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IR Notes 34 – 17 juin 2015
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR
Share est une agence de partage d’informations, de
documentations et de compétences pour les managers RH et les
représentants du personnel. L’agence IR Share opère via des publications
en ligne, des groupes de travail, des formations consacrées à ces
thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe :
ce numéro a été préparé par Jan Czarzasty, Francisco Gomez
Abelleira, Sylvain Nadalet et Frédéric Turlan. Retrouver l’ensemble de
l’équipe
de IR Share sur le site.
S’abonner à IR
Notes En quelques clics sur le site
IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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Interview
Adrien Thomas, Axe de recherche Négociation collective, Luxembourg
Institute of Socio-Economic Research (LISER)
Les
Luxembourgeois ont rejeté à près de 78% l’extension du droit
de vote aux résidents non luxembourgeois, alors que les
syndicats y étaient favorables. Comment expliquez-vous ce
vote ? Le refus de l’extension du droit
de vote aux étrangers a été le plus commenté, mais il y a eu deux
autres questions lors du référendum : le droit de vote à partir de
16 ans et la limitation des mandats des ministres à dix ans. Dans
les trois cas, une importante majorité a répondu par la négative.
Cela amène à penser que les résultats expriment un mécontentement
plus large à l’égard du gouvernement et de la façon dont la campagne
pour le référendum a été conduite. De plus, les partisans du « oui »
n’ont pas su convaincre avec un narratif fort et bien structuré en
faveur du droit de vote des étrangers. Ce qui a pu être ressenti par
les électeurs comme un manque d’implication des partisans du
oui.
Mais
les syndicats n’ont pas été
écoutés ? Il est vrai que les deux
confédérations syndicales OGBL et LCGB étaient en faveur du oui.
Mais une autre confédération importante, la CGFP, qui représente les
fonctionnaires et donc principalement des nationaux, a fait campagne
pour le « non ». La CGFP est moins importante en termes d’effectifs
que l’OGBL et le LCGB. En revanche, elle pèse dans le corps
électoral. De nombreux adhérents de l’OGBL et du LCGB sont des
résidents étrangers ou des frontaliers, qui ne sont donc pas
électeurs. Par ailleurs, si les deux confédérations étaient
favorables au oui, elles n’ont pas mené campagne de façon massive en
faveur du oui. Les directions syndicales étaient sans doute
conscientes qu’une partie des adhérents n’était pas convaincue par
l’extension du droit de vote aux étrangers.
Les
syndicats ont-ils perdu de leur
influence ? En fait, le syndicalisme
luxembourgeois, comme je l’ai souligné dans mon ouvrage (*), connaît
un succès dans sa capacité à intégrer les travailleurs étrangers,
mais il s’est beaucoup appuyé sur le « syndicalisme de services »
dans le recrutement de nouveaux adhérents. Cela lui a fait perdre en
partie son rôle de mouvement social, capable de mobiliser et de
façonner l’opinion des travailleurs.
(*) « Les frontières de la solidarité. Les syndicats et
les immigrés au cœur de l’Europe », Adrien
Thomas, Presses universitaires de Rennes, Collection Res Publica,
138 pages, 12 euros
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Agenda
25 au 26
juin Dublin Conférence
organisée par la Confédération européenne des syndicats indépendants
(Cesi) sur les
restructurations dans le secteur public.
10 au 11
septembre Göteborg Conférence
annuelle IREC sur les relations sociales en Europe sous le thème “Converging or
diverging industrial relations in Europe?“.
10 au 11
septembre Porto Troisième conférence
internationale sur les conditions de travail, organisée par le
Working Conditions Research Network (RICOT)
15
septembre Paris
Matinée du Club CE européen animée par Astrees et IR Share, en
partenariat avec la EWC Academy, sur le dialogue entre délégations
allemande et française au sein des CE européens, avec des membres
allemands de CE européens et les témoignages de Stéphane Galiné
(Sanofi), Catherine Bordelon (SAP) et Gérald Reinosa (Metro). Suivie
d’une après-midi de formation sur les différences en matière de
relations sociales entre les deux pays autour de cas pratiques.
Renseignements: Frédéric Turlan (frederic.t@irshare.eu – +33
6 81 41 53 95) ou Christophe Teissier (c.teissier@astrees.org)
29
septembre Lisbonne Conférence
européenne sur l’avenir de la relation de travail (individuelle et
collectif) dans l’Union européenne, organisé par SOCIUS-ISEG, CESIS, IR
Share avec le soutien de la Fundação para a Ciência e
Tecnologia. Renseignements: Fernando Vasquez
ou Raquel Rego.
29 septembre au 2
octobre Paris Congrès
de la Confédération européenne des syndicats.
1er et 2
octobre Bruxelles Séminaire
européen organisé par Astrees, IR Share et SBI-FNV Formaat, avec
le soutien de la Commission européenne, sur la gestion de la
confidentialité des informations délivrées aux comités d’entreprise
européens. Ce séminaire est réservé aux managers en charge de CE
européens. Une procédure d’enregistrement en
ligne est disponible. Les frais de participation s’élèvent à 250
euros. Renseignements: Frédéric Turlan (frederic.t@irshare.eu – +33
6 81 41 53 95) ou Christophe Teissier (c.teissier@astrees.org)
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Astuce!
Comment obtenir un document sur IR Share?
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franchement très utile ! Lorsque vous déposerez des documents sur le
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR Share et
son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente
sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le site IR Share. IR Share est une
entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est
d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et
au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et
le Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
L’impact
immédiat d’une jurisprudence de la Cour de justice de l’UE
En mai dernier, la Cour de justice de l’UE a rendu un arrêt
(affaire Rabal Cañas) dans lequel elle s’oppose à la législation espagnole qui
accorde une protection contre les licenciements collectifs dès lors qu’un certain
nombre de postes sont menacés dans une « entreprise » (v. communiqué)
alors que, selon la Cour, la directive 98/59 relative aux licenciements collectifs
impose de prendre en compte « l’établissement » dans lequel ont lieu les
licenciements et non « l’entreprise » (v. IR
Notes 32). En Espagne, la Cour supérieure du Pays Basque vient d’appliquer
cette jurisprudence. L’affaire concerne une entreprise de plus de 3000 salariés qui
a décidé de licencier 12 des 77 salariés d’un établissement. Selon la loi espagnole,
il ne s’agit pas d’un licenciement collectif parce que, compte tenu des effectifs,
le nombre minimum de licenciement aurait dû être de 30. Toutefois, conformément à
l’arrêt Rabal Cañas, la Cour s’intéresse au seul niveau de l’établissement et estime
qu’il s’agit d’un licenciement collectif qui entre dans le champ couvert par la
directive. Elle juge donc que la procédure de consultation des travailleurs n’a pas
été suivie et elle déclare la nullité des licenciements. L’entreprise doit
réintégrer les salariés licenciés et payer les salaires non versés entre le jour du
licenciement et le jour de leur réintégration. « Ceci est à ma connaissance,
explique Francisco Gomez Abelleira, professeur de droit à l’Université Carlos III de
Madrid, la première décision judiciaire en Espagne à appliquer la jurisprudence
Rabal Cañas. Très probablement, d’autres décisions suivront dans le même sens ».
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
- Politique sociale européenne :
la Commission européenne a tenu, le 9 juin, un débat
d’orientation afin de discuter de la manière dont la politique européenne « peut
relever au mieux les défis dans le domaine social et de l’emploi en Europe » (v.
communiqué
de la Commission).
- Égalité entre les hommes et les
femmes : Le Parlement européen a adopté, le 9 juin, une
résolution
sur la stratégie de l’UE pour l’égalité entre les femmes et les hommes
après 2015, qui doit prendre la relève de la stratégie
européenne 2010-2015 (v. communiqué).
Le Parlement relève que « l’on assiste à un ralentissement des actions
politiques et des réformes en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes
au niveau européen ces dix dernières années ». La résolution écarte une
intervention législative directe, privilégiant une approche de persuasion et
d’échanges de bonnes pratiques.
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2. États
membres
Estonie
- Contrat à durée déterminée :
la Commission a traduit l’Estonie devant la Cour de justice
de l’UE pour utilisation abusive de contrats de travail à durée déterminée dans
le secteur universitaire. La législation limite à cinq ans la durée de ces
contrats successifs, mais si une période de deux mois est respectée entre chaque
contrat (la durée des vacances universitaires) alors la limite ne s’applique
pas. Une personne peut donc rester en contrat à durée déterminée toute sa
carrière (v. communiqué).
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France
- Un « Small Business Act »
: le gouvernement propose une série de mesures pour
favoriser l’emploi dans les très petites ainsi que les petites et moyennes
entreprises (v. communiqué).
Il entend 1° autoriser deux renouvellements de contrat à durée déterminée, au
lieu d’un seul actuellement, dans la limite de 18 mois ; 2° encadrer le montant
des indemnités de licenciement injustifié fixées par les juridictions du travail
; 3° verser une aide à la première embauche de 4000 euros sur deux ans ; 4°
neutraliser les effets de seuil qui impliquent le versement de charges sociales
ou fiscales supplémentaires lorsque les effectifs dépassent 11, 20 ou 50
salariés.
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Italie
Licenciement d’un utilisateur de
Facebook : la Cour de cassation a confirmé, dans un arrêt du 27 mai (en italien),
le licenciement d’un salarié ayant utilisé Facebook pendant son temps de travail. Le
chef du personnel avait créé un faux profil pour converser avec le salarié durant
ses heures de travail tout en utilisant la géolocalisation pour confirmer qu’il
s’agissait bien du salarié. La Cour a considéré que ce contrôle était justifié car
l’objectif de l’employeur était de s’assurer du bon fonctionnement de l’entreprise
et du respect des règles de sécurité. En effet, le salarié travaillait sur une
presse qu’il quittait pour répondre. La Cour a considéré que la création d’un faux
profil et la sollicitation pour converser avec le salarié ne violaient pas le
principe de bonne foi. Cela vaut aussi pour la géolocalisation, car le salarié
accepte de s’y soumettre lorsqu’il s’inscrit sur Facebook.
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Irlande
- Réforme des juridictions du travail
: une importante réforme des juridictions du travail (Workplace Relations Act
2015) entrera en vigueur le 1er octobre prochain (v. note
d’explication). Cette loi fusionne cinq organismes ou juridictions qui
traitent des conflits du travail en deux nouvelles instances : Workplace
Relations Commission (première instance) et Labour court (appel). Un système de
dépôt de plainte en ligne est mis en place (e-Complaint Facility) à
partir d’un site Internet
unique qui intègre une base de données des décisions rendues.
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Pologne
- Droit de coalition: la
Cour constitutionnelle a rendu une décision
concernant le droit de coalition suite à la plainte de la confédération
syndicale OPZZ. Elle a jugé que la loi sur les syndicats viole la Constitution
en limitant le droit de créer un syndicat et d’y adhérer aux seuls salariés
titulaires d’un contrat de travail. La décision peut avoir des conséquences
importantes, comme une révision de la législation afin de permettre aux
travailleurs indépendants ou engagés sur la base d’un contrat de droit civil de
bénéficier pleinement du droit de coalition.
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Royaume-Uni
- Relative stabilité des effectifs
syndicaux : selon un rapport
officiel sur la syndicalisation, les effectifs syndicaux ont légèrement
baissé en 2014 (–0,6%) pour atteindre 6,4 millions de salariés adhérents à un
syndicat. Le taux de syndicalisation a baissé de 25,6 % à 25 % entre 2013 et
2014, en raison de l’accroissement de la population active. Il s’agit du taux le
plus bas depuis 1995.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Veolia : le groupe français Veolia (179000 salariés) a
signé deux accords avec les membres de son comité de groupe européen (CGE). Le
premier prévoit que les représentants des salariés de la division « transport »
seront invités aux réunions du CGE tant que cette activité n’aura pas quitté
définitivement le périmètre du groupe. Le second
révise l’accord sur le CGE dont la dernière version
date d’octobre 2010. Le secrétaire du comité, Hervé Deroubaix (CFDT) se félicite que
« le seuil d’effectifs pour avoir un représentant a été abaissé de 500 à 300
salariés, ce qui permet de couvrir presque tous les pays dans lequel le groupe est
implanté ». L’accord : 1° établit une connexion entre le CGE et le niveau national
en renforçant les « espaces de dialogue social » qui réunissent, dans chaque pays où
n’existe pas une instance similaire, la direction, les membres du CGE représentant
le pays et d’autres représentants des salariés ; 2° permet au comité de « négocier
certains accords de principe, chartes d’engagements ou résolutions communes ». 3°
fait varier les processus d’information et de consultation en fonction du nombre de
salariés concernés par les projets de la direction.
- Reno de Medici : un accord
de CE européen a été signé, le 26 mars, entre la direction du fabricant italien
de papier-carton Reno de Medici (RDM)
et un groupe spécial de négociation. Le comité comprend 13 membres et un
coordinateur syndical désigné par la fédération syndicale européenne
IndustriAll.
> À voir aussi : le site de l’Institut syndical européen (Etui) a
publié l’accord du groupe agroalimentaire irlandais Kerry (28000 salariés) qui a
été révisé le 10 décembre 2014. Le texte contient une clause très complète sur
l’impact d’un changement de périmètre en raison d’acquisition. UNI Europa
signale la signature d’un accord
de CE européen dans la société spécialisée dans la relation clientèle
Teleperformance.
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Société
européenne
- ProSiebenSat.1 Media SE :
le groupe audiovisuel allemand ProSieben (4 118 salariés) a
conclu un accord
sur l’implication des travailleurs à l’occasion de sa transformation en
société européenne (SE). L’accord ne prévoit pas de participation des salariés
au conseil de surveillance, mais il met en place un comité de la SE. Il se
réunit deux fois par an ou en cas de circonstances exceptionnelles lorsqu’un
projet touche au moins 5 % des effectifs du groupe situés dans au moins deux
États membres.
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Négociations
transnationales
Société générale : la banque
française Société
générale (148000 salariés) et UNI Global Union ont signé, le 3 juin, un accord
mondial sur les droits humains fondamentaux et la liberté syndicale (v.
communiqués de la Société
générale et d’UNI
Finance) qui aura un impact important en Afrique centrale et du Nord où la
banque connaît un fort développement.
> À voir aussi : l’accord européen
sur la diversité et l’intégration des seniors du groupe restauration
collective Sodexo
(419000 salariés), incitant les entités de plus de 300 salariés à adopter un plan
d’actions favorisant le maintien dans l’emploi des seniors.
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4. Études et
rapports
Restructurations :
l’association Astrees publie les résultats de deux projets
européens soutenus par la Commission européenne 1° sur l’impact des restructurations
sur les populations de salariés vulnérables, en particulier les jeunes et les
migrants (synthèse en anglais
et en français) ;
2° sur la situation légale et réglementaire en matière de gestion et d’anticipation
des restructurations dans 11 pays européens (rapports nationaux en anglais) : Belgique
– Bulgarie
– France
– Allemagne
– Pays-Bas
– Portugal
– Espagne
– Slovénie
– Suède
– République
Tchèque – Royaume-Uni.
- La lente féminisation des
syndicats : une étude de la Confédération
européenne des syndicats évalue le taux de féminisation des syndicats à 43,8% en
2014 avec de fortes disparités nationales. Le taux de femmes occupant un poste à
responsabilité au sein des organisations syndicales est seulement de 14,5%.
- Travail forcé dans l’UE :
l’agence européenne en charge de veiller à la bonne application de la Charte des
droits fondamentaux de l’UE livre un rapport qui analyse les
différentes formes d’exploitation criminelle par le travail de la main-d’œuvre
provenant de pays de l’UE et de pays hors-UE. Les auteurs courent peu de risques
d’être poursuivis ou de devoir indemniser leurs victimes.
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