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IR Notes 10 – 21 mai 2014
www.irshare.eu
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Interview
Wolfgang Lemb, membre de la direction du syndicat IG Metall
Pourquoi IG Metall prend-il au
sérieux les élections européennes ? Ce seront les élections qui s’inscrivent
dans le contexte le plus difficile depuis que l’on peut élire les
députés du Parlement européen. Nous craignons une percée des
populistes, des extrémistes de droite et d’autres groupes
antieuropéens. Avec un taux de participation électorale
particulièrement faible, ces groupes hostiles à l’Europe obtiendront
un nombre proportionnellement plus élevé de sièges au Parlement et
pèseront ainsi de tout leur poids pendant des années sur la
politique européenne. Voilà pourquoi IG Metall a initié une campagne
électorale dans les entreprises pour convaincre ses adhérents de
l’importance de leur vote. De nombreuses manifestations nous donnent
l’occasion de discuter avec des comités d’entreprise et des
adhérents de nos exigences pour faire de l’Europe sociale une
réalité. Nous craignons aussi que les partisans radicaux d’un marché
libre et les néolibéraux obtiennent à nouveau un grand nombre de
voix bien qu’ils aient largement contribué aux difficultés sociales
de l’Europe par la déréglementation des marchés financiers, la
privatisation des services publics et la libéralisation des marchés
du travail.
Quelles sont les incidences des
politiques d’austérité dans l’Union
européenne ? Avec
les politiques d’austérité qui
s’imposent partout et que préconise malheureusement le gouvernement
allemand lui aussi, on commet une grave erreur. Mais ni la droite
populiste ni les partisans radicaux d’un marché libre ne peuvent
résoudre cette crise. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une
politique industrielle et d’investissement coordonnée. Nous devons
également être conscients du fait que nous ne pourrons convaincre
les gens d’adhérer à l’Union européenne que si la répartition des
richesses est plus équitable. Voilà pourquoi il est important que
les travailleurs de toute l’Europe participent massivement à ces
élections et défendent une Europe sociale.
Craignez-vous que les travailleurs
allemands se désintéressent de
l’Europe ? Cette
crainte existe et elle est
compréhensible. A l’occasion de nombreuses manifestations, nous
constatons combien il est difficile de raviver l’enthousiasme de nos
concitoyens pour l’Union européenne. En tant que syndicat allemand,
nous avons une responsabilité historique particulière dans la
défense de l’idée européenne et de l’intégration européenne qui ont
principalement apporté la paix et la prospérité aux citoyens de
l’Union. Le développement de l’UE, qui a été axé pendant des années
sur le radicalisme de marché, explique toutefois la frustration des
travailleurs allemands étant donné que l’on conduit presque
exclusivement une politique servant les intérêts des groupes
industriels et de leurs actionnaires mais pas ceux des
travailleurs.
Pourquoi les salariés devraient-ils
s’intéresser à l’UE ? Il est très important malgré tout de
s’intéresser aux décisions prises à Strasbourg et à Bruxelles vu que
les pouvoirs à ce niveau sont toujours plus étendus. Le désarroi et
la colère des travailleurs sont devenus particulièrement palpables
durant la crise. Lors de manifestations, on nous demande où est
passé l’argent donné aux pays endettés dans le cadre de la crise de
l’euro. Ce que peu de gens savent, c’est que l’argent provenant de
ce qu’il est convenu d’appeler le fonds de sauvetage européen sert
bien souvent à faire face aux engagements des banques allemandes.
Pour ce qui est de la crise européenne, les médias allemands eux non
plus n’abordent pas toujours les relations de cause à effet, d’où
l’ignorance et le désintérêt des gens. « Nous ne paierons pas pour
votre crise », tel était le slogan repris par de nombreuses
manifestations depuis le début de la crise. Malheureusement, c’est
précisément ce qui s’est passé. Maintenant, nous devons communiquer
à tout va pour que les gens ne continuent pas à se détourner du
projet commun qu’est l’Europe.
Pourquoi le Parlement européen
est-il si important en matière d’affaires sociales et
d’emploi ? Pour
nous syndicats, le Parlement est le
partenaire le plus important au niveau du processus législatif car
c’est la seule institution européenne démocratiquement légitime.
Nous nous engageons fermement pour faire en sorte que le Parlement
obtienne enfin le droit d’initiative législative, comme c’est le cas
dans toutes les démocraties. Pour beaucoup de travailleurs, le
Parlement européen est de prime abord très abstrait comme l’est
aussi le travail de ses commissions, mais, en réalité, plus de 70
pour cent de la législation du travail dans les Etats membres
découlent de la législation-cadre européenne. Voilà pourquoi il est
bien évident que nous devons collaborer étroitement avec le
Parlement européen en matière d’affaires sociales et d’emploi pour
éviter les plus graves erreurs que s’apprête à commettre la
Commission européenne néolibérale. Le succès à cet égard n’a pas
toujours été au rendez-vous jusqu’à présent. Et IG Metall n’est pas
le seul syndicat à devoir s’employer à ce qu’il en soit autrement.
Il incombe surtout à notre fédération syndicale européenne
IndustriAll d’en faire autant.
Qu’est-ce que l’UE a fait de bien
ces dernières années pour les salariés
allemands ? En
effet, on ne peut pas dire que tout ce
qui vient de Bruxelles et de Strasbourg soit négatif. Prenons par
exemple les dispositions régissant le travail intérimaire. C’est un
sujet important pour nous en Allemagne car il y a eu beaucoup d’abus
à ce propos mais pas d’égalité salariale telle que la prévoit
effectivement la directive européenne. Le problème réside donc dans
la transposition nationale de la directive européenne.
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IR Notes est
une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues
européennes et réalisée par IR Share
et son réseau d’experts. Elle propose une veille
européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique
de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros
HT par mois sur le site IR Share. IR
Share est une
entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif
est d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en
Europe et au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour
la France et le Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis
2014.
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À la Une
Le
syndicalisme européen appelle à voter aux élections européennes
Le mouvement syndical européen s’est fortement mobilisé pour appeler les citoyens et
notamment les salariés, à voter lors des élections européennes qui se déroulent du
21 au 25 mai pour élire un nouveau Parlement européen. La Confédération européenne
des syndicats a lancé une campagne « A new path for Europe » avec la publication
d’un manifeste
(autres langues voir ici)
et un appel à voter « pour le candidat qui, selon vous, contribuera à mettre
l’Europe sur une voie plus sociale ». Une campagne relayée aussi par les fédérations
syndicales européennes comme IndustriAll Trade Union Europe qui a adopté un Manifeste
pour remettre d’industrie au travail (autres langues ici) et consacre une
place conséquence de son site Internet au sujet avec une interview de son président
Michael Vassiliadis. L’EFFAT (agroalimentaire) a adopté une résolution
appelant à la mobilisation « pour que l’issue des élections soit favorable à une
Europe sociale ». Au niveau national, le message passe plus ou moins bien. Il est
extrêmement bien relayé en Allemagne, la plupart des fédérations syndicales
invitants leurs membres à se rendre aux urnes avec une large part des sites web
consacré à ce sujet (v. interview). Le message est moins audible dans d’autres pays.
En Italie, les trois grandes organisations syndicales italiennes CGIL, CISL, UIL ont
adopté une déclaration
commune, le 16 mai. Ce n’est pas un appel direct à la participation au vote,
mais un appel aux candidats et futurs élus italiens à changer l’orientation de l’UE,
en soutenant une politique plus sociale. En Belgique, les deux grandes
confédérations CSC et FGTB ont publié un appel
commun pour mobiliser leurs adhérents pour un vote social. Pas d’unité en
France, où le sujet est absent de la plupart des sites des organisations syndicales.
Reste à voir si cette mobilisation européenne parvient à faire décoller le taux de
participation.
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1. Union
européenne
Législation
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Actualité
sociale
- Validité des quotas dans les équipes
sportives : la Commission européenne a demandé à
l’Espagne, le 16 avril 2014, de modifier ses règles sur la composition des
équipes de basket-ball (v. communiqué de
presse). Une décision qui concerne de nombreux pays qui appliquent des
quotas « de joueurs formés localement ». Si le quota est trop élevé, la
Commission estime qu’il constitue une discrimination indirecte à l’encontre des
joueurs d’autres États membres. La Commission a jugé conforme en 2008 une règle
de l’UEFA qui revient à obliger les clubs de football à réserver 32% des places
dans une équipe à des joueurs formés localement. Mais dans le cas de l’Espagne,
certains championnats imposent des quotas allant de 40% à 88% ce qui paraît
excessif aux yeux de la Commission. Toutes les fédérations sportives en Europe
devront tirer des enseignements de cet avertissement lancé à l’Espagne.
- La position de la CES sur les négociations
transnationales : la Confédération européenne des
syndicats (CES) a adopté une résolution,
en mars, en faveur d’un « cadre juridique optionnel pour les négociations
transnationales avec les entreprises multinationales ». La résolution détaille
les clauses que la CES souhaite inclure dans ce cadre juridique optionnel –
c’est-à-dire que les partenaires sociaux pourront choisir d’appliquer à leur
négociation – et par conséquent dans les accords que les fédérations syndicales
européennes seront amenées à négocier.
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Dialogue
social européen
- Une boîte à outils pour l’égalité entre
les hommes et les femmes : les partenaires sociaux
européens — la CES, du côté syndical, et les organisations employeurs
BusinessEurope, CEEP, UEAPME — ont présenté une boîte à outils qui contient
« 100 meilleures pratiques pour l’égalité au travail » recensées dans 25 pays
européens. Elles sont présentées dans une base de données on-line.
« Cette boîte à outils a été conçue, expliquent les partenaires sociaux, pour
servir d’inspiration et de catalyseur afin de définir, de négocier et de
diffuser des mesures efficaces pour différents types d’entreprises et divers
environnements de travail » (v. communiqué).
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2. États
membres
Allemagne
- Réunion avec les représentants des comités
d’entreprise au ministère du Travail : la ministre du
Travail, Andreas Nahles, a reçu, le 8 mai 2014, les présidents des comités
d’entreprise des sociétés cotées à l’indice boursier phare, le DAX 30. Selon le
communiqué
du ministère (en allemand), les discussions ont porté sur la
sécurisation de la main-d’œuvre qualifiée, la conception de l’organisation du
temps de travail plus souple et favorable à la famille, l’« humanisation du
travail » ou encore les abus en matière de recours au contrat d’entreprise ou à
l’intérim. La ministre entend renouveler cet exercice régulièrement et inviter
aussi les directions des ressources humaines de ces entreprises.
- 20e Congrès du
DGB : la plus grande confédération syndicale allemande,
le Deutscher Gewerkschaftsbund (DGB), a tenu son 20e
congrès, du 11 au 16 mai, à Berlin. Elle a porté à sa tête Reiner
Hoffmann (58 ans), avec plus de 93% des voix des 392 participants en
remplacement de Michael Sommer. Son arrivée va ancrer le mouvement syndical
allemand dans l’UE. C’est l’ambition de Reiner Hoffmann, qui a passé 15 ans à
Bruxelles, à la tête de l’Institut syndical européen puis, de 2003 à 2009, comme
secrétaire général adjoint à la Confédération européenne des syndicats. « Je
considère que ma nomination est une reconnaissance de mon travail au niveau
européen ». « Nous avons besoin de règles du jeu européennes, pour un marché du
travail européen et une politique sociale », a-t-il expliqué dans une interview
au quotidien Die Welt.
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Belgique
- Décret sur l’emploi de la langue flamande
: la Cour de justice de l’UE avait sanctionné, en 2013,
un décret flamand sur l’emploi des langues, le jugeant contraire à la libre
circulation des personnes (v.
CJUE, 16 avril 2013, C-202/11, Las). Le gouvernement flamand a par
conséquent apporté des modifications à ce dispositif au moyen d’un nouveau décret,
publié au Moniteur belge (22-4, version en flamand)
qui porte en particulier sur l’emploi des langues dans les relations entre les
employeurs et salariés. La langue officielle à utiliser pour les relations de
travail entre l’employeur et le salarié reste le néerlandais, mais il sera
désormais possible d’ajouter « une version ayant force de loi » pour des
« contrats de travail individuels dans une des langues » pratiquée dans l’UE ou
l’Espace économique européen et « comprises par toutes les parties
intéressées ». Le texte précise les catégories de salariés concernés et ajoute
qu’en cas de différence entre les deux versions du document, «la version
néerlandaise du document a la priorité».
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France
- Don de journée de repos pour des salariés
parents d’un enfant malade : une loi entrée en vigueur
le 11 mai 2014 (Loi
2014-459 du 9 mai 2014) permet à tous les salariés, sous réserve de
l’accord de l’employeur, ainsi qu’aux agents publics civils et militaires, de
renoncer anonymement et sans contrepartie à tout ou partie de ses jours de repos
non pris au bénéfice d’un salarié parent d’un enfant ayant besoin de sa
présence. L’enfant (de moins de 20 ans) doit être gravement malade et atteint
d’une maladie, d’un handicap ou victime d’un accident d’une particulière gravité
rendant indispensables une présence soutenue et des soins contraignants.
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Portugal
- Modification des critères de licenciement
: une loi du 8 mai (Ley 27/2014 de 8
de maio) procède à la sixième modification du Code du travail. Cette
loi, qui entrera en vigueur le 1er juin 2014, définit de nouveaux critères de
licenciement lors d’un licenciement individuel pour motif économique en cas
d’extinction de poste : 1° la plus mauvaise évaluation de performance ; 2° le
plus bas niveau de qualifications scolaire et professionnelle ; 3° le coût
élevé, pour l’entreprise, du maintien de l’emploi ; 4° le moins d’expérience
dans la fonction ; 5° le moins d’ancienneté dans l’entreprise. Le texte précise
que l’« impossibilité pratique de maintenir la relation de travail » peut être
démontrée par l’employeur lorsqu’il n’a pas d’autre emploi compatible avec la
catégorie professionnelle du salarié. Cette exigence est également applicable au
licenciement pour inaptitude.
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Royaume-uni
- Droit à un temps de travail flexible
: une loi promulguée le 13 mars 2014 (The
Children and Families Act 2014) élargit, à partir du 1er juin prochain,
le droit de demander un aménagement de leur temps de travail, à tous les
salariés. L’employeur n’est pas obligé d’accepter, mais il doit considérer la
demande du salarié d’une «façon raisonnable» et agir en conformité avec le guide
publié par l’Acas, l’organisme public de conciliation des conflits du travail.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
- Imerys : la direction du
leader mondial des spécialités minérales pour l’industrie, le groupe français Imerys
(15805 salariés) termine la révision de son accord de comité d’entreprise
européen, qui avait déjà intégré les dispositions de la directive révisée du 6
mai 2009 dans un accord
renouvellement de 2010.
- Lafarge-Holcim : suite à
l’annonce, le 7 avril 2014, de la fusion des deux groupes cimentiers Lafarge
(64000 salariés) et Holcim (71000
salariés), la Fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois (FETBB)
a organisé une réunion, à Bruxelles, des comités restreints des comités
d’entreprise européens des deux groupes, de façon à coordonner les actions des
deux comités pendant le processus de fusion. Du côté de Lafarge, le comité
d’entreprise européen a demandé, lors d’une première réunion d’information sur
la fusion, la négociation d’un « accord de méthode » permettant, selon la FETBB,
1° d’identifier les différentes étapes de la procédure d’information et de
consultation ; 2° de prévoir des moyens afin de permettre aux représentants de
travailler sur le dossier par exemple en participant à des réunions à la
fédération syndicale européenne à Bruxelles ou à la Commission européenne ; 3°
de s’engager sur la mise en place d’un nouveau comité au moment où la fusion
sera effective. Chez Holcim, les représentants des salariés tentent une démarche
similaire.
- Microsoft : les
fédérations syndicales CGIL en Italie et FGM-CGT en France ont adressé une
demande formelle de mise en place d’un comité d’entreprise européen au groupe
informatique américain Microsoft.
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Négociation
transnationale
- GDF Suez : la direction du
groupe énergétique français GDF
Suez (147200 salariés) et les trois fédérations syndicales
internationales de l’énergie et de l’industrie (IndustriAll), de la
construction (BWI) et
des services publics (PSI) ont
signé, le 13 mai 2014, un accord
mondial sur la santé-sécurité au travail. Les mêmes parties avaient
signé, le 16 novembre 2010, un
accord mondial sur les droits fondamentaux, le dialogue social et le
développement durable qui prévoyait la négociation de futurs accords mondiaux en
particulier sur la formation, les restructurations, le développement durable et
la santé-sécurité qui fait donc l’objet de cette première déclinaison de
l’accord mondial. Le nouvel accord reprend l’essentiel de l’accord
européen sur la santé et la sécurité au travail du 23 février 2010. Le
groupe avait à l’époque décidé unilatéralement d’étendre cet accord européen au
niveau mondial. Désormais ces engagements sont repris sous la forme d’un accord
collectif international. Le suivi des engagements sera assuré par un « comité de
référence élargi santé sécurité » paritaire composé de huit représentants de la
direction et de huit représentants des salariés désignés par les trois
fédérations syndicales signataires et du comité de suivi mis en place au sein du
comité d’entreprise européen, pour l’accord européen. Ce comité doit représenter
les différentes zones géographiques et comprendre au moins trois femmes.
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Bonnes
pratiques
- Schneider Electric : dans
un communiqué, le syndicat français CFDT présente une initiative intéressante
dans le cadre de la décision prise, en 2012, par le groupe Schneider Electric de
délocaliser une partie de la production de sa filiale Gardy (130 salariés) de la
France vers la Bulgarie en 2015. Le syndicat craignant une fermeture de site
explique avoir convaincu la direction « d’entrer dans une démarche paritaire
innovante basée sur l’anticipation des problèmes d’emploi et la valorisation des
compétences ». Épaulé par le cabinet d’expertise Syndex, un groupe paritaire est
constitué en 2013 par les acteurs intéressés par la démarche : les représentants
CFDT et du syndicat CFE-CGC, la direction locale et la direction France de
Schneider Electric. Ce groupe a travaillé pendant un an autour de deux sujets :
l’analyse des compétences collectives du site et la recherche de solutions de
ré-industrialisation en élaborant un « CV » de site pour trouver des repreneurs.
Finalement le site sera repris progressivement par le constructeur de lampe LED
Lucibel qui va relocaliser sur ce site une production actuellement réalisée en
Chine.
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4. Études et
rapports
L’Europe face à ses problèmes
sociaux : une étude du think tank européen Bruegel se penche
sur l’impact social de la politique d’austérité menée en Europe soulignant la
détérioration de la situation des jeunes générations. Le texte montre que le haut
niveau de chômage, l’accroissement de la pauvreté et des inégalités pèsent sur la
croissance à long terme de l’Europe, d’où une série de recommandations pour
combattre au plus vite ces phénomènes (« Europe’s
social problem and its implications for economic growth », bruegel policy
brief, 2014/03, avril 2014).
- Qualité de vie des
familles : une étude
publiée par Eurofound (Fondation de Dublin) sur la qualité de vie en Europe,
s’est intéressée au sort des familles dans le contexte de crise économique et en
particulier sur celui des parents isolés (voir résumé).
L’étude comprend un certain nombre de préconisations pour soutenir les parents
isolés à trouver un emploi, d’accélérer en cas de licenciement le retour à
l’emploi « de façon à éviter que le risque d’inégalité ne s’installe
durablement » ou encore d’étendre les horaires de travail flexibles et prendre
des mesures pour aider les familles à concilier travail et devoirs familiaux.
- Regard mondial sur la maternité et la
paternité : l’Organisation internationale du Travail
(OIT) a publié un rapport sur les législations et la pratique en matière de
maternité et de paternité dans le monde (lien vers le résumé
et vers le rapport
complet, en anglais). Ce rapport compare la législation nationale de 185
pays et territoires avec les normes de l’OIT les plus récentes. L’OIT observe
une évolution progressive vers un congé maternité d’une durée minimale de 14
semaines (la norme préconisée par l’OIT). Sur les 185 pays, seulement trois
n’énoncent pas d’obligation légale de verser des prestations en espèces durant
le congé maternité et, aujourd’hui, plus de 100 pays financent ces prestations
par le biais de la sécurité sociale, ce qui réduit les cotisations versées par
les employeurs. Sur 167 pays étudiés, 78 énoncent un droit légal de congé de
paternité, rémunéré pour 70 d’entre eux.
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Le mot de la
quinzaine
Le Parlement
européen
Le Parlement européen qui représente 500 millions de citoyens européens ne dispose
cependant pas de l’attribut traditionnel des assemblées démocratiques : celui de
proposer des législations, même si depuis le traité de Lisbonne, un petit pas a été
fait en ce sens. Le Parlement peut en effet adopter une résolution demandant à la
Commission européenne de prendre une initiative sur un thème particulier. En effet,
conformément à l’article 225 du traité FUE, le Parlement peut « demander à la
Commission de soumettre toute proposition législative appropriée. Il peut en même
temps fixer un délai pour la présentation de cette proposition ». L’essentiel du
travail du Parlement est réalisé au sein de ses commissions, dont la commission
emploi et affaires sociales qui traite en particulier des questions liées à
l’emploi, la protection sociale et le droit du travail. Plus de détails dans le Dictionnaire
européen des relations sociales (en anglais).
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