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IR Notes 110 – 19 décembre 2018
www.irshare.eu
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***Toute l’équipe d’IR Share souhaite à ses
lecteurs de passer de bonnes fêtes de fin d’année. Après une
petite pause hivernale, nous vous retrouverons avec IR Notes
111, le 16 janvier 2019***
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Une question à…
Ellen Nygren, membre de la direction des affaires européennes et
internationales de la confédération syndicale LO
Lors des élections législatives du
9 septembre, le parti populiste des Démocrates de Suède a obtenu
17,6% des voix, en retrait par rapport aux sondages qui
pronostiquaient un score au-delà de 20%. Vous estimez que le
rôle de la confédération syndicale LO n’est pas pour rien dans
ce résultat ? Notre confédération, qui est très proche du
Parti social-démocrate, repose comme ce dernier, sur des valeurs
démocratiques. Nous défendons les droits des travailleurs dans une
société démocratique qui prône l’égalité de traitement entre les
humains. Ce qui explique que nos membres se sont engagés sur le
terrain, sur les lieux de travail, pour débattre de ces valeurs et
pour défendre la démocratie. Par ailleurs, notre département
communication est venu en appui de nos membres en diffusant des
« posts » sur les réseaux sociaux et en lançant une campagne de
communication pour défendre le modèle social suédois. En dehors de
ces actions, nous avons aussi directement impliqué nos membres en
leur demandant d’appeler d’autres membres par téléphone pour
discuter des valeurs démocratiques et de l’impossibilité mettre en
cause l’égalité de traitement entre les nationaux et les personnes
qui viennent d’autres pays. On ne peut pas prouver l’efficacité de
toutes ces initiatives, mais le fait est que les sondages des
dernières semaines qui ont précédé les élections ont montré un
reflux des intentions de vote en faveur du parti des Démocrates de
Suède, ce qui a été confirmé par le résultat final des
élections.
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Qui sommes-nous ?
IR Notes est une
lettre d’information diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs
langues européennes (allemand, anglais, espagnol, français, italien) et
réalisée par IR
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veille européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la
politique de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant
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L’équipe : ce
numéro a été préparé par Stepanka
Lehmann et Frédéric
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À la Une
Le chômage
partiel ne doit pas réduire l’indemnité de congé payé
La Cour de justice s’est prononcée dans une affaire concernant un salarié du secteur
du bâtiment qui contestait le montant de son indemnité de congé payé annuel (CJUE,
13 décembre 2018, aff. C-385/17, Hein). En application de la loi allemande,
les périodes de chômage partiel ne doivent pas impacter le montant de cette
indemnité qui est calculée sur la base de la rémunération ordinaire perçue pendant
les périodes de travail effectif. Mais cette loi permet aux partenaires sociaux de
déroger à ce principe. Ainsi la convention collective du bâtiment permet de prendre
en compte les périodes de chômage partiel pendant lesquelles le salarié n’a pas
travaillé dans le calcul de l’indemnité du congé payé. La Cour de justice juge cette
dérogation non conforme au droit de l’UE. Le salarié qui a subi des périodes de
chômage partiel a le « droit de jouir, durant sa période de repos et de détente, de
conditions économiques comparables à celles concernant l’exercice de son travail »
(v. communiqué
de la Cour).
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1. Union
européenne
Projets
Agents cancérigènes ou mutagènes :
le Conseil a dégagé, le 6 décembre, une orientation
générale sur la proposition modifiant la directive 2004/37 concernant la
protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à des agents
cancérigènes ou mutagènes au travail (v. communiqué du Conseil
et de la Commission).
Cette troisième révision de la directive fixe des valeurs limites d’exposition pour
cinq substances : cadmium, béryllium, acide arsénique, formaldéhyde et
4,4′-méthylène (MOCA). Les négociations, en vue de l’adoption définitive de cette
directive, vont débuter avec le Parlement européen, dont la position, approuvée le
20 novembre, est plus favorable sur deux points à la proposition
de la Commission (v. analyse
de l’Institut syndical européen). Par ailleurs, le Parlement a adopté, le 11
décembre, sa position
sur la deuxième révision qui porte sur huit autres agents, dont les gaz
d’échappement de moteur Diesel (v. communiqué).
Ce texte doit maintenant être approuvé par le Conseil, avant d’être adopté
définitivement.
- Accès de tous les travailleurs à la
protection sociale : le Conseil est parvenu, le
6 décembre, à un accord politique unanime sur une proposition de recommandation
du Conseil concernant l’accès à la protection sociale des travailleurs
salariés et indépendants (v. communiqué
de la Commission).
- Agence européenne du
Travail : le Conseil a adopté, le 6 décembre, une orientation
générale sur la proposition de règlement établissant l’Agence européenne du
Travail (v. communiqué du Conseil
et de la Commission
européenne). Cet organisme, baptisé « Agence » par les États membres et
non pas « Autorité » comme dans la proposition
initiale de la Commission, sera compétent sur les questions liées à la
mobilité transfrontière de la main-d’œuvre et à la coordination des systèmes de
sécurité sociale au sein de l’UE. Les négociations vont débuter avec le
Parlement européen, qui a adopté son rapport
sur ce texte (résumé),
en vue de son adoption.
- Fonds européen d’ajustement
: dans son rapport
adopté le 27 novembre, la commission emploi et affaires sociales du Parlement
européen entend élargir le rôle du Fonds européen d’ajustement à la
mondialisation à aux restructurations liées à l’impact du changement climatique,
transformant sa dénomination en « Fonds européen pour la transition ».
- Conditions de travail des
routiers : le Conseil a arrêté, le 4 décembre, sa position
sur une réforme du secteur du transport routier portant notamment sur les
conditions de travail des conducteurs (v. communiqué).
Cette réforme a été adoptée à la majorité qualifiée, avec l’opposition de huit
pays. Une disposition vise à lutter contre le recours aux sociétés « boîte aux
lettres ». Il s’agit de faire en sorte que les entreprises de transport routier
établies dans un État aient une activité réelle et permanente dans ce territoire
et gèrent leurs activités depuis celui-ci. Un des textes précise l’application
des règles du détachement, en particulier l’application du principe « à travail
égal, salaire égal ». Ces textes doivent être de nouveau examinés par la
commission transport du Parlement.
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Actualité
sociale
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Dialogue
social sectoriel
Numérisation dans les banques :
les partenaires sociaux européens du secteur bancaire ont adopté, le
30 novembre, une déclaration
conjointe sur l’impact de la numérisation sur l’emploi. Le comité de
dialogue social du secteur bancaire, reconnu pour son faible dynamisme, aborde ainsi
le défi de la numérisation après les textes conjoints adoptés par les secteurs des
administrations
locales, de l’assurance,
de la chimie,
de la métallurgie
ou encore du papier-carton.
À noter que le texte admet que les « nouvelles formes de travail peuvent inclure le
travail indépendant ».
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Jurisprudence
Les indépendants peuvent conclure des
conventions collectives : la décision du Comité européen des droits sociaux sur le
bien-fondé de la réclamation Irish Congress of Trade Unions c. Irlande, (n°
123/2016) est devenue publique le 12 décembre suite à l’adoption par le Comité des
ministres d’une résolution.
Cette décision est intéressante, car elle considère que des travailleurs
indépendants ont le droit de négocier des accords collectifs fixant une rémunération
minimale sans violer les règles sur la concurrence et l’interdiction des ententes.
La Confédération européenne des syndicats a salué
cette décision.
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Étude
- Dépenses de protection sociale dans
l’UE : en 2016, les dépenses de protection sociale dans
l’UE se sont établies à 28,2% du PIB, légèrement en baisse par rapport à 28,4%
en 2015 (v. communiqué
d’Eurostat).
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2. États
membres
Espagne
- Forte hausse du salaire minimum :
le gouvernement a décidé de promulguer, le 21 décembre, un
décret-loi afin d’augmenter le salaire minimum de 22,3% dès le 1er.
janvier. Il passera de 637 euros mensuels actuellement à 900 euros (sur
quatorze mensualités, soit 1050 euros par mois sur douze mois).
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France
Révolte sociale des « gilets
jaunes » : le gouvernement devait, ce 19 décembre, présenter
les mesures législatives permettant de traduire les promesses annoncées par le
Président Macron aux « Gilets jaunes » : hausse de 100 euros nets des revenus versés
au niveau du salaire minimum ; exemption de la hausse d’un impôt (CSG) mise en œuvre
au début 2018, pour les retraités gagnant moins de 2000 euros par mois ;
défiscalisation des heures supplémentaires ; prime de fin d’année défiscalisée
jusqu’à hauteur de 1000 euros. Un grand
débat national sera lancé sur : la transition écologique, la fiscalité, la
démocratie ainsi que l’organisation de l’État et des services publics.
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Luxembourg
- Réforme du droit du travail :
suite aux élections législatives du 14 octobre, les partis
de la coalition au pouvoir ont adopté, le 3 décembre, à un accord
de coalition en vue de la formation d’un nouveau gouvernement. Cet
accord programmatique comporte de nombreux projets de réforme en matière de
droit du travail : révision des cas de recours à l’intérim et aux contrats de
durée déterminée ; augmentation du congé légal minimum de 25 à 26 jours par an ;
instauration d’un nouveau jour férié (9 mai) ; concertation sociale pour créer
un droit au temps partiel dans certaines circonstances particulières avec un
droit au retour au temps plein ; projet de loi sur la prévention du harcèlement
moral qui « sera déposé dans les meilleurs délais ».
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République
tchèque
- Augmentation du salaire
minimum : à partir du 1er janvier, le salaire
minimum mensuel passera de 12200 couronnes (472,87 euros) à 13350 couronnes
(517,44 euros), soit une augmentation de 9,4%. Il s’agit de la deuxième
augmentation nominale la plus importante depuis son introduction en 1991 (v. communiqué,
en tchèque).
> Pour aller plus loin : la
Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail a
publié un sommaire
détaillé sur les actualités des relations sociales et des conditions de
travail repérées par son réseau de correspondants (NDLR : dont fait partie
IR Share pour la France, éditeur d’IR Notes), classées par thème et par pays.
L’Institut syndical européen a aussi publié la Collective
Bargaining newsletter de novembre.
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3.
Entreprises
Comité
d’entreprise européens
Encadrement de la digitalisation :
le comité européen d’Airbus SE
et la direction du groupe signeront, en mars 2019, lors de la
prochaine plénière du comité, une déclaration d’intention (le texte n’est pas encore
disponible sur notre site) pour « mettre la technologie numérique au service des
salariés » et d’œuvrer au « respect de la protection des données personnelles et de
la vie privée ». Les signataires veillent à ce que « les technologies et les
algorithmes que nous utilisons restent sous le contrôle d’êtres humains ».
- Devoir de vigilance et santé-sécurité au
travail : le CE européen du groupe de construction Eiffage a organisé une
formation pour ses membres, à Ostende (Belgique), du 10 au 12 décembre, pour
aboutir à un plan d’action. Le comité entend travailler sur la mise en œuvre du
devoir de vigilance des multinationales, et sur la santé et la sécurité au
travail. L’objectif serait de mettre en place des ateliers thématiques pour
différents risques identifiés comme les poussières, la manipulation de produit
chimique, le travail en hauteur ou les pièces en mouvement.
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Négociations
transnationales
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Restructurations
- Accords sur des
restructurations : la fédération syndicale industriAll
Global Union signale une déclaration
conclut en Allemagne entre Bayer et le syndicat IG BCE
sur un maintien des emplois en Allemagne jusqu’en 2025, tandis que la fédération
syndicale européenne Effat se réjouit de l’accord conclu sur la fermeture
du site logistique de Coca-Cola de Fuenlabrada en
Espagne après quatre années de conflit.
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