Quels sont les sujets évoqués dans la consultation des partenaires sociaux européens sur les emplois de qualité sur lesquels vous allez vous mobiliser ?
Pour CEC European Managers, il y a en effet de nombreux sujets à traiter en même temps. Nous proposons de nous concentrer en priorité sur la santé mentale et les risques psychosociaux. Pour nous, l’enjeu central est l’instauration d’un véritable droit à la déconnexion. Les managers sont aujourd’hui particulièrement touchés par la fatigue liée à l’hyperconnectivité : beaucoup jonglent en permanence entre deux téléphones, deux ordinateurs, et sont sollicités sans cesse par des appels et des notifications, y compris via les réseaux sociaux. Les statistiques le montrent clairement : cette situation entraîne une augmentation des arrêts maladie parmi les salariés que nous représentons.
Il est donc essentiel d’agir en amont, par la prévention et la sensibilisation des employeurs. Pour nous, un emploi de qualité est aussi un emploi durable, stable et digne, fondé sur un leadership de qualité. Il doit combiner sécurité, prévisibilité, possibilités de développement et un environnement de travail respectueux.
Nous insisterons également sur l’importance de la formation. Les employeurs réclament davantage de flexibilité dans les processus de réduction des effectifs, mais une fois les salariés sortis de l’entreprise, il est trop tard pour agir. Avant toute sortie de l’emploi, il est impératif de prévoir des dispositifs de requalification afin d’orienter les salariés vers de nouveaux métiers, notamment ceux liés aux transitions verte et numérique.
Par ailleurs, il est nécessaire de renforcer les compétences managériales. À ce titre, nous revendiquons un droit individuel à la formation pour les managers, afin de les aider à faire face aux nouvelles exigences. Enfin — et c’est un point majeur de notre agenda — l’emploi de qualité passe aussi par un renforcement du dialogue social sur l’organisation du travail. Dans certains pays, ce dialogue est une réalité : les employeurs consultent, voire coconstruisent, l’organisation du travail avec les représentants des salariés, et cela fonctionne, en améliorant concrètement la qualité des emplois. Ce n’est toutefois pas le cas partout. Une initiative de l’Union européenne pour encourager les employeurs à travailler avec nous afin de répondre aux transformations actuelles et à venir est donc indispensable.
(Publié dans IR Notes 264 - 17 décembre 2025)


