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IR Notes 101 – 4 juillet 2018
www.irshare.eu
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d’informations, de documentations et de compétences pour les managers RH
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Editorial
Votre newsletter IR Notes, créée en 2014, a fêté son 100e numéro !
Le pari de rendre l’actualité
sociale européenne accessible aux acteurs du dialogue social, et
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Frédéric Turlan, juriste en droit du travail de formation, qui a
près de 20 ans d’expérience dans le champ du droit social et des
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essentielles tout en s’efforçant de les rendre compréhensibles pour
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une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues
européennes et réalisée par IR Share et son
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travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en
vente sur abonnement pour un montant de 18 euros HT par mois sur le
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capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer
et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà.
Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin pour la France depuis
2009.
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À la Une
Plus de
congés familiaux, mais pas forcément d’indemnisation décente
Lors du Conseil Emploi, politique sociale, santé et consommateurs qui s’est tenu les
21 et 22 juin, les ministres du Travail sont parvenus à un accord sur trois
propositions de directive en matière sociale : la révision
des règles relatives à la coordination des régimes de sécurité sociale (v.
communiqué
du Conseil), une nouvelle directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie
privée (v. communiqué
du Conseil) et une directive sur les conditions de travail transparentes et
prévisibles (v. communiqué
du Conseil). Désormais, une fois que le Parlement européen aura lui-même arrêté sa
position sur ces textes, les deux institutions et la Commission débuteront des
négociations en vue d’adopter ces trois directives en première lecture, avant la fin
du mandat du Parlement, qui s’achève avec les élections européennes de juin 2019. La
recherche d’un compromis ne sera pas facile entre un Parlement qui entend améliorer
les propositions de directive présentées par la Commission, alors que le Conseil
vient justement d’en réduire les ambitions. La proposition
de directive relative à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée
(v. IR
Notes 75) instaure notamment un congé de paternité d’au moins dix jours, un
congé d’aidant de cinq jours par an en cas de maladie d’un parent direct ou encore
un congé parental dont 1,5 mois devait être rémunéré. Trop généreux pour le Conseil
qui veut laisser le soin aux États de déterminer la durée du congé d’aidant et le
niveau de l’allocation devant être versée pour ces congés. Quant à la proposition de
directive
« relative à des conditions de travail transparentes et prévisibles dans l’Union
européenne » (v. IR
Notes 89), elle prévoit d’obliger l’employeur d’informer le travailleur des
conditions applicables au contrat ou à la relation de travail dès son premier jour
de travail et non dans un délai de deux mois, comme le prévoit l’actuelle directive
91/533. De plus, la proposition étend cette obligation à tous les travailleurs, au
sens de la jurisprudence de la Cour de justice. Le Conseil a réduit les ambitions de
la proposition sur le moment où l’information doit être délivrée au travailleur : un
certain nombre d’informations essentielles devront être remises par écrit dans un
délai d’une semaine après le début du travail, et non dès le premier jour. D’autres
informations, jugées moins essentielles, devront être livrées au plus tard un mois
après la relation de travail. La proposition ne semble plus intégrer la définition
du travailleur retenue par la Cour de justice et renvoie à la définition nationale
du travailleur « qui a un contrat de travail ou une relation de travail tel que
défini par la loi, les conventions collectives ou les pratiques en vigueur dans
chaque État membre ». En vidant en partie des deux propositions de directive de leur
substance, les ministres européens du Travail soulignent indirectement la fragilité
du socle européen des droits sociaux (v. IR
Notes 74, À la Une) dont le déploiement ne repose que sur la bonne volonté
des États membres, autrement dit, sur du sable.
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
Réactions aux positions du Conseil sur les deux
directives sociales (v. À la Une) : plusieurs députés
européens ont regretté les positions du Conseil. « C’est un pas dans la bonne
direction. Cependant, dénonce Agnes Jongerius, eurodéputée et porte-parole du Groupe
S&D pour l’emploi et affaires sociales, il est honteux que la quasi-totalité des
questions fondamentales, dont le public cible auquel sont destinés les droits et
devoirs stipulés par cette directive, soit laissée à la discrétion des États
membres. » Elle regrette aussi le renvoi de la rémunération des congés parentaux ou
pour les aidants aux États membres, privant ainsi l’Union d’une disposition
harmonisée (v. communiqué).
Qualifiant de « fortement décevante » la position du Conseil, la députée Elisabeth
Morin-Chartier (PPE) a dit espérer que le texte adopté par le Parlement serait
« meilleur ». Même la Commission européenne ne cache pas sa déception. Marianne
Thyssen, la commissaire européenne chargée du dossier, reconnaît, en ce qui concerne
la directive relative aux conditions de travail transparentes et prévisibles,
qu’elle avait « plaidé en faveur d’une approche plus ambitieuse » (v. communiqué).
Pour la directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, elle
espère parvenir avec le Parlement « à changer la donne pour de nombreux couples et
familles confrontés à ce défi ». « L’adoption d’une approche générale portant sur
les deux directives est un bon signe », relève pour sa part le secrétaire général de
la Confédération européenne des syndicats qui regrette aussi certains
affaiblissements du texte (v. communiqué).
Une position que ne partage pas l’organisation patronale européenne BusinessEurope,
qui approuve le choix « plus réaliste » de laisser les questions du niveau de
l’indemnisation des congés et de la définition du travailleur aux États membres (v.
communiqué).
- Brexit : l’inquiétude des
partenaires sociaux grandit fasse à la lenteur des négociations sur le Brexit
qui conduiront le Royaume-Uni à devenir un État tiers à l’UE, à partir de mars
2019. L’organisation patronale européenne de la métallurgie (CEEMET) réclame
dans un communiqué
un allongement de la période de transition. De leur côté les partenaires sociaux
européens et britanniques ont, pour la première fois de leur histoire, adopté
une déclaration conjointe invitant les négociateurs du Brexit à les consulter
pour rechercher des solutions pratiques (v. communiqué BusinessEurope
et CES).
- Lutte contre les
discriminations : la Commission européenne a publié, le
22 juin, une recommandation
à l’attention des États membres pour renforcer les organismes indépendants mis
en place dans chaque État en application des directives sur l’égalité et contre
les discriminations. (v. communiqué).
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Dialogue
social sectoriel
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Jurisprudence
Une indemnité versée pour un refus de
modification de contrat de travail doit être garantie : une
salariée espagnole s’est vue proposer un reclassement pour motif économique sur un
site à plus de 450 km de chez elle. Elle a refusé cette mutation et opté,
conformément à l’article 40 du statut des travailleurs, pour une rupture de son
contrat de travail qui a été acceptée par son employeur. Ce dernier devait lui
verser plus de 7000 euros d’indemnité. Après un premier paiement partiel,
l’employeur a été placé en procédure d’insolvabilité. Sollicité pour payer le
reliquat, le fonds de garantie des salaires (Fogasa) a refusé la prise en charge de
cette créance salariale au motif que les dédommagements trouvaient leur origine dans
une cessation du contrat de travail intervenue à la demande du travailleur et
n’étaient par conséquent pas garantis. La Cour de justice a jugé que l’article 3,
premier alinéa, de la directive 2008/94 du 22 octobre 2008, relative à la protection
des travailleurs salariés en cas d’insolvabilité de l’employeur, « doit être
interprété en ce sens que, lorsque, selon la réglementation nationale concernée,
certaines indemnités légales dues pour cessation du contrat de travail par la
volonté du travailleur ainsi que celles dues en cas de licenciement pour raisons
objectives […] relèvent de la notion de « dédommagements pour cessation de la
relation de travail », au sens de la directive, les indemnités légales dues pour
cessation du contrat de travail par la volonté du travailleur en raison du transfert
du lieu de travail par l’employeur, obligeant le travailleur à changer de lieu de
résidence, doivent également relever de cette même notion. » (v. CJUE,
28 juin 2018, aff. C-56/17, Checa Honrado).
- Changement de sexe et pension de
retraite : la Cour de justice a rendu un arrêt (CJUE,
26 juin 2018, aff. C-451/16) dans lequel est précise qu’une personne
ayant changé de sexe ne peut pas être contrainte d’annuler son mariage conclu
antérieurement à ce changement pour pouvoir bénéficier d’une pension de retraite
à l’âge prévu pour les personnes du sexe qu’elle a acquis (v. communiqué).
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2. États
membres
Belgique
Prévention du burn-out : le
Conseil des ministres a approuvé, le 15 juin, un projet d’arrêté royal relatif aux
projets destinés à la prévention primaire du burn-out au travail (v. communiqué)
prévus par l’accord-interprofessionnel 2017-2018. Ainsi, un employeur relevant du
secteur privé ou une branche professionnelle pourra introduire une demande de
subvention en soutien à des projets pilotes qui développent une approche intégrée et
pluridisciplinaire de la prévention primaire des risques psychosociaux et du
burn-out en particulier (v. communiqué).
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Luxembourg
- Nouvelles conventions collectives dans le
secteur financier : les trois syndicats Aleba, OGBL et
LCGB et l’organisation patronale ACA ont signé, le 28 mai, la nouvelle convention
collective de travail des compagnies d’assurances 2018-2020 (v. communiqué).
Auparavant, les partenaires sociaux du secteur bancaire – les mêmes syndicats et
l’organisation employeur ABBL – sont parvenus, le 9 mai, à un accord de principe
sur le renouvellement de la convention collective des banques (v. communiqué
ABBL et communiqué
de l’Aleba).
> Plus de nouvelles :
nous publions désormais sur le site IR Share, le Flash report mensuel
réalisé pour la Commission européenne par l’European Centre of Expertise sur la
base de rapports nationaux de leur réseau d’experts. Le document contient une
mise à jour très complète des évolutions du droit du travail et de la
jurisprudence dans les États membres.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
ArcelorMittal : dans le cadre
du processus d’information et de consultation en cours organisé dans le cadre du
rachat du sidérurgiste italien Ilva par le groupe ArcelorMittal, le CE européen de
ce dernier a rendu un premier avis, le 29 juin, pour l’instant défavorable au
rachat, mais qui pourrait devenir positif si le management 1° propose « des
garanties sur l’avenir pour les usines et les salariés qui doivent quitter le groupe
et ceux qui doivent rester dans le groupe « ; 2° assure, par accord, « une bonne
intégration d’Ilva et de ses salariés dans le groupe » ; 3° renoue « un dialogue
social qui fournisse une information de qualité et transparente et qui garantisse
aux représentants du CE européen le cadre nécessaire à cet effet. Cet objectif doit
être sécurisé. » « À ces conditions, ajoute l’avis, nous soutenons ce processus ».
Le texte de l’avis est certes critique vis-à-vis de la direction, mais les
principales flèches sont directement adressées à la Commission européenne accusée de
« déni de démocratie sociale et de respect des instances européennes
d’ArcelorMittal. »
- Korian : le groupe spécial
de négociation pour mettre en place un CE européen au sein du groupe français
Korian (49000 salariés), un des leaders européens des maisons de retraite
médicalisées, s’est réuni pour la première fois, les 25 et 26 juin et a suivi
une formation organisée par l’Institut syndical européen (v. communiqué).
- Siemens : le CE européen
du groupe Siemens a tenu sa réunion annuelle, les 23 et 24 mai, à Bratislava
(Slovaquie). Le comité a en grande partie été consacré au processus de fusion
entre la division Siemens Mobility avec le groupe Alstom. Les membres du CE
européen de Siemens ont discuté de la possibilité de déléguer certains droits
d’information et de consultation à des sous-CE européens, par exemple, pour
couvrir l’activité transport. Les trois représentants du CE européen d’Alstom
invités à la réunion ont demandé, avec le soutien unanime du CE européen de
Siemens, une garantie d’emploi pour tous les salariés européens, comme l’ont
déjà obtenu, par accord, les salariés allemands et français (v. compte
rendu).
- Tata Steel : les membres
du CE européen du sidérurgiste indien Tata Steel ont déclaré, le 11 juin, qu’ils
n’étaient « toujours pas convaincus » que la fusion envisagée « avec
Thyssenkrupp réponde au mieux aux intérêts des opérations de Tata Steel Europe
et des salariés que nous représentons » (v. dépêche
de l’agence Reuters).
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Société
européenne
- Evotec : le prestataire
allemand de recherche pharmaceutique Evotec va mettre en place un groupe spécial
de négociation pour négocier un accord sur l’implication des travailleurs dans
le cadre de sa transformation en société européenne.
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Syndicalisme
- Caterpillar : le réseau
syndical mondial mis en place par IndustriAll Global Union s’est réuni les 25 et
26 juin, à Sagamihara (Japon), sur un site en voie de fermeture (v. communiqué).
- Coca-Cola : le réseau
syndical mis en place par la fédération syndicale européenne Effat pour les
activités de Coca-Cola en Europe, s’est réuni le 19 juin, à Hambourg, pour faire
un point sur les processus de restructuration en cours, sur la négociation
relative au CE européen de Coca-Cola European Partners et pour prendre
connaissance des résultats d’une étude comparative réalisée par l’Effat
analysant les différentes conventions collectives applicables aux activités de
Coca-Cola dans l’UE (v. communiqué).
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4. Études et
rapports
Une évaluation de l’emploi au sein des
plateformes numériques : la Commission européenne a publié,
le 27 juin, un rapport
sur les travailleurs des plateformes dans l’UE qui repose sur un sondage
couvrant 32000 personnes dans 14 États membres. Selon ce rapport, un adulte sur dix
a déjà utilisé des plateformes en ligne au moins une fois pour fournir des services.
Alors que pour la majorité, il reste une source sporadique de revenus secondaires,
2% de la population adulte travaillent plus de 20 heures par semaine ou gagnent au
moins la moitié de leur revenu via des plateformes de travail en ligne. Parmi les
pays de l’étude, le Royaume-Uni a la plus forte proportion de personnes travaillant
principalement via des plateformes numériques (4,3%), suivi par les Pays-Bas (2,9%)
et l’Allemagne (2,5%). La Finlande (0,6%), la Roumanie (0,8%) et la Slovaquie (0,9%)
sont à l’autre extrémité du spectre.
- Conséquences sur l’emploi du développement
de la voiture électrique : une étude
a été réalisée par le Fraunhofer Institute (v. communiqué),
à la demande du syndicat IG Metall et des principaux constructeurs automobiles
et équipementiers allemands, sur l’impact de l’électrification sur l’emploi dans
la production de groupes motopropulseurs (v. communiqué
de presse d’IndustriAll). Cette étude développe trois scénarios
établissant l’impact de la décarbonisation de l’industrie automobile sur
l’emploi. En extrapolant ces chiffres à l’échelle de l’Europe, dans le premier
scénario qui correspond plus ou moins aux propositions actuelles de la
Commission, « 67000 salariés risquent de perdre leur emploi », souligne
IndustriAll. Dans deux autres scénarios, le nombre d’emplois menacés s’élève
respectivement à 108000 et 210000.
- La directive détachement tourne le dos à
une compétitivité fondée sur des bas coûts salariaux :
cette nouvelle directive marque « un changement radical avec
l’approche précédente », souligne l’Institut syndical européen dans un Policy
Brief consacrée à l’adoption de la directive détachement. « Le périple
pour aboutir à un accord fut complexe, mais le résultat est impressionnant »,
estiment les auteurs, pour qui la directive, dont les principales mesures sont
l’égalité de rémunération et la possibilité d’appliquer des conventions
collectives non étendues, « change radicalement les règles » en mettant un terme
à une concurrence sur les salaires au sein de l’UE.
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