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IR Notes 268 – 25 février 2026
www.irshare.eu
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Une question à…
Gilbert Cette, économiste, professeur à Neoma Business School
Dans un ouvrage récent que vous
avez co-écrit et intitulé « Sauver la démocratie sociale » (*),
vous critiquez l’institutionnalisation des partenaires sociaux
français et leur incapacité à se saisir des possibilités qui
leur sont données pour créer des normes conventionnelles.
Quelles sont les pistes pour renforcer leur
rôle ? Depuis
les lois Auroux de 1982, en passant par la loi El Khomri en 2016 et
jusqu’à l’apothéose des ordonnances « Travail » en 2017, l’espace
décisionnel des partenaires sociaux a été continûment élargi. Ils
peuvent désormais élaborer des normes se substituant éventuellement
à celles du Code du travail, dans les seules limites du droit
supranational et des principes (les libertés et droits
fondamentaux). Or, on constate en effet qu’ils se sont très peu
saisis de ces possibilités de construire des compromis porteurs, à
même de concilier une meilleure protection des travailleurs et un
renforcement de l’efficacité économique. Ceci pour différentes
raisons que nous détaillons dans cet ouvrage. Parmi celles-ci, le
nombre de syndicats en France. Selon les critères de l’OCDE, on
compte huit confédérations syndicales dans l’Hexagone, là où la
plupart des pays européens en comptent entre une et trois. Cette
fragmentation syndicale, au niveau national, des branches et des
entreprises, pousse à la radicalisation du discours. De plus,
l’institutionnalisation des partenaires sociaux les coupe de leur
base. C’est vrai pour les employeurs, mais encore plus pour les
syndicats. Contrairement à d’autres pays européens, ils ne dépendent
pas assez financièrement de leurs adhérents et n’ont donc pas comme
priorité de rassembler le plus possible de salariés. Cette
institutionnalisation se retrouve à tous les niveaux. On ne compte
plus le nombre de Hauts conseils dans lesquels ils siègent, ou
l’organisation de « conférences sociales » auxquelles ils sont
invités par le gouvernement, le tout pour une efficacité très
limitée. Dans les entreprises, il existe des négociations annuelles
obligatoires sur des thèmes dont la liste est longue et inscrite
dans le droit positif. Cette notion de négociation collective
obligatoire ne fait aucun sens dans les autres pays où les
partenaires sociaux sont libres de négocier et libres de choisir les
sujets sur lesquels ils veulent négocier. Par ailleurs, pourquoi les
négociations interprofessionnelles se tiennent toujours au siège de
la principale organisation patronale, le Medef, au lieu de se tenir
au sein de Conseil économique, social et environnemental, en terrain
neutre ? Pourquoi ne pas laisser plus de place à la négociation
collective ? Lorsque le gouvernement a proposé, en août 2025, que la
cinquième semaine de congé payé puisse être convertie en prime, les
syndicats s’y sont opposés, pour ne pas revenir sur un progrès
social. De quel droit on décide que pour lui, le progrès social,
c’est cette cinquième semaine de congés et non un supplément de
salaire ? Les syndicats auraient pu accepter en demandant que cette
transaction soit encadrée par un accord collectif de branche ou
d’entreprise, afin de protéger le salarié. Les règles de la
représentativité doivent être revues, en augmentant les seuils, et
dans les entreprises, si les syndicats ne sont pas assez
représentatifs, confier le droit de négocier des accords collectifs
au comité social et économique (CSE), comme cela se fait en
Allemagne. Ces propositions renforceraient les syndicats ! Elles ne
visent d’ailleurs pas que les syndicats ! Nous proposons aussi, par
exemple, de sortir l’employeur de la présidence du CSE.
(*) Cette,
G., Groux, G., Richard, R., «
Sauver
la démocratie sociale », Calman
Lévy, 19,50 euros (ou13,99 euros en version numérique)
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Agenda
26 février
Bruxelles
La Commission européenne doit tenir un débat d’orientation sur
le 28e régime (v. agenda).
3 et 4
mars Bruxelles
4e Forum européen pour l’emploi et les droits
sociaux, organisé par la Commission européenne, sur le thème : Europe
sociale : donner du pouvoir aux citoyens en période
d’incertitude
4
mars Bruxelles La
Commission européenne devrait adopter sa stratégie sur l’égalité des
genres 2026-2030 et sa stratégie d’équité intergénérationnelle (v. agenda).
9
mars Bruxelles Conseil
Emploi et Affaires sociales
18
mars Bruxelles Sommet
social tripartite
18 mars
Bruxelles La
Commission européenne doit adopter une proposition législative pour
instituer le 28e régime (v. agenda).
20 mars
Bordeaux
colloque « La démocratie au travail dans la transition
environnementale » organisé par l’Institut du travail de Bordeaux (inscription)
24 mars En ligne
Webinaire organisé par les fédérations européennes d’employeurs EFSI et
EFFE, avec le soutien de la Commission européenne, sur le thème :« Créer
des emplois de qualité en Europe : le rôle croissant des négociations
collectives dans le secteur des services aux personnes et aux ménages
(PHS) en Europe, avec une intervention de Maria Sedlakova, chercheuse à
Eurofound (Inscription).
29 juin Luxembourg Conseil
Emploi et Affaires sociales
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À la Une
Pour limiter
les abus, faut-il limiter la sous-traitance ?
Dans la perspective de la future « loi » annoncée sur les emplois de qualité
(Quality Jobs Act), annoncée par la Commission européenne pour la fin de
l’année, la tension monte sur l’un des thèmes qui devrait être couvert par cette
proposition : la sous-traitance. Lors du lancement, en décembre dernier, de la première
phase de consultation des partenaires sociaux européens, la Commission a
explicitement souligné que plus la chaîne de sous-traitance est longue et complexe,
plus le risque de fraude et d’abus est élevé, en particulier dans des secteurs à
forte intensité de main-d’œuvre tels que la construction, l’agriculture,
l’agroalimentaire, la logistique, les transports ou encore les services à la
personne. Certes, l’UE dispose déjà d’un arsenal normatif visant à renforcer la
protection des travailleurs dans les chaînes de sous-traitance, notamment à travers
les directives encadrant le détachement des travailleurs. Toutefois, la Commission
considère que ces instruments ne suffisent pas à prévenir certaines pratiques
frauduleuses persistantes. Elle envisage ainsi une action ciblée dans les secteurs
identifiés comme présentant des risques élevés, combinant le renforcement des
contrôles, intensification du dialogue social et éventuelle réévaluation des régimes
de responsabilité solidaire des donneurs d’ordres. La consultation a mis en lumière
un clivage profond entre organisations syndicales et patronales. Dans sa réponse,
la Confédération européenne des syndicats (CES) estime que l’approche de la
Commission demeure trop prudente. Elle plaide pour une limitation explicite des
chaînes de sous-traitance à deux niveaux, au maximum, et pour l’adoption d’une
législation spécifique visant à lutter contre les formes frauduleuses liées aux
intermédiaires non réglementés. À l’inverse, BusinessEurope considère que la réponse
appropriée réside avant tout dans un renforcement des inspections du travail et de
l’application des règles existantes (v. réponse). L’organisation
patronale rejette toute nouvelle restriction légale de la sous-traitance, estimant
qu’elle risquerait de nuire à la compétitivité des entreprises. Une étude
commandée par l’Institut des employeurs européens concluait d’ailleurs qu’une
limitation des niveaux de sous-traitance pourrait constituer une atteinte au droit
de l’Union. Deux institutions européennes ont récemment enrichi le débat. Le
Comité économique et social européen (CESE), dans un avis
exploratoire sur la révision du cadre juridique des marchés publics, adopte
une position proche de celle des syndicats. Il recommande que le respect des
conventions collectives soit systématiquement intégré comme critère obligatoire
d’attribution et propose, pour lutter contre les abus dans les chaînes de
sous-traitance, l’instauration d’une responsabilité conjointe et solidaire assortie
de sanctions dissuasives ainsi qu’une limitation de la longueur des chaînes à un ou
deux niveaux. Le Parlement européen, dans une résolution adoptée
le 12 février, adopte une approche plus nuancée. Sans appeler explicitement à une
limitation des chaînes de sous-traitance ni à la généralisation d’un régime de
responsabilité solidaire, il demande l’élaboration d’une stratégie européenne de
lutte contre l’exploitation par le travail, y compris le travail illégal, la
criminalité organisée qui y est liée ainsi que les pratiques abusives en matière de
sous-traitance et d’intermédiation. Parallèlement, des initiatives nationales
émergent. En Suède, 18 grandes entreprises de construction ont ainsi créé le «
Réseau des constructeurs sérieux » (Nätverk för
Seriösa Byggare), appelant à intensifier la lutte contre le dumping social
et la criminalité liée au travail, et à limiter la sous-traitance à deux niveaux. La
sous-traitance s’annonce comme un terrain d’affrontement structurant. Le statu quo
apparaît de plus en plus difficilement défendable au regard des cas documentés
d’exploitation de la main-d’œuvre, car ces abus sapent la confiance des citoyens
envers l’UE. Reste à savoir si l’Union optera pour une régulation plus prescriptive
des chaînes de sous-traitance ou pour un renforcement pragmatique de l’application
des règles existantes.
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
Omnibus social : Le patronat
européen revendique désormais ouvertement un « omnibus social » considérant que la
recherche de compétitivité passe aussi par une révision de la législation sociale
européenne. Dans une déclaration,
BusinessEurope a priorisé cinq textes : la directive « transparence salariale » ;
la directive sur les
conditions de travail des travailleurs de plateformes ; la directive
relative à des
conditions de travail transparentes et prévisibles ; celle plus ancienne sur
l’aménagement du temps de travail et le règlement REACH (enregistrement, évaluation
et autorisation des substances chimiques). Concernant la directive « transparence
salariale », BusinessEurope sollicite un report de deux ans de la date limite de
transposition, actuellement fixée au 7 juillet 2026. L’objectif affiché serait de
laisser davantage de temps aux États membres et aux entreprises pour s’adapter, tout
en identifiant d’éventuelles pistes de simplification. Cette position place
désormais les employeurs en opposition frontale avec la présidente de la Commission
européenne, Ursula von der Leyen, qui avait indiqué que le texte et son calendrier
d’application ne feraient pas l’objet de renégociation. Le document, pour chacune
des directives, présente les amendements jugés nécessaires. La déclaration a été
présentée lors d’une table ronde sur le thème « Intensifier les efforts de
simplification de l’UE dans le domaine des affaires sociales », en présence de
Roxana Mînzatu, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée des
droits sociaux. En novembre 2025, le patronat européen de la chimie (ECEG) avait
déjà publié un tableau
recensant plusieurs directives sociales à réviser, dont celle relative aux CE
européens récemment adoptée (v. IR Notes
263). À la manœuvre depuis plusieurs mois, le Ceemet, représentant les
industries métallurgiques, mécaniques et technologiques européennes, avait pris
position dès début décembre dans une déclaration,
aux côtés d’autres organisations sectorielles, en appelant à une « simplification de
l’acquis social » jugée essentielle pour préserver la compétitivité industrielle (v.
communiqué).
Selon le Ceemet, l’objectif n’est pas de « déréglementer », mais plutôt «
d’harmoniser les règles, de supprimer les dispositions obsolètes et de veiller à
l’alignement des obligations en matière de reporting et de conformité afin
que les entreprises puissent se concentrer sur la productivité et la croissance
plutôt que sur les contraintes administratives ». Au-delà des aspects techniques, le
message adressé à la Commission est clair : privilégier l’application effective des
normes existantes par un renforcement des contrôles plutôt que l’adoption de
nouvelles obligations contraignantes. Cette position intervient alors que l’exécutif
européen prépare une future loi sur les emplois de qualité, attendue d’ici la fin de
l’année. La revendication d’un « omnibus social » pourrait ainsi constituer une
tentative structurée d’infléchir l’agenda législatif et de contenir toute nouvelle
expansion du cadre légal européen.
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Dialogue
social sectoriel
Construction : Les partenaires
sociaux européens du secteur de la construction (FIEC et FETBB) ont présenté, en
décembre dernier, les résultats de leur projet commun « SIDE-CIC » soutenu par l’UE,
qui examine la faisabilité de créer un cadre interopérable pour des cartes
d’identité sociale dans le secteur du bâtiment. Ces cartes permettent de lutter
contre la fraude, de renforcer la santé et la sécurité au travail ainsi que la
reconnaissance des qualifications professionnelles et formations suivies par les
salariés. Le projet a mené trois études : une cartographie des
systèmes existants, une étude de
faisabilité juridique et une étude
de faisabilité technique. Sur la base des conclusions,
les partenaires sociaux ont convenu d’une série de
recommandations visant à orienter les initiatives futures, à promouvoir
l’interopérabilité et à préparer un éventuel projet pilote (v. communiqué de la FIEC
et de la FETBB)
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2. États
membres
Bulgarie
Nomades numériques : Le Conseil
des ministres a adopté un règlement
n°286 du 12
décembre 2025, en application d’une modification
de loi sur le séjour des étrangers du 18 juin 2025, qui introduit notamment
un permis nomade numérique. La nouvelle procédure permet aux personnes de résider
dans le pays sans lien de subordination avec un employeur local. L’objectif est, en
plus de dynamiser l’économie et le tourisme, d’attirer des personnes qualifiées dans
les domaines de l’innovation, des industries créatives, mais aussi des hautes
technologies.
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Espagne
Santé et sécurité au travail :
Le ministère du Travail et les deux confédérations syndicales
CC.OO et UGT sont parvenus à un accord
visant à améliorer et à moderniser la loi sur la prévention des risques
professionnels (v. communiqués CC.OO
et UGT).
Cette avancée ne fait toutefois pas l’unanimité. Les organisations patronales CEPYME
et CEOE ont exprimé leur mécontentement face au plan, affirmant avoir été écartées
du processus décisionnel. Ce sentiment d’exclusion n’est pas nouveau. En novembre
2025, les deux organisations avaient déjà publié une
note conjointe dans laquelle elles dénoncent leur mise à l’écart des
décisions prises dans les relations sociales espagnoles. Selon elles, l’absence d’un
dialogue plus large et inclusif contribue à instaurer un climat jugé hostile aux
entreprises, en particulier aux TPE et PMEs. Faute de majorité assurée au Parlement,
les mesures prévues par l’accord feront l’objet de décrets royaux afin d’être
appliquées. Des décrets sont notamment attendus sur les risques psychosociaux – pour
obliger les entreprises à procéder à leur évaluation –, sur le renforcement de la
surveillance lorsque plusieurs entreprises opèrent dans un même lieu de travail, et
sur l’exposition des travailleurs à des conditions météorologiques défavorables.
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Pologne
Harcèlement au travail : Le
Conseil des ministres a adopté, le 17 février, un projet de loi sur le harcèlement
au travail qui oblige les employeurs de neuf salariés ou plus à communiquer des
règles et procédures aux salariés (v. communiqué).
La loi inclut également une augmentation de compensations pour les victimes et la
mise en place de mesures contre les fausses accusations. Ce projet vise à clarifier
la loi, qui reste actuellement vague sur les actions, effets, et impacts du
harcèlement au travail, mais semble désormais exiger que le harcèlement se
matérialise par des actes récurrents, répétés et sur la durée.
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3.
Entreprises
Intelligence artificielle : La
direction du groupe d’assurance italien Generali et son CE européen ont
signé, le 4 février, une déclaration
commune consacrée à
la transformation technologique, à la numérisation et à l’intelligence
artificielle (IA). Il s’agit de la cinquième déclaration de ce type conclue
au sein du groupe. L’objectif affiché est d’encadrer le déploiement des outils d’IA
tout en anticipant leurs impacts organisationnels et sociaux. Le texte prévoit que «
lors de l’adoption de solutions technologiques innovantes, une attention
particulière sera accordée à la santé et à la sécurité des travailleurs, afin
d’éviter le risque qu’une utilisation intensive de l’IA puisse générer une surcharge
cognitive ou réduire les interactions sociales, avec des effets négatifs sur la
santé mentale et des répercussions potentielles sur l’intégrité physique ». La
formation constitue un autre pilier de l’accord. La déclaration précise que « les
travailleurs seront également dûment informés de l’utilisation des systèmes d’IA et
de l’IA générative et recevront une formation adéquate pour comprendre leur
fonctionnement, leurs avantages et leurs risques éventuels ». Ces formations, dont
le contenu est détaillé dans le texte, se dérouleront pendant le temps de travail.
Le principe du contrôle humain est explicitement réaffirmé pour les systèmes d’IA à
haut risque, notamment dans le domaine de la gestion des ressources humaines. Le
document prévoit que « le comité restreint du CE européen sera dûment informé si
l’introduction et/ou la mise à jour des systèmes susmentionnés ont une incidence
significative sur les travailleurs au niveau transnational ». Le texte n’emploie
toutefois pas le terme de « consultation » et ne précise pas le rôle du comité en
amont du déploiement ou de la mise à jour des systèmes d’IA. Par ailleurs, à
différents niveaux — européen, national ou local — est prévue la possibilité
« d’effectuer des évaluations préliminaires des risques liés à la santé et à la
sécurité au travail » en cas de projet d’introduction ou d’évolution des outils
concernés. Le suivi de l’application de la déclaration est confié au groupe de
travail du CE européen dédié aux nouvelles technologies informatiques et à l’IA.
Cette instance se réunira deux fois par an pendant toute la durée de validité du
texte.
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Accords
transnationaux
Base de données : L’OIT a
publié, le 19 janvier, la mise à jour des accords d’entreprise transnationaux
nouvellement conclus ou renouvelés dans son Répertoire
sur le dialogue social transnational. Si les thématiques traditionnelles
comme les droits fondamentaux au travail ou la sécurité et la santé au travail sont
couvertes par les accords les plus récents, ces derniers portent une attention
accrue, note l’OIT, au devoir de vigilance dans les chaînes d’approvisionnement, à
la durabilité environnementale, aux transitions justes, à la transformation
numérique et à l’intelligence artificielle.
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Accord
d’entreprise
Intelligence artificielle : La
direction de l’entreprise Albéa Tubes
France a signé, le 4 février, un accord
sur la méthode relatif au rôle de la représentation du personnel lors de
l’introduction de l’IA, avec quatre organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC,
CGT, Unsa). Ce texte s’applique tant aux nouveaux systèmes d’IA qu’à leurs
évolutions, et prévoit des modalités différenciées d’implication des représentants
des salariés : une consultation sur les projets majeurs qui entraîne, notamment des
suppressions de postes, l’organisation d’au moins 35 heures de formation ou des
conséquences sur les qualifications. Elle est également prévue lors de toute mise en
place d’un système coordonné de management algorithmique. Les instances
représentatives du personnel peuvent recourir à une expertise si besoin. Cette
consultation est complétée par « dialogue social continu, seule réponse adaptée au
cycle de vie et à la nature non finie des systèmes d’IA. » Pour Odile Chagny,
économiste à l’IRES, cet accord « fera sans aucun doute date dans la déclinaison
opérationnelle d’un dialogue social itératif sur l’IA, tel que réfléchi dans le
cadre du projet Dial-IA. »
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4. Études et
rapports
Santé et sécurité au travail :
L’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail
(EU-OSHA) a publié les premiers résultats
de sa quatrième enquête européenne des entreprises sur les risques nouveaux et
émergents (ESENER), accompagnés d’un outil
de visualisation particulièrement utile pour l’analyse des résultats et la
comparaison entre pays européens. Les premiers résultats montrent l’accroissement du
recours au télétravail : la part des lieux de travail dans l’UE-27 déclarant avoir
des salariés travaillant régulièrement à domicile a presque doublé depuis 2019,
atteignant 23 % en 2024 contre 13% en 2019, et dépassant 40 % en Finlande et aux
Pays-Bas. Une progression qui a aussi pour conséquence que la position assise
prolongée est le facteur de risque physique le plus fréquemment signalé dans l’UE-27
(64 % des établissements). En matière de risques psychosociaux, plusieurs facteurs
restent fortement présents dans les organisations, notamment la confrontation à des
patients, clients ou élèves difficiles (56 % des établissements) et la pression liée
aux contraintes de temps (43 %). Par ailleurs, les entreprises semblent renforcer
leurs actions de prévention. Parmi les établissements confrontés à des situations
impliquant des clients, patients ou élèves difficiles, 54 % des structures employant
au moins 20 personnes indiquent avoir mis en place une procédure pour traiter les
cas de menaces, d’abus ou d’agressions de la part de personnes extérieures (contre
51 % en 2019). De plus, 39 % des établissements ont instauré des plans d’action
contre le stress (contre 33 % en 2019) et 55 % disposent désormais de procédures
pour lutter contre l’intimidation ou le harcèlement (contre 45 % en 2019).
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