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IR Notes 151 – 4 novembre 2020
www.irshare.eu
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Une question à
Emanuele Recchia, responsable des politiques du travail et des relations
sociales du groupe UniCredit
Des discussions sont en cours dans
de nombreux groupes sur le travail à distance. Parfois, la
direction refuse une discussion au niveau européen, ne donnant
la priorité qu’aux discussions locales, parfois la direction
lance une discussion ouverte avec le CE européen pour convenir
de règles communes. Pourquoi est-il important pour la direction
d’UniCredit de fixer de telles lignes directrices au niveau
européen ? UniCredit est une banque commerciale
présente sur l’ensemble du territoire européen et sur 13 principaux
marchés différents. Notre stratégie est définie de manière uniforme
au niveau du groupe et déclinée localement dans le respect des
spécificités de chaque pays. La dimension paneuropéenne du groupe
influence le modèle de nos relations sociales, dont les partenaires
sociaux internationaux sont partie intégrante. Le CE européen
d’UniCredit (UEWC), créé en 2007, est l’un des plus actifs du
secteur. Il est pour nous un partenaire stratégique du dialogue
social avancé que nous avons élaboré ensemble au fil du temps. Cela
a conduit à l’adoption d’accords innovants (v. 3. Entreprises,
Accords transnationaux). En 2020, la crise du Covid-19 a fait
soudainement irruption dans la vie de chacun d’entre nous. Pour
s’adapter à cette nouvelle réalité, UniCredit a rapidement étendu le
recours au travail à distance, pour soutenir les collègues, protéger
leur santé et améliorer leur qualité de vie, conformément à nos
priorités et à notre engagement d’appliquer toujours une politique
de relations sociales responsable et durable. À la lumière de
l’expérience de ces derniers mois, et selon notre tradition de
dialogue social avancé, qui s’est poursuivi aussi à distance pendant
la pandémie, nous avons donc décidé d’entamer une discussion avec le
CE européen pour définir une approche commune sur le travail à
distance et les conditions pour permettre également, à l’avenir, à
tous les salariés d’UniCredit d’accéder au travail à distance. Nous
croyons en l’intérêt du travail à distance en tant qu’outil
pleinement intégré aux formes de travail traditionnelles. Nous
sommes convaincus que cette nouvelle déclaration commune, en plus de
définir les normes minimales à mettre en œuvre progressivement au
sein du groupe par le biais du dialogue social local, favorisera la
diffusion d’une culture encore plus innovante, inclusive et
respectueuse de tous nos collègues.
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Agenda
4 novembre En ligne Conférence
#Democratizing
work avec Neera Chandhoke, Isabelle Ferreras et Lisa Herzog
organisée par Kritische Theorie in Berlin / Critical Theory in Berlin.
12 novembre En ligne Atelier
pour les membres de CE européens organisé par l’Institut syndical
européen et la Confédération européenne des syndicats, sur la notion de
transnationalité.
9 et 10
novembre En
ligne Conférence de la
présidence allemande de l’UE intitulée « Stopper
le cancer au travail », avec un focus sur les dangers de
l’amiante et les possibilités de remplacement des substances
dangereuses.
16 novembre
En ligne
Conférence de l’Institut syndical européen, « New
beginnings? The European Pillar of Social Rights and the new
Commission ».
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Dictionnaire européen des relations sociales
Si vous souhaitez aller plus loin dans la lecture d’IR Notes nous mettons
à votre disposition des liens
vers le Dictionnaire
européen des relations sociales, publié par Eurofound, et
régulièrement mis à jour par IR Share, éditeur d’IR Notes. Les définitions des
termes sont disponibles en anglais et facilement convertibles grâce à
des outils de traduction en ligne.
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Qui sommes-nous ?
IR Notes est une
lettre d’information diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs
langues européennes (allemand, anglais, espagnol, français, italien) et
réalisée par IR
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veille européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la
politique de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant
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L’équipe : ce
numéro a été préparé par
Pascale
Turlan et Frédéric Turlan . Retrouvez
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À la Une
La
Commission fait mieux qu’imposer un salaire minimum européen
La Commission européenne a présenté, le 28 octobre, une proposition
de directive « relative à des salaires minimaux adéquats dans l’UE » qui
entend mettre en œuvre le principe
nº 6 du socle européen des droits sociaux (v. Social pillar). Ce principe
stipule que « des salaires minimums appropriés doivent être garantis, à un niveau
permettant de satisfaire aux besoins du travailleur et de sa famille (…). Il
convient d’éviter le phénomène des travailleurs pauvres. »
- Comment agir sur le salaire minimum alors
que le traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE) ne confère aucune
compétence en matière de rémunération à l’UE ni en matière de
négociation collective ? La Commission place son
initiative sous l’égide de l’article 153, paragraphe 1, point b), du TFUE qui
dispose que l’Union soutient et complète l’action des États membres dans le
domaine des conditions de travail et peut adopter des « prescriptions minimales
par voie de directives » (article 153, paragraphe 2). Sa proposition vise ainsi
à établir des exigences minimales pour garantir à la fois « que les salaires
minimaux sont fixés à un niveau adéquat » et que le plus grand nombre possible
de travailleurs en bénéficie.
- Qu’est-ce qu’un niveau
adéquat ? La proposition ne fixe pas de niveau. Elle
considère que les salaires minimaux sont « adéquats s’ils sont équitables par
rapport à la répartition des salaires dans le pays et s’ils offrent un niveau de
vie décent » (considérant 21). Elle suggère, pour évaluer le caractère adéquat,
l’utilisation d’indicateurs « communément utilisés au niveau international, tels
que 60 % du salaire médian brut et 50 % du salaire moyen brut ».
- Comment y parvenir ? La
Commission agit sur trois tableaux :
1/Renforcer la négociation
collective. Sans interférer sur les pratiques de
dialogue social national, la Commission exige des États dans lesquels le nombre
de travailleurs couverts par un accord collectif (la « couverture
conventionnelle ») n’atteint pas au moins 70 % des travailleurs, la mise en
place, par le biais d’une loi ou d’un accord tripartite, d’« un cadre pour les
négociations collectives ». Ce cadre doit ensuite être complété par « un plan
d’action pour promouvoir les négociations collectives ». Cet objectif est une
vraie révolution : jusqu’à maintenant, l’érosion de la couverture
conventionnelle n’avait jamais posé de problème à la Commission. Elle reconnaît
désormais des vertus à la négociation collective : plus la couverture
conventionnelle est élevée, plus la proportion de travailleurs à bas salaire est
faible, plus les inégalités salariales se réduisent et plus les salaires
minimums sont élevés. L’objectif de 70% est très ambitieux : seuls 10 États
l’atteignent et 10 autres sont en dessous de 30% ce qui signifie un important
effort demandé à ces pays d’Europe de l’Est et à la Grèce. Ils devront donc
construire un système de relations sociales efficace. 2/ Améliorer les systèmes de salaires minimums
légaux. Pour les 21 États membres qui ont mis en place
un salaire minimum légal, la Commission leur propose derevoir leurs mécanismes
de fixation et d’actualisation. Ils doivent reposer « sur des critères conçus
pour en promouvoir le caractère adéquat dans le but de garantir des conditions
de travail et de vie décentes, la cohésion sociale et la convergence vers le
haut. » La Commission exige une participation effective des partenaires sociaux
à la fixation et l’actualisation du salaire minimum. 3/ Couvrir
tous les travailleurs. Le champ d’application de la
directive couvre non seulement les travailleurs titulaires d’un contrat de
travail (les salariés) mais aussi tous ceux qui ont « une relation de travail »,
au sens de la jurisprudence de la Cour de justice : les « travailleurs occupant
des formes d’emploi atypiques, tels que les travailleurs domestiques, les
travailleurs à la demande, les travailleurs intermittents, les travailleurs
relevant d’un régime basé sur des chèques, les faux indépendants, les
travailleurs des plateformes, les stagiaires et les apprentis », bref tous ceux
dont le travail est subordonné aux directives d’un employeur. Cette
qualification a une autre conséquence importante : ces « travailleurs » pourront
conclure des accords collectifs sans risque de qualification d’« ententes »
illicites au regard du droit de la concurrence.
Ce projet, malgré des manques soulignés par les partenaires sociaux (v. ci-dessous),
marque réellement un tournant dans la politique sociale européenne par sa volonté de
lutter contre le phénomène des travailleurs pauvres et donner une place centrale à
la négociation collective pour lutter contre les inégalités.
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
Le programme de travail 2021 de la Commission :
la Commission européenne a présenté, le 19
octobre, son programme
de travail pour 2021. Il « est conçu pour rendre l’Europe plus saine, plus
juste et plus prospère, tout en accélérant sa transformation à long terme en une
économie plus verte, adaptée à l’ère du numérique. ». Nous notons une proposition
législative « visant à améliorer les conditions de travail des travailleurs des
plateformes » (v. Platform work) et « un plan
d’action ambitieux visant à mettre pleinement en œuvre le socle européen des droits
sociaux, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte dans le contexte
de la relance de l’Europe. » Une recommandation du Conseil « garantira l’accès de
tous les enfants aux services de base tels que la santé et l’éducation ». Une
initiative législative pour lutter contre la violence sexiste est également
annoncée. Enfin, une communication sur « un nouveau cadre stratégique en matière de
sécurité et de santé au travail » est prévue. > Pour aller
plus loin : communiqué
de la Commission et l’annexe
au programme de travail.
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- Garantie pour la jeunesse :
le Conseil a adopté définitivement une recommandation
pour renforcer la garantie pour la jeunesse (v. Youth
Guarantee). Les États membres doivent s’engager à proposer
aux jeunes une offre d’emploi, d’éducation, de stage ou d’apprentissage dans un
délai de quatre mois après avoir été au chômage ou avoir quitté l’enseignement
formel. Dans le même temps, la recommandation étend la limite d’âge pour
bénéficier de la garantie de 25 à 29 ans. Elle prévoit une meilleure inclusion
des personnes issues de groupes vulnérables, tels que les NEET (v. NEET), les jeunes femmes
et les personnes handicapées (v. communiqué
du Conseil).
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Dialogue
social
Réactions à la proposition de directive sur les
salaires minimums adéquats : la proposition
de la Commission en faveur d’un instrument juridique contraignant est vivement
rejetée par l’organisation patronale BusinessEurope : c’est « un monstre juridique »
qui intervient à un moment où « les entreprises se battent pour leur survie et pour
sauver les emplois menacés par la crise de la Covid-19 » (v. communiqué).
Une position partagée par les employeurs de la chimie pour qui un tel texte
« constitue à la fois une menace directe pour l’autonomie des partenaires sociaux et
pour les négociations collectives, l’Union outrepassant son mandat » (v. communiqué
de l’ECEG). Une position qui rejoint celle des employeurs de la métallurgie (v. communiqué
de CEEMET). Du côté de la Confédération européenne des syndicats (CES), la
satisfaction est de mise, même si la CES pointe quelques manques. Elle souhaite
notamment que le niveau du salaire minimum (60% du salaire médian) soit obligatoire
et que les entreprises qui ne respectent pas le salaire minimum ne puissent ni
participer à des appels d’offres publics ni recevoir des fonds européens. (v. communiqué
de la CES).
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Dialogue
social sectoriel
- Industrie chimique : la
Commission européenne a présenté, le 14 octobre, une « Stratégie
pour la durabilité dans le domaine des produits chimiques » (v. communiqué
et communiqué
questions-réponses). Il s’agit du « premier pas sur la voie de
l’ambition «zéro pollution» pour un environnement exempt de substances toxiques
annoncée dans le pacte
vert pour l’Europe ». Les partenaires sociaux européens du secteur de la
chimie ont réagi à cette initiative en adoptant une déclaration
conjointe dans laquelle ils tempèrent les objectifs de la Commission :
« une pollution zéro signifierait une production zéro et, par conséquent, un
emploi zéro et une création de valeur zéro » . Ils demandent un soutien pour la
recherche et développement et un engagement plus prononcé de l’Union pour
renforcer les compétences de la main d’œuvre du secteur et former les jeunes aux
métiers de cette industrie.
> Pour aller plus loin :
communiqué
d’IndustriAll Europe et de l’ECEG.
- Sécurité privée et transport de
fonds : après leur déclaration conjointe
adoptée en novembre 2019, les partenaires sociaux européens de la sécurité
privée et du transport de fonds s’alarment de la diminution du recours à
l’argent liquide pour effectuer les paiements, qui met en danger l’ensemble du
secteur du cycle de l’argent liquide et ses emplois. Au-delà de la problématique
économique, ils soulignent que « I’argent liquide reste un système de paiement
essentiel (…) pour les personnes économiquement défavorisées, les personnes
âgées, les enfants et les étrangers. » Ils ont adopté, le 28 octobre, un plan
d’action qui demande notamment à l’Union européenne de se doter « d’une
législation qui garantisse la disponibilité continue de l’argent liquide pour
tous et qui renforce le statut de monnaie légale de l’argent liquide, rendant
illégal le refus de paiement en espèces ».
> Pour
aller plus loin : communiqué commun d’UNI Europa et de
CoESS.
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Syndicalisme
Recours à la visioconférence :
les fédérations syndicales européennes ont révisé leurs recommandations
à l’attention des membres de CE européens, de comités de société européenne (SE) et
de groupes spéciaux de négociation (GSN) pour tenir compte de la crise de la
Covid-19 qui empêchera « pendant encore longtemps » la tenue des réunions physiques.
Les fédérations insistent pour que les réunions physiques redeviennent la norme
lorsque cela sera possible. En attendant, elles proposent une série de consignes
pour que le recours exceptionnel à la visioconférence se déroule correctement et un
modèle d’accord à conclure avec les directions pour encadrer cette pratique.
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2. États
membres
Luxembourg
Accord interprofessionnel sur le télétravail :
l’organisation patronale UEL et les deux
confédérations syndicales LCGB et OGBL ont signé, le 20 octobre, un accord
interprofessionnel relatif au télétravail. La convention règle tant le
télétravail régulier – déjà encadré par une précédente convention conclue en 2006 –
que le télétravail occasionnel, lorsqu’il est pratiqué « pour faire face à des
événements imprévus ou lorsque le télétravail représente moins de 10% en moyenne du
temps de travail normal annuel du télétravailleur. » Le texte instaure le principe
le volontariat, sur la base d’un contrat conclu entre l’employeur et le salarié, qui
doit notamment préciser les périodes pendant lesquelles le salarié doit rester
joignable, la compensation éventuelle en matière d’avantages en nature et le forfait
mensuel pour la prise en charge des coûts de connexion et de communication. La
convention sera prochainement étendue à tous les employeurs afin d‘entrer en vigueur
rapidement. > Voir aussi le communiqué
de presse commun aux signataires.
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Finlande
Industrie forestière : les
employeurs des industries forestières ont annoncé, le 1er octobre, leur intention de
se retirer des négociations collectives nationales et de transférer les futures
négociations sur les salaires et les conditions de travail au niveau de
l’entreprise. C’est un tournant historique pour l’un des plus importants secteurs
industriels finlandais (140000 salariés). L’objectif est de négocier des
dispositions en termes de salaire ou de temps de travail plus flexibles. « C’est un
revers pour les conventions collectives sectorielles, souligne Isabelle Barthès,
secrétaire générale adjointe d’IndustriAll Europe. Si une brique est retirée d’un
modèle social solide qui fonctionne bien, d’autres pourraient suivre » (v. communiqué
d’IndustriAll Europe et article
de Trade Union News).
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Les CE européens et le télétravail :
huit mois après de le début de la pandémie de la Covid-19 et au
moment où une deuxième vague touche l’Europe, le rôle des CE européens dans
l’encadrement du télétravail ne fait pas l’unanimité dans les entreprises. Certaines
multinationales sont clairement engagées dans l’élaboration d’un cadre européen.
C’est le cas de la banque italienne UniCredit (v. ci-dessous) et
aussi du groupe français de réassurance Scor. Le comité des sociétés
européennes du groupe a proposé, en septembre, de lancer la négociation d’un accord
européen sur le travail à distance. « Il s’agit d’utiliser tous les retours
d’expériences (positifs et négatifs) de la période de confinement, explique
Christophe Lefebvre, secrétaire du CE européen, et d’améliorer les dispositifs de
l’accord des partenaires sociaux européens de 2002 dans les pays qui l’ont peu
transposé ». Chez SAP, le CE
européen et la direction font un état des lieux de ce qui est légal et de ce qui est
pratiqué dans chaque pays européen sur différents thèmes comme le travail à
domicile, le télétravail, le temps partiel… en vue de produire des recommandations
pouvant servir de base dans tous les pays européens. Certains CE européens entendent
constituer des groupes de travail sur le sujet. Dans d’autres groupes, l’approche
est beaucoup plus décentralisée. Aucune discussion n’est prévue au niveau du CE
européen dans le groupe pharmaceutique Sanofi. Il en va de même chez
LafargeHolcim où « la
direction renvoie les discussions au niveau de chaque pays », souligne Hélène
Debegnac, secrétaire du CE européen. Le sujet n’a pas été abordé au sein du CE
européen de Société générale.
Chez Verizon, le CE européen a
essuyé un refus catégorique à sa demande de négocier un accord européen. Chez Total, aucune discussion n’est
prévue pour un accord européen, mais le groupe encourage les RH de chaque pays à
pratiquer le télétravail deux jours par semaine. Le groupe, en France, a signé un accord
de méthode, le 22 octobre, afin de permettre la mise en place de pilotes
pour expérimenter de nouvelles formes de télétravail en vue d’améliorer l’accord
existant. Chez Schneider
Electric, la direction a mené une enquête mondiale sur le
télétravail avec l’objectif de laisser les directions locales négocier et de réduire
les surfaces de bureau (avec une cible de 8 bureaux pour 10 salariés). Une nouvelle
politique de télétravail globale est en cours de définition chez L’Oréal, avec comme principe un
maximum de deux jours de télétravail par semaine. Des formations à la gestion du
télétravail, notamment en format e-learning, seront prochainement mis à la
disposition de tous les collaborateurs, ainsi que des sessions spécifiques pour les
managers. Un set d’équipements pour mieux travailler de chez soi sera aussi
distribué à chacun.
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Information incomplète sur une réorganisation :
le groupe d’embouteillage Coca-Cola European Partners a
organisé, le 8 octobre, une réunion extraordinaire de son CE européen en
visioconférence pour annoncer une réorganisation qui touche 5 % des effectifs totaux
du groupe en Europe, soit près de 914 suppressions de postes, selon un décompte
fourni au CE européen. Près de 40 % des suppressions de postes concernent
l’Allemagne. De façon surprenante, la direction a expliqué qu’elle consulterait le
CE européen non pas sur l’ensemble de la restructuration, mais seulement sur les
projets transnationaux de cette réorganisation, qui, au final, touchent 200
personnes. Pour les autres salariés concernés, la direction estime que les pertes
d’emplois résultent de décisions prises au niveau national et qu’elles ne relèvent
pas de la compétence du CE européen.
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Négociation difficile en période de Covid-19 :
la Fédération syndicale européenne des services publics (FSESP)
a dénoncé, le 23 octobre, les manœuvres de la direction d’Orpea, la plus grande
multinationale européenne de soins aux personnes âgées, qui a prévu d’organiser une
réunion du groupe spécial de négociation en face à face, avec des représentants des
travailleurs de différents pays, dans un lieu isolé en Alsace, alors que la France
fait face à la deuxième vague de la pandémie de Covid-19. Le groupe met « ainsi en
danger la santé de ses travailleurs » en refusant d’organiser une visioconférence,
souligne la fédération qui dénonce un sabotage du processus de négociation (v. communiqué de la FSESP).
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Accords
transnationaux
Déclaration conjointe sur le travail à distance
: la direction de la banque italienne UniCredit (v. Question à…
ci-contre) et le CE européen du groupe ont adopté, le 21 octobre, une déclaration
conjointe sur le travail à distance qui « peut être une solution permettant
d’équilibrer la vie professionnelle et personnelle, d’améliorer la qualité de vie
des individus et des communautés, dans une perspective de responsabilité sociale et
environnementale. » La déclaration comprend un droit à la déconnexion afin de
respecter les horaires habituels de travail. Fondé sur le volontariat, le travail à
distance est mis en place selon des modalités différentes en fonction de
l’activité : au siège et dans les bureaux centraux, le travail à distance peut
représenter jusqu’à « en moyenne 40 % du temps de travail réparti sur une base
hebdomadaire ou mensuelle », par exemple 2 jours par semaine. Dans le réseau
d’agences bancaires, le travail à distance peut représenter 20 % du temps de travail
sur une base hebdomadaire ou mensuelle (par exemple 1 jour par semaine). Cette
déclaration conjointe « est le résultat d’une initiative proactive du comité
restreint du CE européen d’UniCredit (l’UEW), qui, dès le début de la crise
pandémique, était conscient que la nouvelle façon de travailler sera également basée
sur des modalités à distance », souligne Luciano Malvolti, le secrétaire du CE
européen. « La valeur ajoutée de l’approche collective au niveau du CE européen est
évidente, poursuit-il et une forte coopération avec les délégués syndicaux locaux
permettra de mettre en œuvre les principes et les normes minimales convenus dans la
déclaration commune par le biais de conventions collectives
contraignantes. » > Pour aller plus loin : cet accord
s’inscrit dans une longue tradition de dialogue social au sein d’UniCredit qui a
conduit à l’adoption du plusieurs déclarations communes – égalité
de chances et non-discrimination, ventes
responsables, équilibre
vie privée-vie professionnelle – et la signature d’un accord-cadre
international en 2019.
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Syndicalisme
Utilité d’un accord-cadre international :
la fédération syndicale internationale IndustriAll Global Union
souligne dans un communiqué le rôle joué par l’accord-cadre international signé avec
le groupe espagnol Inditex,
pour résoudre des violations de l’accord au sein d’un fournisseur roumain (Tanex) du
groupe propriétaire de Zara (v. communiqué).
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