IR Notes

Travailler ensemble pour construire une Europe sociale

Une source d'information indépendante, fiable et impartiale sur les relations professionnelles et le droit du travail en Europe.

IR Notes 13 – Les réactions aux récentes initiatives de la Commission européenne sont très contrastées

  IR Notes 13 – 2 juillet 2014
www.irshare.eu
 
 
  Qui est IR Share?

IR Share est une agence de partage d’informations, de documentations et de compétences pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.


L’équipe : ce numéro a été préparé par Luisa Andias Gonçalves, Catarina de Oliveira Carvalho, Francisco Gomez Abelleira, Sofia Lampousaki, Ekaterina Markova et Frédéric Turlan. Retrouver l’ensemble de l’équipe de IR Share sur le site.


S’abonner à IR Notes En quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu


> Offre spéciale : formule TEST pour 1 mois (5 euros H.T) ou 2 mois (30 euros H.T)

 
  Interview
Armindo Silva, Directeur de l’unité Législation sociale et de l’emploi, Dialogue social à la DG Emploi, Affaires sociales et Inclusion de la Commission européenne

L’Union européenne est perçue, par le monde syndical, mais aussi par une partie des citoyens, comme ne protégeant plus assez les salariés et comme étant l’instigatrice de réformes visant à réduire les droits des travailleurs. Est-ce le cas ?
L’Union européenne possède une législation sociale qui protège les salariés dans le but d’améliorer leurs conditions de travail et de vie, et qui se compte parmi les plus avancées au monde. Pourtant pas tous les droits des salariés sont couverts, et une partie importante de ces droits reste sous la compétence des autorités nationales. La Commission exerce un travail quotidien visant à assurer le respect des droits établis par plus de 50 Directives, le Traité et la Charte des Droits Fondamentaux. Du côté de la Commission européenne, il n’existe aucun agenda caché visant à déroger à l’actuelle législation en matière de droit du travail. Nous travaillons pour assurer la mise en œuvre de cette législation et pour l’adapter quand il y en a besoin, pour la rendre plus efficace et plus claire. Nous sommes en effet engagés dans un exercice d’évaluation de l’acquis législatif, dans le cadre du programme REFIT, dont le mot d’ordre est d’évaluer d’abord avant de faire des propositions. Ceci s’applique à toute la législation communautaire et pas seulement au domaine social. À ce stade plus de 90 % de la législation sociale a été évaluée ou est en passe de l’être.


À quoi sert concrètement cet exercice d’évaluation ?
Il nous permet de présenter des propositions bien mieux réfléchies et solides comme nous l’avons fait pour la nouvelle directive sur les risques d’exposition aux champs électromagnétiques ou la nouvelle directive sur la mise en oeuvre du détachement des travailleurs. Nous avons abouti à un compromis avec le Parlement européen et le Conseil qui assure une protection efficace aux travailleurs détachés, une plus grande transparence et plus forte protection contre les abus.


Mais la Troïka n’a-t-elle pas suggéré des réformes visant à flexibiliser le marché du travail et à revenir sur des acquis sociaux ?
Les services de la Commission examinent avec soin les recommandations faites par la Troïka et nous vérifions si elles sont conformes avec la législation de l’Union européenne. C’est le rôle de la Commission. Mais il y a aussi des recommandations de la Troïka sur des thèmes qui ne sont pas couverts explicitement par la législation européenne. En tout cas ces recommandations doivent toujours faire l’objet de consultations avec les partenaires sociaux nationaux.


Une autre source d’inquiétude est l’apparente volonté d’alléger les obligations des employeurs dans les petites entreprises ?
Nous sommes attentifs aux recommandations du Conseil Européen visant à passer en revue les obligations qui découlent de la législation de l’UE qui imposent des charges administratives aux petites et moyennes entreprises. Le programme REFIT est en partie une réponse à cette exigence du Conseil de porter dans les évaluations des législations une attention particulière aux charges qui pèsent sur les PME. Ce qui ne veut pas dire que nous avons pour mission de les éliminer sans faire attention aux effets de ces régulations sur l’environnement ou la santé!


Pourtant la nouvelle stratégie sur la santé et la sécurité au travail suggère l’alléger les contraintes sur les PME ?
Alléger les contraintes qui se révèlent excessives ou obsolètes oui, mais sans réduire le niveau de protection des travailleurs en matière de santé et sécurité ! Par exemple, le groupe d’experts de haut niveau travaillant sur les charges administratives avait suggéré d’exempter les micro-entreprises des secteurs à bas risques sur le plan de la santé et de la sécurité, de l’obligation de tenir des documents d’évaluation des risques. Ensuite, le comité consultatif sur la santé et la sécurité au travail a été consulté et a rendu un avis négatif sur cette suggestion. Finalement la Commission a décidé d’examiner en profondeur la façon dont les différents Etats membres mettent en œuvre cette disposition et publiera prochainement ses conclusions. Mais la Commission n’a pas préparé de mesures de simplification visant à exempter les entreprises de certaines obligations, car nous considérons que tous les travailleurs doivent être protégés quelle que soit la taille de l’entreprise.

 
  Agenda

7 au 10 juillet
Bruxelles
Réunions des commissions du Parlement européen.


10 au 16 août
Sofia

43
e Congrès
de la Fédération internationale des travailleurs du transport (ITF)


10 au 12 septembre
Dublin
Conférence sur les relations sociales en Europe 2014 (Industrial Relations in Europe Conference – IREC) organisé conjointement avec le Research Network on Work, Employment and Industrial Relations (RN nr. 17) de l’association européenne de sociologie (European Sociological Association – ESA). Le thème est : « The future of the european social model – new perspectives for industrial relations, social and employment policy in Europe? »


24 au 26 septembre
Bruxelles
Conférence organisée conjointement par la Confédération européenne des syndicats (CES) et l’Institut syndical européen (Etui), intitulée « L’Europe à la croisée des chemins. Quelle voie pour des emplois de qualité et la prospérité ? ».


1er au 3 octobre
Bordeaux

9
e Congrès du Réseau international de recherche sur les organisations et le développement durable (RIODD) organisé par le Centre de droit comparé du travail et de la sécurité sociale (COMPRASEC) de l’Université de Bordeaux, sur le thème « Environnement et travail : quelles relations ? ».


7 octobre
Paris
Conférence sur le dialogue social européen sectoriel, organisée par les associations Réalité du Dialogue social (RDS) et Europe et Société.

 

IR Notes est une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et réalisée par IR Share et son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le site IR Share. IR Share est une entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.

 

À la Une
Les réactions aux récentes initiatives de la Commission européenne sont très contrastées

Après avoir présenté sa nouvelle stratégie européenne en matière de santé et sécurité au travail (v. IR Notes 12), la Commission a adopté, le 18 juin, sa communication «Programme pour une réglementation affûtée et performante : situation actuelle et perspectives» (REFIT). Si le premier texte n’annonçait pas de projet contraignant à court terme, préférant poursuivre une évaluation de la législation en la matière (v. Interview ci-contre), le second prévoit le retrait de la proposition de révision de la directive 92/85 sur la protection des femmes enceintes, accouchées ou allaitantes. Un texte sur lequel le Conseil et le Parlement européen se sont déchirés sans espoir de parvenir à un compromis. Dans un document de travail de la Commission qui accompagne la communication, la Commission fait d’autres annonces : 1/ la confirmation du lancement de la première phase de consultation des partenaires sociaux européens sur la consolidation et la révision des trois directives accordant un droit à l’information et à la consultation des travailleurs : les directives 2002/14 (cadre ­général sur l’information et la consultation), 98/59 (licenciements collectifs) et 2001/23 (transfert d’entreprise). 2/ Une nouvelle proposition de révision de la directive 2003/88 sur le temps de travail (pour 2015). 3/ L’évaluation, en 2014, des directives sur le travail à durée déterminée (99/70)et sur le temps partiel (97/81), puis de la directive 91/533 (information sur le contrat de travail) pour le deuxième trimestre 2015. Globalement ces initiatives sont critiquées par le monde syndical qui y voit toujours une volonté de remettre en cause le droit du travail. La Confédération européenne des syndicats (CES) qui a jugé que la stratégie en matière de santé et de sécurité au travail « arrivait trop tard et était trop faible » (communiqué), critique aussi la communication REFIT : « La Commission s’enorgueillit d’alléger le droit européen, de le simplifier et de le rendre moins coûteux. Mais pour qui ? » S’interroge Veronica Nilsson, secrétaire confédérale de la CES, qui dénonce le retrait de la proposition de directive protégeant les travailleuses enceintes (v. communiqué de la CES). La fédération syndicale UNI Europa s’insurge contre le projet de conclusion du Conseil qui reconnaît les progrès réalisé par le programme REFIT pour supprimer des contraintes inutiles et dénonce la communication REFIT (v. communiqué) tandis que la Fédération européenne des travailleurs du bois et du bâtiment (FETBB) a adopté une position dans laquelle elle estime REFIT « constitue une menace pour le milieu de travail et les conditions de travail ». Mais le ton n’est pas plus mesuré du côté des employeurs. L’organisation patronale européenne de la métallurgie CEEMET a vertement critiqué la stratégie sur la santé et la sécurité au travail estimant que cela n’a pas de sens d’adopter un tel document sans attendre le processus d’évaluation de la législation en la matière et qu’aucune nouvelle initiative ne devrait être prise avant de s’assurer d’une transposition complète et effective dans les 28 États membres de la législation existante (v. communiqué, en anglais). Avec ces positions, chacun semble rechercher à peser sur la future politique sociale européenne qui devra être mise en œuvre par le prochain commissaire européen en charge de l’Emploi et des Affaires sociales.


1. Union européenne
Projet

Actualité sociale

  • Peu d’avancées lors du Conseil Emploi et Affaires sociales : les ministres européens en charge de l’Emploi et des Affaires sociales se sont réunis, les 19 et 20 juin, sans parvenir à s’accorder sur les trois principaux dossiers à leur ordre du jour (v.communiqué de presse, en anglais) : 1° Si les États sont tous d’accord sur l’objectif de renforcer la présence des femmes dans les conseils d’administration, comme l’a proposé la Commission européenne dans une proposition de directive tendant à instaurer un quota de 40 % du sexe sous-représenté dans ces instances, « les avis continuent de diverger fortement quant à la meilleure façon de l’atteindre ». Plusieurs pays refusent une intervention européenne en la matière ainsi que toute mesure contraignante. 2° Une autre minorité de blocage a fait échouer l’adoption d’une orientation générale sur la proposition de création d’une plate-forme européenne destinée à améliorer la coopération afin de lutter contre le travail non déclaré. Plusieurs pays refusent l’idée d’être obligé de participer à cette plate-forme tandis que d’autres rejettent certaines de ses missions. 3° La proposition de directive relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de religion, de convictions, de handicap, d’âge ou d’orientation sexuelle a de nouveau fait l’objet d’un rapport d’avancement. Il reste encore de nombreux points à discuter empêchant tout pronostic sur une éventuelle adoption.

  • Passeport européen de compétences en hôtellerie-restauration : la Commission européenne a présenté, le 17 juin, le passeport européen de compétences en hôtellerie-restauration, qui vise à faciliter les contacts entre les demandeurs d’emploi et les employeurs dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme en Europe. Ce passeport permettra aux employeurs et aux salariés de surmonter les barrières linguistiques et donnera aux premiers la possibilité de comparer les compétences des seconds. Ce document est hébergé sur le portail du réseau européen de l’emploi (Eures) et est disponible dans toutes les langues officielles de l’Union. La Commission précise que son champ d’application sera élargi à d’autres secteurs par la suite. Il s’agit d’une initiative de la Commission menée en association avec les partenaires sociaux du secteur de l’hôtellerie (v. communiqué de l’EFFAT et communiqué de l’HOTREC).

  • Aide du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation pour la Grèce : la Commission européenne a proposé, le 25 juin, de verser à la Grèce une aide de 6 millions d’euros financée sur le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) pour faciliter le retour à l’emploi de 484 salariés la boulangerie industrielle Nutriart et des fournisseurs et producteurs en aval ainsi que des 24 travailleurs indépendants dont l’activité était directement liée celle de Nutriart. De plus, des aides seront accordées à 505 jeunes sans emploi, éducation ou formation (NEET) en vertu du nouveau règlement FEM qui permet de consentir une aide à de jeunes NEET, à concurrence du nombre de travailleurs licenciés et bénéficiant d’un soutien du Fonds (v. communiqué de la Commission).


Jurisprudence

  • Une femme qui a cessé d’être salariée en raison de la grossesse reste considérée comme une travailleuse : la Cour de justice a jugé que le fait que les contraintes de la grossesse « obligent une femme à cesser d’exercer une activité salariée pendant la période nécessaire à son rétablissement », suite à sa grossesse et son accouchement, « n’est, en principe, pas de nature à priver cette personne de la qualité de travailleur » (CJUE, 19 juin 2014, aff. C-507/12, Saint Prix). Le fait que, pour ces raisons, elle ne soit pas effectivement présente « sur le marché de l’emploi de l’État membre d’accueil pendant quelques mois n’implique pas [qu’elle] a cessé d’appartenir à ce marché pendant cette période, pourvu qu’elle reprenne son travail ou trouve un autre emploi dans un délai raisonnable après l’accouchement ». Ce qui permet à la Cour de justifier qu’une femme qui a dû cesser son activité en raison de sa grossesse peut légitimement demander le bénéfice d’un complément de revenu réservé aux « travailleurs » au sens l’article 45 du TFUE.


2. États membres
Bulgarie

  • Soutien à l’emploi : conformément à la législation sur la promotion des investissements, l’Etat a décidé de prendre en charge les cotisations sociales de 3400 personnes qui seront recrutées par 13 grandes entreprises de industries et services de haute technologie dans des municipalités connaissant un taux de chômage élevé. Le Conseil des ministres a décidé d’allouer 10,5 millions de leva (5,3 millions d’euros) dans ce programme et, en contrepartie, les investisseurs s’engagent à investir plus de 66 millions de leva (33 millions d’euros) pour accroître leur production. Les investisseurs aidés doivent maintenir l’emploi dans ces projets pendant au moins cinq ans.


Espagne

  • Fiscalisation des indemnités de licenciement : le Conseil des ministres a adopté, le 20 juin, un projet de réforme de l’impôt sur le revenu qui prévoit en particulier l’imposition des indemnités de licenciement qui seraient supérieures à 2000 euros par année d’ancienneté. Au-delà de ce montant, elles seraient imposées, alors que les indemnités légales sont actuellement entièrement exonérées. Une concertation doit s’engager avec les syndicats qui sont opposés à cette mesure qu’ils analysent comme une double peine.

  • Exonération de cotisation sociale pour la recherche et développement : une nouvelle règle s’appliquera à partir de septembre 2014 autorisant les entreprises à réduire de 40% leurs cotisations de sécurité sociale pour les salariés employés à plein temps dans des activités de recherche et développement (Real Decreto 475/2014, de 13 de junio, sobre bonificaciones en la cotización a la Seguridad Social del personal investigador, en espagnol). Une disposition transitoire permet aux entreprises qui emploient déjà des salariés dédiés à la recherche et développement d’appliquer rétroactivement cette réduction à partir du 1er janvier 2013.


France

  • Loi sur l’amélioration du statut des stagiaires : le Parlement a définitivement adopté, le 26 juin, la loi sur l’encadrement des stages et l’amélioration du statut des stagiaires. À partir de septembre 2015, la rémunération mensuelle des stagiaires restant plus de deux mois dans l’entreprise sera portée de 436,05 à 523,26 euros pour 151,37 heures de travail. Le texte précise qu’aucune convention de stage ne peut être conclue pour exécuter une tâche régulière correspondant à un poste de travail permanent, pour faire face à un accroissement temporaire de l’activité, pour occuper un emploi saisonnier ou pour remplacer un salarié ou un agent en cas d’absence ou de suspension de son contrat de travail. De plus, le nombre de stagiaires pouvant être accueilli par le même employeur est limité (cette limite sera fixée par décret ultérieurement).

  • Loi relative au détachement de travailleurs : le Parlement a définitivement adopté, le 26 juin, la proposition de loi visant à lutter contre la concurrence sociale déloyale, qui modifie la législation en matière de détachement de travailleurs et de lutte contre le travail illégal. Le texte renforce la responsabilité des donneurs d’ordre vis-à-vis de leurs sous-traitants. Les donneurs d’ordre doivent veiller à ce que les sous-traitants appliquent correctement la législation sociale et la loi institue un mécanisme de responsabilité solidaire pour le paiement des salaires. Le texte précise aussi les conditions de prise des repos par les conducteurs routiers. La loi prévoit de publier sur Internet le nom des entreprises condamnées pour travail illégal. Les organisations syndicales auront plus de possibilité pour défendre les intérêts des salariés détachés.


Grèce

  • Le FMI appelle à la poursuite des réformes en matière sociale : dans son 5e rapport d’intervention en Grèce (en anglais), le Fonds monétaire international (FMI) a recommandé de nouvelles réformes comme la remise en cause de la part complémentaire du salaire minimum basé sur l’ancienneté sur le marché du travail (jusqu’à 30% de plus après 9 années d’ancienneté) et qui porte le salaire minimum à un niveau trop élevé pour les salariés peu qualifiés ou les chômeurs de longue durée. Pour le FMI il faut seulement lier les hausses de salaire à l’augmentation de la productivité plutôt qu’à l’ancienneté. Le rapport regrette que la Grèce n’a pas changé sa législation sur le droit de grève et continue d’interdire le lock-out, comme moyen défensif pour les employeurs dans le cadre de négociation collective. Le gouvernement est appelé, pour octobre 2014, à réformer le droit du licenciement collectif (le coût des licenciements collectifs serait trop élevé) et celui des relations sociales pour qu’elles se rapprochent des bonnes pratiques internationales puis il doit adopter d’ici décembre 2014 un Code du travail unique comprenant la législation du travail et des relations sociales.


Portugal

  • Réforme de la négociation collective : le gouvernement a proposé de nouvelles modifications au système de la négociation collective visant à réduire la durée de survie des conventions collectives (projet de loi 230/XII du 5 juin 2014, en portugais). Le texte limite notamment à trois ans (au lieu de cinq) les clauses de survie des conventions collectives et il réduit de 18 à 12 mois la durée de renégociation d’une convention collective. Au terme de ce délai, faute de nouvel accord, la convention collective cesse de produire ses effets (v. Analyse IR Share, en anglais). Par ailleurs, le projet permet à une entreprise de suspendre temporairement l’application de la convention collective de travail en période de crise en évoquant des motifs structurels ou technologiques, une catastrophe ou d’autres événements qui affectent gravement le fonctionnement normal de l’entreprise, aussi longtemps que la mesure est nécessaire pour assurer sa viabilité et la préservation des emplois. La dérogation est soumise à un accord écrit entre l’employeur et les syndicats signataires.


3. Entreprises
Comités d’entreprise européens

  • Axa : lors de la réunion plénière du comité de groupe européen (CGE) du groupe d’assurance Axa, le 11 juin, à Madrid, la direction a présenté un plan de transformation digitale du groupe qui aura des conséquences en termes d’emploi et de compétences. « Ce sera l’occasion pour le Comité européen de mettre en œuvre l’accord d’anticipation des changements que nous avons signé fin 2011 », indique Olivier Pelras (CFDT), secrétaire du CGE Axa. S’agissant d’un projet transnational, le CGE  «  sera au cœur du dispositif de dialogue social », indique le comité.
 Le secrétariat du CEG qui s’est réuni le 24 juin a commencé « à élaborer une méthode de travail qui  sera présentée lors de la prochaine réunion plénière en novembre ». « Un des points clés de la réussite de notre action pour le bénéfice des salariés, explique le secrétariat, sera la bonne articulation entre le CEG et les instances de représentation du personnel de chaque entité » (v. communiqué). Par ailleurs, le CGE a salué le fait que le groupe Axa s’associe au lancement de « L’alliance pour la jeunesse » initié par le groupe Nestlé, avec l’engagement d’Axa d’embaucher 20.000 jeunes d’ici à 2018 (dont 9000 en France) dont la moitié en contrat de travail à durée indéterminée et l’autre en CCDD et contrats en alternances.

  • Opel/Vauxhall : le syndicat allemand IG Metall du constructeur automobile Opel/Vauxhall a organisé, en partenariat avec les syndicats anglais, autrichiens et espagnols ainsi que le CE européen, une semaine pour les jeunes travailleurs du groupe à Rüsselsheim, le principal site de production. Ils ont discuté avec la direction et Wolfgang Schäfer-Klug (IG Metall), le président du CE européen, et ont revendiqué un programme d’échange entre les jeunes travailleurs des différents sites européens et une place pour un représentant de leur génération au sein du CE européen. De plus, selon IG Metall, ils ont décidé de construire un nouveau réseau de jeunes Européens au sein du groupe, qui se réunirait au moins une fois par an.


Restructuration

  • Danone : les syndicats affiliés de l’UITA en Europe représentant les salariés du groupe agroalimentaire Danone ont indiqué, le 11 juin,  « en termes sans équivoque à la société qu’elles s’opposaient unanimement à la fermeture » de trois  usines européennes fabriquant des produits laitiers – en Italie, Allemagne et Hongrie – qui se traduira par la suppression de 325 emplois (v. communiqué UITA). La direction précise dans un communiqué qu’elle « souhaite mettre en œuvre un dispositif social qui permette d’identifier une solution professionnelle pour chaque collaborateur susceptible d’être concerné », en concertation avec les partenaires sociaux. L’UITA et le comité d’entreprise européen (CIC) ont demandé à la direction de Danone de respecter l’avis commun signé en 1997 avec l’UITA, qui prévoit une période de trois mois au moins pour « permettre aux organisations syndicales de présenter des propositions qui soient une alternative au plan de la direction » lorsque celle-ci prévoit une modification d’activité affectant l’emploi ou les conditions de travail. Par ailleurs, le comité d’entreprise européen a adopté une déclaration de solidaritéet a décidé de recourir à deux expertises, l’une sur les raisons économiques conduisant Danone à fermer ces trois sites et une autre sur l’avenir de ces sites et de leurs salariés.


4. Études et rapports

Durée du temps de travail en Europe : Eurofound a publié son étude annuelle sur le temps de travail en Europe (Developments in collectively agreed working time 2013, en anglais). La durée moyenne du temps de travail négociée dans les convention collective en 2013 reste stable à 38,1 heures par semaine, comme en 2012. D’importantes différences persistent entre les anciens Etats membres (30 minutes de moins que la moyenne de l’UE) et ceux rentrés après 2004 (90 minutes de plus que la moyenne de l’UE). La France est le pays où cette durée est la plus basse (35,6 heures) devant le Danemark (37) et la Suède (37,1). L’étude recense aussi les congés payés et jours fériés : le cumul des deux atteint 40 jours en Allemagne et en France, contre 29 en Belgique.



  • Durée effective annuelle moyenne de travail en Europe : L’institut économique français, proche des employeurs, a pour sa part mis à jour son étude sur la durée effective du travail en Europe (en français) à partir des données de l’enquête européenne sur les forces de travail (EU Labour Force Survey). La Finlande serait le pays où la durée effective annuelle moyenne de travail des salariés à temps plein est la plus faible (1648 heures) juste devant la France (1661) et la Suède (1685). Les durées les plus élevées sont enregistrées en Roumanie (2099), en Grèce (2010) et en Hongrie (1969). L’Allemagne est à 1847 heures et le Royaume-Uni à 1900 heures.

  • Taux d’emploi vacants dans l’UE : Eurostat a publié pour la première fois, le 17 juin, des données trimestrielles sur le taux d’emplois vacants (voir communiqué). Ce nouvel indicateur fournit des informations sur le marché du travail – côté demande. Le taux d’emplois vacants dans la zone euro s’est établi à 1,7 % au premier trimestre 2014, en hausse par rapport au taux de 1,6 % enregistré tant au trimestre précédent qu’au premier trimestre 2013, selon les chiffres publiés par Eurostat. Le taux d’emplois vacants dans l’UE s’est quant à lui établi à 1,6 % au premier trimestre 2014, en augmentation par rapport au taux de 1,5 % enregistré au trimestre précédent ainsi qu’au premier trimestre 2013.

  • Conditions de travail dans la coiffure : Eurofoud a publié un rapport réalisé par l’Institute of Employment Studies à la demande des partenaires sociaux européens, sur différents scenarios visant à évaluer ce que seront les conditions de travail dans le secteur d’ici dix ans et quelles stratégies pourraient être mises en œuvre par les partenaires sociaux (« Improving quality of work and employment in the hairdressing sector: Scenarios for social partner cooperation », en anglais).


Le mot de la quinzaine
Président de la Commission européenne

Les 28 Etats membres ont donc porté à la tête de la Commission européenne l’ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, pour un mandat de cinq ans. Homme politique chrétien-démocrate, expérimenté et polyglotte, il aura la tâche de diriger cette institution qui 1/ représente et défend les intérêts de l’UE dans son ensemble ; 2/ présente des propositions législatives ; 3/ veille à la bonne application des politiques ; 4/ exécute le budget de l’UE et 5/ veille au respect des traités et de la législation européenne. Loin d’être un figurant, le président définit les orientations politiques de la Commission et désigne les commissaires en lien avec les Etats membres. La nomination de ces derniers ainsi que celle du président, doivent être validées par le Parlement européen. En savoir plus sur Europa et dans le Dictionnaire des relations sociales d’Eurofound (en anglais).

 


Désabonnement

IR Notes

Introduction

IR Notes est une note de synthèse indépendante, fiable et équilibrée sur les relations professionnelles et le droit du travail en Europe.

Publiée en 6 langues et vendue sur abonnement, cette newsletter vous donne accès à des informations concises, ciblées et pratiques sur les enjeux majeurs de l'Europe sociale et du dialogue social transnational.

Avec l'appui de nos experts et de nos correspondants nationaux, nous adoptons une approche dynamique, pratique et utile de la veille sociale européenne.

Ainsi, nous sélectionnons les sujets les plus pertinents, qui constituent une véritable source d'idées transversales et inspirantes.

Chaque numéro comprend:

  • Une interview d'un professionnel des relations sociales qui offre sa perspective unique sur un enjeu social d'actualité, un accord ou un exemple de bonnes pratiques.
  • Le point sur les évolutions législatives et jurisprudentielles de l'UE.
  • Le suivi de l'actualité du droit du travail dans les États membres de l'UE.
  • Des mises à jour sur les dernières évolutions concernant les comités d'entreprise européens (CEE) et les comités d'entreprise SE.
  • Enfin, IR Notes vous tient informé des principales études et recherches menées sur le monde du travail.

IR Notes
Construire ensemble une Europe sociale

La newsletter IR Notes offre à tous en Europe l'accès à une source d'information indépendante, fiable et impartiale sur les sujets liés aux relations sociales.

Three questions for Delphine Rudelli

Three questions for Delphine Rudelli

Three questions for Delphine Rudelli, Director General of CEEMET (*) On the delays in transposing the ‘pay transparency’ directive “We are calling for the application of the directive to be suspended while we assess what can be simplified – not to reduce rights, but...

read more...
European Union – Social update

European Union – Social update

European Works Councils The Expert Group set up by the European Commission to help Member States transpose the new Directive (EU) 2025/2450 on European Works Councils is due to submit its report this summer. This report may constitute a useful point of reference when...

read more...
A step in coordination of national social security systems

A step in coordination of national social security systems

At last, a step forward for freedom of movement for workers in the EU On 22 April, representatives of the Council and Parliament reached a provisional agreement on revising the rules on coordination of national social security systems, as provided for by regulation...

read more...
Picture of Nora Krokovay

A question for… Nora Krokovay

A question for…Nora Krokovay, Senior Analyst at Kopint-Tárki What changes can we expect in terms of social dialogue and labour law in Hungary following the elections that brought an end to Viktor Orbán’s 16-year leadership? The atmosphere was very euphoric and joyful...

read more...
Improvements in job quality

Improvements in job quality

Eurofound notes improvements in job quality in Europe Now that the European Commission has announced its intention to present a bill on job quality by the year end, the results of the latest European Working Conditions Survey (EWCS) will be scrutinised very...

read more...
Is pay transparency the new enemy to be targeted?

Is pay transparency the new enemy to be targeted?

After seeing off the corporate sustainability reporting and due diligence directives, Member States appear ready to tackle the pay transparency directive, which is due to be transposed in Member States by 7 June 2026.Not only are many countries behind schedule, but a...

read more...
A question to… Lidia Gil Otero

A question to… Lidia Gil Otero

A question for…Lidia Gil Otero, PhD Assistant Professor in Labour and Social Security Law at Santiago de Compostela University In the context of the Digilare project (*), you advocate using the transposition of the Platform Work Directive, which is due to be completed...

read more...