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IR Notes 187 – 1er juin 2022
www.irshare.eu
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Une question à…
Christine Aumayr-Pintar, Directeur de recherche senior, à la Fondation
européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail
La Fondation européenne pour
l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) a
publié, le 19 mai, les 27
rapports nationaux (*) sur les
principales évolutions dans les États membres en matière de
conditions de travail et de dialogue social. Quels sont pour
vous les points saillants de l’année
2021 ? Au
cours de la deuxième année de pandémie, l’accès au lieu de travail
était de plus en plus subordonné à la fourniture d’une preuve de
vaccination, de test ou de guérison du Covid-19 dans plusieurs pays.
Une obligation générale de vaccination n’a été mise en œuvre que
dans un seul pays (Autriche), où la législation a toutefois été
suspendue peu après son lancement. Dans plusieurs pays, la
vaccination a été rendue obligatoire pour des groupes spécifiques de
salariés, ce qui, en cas de contestation, a été largement approuvé
par les tribunaux. Les partenaires sociaux ont généralement
encouragé les salariés à se faire vacciner, les syndicats rejetant
pour la plupart la divulgation du statut vaccinal et les
vaccinations obligatoires. La recommandation de passer en
télétravail a été réintroduite dans la plupart des cas dans les
périodes à haut risque épidémiologique Deux ans après le début de la crise du
Covid-19, le dialogue social reste un instrument important pour
aider les économies à se redresser. La gestion de la crise a conduit
de nombreux gouvernements à s’appuyer sur le dialogue social
tripartite pour atténuer l’impact négatif de la pandémie sur
l’économie et le marché du travail. En 2021, le dialogue social
tripartite est passé des mesures d’atténuation de la crise à des
thèmes comme la reprise, le salaire minimum ou la transition
écologique. La négociation
collective montre des signes forts de reprise après l’impact de la
pandémie. La plupart des pays pour lesquels des données sont
disponibles affichent, en 2021, une augmentation du nombre de
conventions collectives signées, sans toutefois atteindre les
niveaux d’avant la crise. En outre, les questions liées à la crise
dans les conventions collectives perdent de l’importance par rapport
aux thématiques plus traditionnelles. La question des augmentations
salariales dans un contexte d’inflation croissante devient un défi
majeur pour les prochains cycles de
négociations.
(*) IR
Share a produit l’étude sur la France.
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IR Notes est
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L’équipe : ce
numéro a été préparé par
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Turlan, Frédéric Turlan
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Dictionnaire européen des relations sociales
Si vous souhaitez aller plus loin dans la lecture d’IR Notes nous mettons
à votre disposition des liens vers le Dictionnaire
européen des relations sociales, publié par Eurofound, et
régulièrement mis à jour par IR Share, éditeur d’IR Notes. Les
définitions des termes sont disponibles en anglais et facilement
convertibles grâce à des outils de traduction en ligne.
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À la Une
Vers une
révision technique de la directive sur les CE européens
Dans le projet
de rapport sur la révision de la directive sur les CE européens, présenté le
12 mai, par le député européen Dennis Radtke (PPE), on trouve des propositions de
modification de la directive qui devraient permettre aux CE européens de fonctionner
normalement, c’est-à-dire sans être entravés dans leur exercice du droit fondamental
à l’information et à la consultation (v. European Works Councils).
L’objectif, comme le rappelait Dennis Radtke, n’est pas de créer de nouveaux droits
(v. IR Notes 183),
mais de faire en sorte que l’actuelle directive soit respectée. Le texte, qui est
soumis aux amendements des députés européens jusqu’au 21 juin, répond parfaitement à
l’objectif et propose de : 1/ Renforcer les sanctions : le
non-respect des droits des CE européens est actuellement sanctionné par des amendes
qui vont « de 23 euros à 187 515 euros ». Elles ne sont donc ni efficaces, ni
dissuasives, ni proportionnées pour les multinationales concernées. Le rapport
suggère deux axes : a) augmenter le niveau des amendes en s’inspirant de législation
européenne récente, pour aller jusqu’à 10 millions d’euros ou 2% du chiffre
d’affaires annuel mondial (et doublement en cas de récidive) ; b) sanctionner les
entreprises par une exclusion des marchés publics et des aides et des subventions
européennes pendant trois ans. Avant d’en arriver aux sanctions, Dennis Radtke
appelle à suspendre temporairement les décisions de la direction centrale
lorsqu’elles sont contestées au motif qu’il y a eu violation des exigences
d’information et de consultation. 2/
Faciliter l’accès à la justice :
pour que les sanctions soient efficaces, encore faut-il pouvoir intenter un recours
en justice. En effet, les CE européens « n’ont pas d’accès direct à la justice dans
de nombreux États membres », notamment en Irlande dont la législation attire tant
les multinationales qui y transfèrent leur siège européen Pour le rapporteur, chaque
État doit établir des procédures pour permettre l’exécution « rapide et efficace »
des droits du CE européen et la direction centrale doit prendre en charge les coûts
directs liés à l’exécution des procédures, y compris les frais de l’avocat du comité
et les frais de subsistance et de déplacement d’au moins un représentant des
salariés. 3/ Rappeler le caractère préalable de
l’information-consultation : la dernière
enquête de l’ETUI publiée en 2019 révélait que seuls 20% des CE européens
sont informés et consultés avant que la direction arrête sa décision, ce qui devrait
être la norme selon la directive. La définition de la consultation devrait rappeler
que le CE européen doit « exprimer un avis préalable sur la base
des informations fournies » par l’employeur, et non plus seulement un
« avis » selon l’actuelle directive. 4/ Nettoyer la
directive de ses dispositions réduisant son effet utile. Le
rapport s’attaque à plusieurs dispositions utilisées par les directions pour limiter
les droits du CE européen. Ainsi, le texte veut en finir avec les anciens accords
(dit « article 13 »). Ils pourront rester en vigueur tant que « les obligations
découlant de la présente directive ont déjà été pleinement respectées ».
L’obligation de confidentialité qui muselle certains comités ne s’appliquerait pas
aux membres du CE européen qui transmettent aux comités d’entreprise nationaux ou
locaux des informations susceptibles d’affecter la situation des salariés. La
définition de la transnationalité intègre dans le corps de la directive le
considérant 16 de la directive 2009/38 et porte sur les questions qui concernent
« directement ou indirectement », le groupe dans son ensemble ou au moins deux
entités dans deux États membres différents.
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1. Union
européenne
Législation
La Covid-19 reconnu comme maladie
professionnelle : les États membres et les partenaires
sociaux siégeant au comité consultatif de l’UE pour la sécurité et la santé sur le
lieu du travail (CCSS) sont parvenus, le 18 mai, à un accord sur la nécessité de
reconnaître la Covid-19 comme maladie professionnelle dans les secteurs des soins de
santé, des services sociaux et de l’assistance à domicile, ainsi que — dans un
contexte de pandémie — dans les secteurs où se sont intensifiées des activités
entraînant un risque avéré d’infection (v. communiqué).
« Sur la base de cet accord, a annoncé Nicolas Schmit, commissaire européen à
l’emploi et aux droits sociaux, la Commission actualisera sa recommandation
du 19 septembre 2003 sur les maladies professionnelles afin de favoriser la
reconnaissance de la Covid-19 en tant que maladie professionnelle par tous les États
membres. » Cette reconnaissance permettra aux salariés des secteurs concernés qui
ont contracté cette maladie sur leur lieu de travail – notamment des Covid long –
d’acquérir des droits spécifiques selon les règles nationales, tel que le droit à
une indemnisation plus favorable que s’il s’agissait d’une maladie sans lien avec le
travail. Même si de nombreux pays ont déjà franchi le pas, cette recommandation doit
conduire à une meilleure harmonisation. La fédération syndicale européenne EPSU a
salué cette décision pour laquelle des affiliés ont milités (v. communiqué).
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Projet
Protection des travailleurs des plateformes :
la députée européenne Elisabetta Gualmini (S&D) a présenté,
le 19 mai, son rapport
sur la proposition de directive relative à l’amélioration des conditions de
travail dans le cadre du travail via une plateforme, devant les membres de
la commission emploi et affaires sociales du Parlement européen (v. communiqué).
Ce rapport modifie significativement la proposition de la Commission européenne. Les
principaux changements proposés sont : 1/ les dispositions relatives à la gestion
algorithmique devraient être appliquées non seulement aux travailleurs des
plateformes, mais à tous les travailleurs soumis à des systèmes de surveillance et
de prise de décision automatisés ou semi-automatisés en ce qui concerne leurs
conditions de travail ou l’organisation de leur travail. Ainsi la directive
élargirait considérablement son champ d’application. 2/ La proposition de la
Commission prévoit que si les conditions de travail d’un travailleur remplissent aux
moins deux critères sur les cinq permettant de qualifier la relation de travail en
salariat, le travailleur doit être considéré comme un salarié. La députée opte pour
une présomption de salariat couvrant a priori tous les travailleurs qui seraient
considérés comme des salariés, sauf si les plateformes démontrent qu’ils sont bien
des indépendants. Cette position est défendue par Ludovic Voet, secrétaire général
adjoint de la Confédération européenne des syndicat (v. communiqué
de le CES). Pour lui, ce ne devrait être ni aux travailleurs, via des recours en
justice, ni aux autorités publiques de faire respecter une présomption d’emploi
salarié.
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Actualité
sociale
Semestre européen : la
Commission européenne a adopté, le 23 mai, une série de documents visant à orienter
les États membres dans leurs politiques économiques, sociales et environnementales
(v. European Semester). Comme
prévu, notamment en raison de la guerre en Ukraine, la Commission maintient la
clause dérogatoire du pacte de stabilité en 2023 qui permet aux États de
s’affranchir des règles budgétaires de l’UE pour soutenir les systèmes de santé et
leur économie (v. communiqué).
Parmi tous les documents publiés, signalons une communication
qui rappelle les principales orientations à suivre pour les politiques économiques,
les recommandations
adressées aux États membres et une proposition
de décision du Conseil sur les lignes directrices pour les politiques d’emploi
des États membres (v. communiqué).
Ces lignes directrices ont été actualisées cette année « en mettant l’accent sur
l’environnement post-Covid et des transitions écologique et numérique socialement
équitables, précise la Commission, et en prenant en compte des initiatives récentes,
prises notamment en réaction à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, comme les
mesures visant à permettre aux personnes fuyant la guerre en Ukraine d’accéder au
marché du travail ».
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Mise en demeure de l’Irlande pour la législation
sur les CE européen : la Commission européenne a adressé une
mise en demeure, le 19 mai, au gouvernement irlandais pour pointer des failles dans
la transposition de la directive 2009/38 relative aux CE européens. La Commission a
identifié « un certain nombre de lacunes dans la législation irlandaise, qui ne
garantit pas le droit des représentants des travailleurs du groupe spécial de
négociation ou du comité d’entreprise européen de saisir un tribunal national en cas
de litiges liés à des violations des droits et à des obligations découlant de la
présente directive. Il s’agit par exemple de litiges liés au droit de demander
l’assistance et la présence d’un expert lors des réunions de négociation ou des
litiges liés aux obligations de confidentialité » (v. communiqué,
point 10 EN DE). Cette initiative fait suite à la plainte déposée par les
représentants du syndicat irlandais SIPTU, selon son expert en matière de CE
européen, Denis Sheridan (v. communiqué
de SIPTU). Face à l’afflux de multinationales ayant décidé de localiser leur siège
européen en Irlande suite au Brexit, attirées par les manquements dans la
législation irlandaise qui rend difficile toute action en justice des CE européens,
le SIPTU avait alerté le gouvernement sur la nécessité de revoir la législation
nationale. En vain, d’où la plainte adressée à la Commission. Désormais, le
gouvernement irlandais a deux mois pour répondre à la Commission. À défaut, ou faute
de réponse convaincante, la Commission pourra émettre un avis motivé, dernière étape
avant une saisine de la Cour de justice pour faire condamner l’Irlande en
manquement.
- Aide pour les salariés grecs de
l’électroménager : la Commission européenne a proposé,
le 29 mai, de débloquer une aide du Fonds européen d’ajustement à la
mondialisation pour 206 travailleurs licenciés par des entreprises du secteur de
l’électroménager en Grèce. (v. communiqué).
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Jurisprudence
Loi applicable au personnel navigant :
la Cour de justice a rendu un arrêt, le 19 mai, sur la
législation de sécurité sociale applicable au personnel navigant d’une compagnie
aérienne (CJUE,
19 mai 2022, aff. C-33/21, INAIL et INPS) qui lui donne aussi pour la
première fois l’occasion de préciser le nouveau critère de rattachement introduit en
2012 par le règlement 883/2004, à savoir « la base d’affectation » pour déterminer
la législation de sécurité sociale applicable au personnel navigant. L’affaire
concerne 219 salariés de Ryanair basés à l’aéroport italien de Bergame. Les
organismes de sécurité sociale italiens ont considéré que ces salariés, embauchés
sous contrat de travail irlandais et soumis à la sécurité sociale irlandaise,
devaient cotiser en Italie. Ryanair a produit « tardivement » des certificats E101
devant la juridiction italienne pour prouver qu’il s’agissait de travailleurs
détachés et qu’ils relevaient bien de la sécurité sociale irlandaise. En appel, les
magistrats ont passé à la loupe les certificats E101 : sans parler de certificats
frauduleux, ils notent « qu’ils n’étaient pas numérotés ni classés de manière
intelligible ou ordonnée, qu’il y avait 321 certificats, donc probablement des
doublons, et qu’ils ne couvraient pas l’ensemble des 219 employés de Ryanair
affectés à l’aéroport » de Bergame. Pour tous les salariés non couverts valablement
par un certificat E101, les juges ont considéré qu’ils relevaient de la législation
italienne. À raison, estime la Cour de justice : cette législation devait
s’appliquer à ces salariés même s’ils ne travaillent que pendant 45 minutes par jour
dans un local de Ryanair destiné à accueillir l’équipage, dénommé “crew
room”, et qui, « pour le temps de travail restant, se trouvent à bord des
aéronefs » de la compagnie. Au sens du règlement 1408/71, applicable sur une partie
de la période concernée, cette “crew room” constitue « une succursale ou une
représentation permanente » et il existe un « rattachement significatif » du
personnel « avec le lieu à partir duquel » ce dernier « s’acquitte principalement de
ses obligations à l’égard de son employeur ». Pour les périodes relevant du nouveau
règlement 883/2004, la Cour aboutit au même constat. De même, lorsqu’elle applique
le critère de la base d’affectation introduit en 2012 : l’activité du personnel
navigant est « considérée comme étant une activité menée dans l’État membre dans
lequel se trouve la base d’affectation », le lieu désigné par la compagnie où
l’équipage commence et termine normalement son temps de service (v. communiqué).
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Syndicalisme
- La menstruation est un sujet syndical :
la fédération syndicale internationale UITA a publié, le 27
mai, une déclaration
pour inviter ses affiliés à prendre des initiatives concrètes, sur le lieu de
travail, afin d’aborder les difficultés auxquelles les femmes sont face lors de
leur menstruation. Cette déclaration explicite la résolution sur ce sujet
adoptée par la fédération lors de son congrès en 2017.
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2. États
membres
Allemagne
Obligation de vaccination :
l’article 20a de la loi sur la protection contre les infections
(IfSG) impose, depuis le 15 mars, une obligation de vaccination liée aux salariés
des établissements de santé et aux établissements de soins et d’hébergement de
personnes âgées, handicapées ou dépendantes, dans lesquels les personnes qui y
travaillent peuvent être en contact avec des personnes vulnérables dans le cadre de
leurs activités. Les salariés concernés doivent présenter à leur direction une
preuve de vaccination ou de guérison ou un certificat médical de contre-indication
médicale permanente à la vaccination. La Cour constitutionnelle fédérale a rejeté
plusieurs recours constitutionnels contre cette obligation (v. communiqué).
La protection des groupes dits vulnérables pèse plus lourd que l’atteinte aux droits
fondamentaux du personnel de santé et de soins. L’obligation de vaccination est
ainsi considérée comme constitutionnelle.
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Belgique
- Plan national LGBTQI+ : le
gouvernement a dévoilé un plan
pour une Belgique LGBTQI+ friendly qui contient 133 mesures, dont
certaines concernent le champ de l’emploi. Il s’agit surtout de mesures de
communication et de sensibilisation. En termes de modification législative, le
plan propose d’intégrer le changement de sexe dans les dispositions de
protection contre les représailles dans la loi relative au bien-être (outre les
caractéristiques existantes de l’identité de genre et l’expression de genre) (v.
communiqué).
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Espagne
Étude syndicale sur économie circulaire :
la confédération syndicale espagnole UGT a publié, le 17 mai,
une étude
consacrée à l’économie circulaire qui prône une transition juste, ainsi que le
recours à la négociation collective. Celle-ci doit élargir son champ d’action pour
inclure les questions de transition écologique afin de discuter de l’impact sur
l’emploi et la qualité de l’emploi dans ce processus. Elle doit aborder les besoins
de formation des salariés et la santé et la sécurité au travail, en anticipant les
besoins futurs (v communiqué).
L’UGT suggère aussi d’introduire dans les conventions collectives des clauses qui
engagent les entreprises à lancer des actions favorables à l’environnement et à
l’économie circulaire, en garantissant la participation des salariés et de leurs
représentants (v. Circular economy). Par
ailleurs, l’UGT appelle à mettre en place un délégué à l’environnement sur les lieux
de travail, avec un crédit-temps qui lui permettrait de se consacrer spécifiquement
à la résolution des problèmes environnementaux de l’entreprise en général et au
développement à faible émission de carbone et circulaire en particulier. À cela
s’ajouterait la création de structures consacrées aux questions environnementales.
Soit par la création d’un Comité de l’environnement, composé de délégués à
l’environnement et d’un nombre égal de représentants des entreprises ; soit par
l’extension des fonctions du Comité de santé et de sécurité au travail à des
thématique environnementales.
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France
Équilibre femme-homme dans les directions :
les dispositions visant à une représentation équilibrée des
sexes au sein des cadres dirigeants des entreprises, introduites par la loi
du 24 décembre 2021 visant à accélérer l’égalité économique et
professionnelle (dite loi Rixain) sont entrées en vigueur au 1er
mars et dont l’objet d’une circulaire
du ministère du Travail. Avec ce texte, dans les entreprises qui emploient au moins
1000 salariés, l’employeur doit désormais publier chaque année les écarts éventuels
de représentation entre les femmes et les hommes parmi les cadres dirigeants et les
membres des instances dirigeantes. Elles doivent également rendre public ces écarts
sur le site internet du ministère du Travail. Par ailleurs, la proportion de
personnes de chaque sexe au sein de chacun de ces groupes ne peut être inférieure à
30% à partir du 1er mars 2026.
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Italie
- Intégration des migrants dans le BTP :
le gouvernement et les partenaires sociaux du secteur de la
construction ont conclu un partenariat en faveur de l’insertion professionnelle
d’au moins 3 000 personnes, y compris les demandeurs et les titulaires d’une
protection internationale ou temporaire, dont les Ukrainiens, les titulaires
d’une protection spéciale, les mineurs étrangers non accompagnés en transition
vers l’âge adulte et les anciens mineurs étrangers non accompagnés (v. communiqué).
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Irlande
Première évaluation du télétravail :
le gouvernement a présenté un rapport
d’évaluation des impacts du télétravail sur l’économie et la société, dont
une partie est consacrée à l’emploi. Pour les salariés, le surcoût en matière de
chauffage et d’électricité, évalué respectivement à 79 euros et 30 euros par an,
serait compensé par les économies résultant de la réduction des déplacements
domicile-travail qui sont estimées à 413 euros par travailleur isolé. De plus, les
travailleurs à distance peuvent économiser en moyenne 93 heures par an en réduisant
leurs déplacements, ce que le rapport évalue à un gain de 1103 euros. La réduction
des déplacements contribuerait à « économiser 164 407 tonnes de CO2 par
an, avec une économie monétaire équivalente de 7,6 millions d’euros » (à condition
que les télétravailleurs ne multiplient pas les déplacements autour de leur
domicile). Le rapport, qui souligne que le télétravail facilite la participation au
marché du travail des personnes handicapées et de celles ayant des responsabilités
familiales, suggère des aides au « démarrage » ciblées pour les personnes
handicapées ou à faibles revenus, notamment pour s’équiper, et insiste pour que la
promotion du télétravail par les entreprises ne les exonère pas de continuer à
adapter les postes de travail dans leurs locaux. À noter aussi une croissance de la
demande de logement en zone rurale en 2021 qui doit aussi conduire le gouvernement à
renforcer l’accès à haut débit sur tout le territoire.
- Égalité salariale : la loi
du 13 juillet 2021 sur l’information relative à l’écart de rémunération entre
les hommes et les femmes (Gender Pay Gap Information Act 2021) exige
des entreprises qu’elles établissent un rapport sur leur écart de rémunération
horaire en fonction d’une série de paramètres. Annoncé le 8 mars à l’occasion de
la journée de la femme (v. communiqué),
un guide
expliquant les modalités de calcul a été publié, le 10 mai, permettant ainsi
l’application de la loi aux entreprises de plus de 250 salariés en 2022.
Viendront ensuite les entreprises de plus de 150 salariés (2024), puis celles de
plus de 50 salariés (2025). Les entreprises de la première vague ont jusqu’au
mois de décembre pour rendre leur rapport.
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Luxembourg
- Congés familiaux : le
Conseil de gouvernement du 18 mai a adopté deux projets de loi, l’un ouvre le
droit au congé extraordinaire en cas de naissance d’un enfant à toute personne
reconnue comme second parent équivalent par la législation nationale applicable.
L’autre transpose la directive 2019/1158 du 20 juin 2019 concernant l’équilibre
entre vie professionnelle et vie privée des parents et des aidants en fixant des
exigences minimales en matière de congé de paternité, de congé parental et de
congé d’aidant, ainsi que des formules souples de travail pour les travailleurs
qui sont parents ou les aidants (v. communiqué).
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3.
Entreprises
Comité
d’entreprise européen
Restructuration : la direction
de Vallourec a annoncé, le 18
mai, devant le CE européen du groupe, une importante restructuration qui va conduire
à la suppression de 2950 poste, notamment en Allemagne (2500 postes) où deux sites
de production seront fermés d’ici la fin 2023 avec un transfert de production vers
le Brésil, et en France (320 postes). Suite à l’annonce, près de 1000 salariés
allemands se sont rendus à l’initiative du syndicat IG Metall devant le siège du
groupe près de Paris. Estimant que les tentatives de retrouver un repreneur pour les
sites allemands étaient « une farce », IG Metall entend établir un rapport de force
suffisant pour négocier au mieux les conditions de départ des salariés allemands (v.
communiqué).
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4. Études et
rapports
La négociation collective peut contribuer à une
reprise durable : l’OIT a présenté, le 5 mai, une importante
étude sur le rôle de la négociation collective (Social
Dialogue Report 2022: Collective bargaining for an inclusive, sustainable and
resilient recovery). Reposant sur un examen des conventions et pratiques
collectives dans 80 pays à différents niveaux de développement économique et sur les
cadres juridiques et réglementaires de 125 pays, l’étude souligne que les
négociations collectives peuvent réduire efficacement les inégalités salariales, que
ce soit dans une entreprise, un secteur ou une branche (v. communiqué
et résumé).
Elles ont aussi un effet positif sur les inégalités entre les sexes. L’étude met
également en avant la valeur ajoutée des conventions collectives concluent pour
faire face à la pandémie de Covid-19 et pour mettre en place des pratiques hybrides
et de télétravail décentes. Fort de ses enseignements, l’OIT insiste sur le fait que
la négociation collective sera « un outil essentiel pour faire face aux changements
fondamentaux qui bouleversent le monde du travail ». Ce plaidoyer pour le
développement de la négociation collective, qui fait aussi écho à une préoccupation
de la Commission européenne, donne une portée universelle au droit à la négociation
collective (elle peut produire des effets positifs partout dans le monde) et
contient des données comparatives rares. Pour renforcer la négociation collective,
l’OIT appelle notamment à une revitalisation des organisations d’employeurs et de
travailleurs, à une reconnaissance effective du droit de négociation collective pour
tous les travailleurs quel que soit leur statut et au renforcement du dialogue
social pour la réalisation des objectifs de développement durable. Les enseignements
de l’étude seront présentés le 14 juin (v. agenda).
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