femmes à revenir sur le
marché du travail. Leurs droits à la retraite ne seront pas affectés par cette
réduction de cotisation.
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3. Pays
tiers
- Revenu des dirigeants :
le sujet des « fat cats », des dirigeants
trop grassement rémunérés, est récurrent au Royaume Uni. Une étude du High Pay
Centre suggère que les revenus médians des PDG du FTSE 100 pour 2022 ont dépassé
le salaire annuel médian d’un travailleur à temps plein au Royaume-Uni le
vendredi 7 janvier vers 9 heures (v. communiqué). La
secrétaire générale du TUC, Frances O’Grady, appelle à de « grandes réformes
pour ramener la rémunération des PDG sur terre ». Pour la syndicaliste, « les
comités de rémunération des dirigeants doivent changer. Ils devraient inclure
des représentants des salariés qui peuvent s’exprimer en faveur d’un juste
équilibre des salaires avec les travailleurs ordinaires. Et les systèmes
d’incitation pour les dirigeants devraient être remplacés par des systèmes de
participation aux bénéfices qui incluent l’ensemble du personnel. Trop de
richesses sont accaparées au sommet.» (v. communiqué).
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4.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Adaptation suite à une scission :
le groupe CNH
Industrial NV, une holding
de droit néerlandais, née en 2013 de la fusion de Fiat Industrial et de sa filiale
américaine CNH Global, a été scindé en deux, avec d’une part, l’introduction en
bourse de la filiale Iveco
group qui regroupe les activités routières de CNH
International avec notamment les marques Iveco, Iveco Bus, Heuliez Bus et Astra, et
d’autre part, CNH Industrial qui conserve la production de machines agricoles et de
chantier. La direction de CNH Industrial et le comité restreint du CE européen, mis
en place en 2015 sur la base des prescriptions subsidiaires de la loi de
transposition néerlandaise, ont signé un accord, le 23 novembre 2021, pour
adapter la composition du CE européen à cette nouvelle configuration. Comme les deux
groupes issus de cette scission entrent dans le champ d’application de la
législation sur les CE européens en raison de l’importance de leurs effectifs dans
l’UE, Iveco group devrait également lancer une procédure pour mettre en place un CE
européen.
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Révision d’un accord : la
direction du groupe de logistique Geodis (41 837 salariés dont 15
500 en France) a reconduit, le 6 juin 2021, son accord du 8 février 2010 relatif au
Comité Européen de Concertation (CEC), la dénomination du CE européen du groupe.
Selon le nouvel
accord la composition reste très centrée sur la France avec pour les 8
sièges attribués au bureau du CE européen 7 sièges réservés aux organisations
syndicales françaises. « Dans un esprit d’ouverture et de prise en compte du
périmètre international du groupe », l’accord précise que le comité « bénéficiera
régulièrement d’informations sur le groupe hors périmètre strictement européen ».
Par ailleurs, le secrétaire du comité est « invité à assister aux réunions du
Conseil de surveillance de Geodis, en qualité d’auditeur consultatif ». La «
consultation préalable » au sens de l’accord « est d’organiser une information » par
la direction « qui soit précise et rapide afin de permettre au CEC par
l’intermédiaire du bureau de faire connaître son avis dans un délai qui ne saurait
excéder 21 jours ». Le CEC bénéficie d’une enveloppe de fonctionnement de 12 500
euros par an à laquelle s’ajoute un budget de 10000 euros par an pour la formation
des membres. Les membres du bureau bénéficient d’un quota individuel d’heures de
délégation de 120 heures par an, les autres membres se partageant un quota annuel de
650 heures.
> Autres accords mis en ligne sur IR
Share : Groupe
Up et Keolis.
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Syndicalisme
- Réseau international : le
réseau syndical du groupe pharmaceutique Sanofi couvrant une trentaine de
pays s’est réuni virtuellement le 16 décembre, pour échanger sur les
orientations du groupe et les difficultés rencontrées en matière de dialogue
social. La mise en place de ce réseau par IndustriAll Global Union, vise à
convaincre le groupe à négocier un accord-cadre international pour entamer un
dialogue social au niveau mondial.
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5. Études et
rapports
Les CE européens à l’heure de la révision de la
directive : l’Institut syndical européen
vient de publier une étude de référence sur les CE européens qui sera incontournable
dans le processus de révision de la directive 2009/38 (European
Works Councils: contested and still in the making). L’ouvrage, très
documenté, porte un regard critique sur cette instance qui, malgré la révision de la
directive en 2009, reste encore majoritairement une instance d’information. Son rôle
de consultation reste contesté par les employeurs, selon les auteurs, qui soulignent
la tendance des managers à utiliser le CE européen afin qu’ils servent les intérêts
de l’entreprise. Le CE européen reste encore une instance « en devenir » et le
changement semble ne venir que des acteurs sur le terrain, dont les syndicats, tant
les positions des acteurs institutionnels en faveur d’une révision semblent
bloquées.
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Inégalités en Europe : c’est
l’une des publications phares de l’Institut syndical européen : Benchmarking
working Europe. L’ouvrage est sorti en décembre avec un
focus sur l’augmentation des inégalités qui « est à la fois de plus en plus
mesurable et alarmant ». Des inégalités aggravées par la crise du Covid-19 mais qui
sont présentes structurellement depuis plusieurs décennies. A ceux qui sont
convaincus qu’il n’y a pas de paix durable sans justice sociale, voilà de la matière
à réflexion et à action.
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- Risques psychosociaux :
l’Agence européenne pour la santé et la sécurité au Travail
(EU-OSHA) a publié une étude qui analyse les liens entre facteurs psychosociaux
et troubles musculo-squelettiques (TMS). L’une des conclusions est que les
mesures mises en place sur le lieu de travail pour éliminer les risques
psychosociaux peuvent se révéler très efficaces dans la prévention des TMS (communiqué,
Synthèse,
Rapport
complet). L’Agence a également publié un article
sur la santé et la sécurité au travail des personnes LGBTI avec un focus sur les
risques psychosociaux et organisationnels, dont la discrimination, le
harcèlement et l’intimidation sur le lieu de travail (v. communiqué).
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- Transition juste : dans un
article,
Adrien Thomas, chercheur au LISER, revient sur l’élaboration des positions
syndicales internationales en matière de politique climatique. Il souligne que
le concept de transition juste « permet la poursuite simultanée de politiques
contradictoires, accommodant à la fois les syndicats les plus ambitieux en
matière de climat et les plus réticents ». Le succès de cette formule « a été sa
capacité à surmonter et à dissimuler temporairement les désaccords sur le cadre
adéquat des politiques climatiques ». L’auteur signale une nouvelle ligne de
fracture dans le mouvement syndical international entre le Nord et le Sud,
notamment à propos d’éventuelles barrières douanières soutenues par les
syndicats du Nord qui sont en défaveur des produits ayant un mauvais bilan
carbone. De tels dispositifs ouvrent de nouvelles « dissensions au sein du
mouvement syndical international, faisant apparaître certains des désaccords
précédemment cachés par le plaidoyer commun pour le concept de transition
juste ».
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- Concertation sociale en Belgique :
quel est l’impact de la crise du Covid-19 sur le dialogue
social ? Une étude
réalisée par Michel Ajzen et Laurent Taskin, de l’Université catholique de
Louvain, apporte une première réponse. Revenant sur le rôle des partenaires
sociaux depuis le début de la pandémie, en fonction des différentes phases, les
auteurs s’interrogent sur ce que cette crise pourrait durablement changer dans
le dialogue social. Ils notent en particulier « la prépondérance du niveau de
l’entreprise comme niveau de négociation pertinent et mobilisé au cours de la
crise » où « management et syndicalistes auront souvent travaillé ensemble à
œuvrer en faveur de la sécurité des salariés et parfois même, de la survie de
l’entreprise ». Une pratique qui confirme la tendance à la décentralisation des
relations collectives de travail, mais qui « ouvre également la voie à de
nouvelles dynamiques partenariales » dépassant certaines « postures
dogmatiques » constatées notamment au niveau sectoriel.
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