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IR Notes 106 – 24 octobre 2018
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Une question à ….
Andrzej Adamczyk, Responsable relations internationales de la
Confédération NSZZ Solidarnosc
Les
gouvernements conservateurs et/ou populistes sont accusés
par les syndicats d’appliquer des politiques néo-libérales,
tout en prétextant protéger les citoyens et les salariés en
particulier. Mais cela ne semble pas le cas en
Pologne… Le parti au pouvoir, le PiS,
est largement soutenu par la population. Les partis d’opposition
tiennent à lui coller une image de parti anti-européen pour tenter
de gagner en popularité. Certes, le gouvernement s’est opposé sur
certains dossiers à la Commission européenne, mais il ne cesse de
proclamer son attachement à l’UE. Il considère que ce serait un
suicide politique de s’y opposer, puisque 83% des Polonais déclarent
vouloir rester dans l’UE. Dans ce contexte, les syndicats doivent
prendre en compte le soutien massif de la population envers le
gouvernement et le fait que leurs adhérents le soutiennent dans les
mêmes proportions. Ce serait très risqué pour nous de s’opposer à
lui frontalement. Cela le serait tout autant de soutenir les partis
d’opposition qui ont mené des politiques d’austérité et très
antisyndicales. Sur ce point, le gouvernement nous écoute, même s’il
ne prend pas en compte notre point de vue, et il a amélioré les
conditions de vie et de travail des citoyens. Il a une préoccupation
sociale et ne s’inscrit pas du tout dans une logique libérale de
destruction des protections. Nous avons donc comme ligne directrice
de nous prononcer au cas par cas, selon les dossiers. En revanche,
nous n’envisageons pas, comme le font certains partis, de tolérer un
affaiblissement de l’état de droit, en contrepartie d’une
consolidation des acquis sociaux. Si on cède sur l’état de droit,
nous savons que cela sera difficile à reconquérir, alors qu’un
changement de gouvernement pourra toujours revenir la suppression
d’avantages sociaux.
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À la Une
Les
syndicats face aux partis populistes
À quelques mois des élections européennes, le groupe des travailleurs du Comité
économique et social européen (Cese) s’est réuni en session extraordinaire à Vienne,
le 10 octobre, pour mobiliser les syndicats nationaux sur les enjeux de ces
élections. Malgré les divisions et un certain fatalisme face à la montée du
populisme, les participants sont parvenus à dégager quelques lignes directrices :
1° Attaquer les partis populistes sur le fait qu’ils s’accordent parfaitement avec
les théories néolibérales de destruction des protections de l’emploi, comme le
démontre les projets des gouvernements finlandais (réduction de la protection contre
les licenciements dans les entreprises de moins de 20 salariés) et autrichien
(augmentation des durées maximales de travail à 12 heures par jour et 60 heures par
semaine). Mais cela ne vaut pas pour tous les pays, comme la Pologne (v. Question à…
ci-contre). 2° Rester sur des thématiques syndicales comme le pouvoir d’achat,
l’amélioration des conditions de travail ou la protection sociale, en particulier
pour les travailleurs des plateformes, sans se laisser enfermer dans les discussions
sur les migrations et la fermeture des frontières. Pour Gabrielle Bischoff (DGB),
présidente du groupe des travailleurs, il faut que les syndicats retrouvent leur
rôle de porteur d’espoir d’une vie meilleure et pour cela proposer des solutions
justes face aux grands défis que sont la transition écologique, la globalisation et
la numérisation. 3° Repenser la façon de communiquer pour contrer les discours et
l’efficacité des mouvements populistes ou d’extrême droite qui inondent l’Internet
et les réseaux sociaux de fake news. « Il faudrait encore beaucoup de
réunions de ce type », a appelé de ses vœux l’ancien président du Cese et
syndicaliste grec, Georges Dassis.
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1. Union
européenne
Projets
- Agents cancérigènes ou mutagènes
: le Parlement européen et le Conseil sont parvenus à un
accord, le 11 octobre, sur l’élargissement de la liste des produits chimiques
cancérigènes reconnus sur le lieu de travail à huit nouveaux produits, y compris
les gaz d’échappement des moteurs diesel, dans le cadre de la deuxième révision
de la directive
2004/37 du 29 avril 2004 (v. communiqué
de Parlement).
- Davantage d’informations à fournir aux
travailleurs : la commission emploi et affaires sociales
du Parlement européen a adopté un rapport sur la proposition de directive en
faveur de conditions de travail transparentes et prévisibles dans l’UE. Le
texte, adopté à une large majorité, fera désormais l’objet de négociations entre
le Parlement et le Conseil afin de déterminer la version finale d’une nouvelle
directive (v. communiqué
du Parlement).
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Dialogue
social sectoriel
- Agents toxiques pour la
reproduction: les partenaires sociaux européens du
secteur de la chimie et la Confédération européenne des syndicats, ont adopté,
le 16 octobre, une déclaration
commune pour soutenir l’extension du champ d’application de la directive
2004/37 du 29 avril 2004 (agents cancérigènes ou mutagènes au travail),
aux substances toxiques pour la reproduction (v. communiqué
commun).
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Jurisprudence
Le congé parental ne donne pas droit à des
congés payés : la Cour de justice a rappelé dans un arrêt
(CJUE,
4 octobre 2018, aff. C12/17, Maria Dicu) concernant une magistrate roumaine
qui demandait à prendre des congés payés au titre d’une période passée en congé
parental, que « l’objectif de permettre au travailleur de se reposer suppose que ce
travailleur ait exercé une activité justifiant (…) le bénéfice d’une période de
repos, de détente et de loisirs ». Partant, les droits au
congé annuel payé doivent en principe être déterminés « en fonction des périodes de
travail effectif accomplies en vertu du contrat de travail ». Certes la Cour a admis
que des périodes non travaillées puissent être prises en compte pour le calcul des
droits à congés payés : le congé de maternité (CJUE,
18 mars 2004, aff. C-342/01, Merino Gómez) et le congé maladie (CJUE,
24 janvier 2012, aff. C‑282/10, Dominguez). Mais elle refuse d’appliquer
cette jurisprudence au congé parental : « la période de congé parental (…) ne
saurait être assimilée à une période de travail effectif aux fins de la
détermination de ses droits au congé annuel payé » (v. communiqué
de presse de la Cour).
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Syndicalisme
Conférence sur les CE européens :
lors de la conférence sur les CE européens organisée par la
Confédération européenne des syndicats (CES), les 10 et 11 octobre, à Bruxelles,
Stefan Olsson, un des directeurs de la DG Emploi et Affaires sociales de la
Commission européenne, a rejeté l’idée d’intervenir via une nouvelle révision de la
directive CE européen pour remédier aux faiblesses du texte. Il estime nécessaire
d’obtenir davantage d’éléments factuels pour légitimer une intervention législative.
À ce stade, nul besoin d’autre chose que le guide de bonnes pratiques annoncé par la
Commission, mais dont les contours, le contenu et la date de sortie restent toujours
très imprécis. Peter Scherrer, secrétaire général adjoint de la CES, a rappelé que
la CES n’avait nullement l’intention de collaborer à la rédaction du guide pas plus
qu’elle n’a participé à l’évaluation de la directive.
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2. États
membres
Espagne
- Vers une hausse du salaire minimum :
le budget anti-austérité dévoilé, le 11 octobre, par le
gouvernement socialiste avec le soutien son allié de gauche radicale Podemos,
affiche des mesures très sociales. Si le budget est adopté, ce qui n’est pas
certain en raison de la composition du Parlement, le salaire minimum sera relevé
de 735 à 900 euros par mois sur 14 mois (donc 1050 euros par mois sur 12 mois),
les pensions de retraite seront indexées sur l’inflation et un alignement
progressif des congés maternité et paternité est prévu. Le projet remettrait en
cause un volet de la précédente réforme du marché du travail en réaffirmant que
toute convention collective arrivée à terme continuera de s’imposer tant qu’une
nouvelle n’aura pas été signée.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Révision de l’accord : le
groupe aéronautique Airbus SE
a renouvelé, le 17 octobre, son accord
sur le comité d’entreprise (CE) de la société européenne (SE) afin de
l’adapter à la nouvelle organisation. Le CE européen de la division Airbus
disparait, mais l’accord crée, au sein du CE de la SE, une commission spéciale qui
doit traiter des sujets opérationnels spécifiques à l’aviation commerciale. Parmi
les sujets nécessitant une information du comité, figurent désormais les politiques
de l’entreprise en matière d’éthique et la conformité (compliance) ainsi
que la responsabilité et le développement durable. Une réunion aura lieu tous les
deux ans afin d’examiner la stratégie du groupe et de ses divisions. L’accord permet
la création d’ « un groupe de travail conjoint spécifique, chargé d’étudier un sujet
méritant d’être approfondi ».
- Renforcement du comité :
le groupe Vinci a modifié,
le 28 septembre, son accord de CE
européen. Outre un renforcement des moyens alloués au comité, le texte
relève de 150 à 500 salariés le seuil d’effectifs pour qu’un pays soit
représenté au comité et ajoute de deux nouvelles hypothèses de consultation
« automatique ». L’une des deux vise le cas d’une acquisition ou d’une cession
« d’une société ayant au moins 500 salariés, quel que soit le chiffre d’affaires
et que les salariés soient employés dans plus d’un pays ou non », ce qui permet
de traiter des opérations importantes concernant un seul pays.
- Parité respectée et contestation d’une
procédure d’information : lors de son renouvellement, le
CE européen du groupe Safran (92000 salariés) a
atteint la parité au niveau des six membres du bureau, qui comprend trois
femmes, dont la secrétaire, et a intégré des représentants issus de Zodiac
Aerospace, racheté par Safran (v. communiqué).
Le comité, qui veut « améliorer encore son efficacité pour faire face à un
environnement en pleine mutation », a demandé une procédure de consultation sur
un projet de restructuration touchant 500 salariés d’un site Zodiac Aerospace en
Allemagne, estimant qu’il s’agissait d’un sujet transnational (v. communiqué).
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Comité
d’entreprise mondial
- Création d’une instance
mondiale : la direction d’Airbus a, parallèlement à la
renégociation de l’accord sur le CE européen (v. ci-dessus), mis en place
unilatéralement une instance mondiale, l’Airbus global forum, dans
lequel siègent les membres du bureau du CE européen et des syndicalistes des
principaux pays d’implantation hors UE.
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Accord
transnational
- Droits fondamentaux :
l’équipementier automobile et fournisseur de la défense allemand Rheinmetall (24000 salariés)
a renouvelé, le 12 octobre, son accord-cadre
mondial avec la fédération syndicale internationale IndustriAll Global
Union, qui se félicite de renouer le dialogue social avec la direction (v. communiqué
d’IndustriAll).
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Syndicalisme
Conseil syndical mondial : le
conseil syndical mondial (World union council – WUC) du groupe suédois
SKF, spécialisé dans la
fabrication de roulements, s’est réuni à Turin, du 2 au 4 octobre, pour discuter des
conséquences de l’industrie 4.0, de la flexibilité, de la santé et de la sécurité.
« C’est une occasion unique de poser des questions à la direction », explique Kennet
Carlsson (IF Metall), président du WUC (v. communiqué
d’IndustriAll).
- Non-respect des droits
fondamentaux : 19 fédérations syndicales nationales sous
l’égide d’Uni Global Union ICT, ont adopté une déclaration
pour dénoncer le non-respect des droits fondamentaux dans le groupe français de
télémarketing Teleperformance (223000
salariés) et son refus de s’engager à négocier un accord-cadre international.
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