Eurofound note des améliorations de la qualité de l’emploi en Europe
Alors que la Commission européenne a annoncé son intention de présenter une proposition de loi sur la qualité de l’emploi d’ici la fin de l’année, les résultats de la dernière enquête européenne sur les conditions de travail (EWCS) sera scrutée de près !
Cette enquête offre un aperçu complet de la qualité de l’emploi en Europe, en examinant les caractéristiques de la main-d’œuvre, des lieux de travail, de la qualité de l’emploi et de la qualité de la vie au travail. Les résultats s’appuient sur plus de 36 600 entretiens en face-à-face d’environ 45 minutes, menés dans 35 pays.
Ce travail fournit donc un aperçu unique de la situation du travail en Europe et est une véritable pépite à découvrir en parcourant le rapport (v. résumé) et en utilisant des outils de visualisation en ligne.
Une grande partie du rapport est consacrée à l’évaluation des sept indicateurs de la qualité de l’emploi : rémunération ; qualité du temps de travail ; perspective (de carrière, de maintien dans son emploi…) ; compétences et autonomie ; intensité du travail ; environnement social (soutien des collègues, absence de comportements sociaux néfaste) ; environnement physique. Les résultats sont notamment ventilés par secteurs, niveaux de qualification, genres… et de façon plus discrète par pays.
Les pays nordiques tendent à truster les premières places avec le Luxembourg, la Suisse, l’Estonie et l’Autriche. En queue de peloton, se trouvent la Bulgarie et la Roumanie, derrière trois pays ayant demandé leur adhésion à l’UE (Macédoine du Nord, Serbie, Bosnie-Herzégovine), l’Italie et la Grèce.
Le rapport note des améliorations. Par exemple, en matière de temps de travail, le pourcentage de travailleurs effectuant parfois plus de 10 heures par jour est passé de 37 % en 2005 à 28 % en 2024, et la proportion de ceux travaillant plus de 48 heures par semaine a baissé de 19 % à 11 % sur la même période. Cependant, Eurofound note que « malgré une amélioration générale de la qualité de l'emploi, les bénéfices ne sont pas répartis de manière équitable. Des écarts importants persistent en fonction du sexe, de l’âge, du lieu d’origine, de l’état de santé, de la profession et du secteur. »
Outre cette mine d’information, un chapitre est consacré à la représentation des salariés sur le lieu de travail. L’enquête montre un renforcement de la présence des formes de représentation du personnel.
À la question de savoir s’il existe au sein de leur entreprise, un syndicat, un comité d'entreprise ou un organe similaire représentant les salariés, 53% des travailleurs interrogés répondent positivement (+ 5 points par rapport à 2015). La prévalence de cette représentation augmente avec la taille de l’entreprise, et est nettement plus élevée dans les entreprises de plus de 250 salariés (85,4%) et dans celles entre 50 et 250 salariés (68,9%).
La répartition par pays est très inégale : moins d’un tiers des salariés en bénéficient en Lettonie, en Bulgarie et en Estonie. À l’autre bout de l’échelle, deux tiers ou plus des salariés déclarent la présence d'une représentation collective sur leur lieu de travail, en France, en Belgique et en Finlande. En tête, se trouvent le Danemark (68%), le Luxembourg (70%) et la Suède (80 %). Hors UE, la Norvège affiche le taux record de 82 %.
Une autre question concerne l’existence d’une réunion régulière au cours de laquelle les salariés peuvent exprimer leur point de vue sur ce qui se passe au sein de leur organisation. Au total, 62 % des salariés ont indiqué disposer d’une telle occasion (9 points de plus qu’en 2015) avec de fortes variations, de 39 % en Hongrie à 80 % en Suède. Cependant, 21 % des salariés de l’UE ne disposaient ni d’une représentation formelle ni de réunions sur leur lieu de travail, et 11 % supplémentaires ont déclaré qu’il existait des réunions au cours desquelles ils pouvaient exprimer leur point de vue, mais qu’il n’y avait pas de représentation collective dans leur entreprise ou organisation.
(Article publié dans IR Notes 272 - 22 avril 2026)


