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IR Notes 109 – 5 décembre 2018
www.irshare.eu
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Une question à…
Petra Molenaar, experte auprès des CE européens, SBI Formaat
Le
tribunal de Rotterdam a rendu son jugement en référé sur
l’affaire Alcoa (v. 3. Entreprise). Êtes-vous satisfaite du
résultat ? Le juge a reconnu que le
projet de fermer les deux sites en Espagne avec 700 licenciements à
la clé, est bien un sujet transnational qui touche l’ensemble du
groupe, car les suppressions de postes envisagés représentent
environ 20% des effectifs en Europe. Le tribunal nous conforte donc
dans notre analyse sur le fait qu’il s’agit bien d’un sujet
transnational et pas seulement d’un projet qui affecte un seul
pays. En revanche, le juge n’est pas convaincu que la direction ait
déjà pris sa décision. Il estime que l’ouverture d’un processus de
consultation en Espagne d’une durée de 30 jours peut permettre de
modifier le projet, alors que le CE européen estime de son côté que
ce délai ne sert qu’à négocier un plan social et non à discuter du
projet. Nous avons donc introduit un appel, en référé, sur ce point,
afin d’obtenir une suspension de la procédure.
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À la Une
Les salaires
réels décrochent au sein de l’Union européenne
La Commission européenne a publié, le 21 novembre, une série de documents qui
marquent le début du cycle du « Semestre européen » 2019, un exercice qui permet aux
États de coordonner leurs politiques économiques et sociales et de faire face aux
enjeux économiques auxquels l’UE est confrontée. (v. communiqué et
mémo de la
commission). Deux documents sont particulièrement importants : 1° L’examen
annuel de croissance 2019 dans lequel la Commission expose les voies à
suivre pour favoriser la croissance dans l’UE ; 2° le projet
de rapport conjoint sur l’emploi qui détaille les résultats atteints en
matière de politique du marché du travail et les défis à relever. La Commission
publie aussi une infographie
sur le tableau de bord social qui permet de mesurer les progrès accomplis dans la
mise en œuvre du socle européen des droits sociaux. La Commission souhaite que la
législation du travail et les systèmes de protection sociale apportent « une
sécurité à tous les types de travailleurs » et facilitent « les transitions entre
les emplois et statuts ». Elle constate que « l’évolution des salaires réels a
continué, en moyenne, d’être à la traîne par rapport à la productivité en 2017, dans
le prolongement d’une tendance à plus long terme ». Ils restent inférieurs aux
niveaux d’avant-crise dans de nombreux États. Constatant un déclin des négociations
collectives, qui assurait une dynamique des salaires, la Commission suggère de
développer « des politiques visant à améliorer la capacité institutionnelle des
partenaires sociaux », notamment dans « les pays où le dialogue social est faible ou
a subi les effets de la crise ». De plus, dans certains pays, « les inégalités de
revenus atteignent des niveaux supérieurs à ceux constatés avant la crise ».
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
Lanceurs d’alerte : la
commission des affaires juridiques du Parlement européen a adopté, le 20 novembre,
un rapport sur le projet de directive relative à une protection des lanceurs
d’alerte. Le texte présenté par la Commission obligeait le lanceur d’alerte à
passer d’abord par l’employeur avant de pouvoir se tourner vers une autorité
publique compétente ou les médias. Cette disposition a été amendée par le Parlement.
« Nous sommes revenus sur la stricte hiérarchie des canaux de signalement en
permettant au lanceur d’alerte de se tourner directement vers les autorités
compétentes et en garantissant un recours plus facile aux médias », précise Virginie
Rozière, députée S&D. Une négociation devrait débuter avec le Conseil pour
aboutir à l’adoption de la directive.
- Agents cancérogènes et
mutagènes : la commission affaires sociales du Parlement
européen a voté, le 20 novembre, des amendements concernant la troisième phase
de la révision de la directive sur la protection des travailleurs contre les
agents cancérogènes et mutagènes (v. commentaire
de l’Institut syndical européen). Une négociation va débuter entre le Parlement
et le Conseil en vue de faire adopter cette directive au premier semestre 2019.
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Dialogue
social européen
L’UEAPME se rebaptise SMEunited :
l’UEAPME, l’association pour l’artisanat et les PME en Europe, a
choisi, le 6 novembre, de se rebaptiser « SMEunited » (v. communiqué).
Reconnue en tant que partenaire social européen, elle a adopté un « mémorandum
pour les élections européennes de 2019 » afin de défendre ses positions et
priorités.
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Jurisprudence
- Un assistant maternel n’est pas un
travailleur comme les autres : la Cour de justice a jugé
que les assistants maternels qui accueillent et intègrent un enfant dans leur
foyer et veillent, de manière continue, à leur développement et à leur
éducation, sont bien des travailleurs, mais qu’ils ne peuvent bénéficier les
temps de repos ou des durées maximales de travail prévus par la directive
2003/88 du 4 novembre 2003 sur l’aménagement du temps de travail. (CJUE,
20 novembre 2018, aff. C-147/17, Sindicatul Familia Constanta).
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2. États
membres
France
Des coursiers à vélo considérés comme des
salariés : la plus haute juridiction en matière sociale, la
Cour de cassation, a rendu pour la première fois un arrêt,
le 28 novembre, concernant les contrats liant les livreurs à vélo à leur plateforme
(Take Eat Easy) (v. note
explicative de la Cour). La Cour considère que si un lien de subordination
peut être établi, les juges ne peuvent que requalifier le contrat de prestation en
contrat de travail. Pour caractériser le lien de subordination, la Cour relève que
l’application utilisée par les coursiers allait au-delà de la simple mise en
relation, car elle « était dotée d’un système de géolocalisation permettant le suivi
en temps réel par la société de la position du coursier et la comptabilisation du
nombre total de kilomètres parcourus par celui-ci ». De plus, la plateforme
« disposait d’un pouvoir de sanction à l’égard du coursier ».
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Hongrie
- Assouplissement de législation sur le
temps de travail : le gouvernement a proposé un
changement radical de la législation sur le temps de travail sans avoir consulté
les partenaires sociaux et en ayant écourté les débats parlementaires. Le projet
contient trois modifications fondamentales : 1° le relèvement du contingent
annuel maximal d’heures supplémentaires de 250 heures actuellement à 400 heures
; 2° l’introduction d’une période de modulation du temps de travail sur trois
ans par voie d’accord collectif ; 3° la possibilité pour les employeurs de
modifier à tout moment les horaires de travail avec le consentement du salarié.
L’objectif est de remédier à la pénurie actuelle de main-d’œuvre par un
allongement du temps de travail.
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3.
Entreprises
Comité
d’entreprise européens
Contentieux sur un défaut de consultation
: le tribunal de Rotterdam a rendu une décision en référé,
le 3 décembre, dans une affaire concernant la violation par la direction du
producteur américain d’aluminium Alcoa des droits à information
et consultation de son CE européen (v. Question à …). La direction a
informé le comité restreint, le 17 octobre, de son projet de fermer deux sites en
Espagne (700 salariés) (v. communiqué
d’IndustriAll Europe). Un courrier en ce sens a été adressé le jour même aux comités
d’entreprise et syndicats des sites concernés pour les informer de l’ouverture de la
procédure de licenciement collectif. Cette procédure doit permettre d’aboutir à un
accord dans un délai d’un mois. À défaut d’accord dans ce délai, la direction peut
fermer les sites sans plan social. « Le comité a décidé de se porter devant le
tribunal pour demander la suspension de la procédure de licenciement collectif,
explique Petra Molenaar, consultante à SBI Formaat, qui conseille le comité, et
d’attendre jusqu’à ce que le CE européen ait rendu son avis sur la base d’une
expertise ». Contrairement à la direction, le comité juge nécessaire une
consultation, estimant que ce projet est bien transnational dans la mesure où la
fermeture a un impact sur l’ensemble du groupe, en particulier sur le centre de
services partagés localisé en Hongrie, et qu’elle s’accompagne de transferts
d’activités vers d’autres sites au sein de l’UE.
- Différent sur une consultation :
le CE européen du groupe Safran (91000 salariés) a
adopté un communiqué,
le 16 novembre, au sujet du projet de réorganisation du site allemand de Zodiac
Premium Galleys, à Herborn, où Safran envisage la réduction d’un tiers des
effectifs. Le comité « entend bien faire valoir ses prérogatives d’information
et de consultation sur ce sujet transnational », qui n’est pas considéré comme
tel par la direction.
- Créations de CE européens :
l’entreprise française de conseil en ingénierie Altran (28300 salariés dans
l’UE) a signé, le 19 septembre, un accord
de CE européen. Prenant en compte le Brexit, l’accord prévoit que si un
État couvert par l’accord sort de l’UE, il « resterait dans le champ
d’application de l’accord » et sa délégation serait maintenue. Par ailleurs, un
accord
a été conclu, le 4 mai, au sein du groupe d’assurance français SMA (3288 salariés) pour
mettre en place un CE européen qui couvre la France et deux filiales situées en
Espagne et au Portugal.
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Syndicalisme
- Demande en faveur d’un dialogue social
mondial : le réseau syndical mondial du groupe Sanofi (100000 salariés)
s’est réuni, le 22 novembre, et a adopté une déclaration appelant l’entreprise
« à mettre en place un mécanisme pour faciliter un véritable dialogue social
régulier au niveau mondial » (v. communiqué).
- Création d’un réseau syndical mondial :
la première réunion du réseau syndical mondial du groupe
verrier américain Owens-Illinois (26 000
salariés) s’est tenue les 12 et 13 novembre. Les participants ont adopté une
résolution en faveur d’un dialogue social mondial (v. communiqué).
- Conditions de travail : le
réseau syndical mondial d’Amazon s’est réuni, les 21
et 22 novembre, à l’initiative d’UNI Commerce avec le soutien de la Fondation
Friedrich Ebert. Les participants ont notamment débattu des conditions de
travail et de la mise en place d’une coordination syndicale de six membres (v.
compte
rendu de l’Institut syndical européen).
- Accord-cadre européen :
dans le cadre du rachat de six sites d’ArcelorMittal par Liberty House, les syndicats
européens d’ArcelorMittal revendiquent la négociation d’un accord-cadre européen
pour apporter pour ces sites des « garanties à long terme pour l’emploi, la
qualité des emplois, les niveaux de production et les plans d’investissements »
(v. communiqué
d’IndustriAll Europe).
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