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IR Notes 105 – 10 octobre 2018
www.irshare.eu
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Une question à…
Jean-Luc Delenne, Directeur des relations sociales groupe de
Carrefour
Quelle a été la genèse de la
déclaration adoptée par le CE européen sur la lutte contre les
violences envers les femmes
? Au niveau du groupe, nous pratiquons depuis
plus de dix ans un travail en commun avec les représentants des
salariés. Tout d’abord sur le recrutement et l’intégration des
personnes handicapées, puis en 2012, sur l’égalité entre les femmes
et les hommes avec l’élaboration et l’adoption, par le CE européen
d’une déclaration commune qui a ensuite été annexée à l’accord
international Carrefour – Uni Global Union de 2015. Cette année, le
CE européen a travaillé en ateliers sur la lutte contre la violence
envers les femmes qui a également abouti à l’adoption
d’une nouvelle déclaration commune qui vient ainsi s’ajouter à celle
sur l’égalité entre les femmes et les hommes. Ce travail montre
ainsi une prise de conscience des partenaires sociaux et leur
volonté d’agir concrètement sur les conséquences des violences
envers les femmes et notamment sur leur travail au quotidien et sur
l’évolution de leur carrière
professionnelle. Cette heureuse initiative des représentants des
salariés européens, que la direction a soutenu, a ensuite enrichi le
contenu du nouvel accord-cadre international conclu le 3 octobre
2018. Désormais la déclaration commune revêt une portée
mondiale.
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Agenda
10 et 11
octobre Bruxelles
Conférence annuelle des CE européens organisée par la
Confédération européenne des syndicats.
12 octobre
Paris
Conférence internationale, organisée par le ministère français
du Travail et l’OIT, consacrée à l’avenir du travail sur le thème « dialoguer
pour mieux décider dans l’entreprise ».
18 octobre
Suresnes
(France) Les sixièmes rencontres du
dialogue social des secteurs privés et publics, organisées sous le haut
patronage du Bureau de l’OIT pour la France et du Global Deal.
22 octobre
Bruxelles
Forum mensuel de l’Institut syndical européen sur les nouvelles
stratégies syndicales pour faire face aux nouvelles formes
d’emplois.
4 et 5 décembre
Bruxelles
L’Institut syndical européen organise une conférence
consacrée à l’exposition des femmes aux risques de cancer sur le
lieu de travail, avec des sessions sur la prévention, le
maintien et le retour dans l’emploi ainsi que sur la détection des
cancers professionnels.
13 décembre
Paris
Réunion du Club CE européens animée par Astrees et IR Share sur les CE
européens face à la directive secret des affaires. Tél. : + 33
(0)6 81 41 53 95.
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Qui sommes-nous ?
IR Notes est une
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langues européennes (allemand, anglais, espagnol, français, italien) et
réalisée par IR
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L’équipe : ce numéro a été préparé
par Märt Masso, Sylvain Nadalet et
Frédéric Turlan . Retrouver
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À la Une
Le groupe
Carrefour s’engage à lutter contre la violence envers les femmes
À l’occasion du renouvellement de l’accord-cadre international (*) conclu, le 3
octobre, entre le groupe Carrefour et la fédération syndicale Uni Global Union (v.
communiqués d’Uni
Global Union et de Carrefour),
les signataires ont annexé à l’accord, une déclaration du comité d’entreprise
européen « sur la lutte contre la violence envers les femmes » (v. Une question à…).
C’est la première fois, à notre connaissance, que ce thème est abordé dans le cadre
du dialogue social international. Les signataires rappellent que, selon l’ONU Femme,
une femme sur trois subit des violences conjugales dans le monde, qu’elles soient
physiques, sexuelles ou psychologiques. Ce qui signifie que sur l’ensemble du
groupe, qu’un tiers des 160000 salariées sont potentiellement touchées. Le texte met
l’accent sur la nécessité d’organiser des actions de sensibilisation et de
formation. La déclaration appelle à ne pas sanctionner une salariée pour
insuffisance professionnelle sans s’assurer que cette insuffisance n’est liée à un
« problème d’ordre privé » ou encore de « faire preuve d’empathie, d’écouter et
d’être en alerte en cas de changement de comportement d’une collaboratrice ». Les
signataires insistent aussi sur le refus des « propos et agissements sexistes ou
dégradant vis-à-vis des femmes sur le lieu de travail » et de leur banalisation. Un
suivi des actions sera réalisé dans le cadre d’un groupe de travail du CE européen
qui se réunit trois fois par an. L’initiative a été qualifiée de « pionnière » par
Guy Ryder, directeur général de l’OIT qui s’est exprimé lors de la signature de
l’accord-cadre international. >
Voir aussi : engagements en
prévention du harcèlement sexuel chez Sodexo
et Unilever.
(*) Ces textes ne sont pas disponibles.
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
Exposition des travailleurs aux gaz
d’échappement des moteurs Diesel : des discussions ont lieu
entre la Commission, le Conseil et le Parlement européens (dans le cadre d’un
trilogue) en vue d’adopter la deuxième révision de la directive 2004/37 du 29 avril
2004 relative à la protection des travailleurs contre les risques liés à
l’exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes au travail. La Commission a
annoncé son soutien à la proposition de compromis présentée, le 26 septembre, par la
présidence autrichienne de l’UE, qui consiste notamment à adopter un amendement pour
faire entrer les émissions de moteurs Diesel dans le champ d’application de la
directive et de fixer, comme l’a demandé le Parlement, une valeur limite
d’exposition professionnelle de 0,05 mg/m³, ce qui correspond à la norme en vigueur
en Allemagne. L’application de ce seuil d’exposition devrait permettre d’éviter 6
000 cas mortels de cancer par an.
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Dialogue
social sectoriel
- Exposition au formaldéhyde:
dans le cadre de la troisième révision de la directive 2004/37 du
29 avril 2004 (v. ci-dessus), les partenaires sociaux européens du secteur de
l’ameublement ont adopté une position
commune pour soutenir les valeurs limites d’exposition au formaldéhyde
proposées par la Commission européenne.
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Syndicalisme
- Brexit et CE européens :
pour anticiper les conséquences du Brexit, les fédérations
syndicales européennes ont publié des recommandations
communes afin notamment de maintenir les délégations britanniques dans
les CE européens et comités de société européenne (SE) existants et d’inscrire
de façon systématique le sujet du Brexit à l’ordre du jour des réunions de CE
européen ou de comités de SE.
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Jurisprudence
Notion du travail de nuit pour les femmes
enceintes, accouchées ou allaitantes : une salariée
espagnole chargée du gardiennage d’un centre commercial dans le cadre d’un travail
posté qui la conduit à effectuer des heures de travail de nuit, a demandé un
certificat médical afin d’être exonérée du travail de nuit qu’elle considère risqué
pour son allaitement. La directive
92/85 du 19 octobre 1992, concernant la mise en œuvre de mesures visant à
promouvoir l’amélioration de la sécurité et de la santé des travailleuses
enceintes, accouchées ou allaitantes au travail, accorde en effet une
protection contre le travail de nuit mais sans préciser de quelle période de travail
il s’agit. La Cour de justice se tourne donc vers la directive
2003/88 du 4 novembre 2003 (aménagement du temps de travail), pour
interpréter la notion de travail de nuit figurant dans la directive 92/85. La Cour
estime qu’il découle des dispositions de la directive 2003/88 qu’« une travailleuse
qui […] effectue un travail posté dans le cadre duquel elle accomplit uniquement une
partie de ses fonctions en horaires de nuit doit être considérée comme accomplissant
un travail durant la « période nocturne » et doit partant être qualifiée de
“travailleur de nuit” » (CJUE,
19 septembre 2018, aff. C-41/17, Isabel Gonzalez Castros).
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2. États
membres
Estonie
- Accord sur la hausse du salaire
minimum : les partenaires sociaux ont décidé, le
1er octobre, une hausse de 40 euros du salaire minimum pour le porter
à 540 euros par mois (3,21 euros de l’heure), à partir du 1er janvier
2019. La décision a été arrêtée suite à une consultation publique de laquelle il
est ressorti que le montant du salaire minimum était trop faible.
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Italie
Forfaitisation des dommages et intérêts en cas
de licenciement injustifié : le Conseil constitutionnel
s’est prononcé, le 26 septembre, pour censurer une disposition de la réforme du
droit du travail de 2015 (« Jobs Act ») introduisant un barème des dommages-intérêts
dus par l’employeur en cas de licenciement injustifié. Le montant de l’indemnité
prévue par la loi, qui allait de 6 à 36 mois de salaire, essentiellement en fonction
de l’ancienneté, pourra être corrigé par le juge sur la base d’autres critères tels
que les charges de famille, les conditions du marché du travail local et le
comportement des parties au cours de la relation de travail et du procès.
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3.
Entreprise
Comités
d’entreprise européens
Nouvel accord : le groupe
textile espagnol Inditex
(171839 salariés), qui détient notamment les marques Zara ou Massimo Dutti, a
conclu, le 25 septembre, un accord relatif à la mise en place d’un CE européen. Le
groupe a déjà signé, en 2009, un accord-cadre
international avec la fédération syndicale mondiale Uni Global Union.
L’accord prévoit que ne peuvent siéger au comité que des syndiqués ou des
représentants du personnel. Ainsi, un groupe d’une dizaine de pays sera représenté
au comité, le temps que des syndicats ou des instances de représentation du
personnel s’implantent dans les pays qui n’en disposent pas. L’accord prévoit
d’accorder une place d’observateur à la Suisse et à la Turquie à partir de la
troisième année d’application de l’accord. « Par ailleurs, explique Laila Castaldo,
coordinatrice au sein d’Uni Global Union, le comité pourra voter son propre budget
de fonctionnement à partir de la deuxième année, lui conférant ainsi une certaine
autonomie ».
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Accord
transnational
Évolution des emplois et des compétences :
la direction du groupe Veolia et son CE européen ont signé,
le 30 mai, une lettre
d’engagement de la direction qui contient dix engagements pour anticiper
l’accompagnement des salariés dans le développement de leurs compétences, leurs
parcours professionnels et leurs mobilités. Les DRH pays et les représentants des
salariés devront mettre l’accent sur deux des dix
engagements. > En bref : les fédérations
syndicales IndustriAll Global Union et IndustriAll Europe ont organisé un séminaire
sur l’application des accords-cadres internationaux signés chez Asos, H&M et Inditex sur les 600000 salariés
du secteur du textile et de la chaussure des pays du sud-est de l’Europe où le
salaire minimum est parfois de 200 euros par mois, moitié moins que le salaire
minimum pratiqué dans certaines régions chinoises (v. communiqué)
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Restructuration
Audience auprès de la Commission européenne :
une délégation de syndicalistes européens du groupe
sidérurgique ArcelorMittal a
été reçue par les services de la Commission européenne au sujet des conséquences du
rachat du sidérurgiste italien Ilva par ArcelorMittal (v. communiqué
d’IndustriAll Europe). « L’objectif, explique Luis Colunga, secrétaire général
adjoint d’IndustriAll Europe, est de s’assurer que les intérêts des travailleurs et
du développement à long terme d’ArcelorMittal, y compris des sites proposés à la
cession, soient pris en compte par la DG Concurrence ». De plus, « nous avons
souligné la responsabilité de la DG Concurrence concernant la garantie des emplois
et la pérennité des sites cédés puisque leur cession résulte directement des
analyses de concurrence menées par la Commission ». Ces cessions, dénonce
IndustriAll, reposent sur « l’application aberrante d’un droit européen de la
concurrence tout à fait archaïque qui, en se concentrant uniquement sur le périmètre
du marché intérieur, oublie que nos industries évoluent dans une économie
mondialisée ». La délégation cherchait aussi la transparence sur le processus de
cession, notamment à savoir sur quel critère la DG Concurrence se base pour
déterminer si le repreneur est un « bon » repreneur.
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