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IR Notes 73 – 12 avril 2017
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Stepanka Lehmann et Frédéric Turlan.
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Notes en quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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Interview
Martin Myant, chercheur senior et responsable de l’unité Politiques
économiques, sociales et de l’emploi en Europe (ETUI)
L’écart salarial entre l’Est et
l’Ouest reste substantiel parmi les États membres de l’Union
européenne (cf. point 4. Recherches et compte rendu). Il
semble s’être intensifié, alors qu’il était censé s’atténuer
après l’élargissement de l’Union. Est-ce
vrai ? En effet, il existe un écart
criant entre l’Est et l’Ouest, en termes de revenus. Le coût de la
main-d’œuvre dans les pays de l’Europe centrale et orientale se
trouve nettement en dessous de la moyenne de l’Union. Ainsi, la
charge salariale de la Slovénie est inférieure à la moitié de celle
de l’Allemagne, alors que tous les autres pays situés dans cette
partie de l’Europe présentent un niveau inférieur au tiers de celui
de l’Allemagne. La Bulgarie est le pays dont la main-d’œuvre est la
moins chère (13 % de celle de l’Allemagne). Ce fossé s’est estompé
jusqu’en 2008, avant de s’élargir à nouveau. Même les pays qui ne
sont pas sévèrement touchés par la crise, comme la République
tchèque ou la Pologne, n’ont pas été épargnés.
Pour
quelles raisons cet écart est-il toujours présent, voire
pire ? Ce fossé ne reflète pas la
productivité réelle des travailleurs. Ses origines remontent aux
importantes dévaluations des devises dans les années 1990, lorsque
les économies s’ouvraient au commerce extérieur. Au cours de ces
dernières années, les pays de l’Europe centrale et orientale se sont
développés à travers l’investissement exogène et l’externalisation
par des entreprises multinationales occidentales. Au début, la
région a attiré des activités de qualité inférieure et une
main-d’œuvre peu qualifiée qui fournissaient une base peu solide en
vue d’une prospérité future. Ces pays attirent de plus en plus un
travail plus complexe, car ils proposent une main-d’œuvre de qualité
à des taux de rémunération beaucoup plus bas. Il arrive même que les
travailleurs y effectuent un travail identique à celui de leurs
collègues d’Europe occidentale. Les chiffres de la productivité ne
reflètent pas cette réalité. L’écart persiste avant tout parce que
les travailleurs n’ont pas été très exigeants et ont accepté de
faibles augmentations salariales face au spectre du licenciement.
Même si les entreprises sont fermement attachées à leurs nouveaux
emplacements, il arrive qu’elles menacent de répartir la production
entre les usines disséminées à travers l’Europe ou même de refuser
de nouveaux investissements si les revendications salariales sont
jugées excessives. Selon les gouvernements et la Commission
européenne, les augmentations salariales nuiraient à la
compétitivité et laisseraient présager une hausse du chômage. Ces
arguments sont très fréquemment mis en avant à travers l’Europe. Ils
devraient être moins convaincants dans les pays où les salaires sont
très faibles.
Quelles sont les mesures à prendre
pour résorber ce fossé ? Avant 2008, le
fossé se réduisait grâce aux réévaluations monétaires et aux
augmentations salariales. Il semble qu’un changement de politique
plus ferme soit désormais nécessaire. En République tchèque, les
syndicats ont entrepris une campagne virulente, visant à augmenter
les salaires. Articulée autour du slogan « Stop à la main-d’œuvre
bon marché ! », elle promeut un modèle économique à salaires plus
élevés. Leur campagne a démontré le simple fait que, depuis 1990, le
pays avait à peine réduit le fossé les séparant de l’Europe
occidentale, une prise de conscience brutale pour une grande partie
de la population et des médias. Ils commencent avec pour objectif
d’atteindre une augmentation du salaire annuel de 5 % et connaissent
un certain succès. À l’aide d’arguments scientifiques qu’ils ont mis
en avant pour contester le mythe selon lequel toute augmentation
salariale menacerait la compétitivité, ils ont notamment gagné le
soutien du premier ministre. Ainsi, la meilleure manière de réduire
l’écart est désormais de convaincre la société que cette croyance
est injustifiée et inutile, et de montrer que les employeurs peuvent
aisément se permettre de payer un peu plus.
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IR Notes
est une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs
langues européennes et réalisée par IR Share
et son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le
droit du travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle
est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le
site. IR
Share. IR Share est une entreprise à
capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer
et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà.
Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le
Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
La
Confédération européenne des syndicats veut des CE européens plus efficaces
Comme prévu (v. IR
Notes 71), le comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats a
adopté, le 16 mars, un document
d’orientation pour une directive modernisée sur les CE européens à l’ère
digitale. Avant que la Commission européenne ne dévoile son étude
d’évaluation de l’application de la directive 2009/38 et qu’elle livre son analyse
sur le besoin, ou non, de la réviser, la CES entend peser en faveur d’un certain
nombre d’amendements. Toutes les organisations syndicales nationales ont été
invitées à faire part à la CES de leurs principales revendications en la matière, en
présentant si possible leurs cinq principales exigences. Au final, le document de
synthèse de la CES en retient dix. Elle met en tête la nécessité de renforcer les
droits accordés par la directive avec des sanctions efficaces et dissuasives, y
compris la possibilité de prononcer une suspension temporaire d’une décision de
l’employeur. « Avant que la direction ne prenne une décision définitive, le
processus d’information et de consultation transnationaux doit être correctement
mené et achevé », souligne la CES. La sanction ultime devrait être d’annuler les
décisions de l’entreprise en cas de violation des procédures d’information et de
consultation, à condition que les syndicats nationaux directement concernés par la
décision soutiennent une suspension et / ou une annulation. La CES demande aussi la
personnalité juridique pour permettre au comité d’agir en justice contre
l’employeur, ce qui pour autant ne règle pas la question de qui finance une telle
procédure dès lors que le comité, comme c’est le cas dans une très grande majorité,
ne dispose pas de budget. Le document souhaite aussi une meilleure articulation
entre le CE européen et les instances nationales et locales afin que les
représentants européens rendent leur avis avant ces instances et qu’ils puissent
aussi communiquer avec elles voire se déplacer pour les rencontrer. La CES veut
aussi revenir sur le caractère dérogatoire des accords conclus sous l’égide de
l’article 13 de la directive de 1994 et intégrer le texte des considérants 12 et 16
de la directive dans l’article définissant les questions transnationales. Signalons
aussi la demande de préciser les clauses de confidentialité notamment pour que les
membres puissent communiquer avec les représentants des salariés au niveau national
et éviter les attitudes abusives d’employeurs, parfois par excès de prudence, qui
informent les membres du comité que toutes les informations sont confidentielles
mêmes lorsque ce n’est manifestement pas le cas. Contrairement à la position
commune les fédérations syndicales européennes, le document de la CES ne
précise pas comment introduire les amendements souhaités : révision de la
directive ? Adoption d’une directive d’exécution pour ne pas rouvrir une négociation
complète ? Négociation d’un accord européen ? Le jeu est ouvert.
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
- Garantie pour la
jeunesse : dans un rapport
du 4 avril, la Cour des comptes européenne estime que la garantie pour la
jeunesse de l’UE et les résultats qu’elle a permis d’obtenir ne sont pas à la
hauteur des attentes suscitées par son lancement. Après avoir visité sept pays
(Croatie, Espagne, Italie, Irlande, France, Portugal, Slovaquie), les auditeurs
concluent qu’aucun de ces Etats n’était en mesure de garantir que tous les
jeunes sans emploi et sans formation (NEET) ont eu la possibilité d’accepter une
offre d’emploi, de formation ou de stage, présentée dans les quatre mois après
leur sorti du système éducatif.
- Evasion fiscale : la
commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a adopté
à une écrasante majorité une résolution proposant des modifications à la
directive de l’UE relative à la lutte contre l’évasion fiscale. Ce texte vise
les grandes multinationales qui de ne payent pas d’impôts sur les bénéfices en
exploitant les différences entre les systèmes fiscaux de l’UE et des pays
tiers. Le rapport va être présenté au Conseil pour examen (v. communiqué).
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Jurisprudence
Maintien de l’ancienneté d’un salarié en cas de
transfert d’entreprise : la Cour de justice de l’UE a rendu
un arrêt (CJUE
6 avril 2017, aff. C-336/15, Unionen), dans lequel elle se prononce sur une
affaire suédoise concernant les salariés de plusieurs entreprises qui ont été
transférés vers un nouvel employeur. Leur contrat de travail a été maintenu, mais
plus d’un an après ce transfert, ils ont été licenciés. Ils ont réclamé le préavis
de licenciement prolongé de six mois prévu par la convention collective applicable
en cas de licenciement de salariés âgés de 55 ans et plus, justifiant d’une
ancienneté d’au moins dix ans chez l’employeur. Ce dernier rejetait leur demande car
ils ne justifiaient pas d’une telle ancienneté dans son entreprise. L’employeur
devait-il prendre en compte l’ancienneté acquise chez le précédent employeur ? La
Cour répond positivement : l’article 3 de la directive 2001/23 du 12 mars 2001
(transferts d’entreprises) « doit être interprété en ce sens que le cessionnaire
doit inclure, lors du licenciement d’un travailleur plus d’un an après le transfert
de l’entreprise, dans le calcul de l’ancienneté de ce travailleur, pertinente pour
la détermination du préavis auquel ce dernier a droit, l’ancienneté acquise par
ledit travailleur auprès du cédant ».
- Un pilote peu voler après ses 65 ans :
l’affaire doit encore être tranchée par la Cour de justice,
mais l’avocat général a estimé dans ses conclusions (CJUE,
concl. 21 mars 2017, aff. C-190/16, Werner Fries) que la limite d’âge de
65 ans pour les pilotes valait pour les vols commerciaux, mais n’empêchait pas
un pilote qui a dépassé les 65 ans d’exercer des activités en qualité
d’instructeur, d’examinateur ou de pilote de vols de convoyage. En effet, car
dans ces cas, le pilote « demeure dans le cockpit de l’aéronef en tant que
membre d’équipage non navigant », notamment parce qu’il « n’exerce aucun
contrôle sur l’aéronef et [que] ses activités n’affectent pas directement la
sécurité du vol ».
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2. États
membres
Allemagne
- Interdiction pour les routiers de prendre
le repos hebdomadaire dans leur camion : avec le vote
du Bundesrat intervenu le 31 mars, il est désormais interdit aux chauffeurs
routiers de prendre leur repos hebdomadaire de 45 heures à bord de leur
véhicule. L’Allemagne est le quatrième État membre de l’Union – après la
Belgique, la France et les Pays-Bas – à préciser la législation européenne sur
ce point. La fédération syndicale européenne ETF salue cette décision (v. communiqué).
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Luxembourg
- Mise en œuvre de la réforme du dialogue
social dans les entreprises : le Conseil de gouvernement
du 8 mars dernier a marqué son accord avec trois projets de règlements
grand-ducaux portant sur la délégation du personnel (v. communiqué).
L’un vise la possibilité recourir au vote électronique pour l’élection de la
délégation, l’autre concerne la désignation d’un expert dans le cadre des
attributions de la délégation, et à la prise en charge par l’employeur des frais
y afférents (de 0,10 % de la masse salariale annuelle, avec un seuil inférieur
de 2 000 euros et un plafond de 20 000 euros).
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République
tchèque
Grève des chauffeurs de bus :
les chauffeurs de bus de plusieurs régions étaient en grève, le
6 avril, pour réclamer des augmentations salariales. Le Syndicat des transports avait déjà
menacé d’une grève en novembre 2016 ce qui a conduit le gouvernement à accepter des
salaires minima plus élevés notamment en raison de la hausse du salaire minimum
légal au niveau national. Mais plusieurs autorités régionales n’ont pas été en
mesure de répercuter ces augmentations, la raison principale étant liée à des
questions législatives et techniques relatives aux contrats avec les fournisseurs de
transport par bus. Les régions vont pénaliser les transporteurs de bus pour
l’interruption de service. Cependant, les syndicats accusent les autorités
régionales qui choisissent les fournisseurs de transport uniquement en fonction de
l’offre la plus basse. La veille de la journée de grève, le gouvernement a attribué
420 millions de couronnes (15,7 millions d’euros) aux régions pour les aider à
augmenter les salaires des chauffeurs, mais cela ne les a pas empêchés d’arrêter
le travail dans certaines régions.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Bonduelle : le groupe
agroalimentaire français Bonduelle (9961 salariés) a renouvelé son accord
de CE européen mis en place en 2005. Le nouvel accord, signé le 22 mars,
avec les membres du comité et un représentant de la fédération syndicale européenne
EFFAT, met en place une procédure de consultation complète (v. communiqué de l’EFFAT). Les
représentants du personnel « proposent des solutions alternatives et émettent une ou
plusieurs opinions concernant l’information fournie sur les mesures » présentées par
la direction. Celle-ci s’engage ensuite à fournir « une explication et une réponse
motivée concernant la décision finale qui sera prise ainsi que concernant les avis
et solutions alternatifs présentés par les représentants ». Le comité rend ensuite
un avis dans un délai fixé « au cas par cas en fonction de l’ampleur des moyens
envisagés ». Le nouvel accord fait partie de ceux proposant l’une des définitions
les plus abouties en ce qui concerne les questions transnationales qui peuvent
inclure « les questions qui, bien que n’affectant que les travailleurs d’un seul
pays, pourraient avoir un impact significatif et non conjoncturel sur les
travailleurs d’autre pays ». Une clause de confidentialité prévoit que la direction
indiquera les informations devant être gardées confidentielles, pour quel public
elles le sont et pour quelle durée.
- LafargeHolcim : la
direction du groupe cimentier suisse LafargeHolcim (plus de 20 000 salariés dans
l’UE) a signé, le 27 mars, un accord
constitutif du CE européen, avec un groupe spécial de négociation et la
fédération syndicale européenne (FETBB) et les secrétaires du CE européen de
Lafarge et du Forum européen Holcim qui cesseront d’exister lors de la réunion
constitutive du nouveau comité. L’accord a été salué par la fédération syndicale
Industriall Global Union qui y voit « un signal prometteur » pour la négociation
d’un futur accord-cadre mondial (v. communiqué)
ainsi que la fédération syndicale européenne FETBB (v. communiqué)
et le syndicat français FNCB-CFDT (v. communiqué).
L’accord, conclu sous l’égide de la loi britannique, prévoit que la direction ou
le secrétaire du comité peuvent décider de convoquer ou non une réunion du
comité restreint et de l’élargir ou non aux pays concernés par un projet. Il
s’agira alors de se concentrer « sur la décision d’engager la procédure
d’information et de consultation, et sur la détermination des points à l’ordre
du jour, du calendrier des réunions et des participants ». En termes de moyens,
les membres « disposeront du temps nécessaire pour s’acquitter de leur
mission », en accord avec l’employeur, et bénéficieront des « ressources
financières et matérielles nécessaires ».
- Eiffage : les membres du
bureau du CE européen de la société de construction Eiffage ont signé une déclaration
réclamant à la fédération syndicale CGT du secteur de revenir sur sa décision
d’évincer ses quatre représentants au comité dont le secrétaire de l’instance.
« La CGT, en excluant ses représentants, renierait les membres qui ont construit
et animé un comité européen combatif et efficace », souligne le bureau.
- Linde : le CE européen du
groupe de gaz industriels allemand Linde est opposé au projet de fusion avec
l’américain Praxair, appelant les représentants des salariés au conseil de
surveillance à voter contre le rapprochement. Selon le CE européen, la fusion
pourrait entraîner d’importantes suppressions de postes dans certains pays de
l’UE.
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Syndicalisme
- BMW : les 3,500 salariés
britanniques de BMW ont voté à 93% en faveur de l’appel à la grève lancé par le
syndicat Unite the Union pour protester contre le projet de la direction de
fermer le fonds de pension de l’entreprise (v. communiqué Industrial
Global Union, IndustriAll Europe
et Unite
the Union).
- Ericsson : les fédérations
syndicales internationales UNI Global Union et IndustriAll Global Union ont
organisé, les 4 et 6 avril, la deuxième réunion du réseau syndical mondial de
l’entreprise suédoise de télécommunication Ericsson (116416 salariés) (v. communiqué).
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4. Études et
rapports
Les écarts de salaire dans l’Union
stagnent : en 2016, les coûts horaires de la main-d’œuvre
dans l’ensemble de l’économie ont été estimés en moyenne à 25,4 euros dans l’UE et à
29,8 euros dans la zone euro, selon une étude
d’Eurostat. Toutefois, ces moyennes masquent des écarts importants entre États
membres de l’UE, les coûts horaires de la main-d’œuvre les plus faibles ayant été
enregistrés en Bulgarie (4,4), en Roumanie (5,5), en Lituanie (7,3),
en Lettonie (7,5), en Hongrie (8,3) ainsi qu’en Pologne (8,6), et les plus élevés
au Danemark (42), en Belgique (39,2), en Suède (38), au Luxembourg (36,6) et
en France (35,6). La différence en points de pourcentage entre le pays
au coût du travail le plus élevé et celui où le coût du travail est le plus bas
était de 28,7 points en 2004 (Luxembourg/Bulgarie). Il est passé à 37,2 points en
2015 (Danemark/ Bulgarie). Il est de 37,6 en 2016. Le constat est le même en prenant
les cinq pays ayant le coût du travail le plus bas et les cinq au coût du travail le
plus élevé. Entre ces deux groupes, l’écart était de 26,5 points en 2004 et de 31,7
points en 2015. Il stagne en 2016 à 31,64 points. Même si les taux d’augmentation
d’une année à l’autre sont plus élevés dans les nouveaux États membres, l’écart ne
se rattrape pas. Dans un article,
Martin Myant, chercheur à l’Institut syndical européen, souligne que l’écart entre
les coûts horaires en Allemagne et les coûts horaires bulgare et roumain se sont
aggravé depuis 2008 (v. interview ci-contre).
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