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IR Notes 129 — 6 novembre 2019
www.irshare.eu
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Une question à…
Ralf Götz, responsable de l’équipe en charge des CE européens et comité
de SE au sein d’IG Metall
Qu’est-ce que vous a marqué durant
le séminaire organisé par IG Metall pour les CE européens
? (v. 3. Entreprises) Tout d’abord je suis très satisfait de voir
à quel point les membres de ces instances ont un vrai intérêt à
échanger entre eux et à apprendre des pratiques des uns et des
autres notamment lors des quatre ateliers que nous avons organisés.
J’ai été étonné aussi de certains résultats de l’étude réalisée par
l’Institut syndical européen sur les CE européens, qui met en
lumière que sans les syndicats, les comités ne fonctionnent pas. Ce
résultat est pour nous un éloge, mais aussi un encouragement en même
temps. Un des problèmes que nous avons est aussi que de nombreux
syndicats en Europe voient les CE européens avec méfiance en
estimant que ces instances n’ont rien à voir avec le syndicalisme.
Là nous avons encore du travail pour démontrer que les CE européens
ont beaucoup à voir avec le syndicalisme ! Nous devons vraiment nous
impliquer dans les CE européens, les accompagner et pas seulement
édicter des recommandations politiques sur ce qu’ils devraient
faire. On doit être dans les réunions, en personne, pour les aider.
Nous coordonnons ainsi 130 CE européens et 23 comités de SE. Ce qui
ressort aussi du séminaire est que les CE européens sont de bons
tremplins pour d’autres politiques. Il s’agit certes d’une instance
d’information et de consultation avec la direction centrale. Mais un
des points importants est que le CE européen est un endroit où l’on
se rencontre. Il est vital que les membres des CE européens aient du
temps pour eux, pour se faire une image autonome des activités de
l’entreprise dans différents pays et conviennent ensemble d’actions
à mener. C’est là l’or que nous recherchons en tant que
syndicaliste. C’est l’essence propre de ce que devrait être le
travail des CE européens.
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Agenda
12
novembre Noisy-Le-Grand
Séminaire international de l’Ires consacré à la discussion de
l’ouvrage : “A la recherche de l’Europe sociale” de Philippe Pochet
(Institut syndical européen) avec Jean-Claude Barbier.
12 et 13
novembre Bilbao
Sommet sur les lieux de travail sains 2019
14 et 15
novembre Bruxelles
Conférence finale du projet européen « European
metal workers participation ; state of play and best practices on
the edge », organisée par la fédération syndicale française
FGMM-CFDT avec le soutien de 12 syndicats associés en Europe et
l’expertise du cabinet Syndex. Interprétation simultanée en anglais,
espagnol, français, polonais roumain et tchèque. La conférence est
ouverte aux membres de CE européens qui doivent s’inscrire via leur
syndicat. Contact : Caroline Blot – caroline.blot@fgmm.cfdt.fr
15 novembre
Utrecht EOR
Platform, qui réunit des membres de CE européens, organisé par
SBI Formaat, avec une présentation de l’étude sur les CE européens
réalisée par l’Institut syndical européen (les échanges en néerlandais
seulement).
26 novembre Helsinki
Eurofound, en coopération avec les ministères finlandais de l’économie,
de l’emploi, des affaires sociales et de la santé ainsi qu’avec les
partenaires sociaux, organise un séminaire
sur les effets de la numérisation sur la qualité de la vie au
travail.
27
novembre Helsinki
Conférence de la présidence finlandaise de l’Union européenne sur la prévention
des cancers liés au travail.
3 et 4
décembre Bruxelles
Conférence organisée par l’Institut syndical européen sur l’avenir
de la santé et de la sécurité en Europe, trente ans après
l’adoption de la directive-cadre de 1989.
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À la Une
Le Tribunal
de l’UE affaiblit le dialogue social européen
Le tribunal de l’Union européenne a rendu un arrêt (TUE,
24 octobre 2019, aff. T-310/18, EPSU Jan Goudriaan c/ Commission
européenne), qui remet en cause une pratique prévue depuis 1991 par le
Traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE). En effet, le traité permet aux
partenaires sociaux de conclure des accords européens, soit de leur propre
initiative, soit en réponse à une consultation de la Commission européenne, lorsque
celle-ci estime utile une initiative européenne dans une matière qui relève des
questions sociales et donc de la compétence des partenaires sociaux européens
(article 154 et 155 du TFUE). Ceci vaut tant pour les accords interprofessionnels
que pour ceux conclus au niveau sectoriel. Pour que les dispositions de ces accords
puissent s’appliquer à tous les employeurs et salariés dans l’UE, les signataires
peuvent demander à la Commission de soumettre leur accord au Conseil (qui représente
les États membres). Ce dernier peut alors adopter une décision qui vise à étendre
les dispositions de l’accord à toute l’Union européenne par le biais d’une
directive. L’originalité de cette procédure est qu’elle donne le pouvoir aux
partenaires sociaux européens de fixer des normes, sociales par exemple en matière
de contrat à durée déterminée, de temps partiel, de temps de travail ou de
santé-sécurité au travail, par accords collectifs. L’autre particularité, est que
ces accords peuvent donc, sur décision du Conseil, être étendus dans l’UE, sans que
ni la Commission, ni le Conseil puissent intervenir sur le texte, tandis que le
Parlement européen est simplement informé. Jusqu’en 2012, la Commission transmettait
systématiquement les accords conclus au Conseil pour l’adoption d’une décision, en
exerçant un contrôle sur trois critères : elle vérifiait la représentativité des
signataires ; que le contenu respectait le droit de l’UE et ne représentait pas une
charge excessive pour les PME. Mais, à partir de 2012, le dialogue social sectoriel
est devenu un grain de sable fâcheux dans une période où la Commission gelait toute
initiative en matière sociale. Comme elle continuait de recevoir des demandes de
partenaires sociaux pour étendre leurs accords, donc pour créer des normes
harmonisées au niveau de l’UE, elle a décidé de remettre en cause le caractère quasi
automatique de présenter les accords au Conseil, s’estimant investie du pouvoir de
juger en opportunité si l’accord devait être soumis ou non au Conseil. S’est ensuivi
une série de restrictions à l’autonomie des partenaires sociaux et de vexations
tarissant cette source originale de création de normes sociales. C’est ce modèle
original auquel met fin l’arrêt du Tribunal, confirmant le pouvoir de la Commission
à ne pas donner suite au fruit du dialogue social européen. > Pour en
savoir plus : le très instructif working paper
publié par l’Institut syndical européen, « La
mise en œuvre législative des accords des partenaires sociaux européens : défis
et débats », par Jean-Paul Tricart. > Voir
aussi : réactions des partenaires sociaux : FSESP,
CES
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
Pour une directive sur la gestion des
restructurations : à l’occasion de
l’adoption, le 24 octobre, d’une résolution
sur les « conséquences de la faillite de Thomas Cook sur le tourisme de
l’UE » (v. communiqué),
les députés européens rappellent à la Commission européenne qu’ils avaient adopté
une résolution
en janvier 2013, lui demandant de présenter une proposition d’acte législatif sur le
droit des travailleurs à l’information et à la consultation, et sur l’anticipation
et la gestion des restructurations.
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Jurisprudence
Justification d’une vidéosurveillance secrète :
sans une affaire espagnole concernant un directeur de
supermarché ayant licencié des salariés pour des vols démontrés par une
vidéosurveillance secrète, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) admet le
possible recours à ce type de dispositif sans information préalable des salariés.
Certes, elle admet que la loi nationale ainsi que « les normes internationales et
européennes pertinentes établissent qu’il est, en principe, nécessaire d’informer »
les salariés « de façon claire et préalable de l’existence et des modalités d’une
telle collecte, ne serait-ce que de manière générale ». Mais elle juge légitime « la
mise en balance circonstanciée », effectuée par les juges espagnols, entre le droit
des salariés au respect de leur vie privée et l’intérêt pour l’employeur d’assurer
la protection de ses biens et la bonne marche de l’entreprise. L’existence de
soupçons raisonnables que des irrégularités graves ont été commises et l’ampleur des
manques constatés peuvent apparaître comme des justifications sérieuses à l’absence
d’information préalable. Trois juges ont publié une opinion dissidente dans laquelle
ils estiment qu’ « en se gardant de condamner un tel comportement adopté par de
simple particulier, la Cour encourage chacun à se faire justice soi-même ». À noter
que la Confédération européenne des syndicats était intervenue dans l’affaire pour
défendre le principe de l’information préalable (CEDH, 17 octobre 2019,
n°1874/13 et 8567/13, Lopez Ribalda et autres c/ Espagne).
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Dialogue
social sectoriel
- Gaz : les
fédérations syndicales européennes, IndustriAll Europe et la FSESP, et
l’organisation d’employeurs Eurogas, ont relancé leur dialogue social européen
dans le secteur gazier dans un contexte de « décarbonisation » de l’économie,
avec le soutien de la Commission européenne (v. communiqué
commun de la FSESP et d’Eurogas, communiqué de la FSESP
et discours
du secrétaire général d’Eurogas).
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Syndicalisme
Égalité de rémunération :
la Confédération européenne des syndicats (CES)
va présenter à la Commission européenne ses propositions visant à renforcer la
législation relative à la transparence salariale afin que « la publication
obligatoire des salaires par genre, assortie d’amendes en cas de défaut de
déclaration, fasse partie des “mesures contraignantes en matière de transparence des
rémunérations” promises par la nouvelle présidente de la Commission, Ursula von der
Leyen » (v. communiqué).
- Nouveaux droits à congé :
la Confédération européenne des syndicats (CES) a lancé une
campagne pour que les États membres transposent au plus vite la directive
relative à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, afin de
permettre aux parents, dans plusieurs pays, de disposer des nouveaux droits à
congés (v. communiqué)
- Droit à la déconnexion :
la fédération syndicale internationale UNI Global Union a lancé une campagne en
faveur du droit à la déconnexion avec l’appui d’un guide
pratique élaboré pour aider les syndicats affiliés à négocier ce droit
(v. communiqué).
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2. États
membres
Belgique
- Une généralisation de l’indemnité vélo :
selon la principale confédération syndicale
belge, la CSC, environ 793 000 salariés auront bientôt droit pour la première
fois à une indemnité vélo, en application de 12 accords sectoriels conclus dans
le cadre du projet d’accord interprofessionnel 2019-2020 (AIP) élaboré au
printemps dernier. Les travailleurs qui percevront bientôt une nouvelle
indemnité ou une indemnité majorée toucheront en moyenne 17 centimes par
kilomètre (v. communiqué).
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Croatie
Salaire minimum :
une nouvelle loi sur le salaire minimum est en
vigueur depuis le 1er janvier 2019 afin de rendre la politique du salaire minimum
plus prévisible et plus transparente. Comme précédemment, le gouvernement fixe le
niveau du salaire minimum une fois par an pour l’année civile suivante, sur
recommandation du ministre du Travail après consultation avec les partenaires
sociaux. Mais, pour palier à la faiblesse de cette consultation, la loi prévoit
désormais que le niveau du salaire minimum devrait être déterminé avant le 31
octobre de chaque année, tandis que les consultations avec les partenaires sociaux
doivent avoir lieu à partir de septembre. En outre, la loi institue une commission
de suivi et d’analyse du salaire minimum. Il s’agit d’un organe consultatif auprès
du ministre, qui propose le niveau du salaire minimum pour l’année suivante. Sur
cette base, le gouvernement a proposé, le 31 octobre, de porter le salaire minimum à
4 062,51 HRK (soit 544,60 euros) soit une hausse de 8,33% (+ 41,90 euros), ce qui
représente 46,49% du salaire moyen des travailleurs croates. > Pour en
savoir plus : communiqué
du gouvernement (en croate) :
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Portugal
Réforme du marché du travail :
la loi n° 93/2009 du 4
septembre 2019 a apporté d’importantes modifications à la législation
sociale. Ces changements concernent la période d’essai, la formation
professionnelle, les contrats à durée déterminée, le travail intérimaire, le travail
intermittent (y compris le travail à la demande), l’organisation du temps de travail
et la négociation collective. L’objectif principal est de promouvoir la stabilité de
l’emploi et de s’attaquer au niveau élevé de segmentation du marché du travail, en
limitant le recours aux contrats à durée déterminée et en protégeant davantage les
intérimaires. Néanmoins, certaines des mesures adoptées ont été très controversées,
ce qui a conduit les partis de gauche qui soutenaient le gouvernement à formuler une
demande d’évaluation de la constitutionnalité de la loi (toujours en cours). Les
questions les plus controversées concernent : la nouvelle période d’essai de six
mois pour les salariés à la recherche d’un premier emploi ou en situation de chômage
de longue durée ; l’allongement de la durée autorisée pour les contrats de très
courte durée (travail occasionnel) et le nouveau régime de l’expiration des
conventions collectives. La nouvelle loi, avec quelques exclusions, est entrée en
vigueur le 1er octobre 2019.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Forum IG Metall pour les membres de CE européen
: Le syndicat allemand IG Metall a organisé, les 24 et
25 octobre, à Francfort, son « ERB/SE-BR forum ». Il a lieu une fois par an et
« c’est le seul endroit, explique Ralf Götz, responsable de l’équipe en charge des
CE européens et comité de SE au sein du syndicat, où des membres de CE européens ou
de comité de SE, des experts et notre équipe, se retrouvent pour échanger sur des
problématiques spécifiques rencontrées par ces instances transnationales de
représentation des salariés ». Plus de 35 membres de CE européen et de comités de SE
ont participé à des ateliers. Si ceux concernant les restructurations et les
procédures d’information et de consultation ont fait le plein, deux autres ont
suscité un fort intérêt : l’un sur la façon dont le dialogue entre la direction et
le CE européen peut créer de la valeur ajoutée pour l’entreprise et pour les
salariés, avec la mise en avant de la pratique du CE européen du groupe suédois
Sandvik. L’autre atelier portait sur la façon dont les CE européens doivent
appréhender la mise en place de systèmes informatiques de gestion et de
planification de la production.
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- Création d’un CE européen :
après trois années de négociations, le
groupe américain XPO Logistics
Europe a conclu, le 29 octobre, un accord de CE européen
avec un groupe spécial de négociation soutenu par la fédération syndicale
européenne ETF (v. communiqué
d’ETF).
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Syndicalisme
- Réseau syndical :
la première réunion du réseau mondial des
syndicats du fabricant allemand de crayon graphite et de couleur Faber-Castell s’est tenue,
du 30 septembre au 2 octobre, en Allemagne. Des participants de sept pays et
huit unités de production étaient présents à cette réunion coordonnée par la
fédération syndicale internationale IBB et le syndicat allemand IG Metall avec
le soutien de la Fondation Friedrich Ebert (FES). Ils ont adopté une déclaration
de solidarité pour les travailleurs du site de Goa (Inde) (v. communiqué).
Par ailleurs, 15 représentants syndicaux de Slovaquie, de République tchèque,
d’Allemagne et de Hongrie se sont réunis, le 16 octobre, en Slovaquie, pour
discuter et partager leurs expériences avec l’entreprise de construction
autrichienne Strabag
(75000 salariés) avec l’appui des fédérations syndicales IBB et FETBB ainsi que
la FES (v. communiqué).
Le réseau syndical du groupe Saint-Gobain
(549000 salariés), qui s’est réuni début novembre, à Paris,
en discutant de la nouvelle stratégie du groupe et de l’application de la
numérisation et de son impact sur les travailleurs. Ils ont décidé de poursuivre
leurs travaux sur ce sujet et de collecter des informations grâce à un
questionnaire en ligne (v. communiqué).
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