|
| |
IR Notes 180 – 23 février 2022
www.irshare.eu
|
|
|
| |
| |
Une question à…
François Nogué, Directeur Général des Ressources Humaines chez Groupe
SNCF
La
SNCF a organisé, le 22 février, un sommet
européen du rail dans ses
locaux, sous l’égide de la Commission européenne et dans le
cadre de la présidence française de l’UE, avec un volet
consacré au dialogue social sectoriel européen. En quoi ce
niveau de dialogue social est-il important, pour le secteur
et pour votre entreprise ? Tout d’abord
je tiens à rappeler mon engagement dans le dialogue social européen.
J’ai été DRH du groupe SNCF avant de le quitter pour y revenir
ensuite, à l’époque où nous avons mis en place le CE européen du
groupe. J’ai aussi présidé pendant plusieurs années le groupe des
DRH européens du secteur ferroviaire au sein de l’organisation
employeur européenne CER. C’est cette expérience qui m’a conduit à
organiser cet événement, la veille du Conseil européen des ministres
du Transport, avec la participation de tous les acteurs du dialogue
social européen. Nous avons pu ainsi réaffirmer l’implication de la
SNCF dans le dialogue social sectoriel européen et l’importance
d’avoir un dialogue social de qualité dans le secteur ferroviaire.
Trois enjeux ont été mis en avant pendant ce
sommet: Le premier est
l’objectif commun de tous les réseaux ferroviaires européens :
renforcer l’attractivité du secteur auprès des travailleurs
européens pour être en mesure d’accompagner son développement
favorisé par la transition en faveur des transports bas carbone.
Nous avons besoin de gens motivés et formés, capables de travailler
dans un environnement complexe et familier avec le
digital. Le second enjeu
est de multiplier les efforts pour poursuivre la féminisation de nos
activités. Nous avons actuellement, en moyenne au niveau de l’UE,
20% de femmes dans les effectifs, ce qui est beaucoup trop peu. Pour
y remédier, les partenaires sociaux européens ont signé un accord
volontaire, « Women in Rail » (v. IR Notes n° 174) pour lequel la SNCF a été moteur. Toutes
les fédérations syndicales affiliées à la fédération syndicale
européenne ETF l’ont signé. Et dans la foulée, la SNCF a transformé
l’essai, puisque nous avons conclu à l’unanimité des organisations
syndicales, un accord sur la mixité et la parité au sein du groupe
SNCF. Conformément à l’accord européen, nous nous sommes dotés d’une
feuille de route avec des engagements quantifiés. Enfin, le troisième enjeu est de réaliser un
grand marché européen du rail en renforçant l’interopérabilité des
réseaux. Nous avons déjà négocié deux accords européens sur la
licence ferroviaire et les travailleurs mobiles effectuant des
services d’interopérabilité transfrontalière, qui ont été
transformés en directive européenne. Avec notre récent accord
« Women in Rail », nous contribuons ainsi à une certaine
harmonisation des conditions de travail. Si l’on veut renforcer la
place du rail dans une économie bas carbone, il faut gommer les
frontières au niveau du continent européen pour éviter les ruptures
de charge aux passages de frontière. (photo : Copyright –
Veysset Frédérique)
|
|
|
 |
| |
Edito
L’Ukraine est en Europe, tirons-en les conséquences !
Difficile de faire un lien entre la crise
ukrainienne et les sujets habituellement traités dans IR Notes, mais
il y a tout de même un lien possible. Le groupe agro-alimentaire Bel
a conclu un accord
de CE européen en 2019 qui inclut
l’Ukraine dans son champ d’application géographique. Autrement dit,
au moment de la signature, les 342 salariés ukrainiens (5% de
l’effectif total en Europe) disposaient de deux représentants
titulaires au sein du CE européen. Face à la déstabilisation que
subit cet État démocratique dont la population souhaiterait
majoritairement se tourner vers l’UE, un geste de solidarité
pourrait être utilement envisagé au sein des groupes ayant des
effectifs en Ukraine. Ils pourraient ainsi amender leur accord et
les inclure dans leur CE européen, ne serait-ce qu’en tant
qu’observateurs, pour ceux qui ne seraient pas suffisamment
téméraires pour leur accorder un siège plein et entier.
|
|
|
 |
| |
Agenda
28 février-1er
mars En
ligne Formation organisée par l’Institut
syndical européen (ETUI) sur les CE européens des multinationales
américaines. Contact : lcoremans@etui.org
14
mars Bruxelles Conseil
Emploi et Politique sociale.
22 et 23 mars Bruxelles
Formation de l’Institut syndical européen (ETUI) sur le
dialogue social européen destinée aux secrétaires de CE européens.
Contact : esantaniello@etui.org
24 mars En
Ligne Conférence organisée par IR Share sur
“une
année de jurisprudence sociale européenne“, avec Jean-Philippe
Lhernould, professeur de droit à l’Université de Poitiers.
8 au 12
mai Berlin Congrès du
DGB.
16
juin Luxembourg Conseil
Emploi et Politique sociale.
27 et 28 juin Hambourg 14e
conférence de l’EWC Academy pour les CE européens et comités de
SE, avec notamment Gabriele Bischoff, Udo Rehfeldt et Ilaria
Armaro.
|
|
|
 |
| |
Qui sommes-nous ?
IR Notes
est une lettre d’information diffusée
tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes
(allemand, anglais, espagnol, français, italien) et réalisée par IR Share et son
réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en
vente sur abonnement pour un montant de 248 euros HT par an sur le
site IR Share.
L’équipe :
ce numéro a été préparé par Inga Blaziene, Elma Paulauskaite, Vasilis Koniaris, Pascale Turlan
et Frédéric
Turlan. Retrouvez l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
S’abonner à IR Notes
en quelques clics sur le site IR
Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu >
La lettre d’information IR Notes a été reconnue
comme « service de presse en ligne » selon l’article 1er de la loi n°
86-897 du 1er août 1986 portant réforme du régime juridique de la
presse. Outre la reconnaissance de la qualité d’IR Notes, le bénéfice du
statut de « service de presse en ligne » nous permet de facturer (en
France) les abonnements à IR Notes avec une TVA réduite de 2,1%.
Mentions légales.
Editeur: IR Share SARL – 5, Les Compères – 89520 Fontenoy – +33
(0)6 81 41 53 95 – capital social 1500 euros – RCS (Auxerre) : 512 567
959. Directeur de la publication: Frédéric Turlan. Hébergeur: Ideal prod
– 14 rue Auguste Morel – 89100 Sens – Tel.: + 33 (0)3 86 83 21 21 –
France. N° de CPPAP : 0626 Z 93933.
|
|
|
 |
| |
Dictionnaire européen des relations sociales
Si vous souhaitez aller plus loin dans la lecture d’IR Notes nous mettons
à votre disposition des liens
vers le Dictionnaire
européen des relations sociales, publié par Eurofound, et
régulièrement mis à jour par IR Share, éditeur d’IR Notes. Les
définitions des termes sont disponibles en anglais et facilement
convertibles grâce à des outils de traduction en ligne.
|
|
|
 |
|
|
|
À la Une
Le
reclassement d’un travailleur reconnu comme handicapé fait partie des aménagements
raisonnables qui s’imposent à l’employeur
La Cour de justice a rendu un arrêt concernant un agent de maintenance recruté par la
compagnie de chemin de fer belge pour exercer sur les voies de chemin de fer.
Pendant la période de son stage préalable à sa titularisation au sein de
l’entreprise, il a fait un malaise cardiaque. Il a ensuite été équipé d’un pacemaker
dont le port n’est pas compatible avec les champs électromagnétiques existant sur
les voies. De ce fait, cet agent a été reconnu comme personne handicapée. Il a été
rapidement reclassé sur un poste de magasinier avant d’être licencié avant la fin du
stage. Bénéficie-t-il, en tant que stagiaire, de la protection accordée aux
travailleurs par la directive 2000/78 du 27 novembre 2000, portant création d’un
cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de
travail ? Oui, répond la Cour de justice. Ce texte s’applique à « un travailleur qui
effectue un stage de formation consécutif à son recrutement par son employeur », dès
lors que la période de stage est effectuée « dans les conditions d’une activité
salariée réelle et effective en faveur et sous la direction d’un employeur ». Par
ailleurs, selon l’article 5 de la directive, afin de garantir le respect du principe
de l’égalité de traitement à l’égard des personnes handicapées, des « aménagements
raisonnables » doivent être prévus. La Cour précise que lorsqu’un travailleur
devient définitivement inapte à occuper son poste en raison de la survenance d’un
handicap, sa réaffectation à un autre poste de travail est susceptible de constituer
une mesure appropriée dans le cadre des « aménagements raisonnables ». Certes, cette
disposition ne saurait obliger l’employeur à prendre des mesures qui lui
imposeraient une « charge disproportionnée », au regard notamment « des coûts
financiers qu’elles impliquent, de la taille et des ressources financières de
l’organisation ou de l’entreprise et de la possibilité d’obtenir des fonds publics
ou toute autre aide ». Même si la Cour laisse à la juridiction nationale le soin
d’apprécier l’existence d’une charge disproportionnée, elle ajoute que le
travailleur « a été réaffecté à un poste de magasinier au sein de la même
entreprise », ce qui tendrait à démontrer qu’une affectation sur une autre poste
était bien possible. Cependant, la Cour précise un des contours de cette obligation
de reclassement : « la possibilité d’affecter une personne handicapée à un autre
poste de travail n’existe qu’en présence d’au moins un poste vacant que le
travailleur concerné est susceptible d’occuper » (v. communiqué
de presse et CJUE,
10 février 2022, aff. C-485/20, HR Rail SA).
|
***Dernière
minute***
la Commission européenne a adopté aujourd’hui une proposition de directive sur le
devoir de vigilance des entreprises en matière de développement durable. L’objectif
de cette directive est de favoriser un comportement durable et responsable des
entreprises et d’ancrer les considérations relatives aux droits de l’homme et à
l’environnement dans les activités et la gouvernance des entreprises. La Commission
a publié une proposition de directive et une communication
(v. Communiqué
de presse et questions-réponses
de la Commission ainsi que les réactions de la Confédération européenne des
syndicats et BusinessEurope).
|
1. Union
européenne
Législation
- Substances cancérigènes, mutagènes et
reprotoxiques : les députés européens ont adopté, le 17
février, par 686 voix pour, 4 contre et 4 abstentions, la quatrième révision de
la directive limitant l’exposition des travailleurs aux substances cancérigènes,
mutagènes ou reprotoxiques (v. IR Notes 177).
La directive doit encore être approuvée par le Conseil avant d’être publiée au
JOUE (v. communiqué
du Parlement).
|
Projet
Représentation des femmes dans les organes de
direction : en janvier 2012, seulement 14 % des
administrateurs des grandes entreprises européennes cotées en bourse et seulement 3
% des présidents de ces entreprises étaient des femmes. Pour remédier à ce
déséquilibre, la Commission européenne a présenté, en novembre 2012, une proposition
de directive relative à un meilleur équilibre hommes-femmes parmi les
administrateurs non exécutifs des sociétés cotées en bourse et à des mesures
connexes. L’un de ses objectifs est de faire en sorte que les sociétés
cotées dans lesquelles les membres des conseils d’administration appartenant au sexe
sous‑représenté occupent moins de 40 % des postes d’administrateurs non exécutifs
atteignent ce pourcentage au 1er janvier 2020 au plus tard… Après dix années
d’obstruction au sein du Conseil, le gouvernement allemand vient d’annoncer son
soutien à ce texte et son intention de voter en sa faveur lors du Conseil Emploi et
Affaires sociales du 14 mars. Avec ce changement de position, la majorité qualifiée
est sûre d’être atteinte, garantissant l’adoption de la directive. « Il est
inacceptable qu’au cœur de l’Europe, explique la ministre fédérale des Affaires
étrangères Annalena Baerbock dans une déclaration,
nous devions encore chercher à la loupe pour trouver des femmes dans les conseils
d’administration ». La récente réunion des patrons allemands lors de la conférence
sur la sécurité à Munich illustre bien ce propos… (v. photo).
|
Jurisprudence
La cogestion revient devant la Cour de justice :
une affaire importante a été plaidée devant la Cour de justice
de l’UE, le 8 février, concernant le respect de la législation allemande sur la
cogestion en cas de transformation d’une entreprise en société européen (SE). Cette
affaire porte sur la validité de la disposition de l’accord sur l’implication des
travailleurs dans SAP SE, concernant la composition du conseil de surveillance.
Lorsque ce conseil comprend 12 représentants, l’accord conclu lors de la
transformation de SAP en SE, prévoit que six d’entre eux doivent être des
représentants des salariés. Mais l’accord n’organise pas une élection spécifique
pour élire deux représentants syndicaux parmi les six représentants, comme le
prévoit la législation allemande. Ainsi l’accord sur l’implication des travailleurs
maintient bien la parité, mais supprime cette voie spécifique de désignation de deux
représentants par les syndicats, qui permet de faire siéger au sein du conseil de
surveillance des syndicalistes qui ne sont pas salariés du groupe. L’employeur
estime que l’accord pouvait prévoir une telle disposition compte tenu du principe de
l’autonomie des parties, tandis que les deux syndicats qui ont porté cette affaire
en justice – IG Metall et Ver.di – considèrent, en raison du principe
« avant-après » prévu par la directive sur l’implication des travailleurs dans la
SE, que la transformation en SE devait maintenir ce dispositif, qui est une
caractéristique forte du modèle allemand de relations sociales. Selon les deux
syndicats, la Commission européenne et les représentants des gouvernements allemand
et luxembourgeois ont soutenu leurs positions lors de la plaidoirie. Les conclusions
de l’avocat général sont attendues pour le 28 avril. Ensuite la Cour devrait
trancher l’affaire dans un délai de six à neuf mois (v communiqué
commun d’IG Metall et Verdi, et la demande
préjudicielle adressée à la CJUE).
|
Dialogue
social européen
- Position du BDA sur le dialogue social
européen : dans une déclaration
publiée en janvier, l’organisation patronale allemande BDA, un des poids lourds
au sein de l’organisation patronale européenne BusinessEurope, a apporté sa
contribution à la révision du dialogue social européen, qui doit faire l’objet
d’une communication de la Commission européenne au deuxième semestre 2022.
« Malheureusement, la Commission européenne lance de plus en plus d’initiatives
en matière de politique sociale qui sont mises en œuvre par le Conseil et le
Parlement dans le cadre du processus législatif ordinaire », regrette le BDA,
qui appelle la Commission à respecter l’autonomie des partenaires sociaux. Le
BDA reprend la plupart des propositions du rapport d’Andrea Nahles (v. IR Notes 157),
comme le fait de désigner un responsable du dialogue social dans toutes les
directions générales de la Commission pour mieux associer les partenaires
sociaux à l’ensemble des politiques de l’UE, et pas seulement les politiques
sociales au sens strict. Le BDA estime que les partenaires sociaux doivent voir
leurs accords respectés : par exemple, l’accord-cadre européen sur la
digitalisation, conclu pour une durée de trois ans, empêcherait, selon le BDA,
la Commission et le Parlement d’adopter une directive sur le droit à la
déconnexion pendant cette durée.
|
2. États
membres
Allemagne
Vers un délit pour l’entrave à la création d’un
comité d’entreprise : le comité exécutif de la confédération
syndicale allemande DGB a présenté, le 9 février, à Berlin, ses priorités de travail
pour l’année 2022 (v. communiqué).
Le président du DGB, Reiner Hoffmann a salué la volonté du gouvernement de créer un
délit pour entrave à la création d’un comité d’entreprise, à quelques semaines des
élections des représentants dans les comités d’entreprise pour renouveler 180 000
mandats au sein de 28 000 entreprises. « Il est tout simplement inacceptable qu’une
création de comité d’entreprise sur six soit empêchée par des moyens illégaux », a
souligné Reiner Hoffmann. Il a par ailleurs appelé à renforcer la cogestion pour
faire face à la transition sociale et environnementale, un thème qui occupera une
place centrale lors du congrès du DGB, qui se tiendra du 8 au 12 mai à
Berlin.
- Revalorisation dans le secteur des soins
aux personnes âgées: la commission des soins (Pflegekommission),
mis en place par la loi pour fixer le niveau des salaires minimaux dans le
secteur des soins aux personnes âgées, a décidé à l’unanimité, le 5 février, de
revaloriser les salaires minimaux de la branche. La commission recommande, à
partir du 1er septembre 2022, une augmentation du salaire minimum en
trois étapes pour atteindre, au 1er décembre 2023, 14,15 euros de
l’heure pour les aides-soignants, 15,25 euros de l’heure pour les
aides-soignants qualifiés et 18,25 euros de l’heure pour les infirmiers
spécialisés. La commission recommande en outre un droit à des congés payés
supplémentaires par rapport aux congés légaux. Ce congé supplémentaire devrait
être de sept jours pour les salariés travaillant cinq jours par semaine en 2022,
et de neuf jours pour les années 2023 et 2024 (v. communiqué
du ministère du Travail).
|
Espagne
- Le salaire minimum passe à 1000 euros :
le salaire minimum interprofessionnel (SMI) passera à 1.000
euros par mois en 14 versements après l’accord conclu entre la ministre du
Travail, Yolanda Díaz et les seules organisations syndicales CCOO et UGT, les
organisations employeurs rejetant cette hausse qu’elles estiment prématurée.
L’augmentation a été approuvée lors du Conseil des ministres du 22 février, et
sera appliquée rétroactivement jusqu’au 1er janvier. Le SMI actuellement de 965
euros sera donc augmenté de 35 euros (v. lien vers le communiqué).
|
Grèce
Retour de la prime d’ancienneté :
jusqu’en 2012, les salariés payés au titre du salaire minimum –
alors fixé par une convention collective nationale étendue – bénéficiaient d’une
augmentation de 3% de leur salaire, prévue par la loi, pour chaque période de trois
années continues d’emploi, quel que soit l’employeur. Cette augmentation était
appliquée pour un maximum de trois périodes (neuf ans au total, soit environ 10 %
d’augmentation du salaire minimum). En vertu des dispositions des Mémorandums
conclus avec l’UE et le FMI à l’époque de la crise de la dette, cette « allocation
pour les personnes employées au salaire minimum » a été annulée jusqu’à ce que le
taux de chômage descende en dessous de 10%. Ainsi, en 2012, tous les salariés qui
étaient payés au titre du salaire minimum, et qui avaient obtenu ce droit, ont perdu
cette allocation. Aujourd’hui, en vertu d’une décision du Conseil d’État, cette
bonification a été rétablie pour ceux qui, jusqu’en 2012, avaient accompli une ou
toutes ces périodes de trois ans. Cependant, les salariés payés au salaire minimum
après 2012 ne peuvent en bénéficier puisque le chômage n’est pas descendu en dessous
de 10% comme le stipule la loi. Le retour de cette bonification liée à l’ancienneté
ne concerne que les personnes rémunérées au niveau du salaire minimum légal. Les
autres salariés qui sont couverts par des accords sectoriels contenant des
dispositions relatives aux salaires ou qui ont négocié leur contrat de travail avec
leur employeur ne sont pas concernés par cette augmentation.
|
Irlande
Nouveaux droits du travail : le
ministre de l’Entreprise, du Commerce et de l’Emploi, Leo Varadkar, a annoncé, le
1er février, lors de la présentation d’un projet
de loi sur les pourboires et les gratifications, sa volonté de créer des
emplois assortis de meilleures conditions de travail, qui soient « plus durables,
plus sûrs et mieux valorisés ». À cet effet, il prévoit d’établir cinq nouveaux
droits des travailleurs en 2022, à savoir : un nouveau jour férié (la St Brigid’s
day, chaque premier lundi de février) qui permettra à l’Irlande de se rapprocher de
la moyenne européenne; une indemnité légale en cas d’arrêt maladie (v. IR Notes 175) ;
le droit de demander à travailler à distance (v. IR Notes 179) ; de
nouveaux droits en matière de licenciement pour les personnes mises à pied pendant
la pandémie et la garantie que les pourboires soient bien reversés aux salariés
grâce au projet de loi sur les pourboires et les gratifications. Ce texte repose sur
quatre principes : il interdira aux employeurs d’utiliser les pourboires et les
gratifications pour atteindre le niveau des taux de rémunération contractuels. Les
pourboires et les gratifications doivent s’ajouter au salaire en toutes
circonstances. 2° Il instaure un droit légal pour les travailleurs de recevoir des
pourboires et des gratifications payés sous forme électronique. 3° L’employeur ne
peut conserver aucune part des pourboires reçus par voie électronique, sauf
exception (pour payer des taxes ou des frais bancaires découlant de la fourniture de
modes de pourboire électroniques, par exemple). 4° Les entreprises devront afficher
clairement leur politique sur la façon dont les pourboires sont distribués.
|
Lituanie
- Première grève dans le secteur privée :
600 salariés des 1300 du producteur de produit chimique AB
Achema sont en grève en raison du refus de l’employeur de négocier un accord
collectif. Le caractère insolite de cette information, sans doute banale dans la
plupart des États membres, est qu’il s’agit de la première grève dans le secteur
privé depuis plus de trente ans, la totalité des grèves ayant eu lieu en
Lituanie n’ont concerné que le secteur public (v. communiqué
d’IndustriAll Europe et article
de Delfi.en).
|
Pays-Bas
Un guide pour accompagner les divorcés :
la Confédération nationale des syndicats chrétiens (CNV) a
publié une étude,
le 8 février, sur les salariés divorcés qui souligne un risque accru d’absentéisme
et de burnout (16% des salariés déclarent avoir fait un burnout l’année suivant leur
divorce). La CNV s’appuie sur ces résultats pour demander la mise en place de
protocoles dans les entreprises, pour accompagner les salariés en cours de divorce
ou divorcés. La CNV préconise que les employeurs mettent en place une politique de
séparation indiquant comment les salariés divorcés peuvent être soutenus au mieux
sur le plan pratique, financier et psychologique. À cette fin, la CNV a publié un e-book
et prépare un guide pratique à l’attention des salariés divorcés (v. communiqué).
|
3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Nouveau CE européen : la
direction d’Intersnack a
signé, le 19 janvier, avec un groupe spécial de négociation un accord sur la mise en
place d’un CE européen au sein de ce groupe agro-alimentaire allemand de 13000
salariés. La fédération syndicale européenne EFFAT a accompagné le GSN pendant la
négociation. Le CE européen comprend des représentants de 20 pays (v. communiqué
EFFAT).
> À
lire : le portrait
de Daniela Cavalho, présidente du comité central d’entreprise et du CE
européen / mondial de Volkswagen paru sur le site d’IndustriAll Global Union.
|
- Restructuration : la
fédération syndicale internationale UITA a rendu visite, avec les représentants
du syndicat finlandais SEL et du CE européen d’Unilever, aux salariés de
l’usine de crème glacée Sipoo, (64 salariés) en Finlande, qui est menacé de
fermeture par la direction d’Unilever (v. communiqué)
afin de plaider pour le maintien du site.
|
Accords
transnationaux
Dialogue social chez Uber : la
Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) et Uber ont signé, le 17 février,
un protocole d’accord pour entamer un dialogue social sur les conditions de travail
des chauffeurs et les coursiers dans le monde Ce texte couvre une variété de thèmes
comme la représentation syndicale, la liberté d’association et de négociation, la
santé et la sécurité, les protections sociales et la résolution des conflits. Si
ITF pense que cet accord « peut accélérer l’amélioration des droits et des
conditions des chauffeurs et des coursiers grâce à une double politique de dialogue
social et de réforme structurelle », la fédération entend toujours « contester
vigoureusement la classification erronée du statut d’emploi et les pratiques
d’emploi déguisé ». (v. communiqué
d’ITF).
|
4. Études et
rapports
Intelligence artificielle : pour
ceux qui souhaitent s’armer pour faire face aux risques liés au recours à
l’intelligence artificielle sur le lieu de travail, le Comité économique et social
européen (Cese) a publié un guide,
en partenariat avec la CFDT Cadres, pour mieux maîtriser l’IA dans l’environnement
de travail. Reconnaissance faciale lors d’un recrutement, exploitation de nos
données personnelles à notre insu, surveillance par un logiciel lors du télétravail,
rôle d’un algorithme pour obtenir une promotion… ce guide, réalisé par Franca
Salis-Madinier (CFDT), qui est membre du Cese, aide les salariés et leurs
représentants à se poser les bonnes questions et à agir. Cet ouvrage présente
également des interviews de chercheurs, de sociologues, de représentants du
personnel ou de travailleurs, d’instances confrontées à l’introduction de
l’intelligence artificielle dans les organisations. Il a été publié en français sous
le titre « Le
guide de l’intelligence artificielle au travail ».
|
Liens entre administrateurs salariés et CE
européens : l’Institut syndical européen a publié un Policy Brief
qui prône un renforcement des liens entre les CE européens et les représentants des
salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance, lorsque les deux
formes de représentation des salariés coexistent dans un même groupe. Réalisé à
partir d’une vaste enquête menée en 2018, ce document souligne que les CE européens
« sous utilisent cet atout potentiel » qui est d’« avoir des amis haut placés – à
savoir des alliés bien informés au cœur du processus décisionnel des entreprises ».
Ce travail doit permettre d’ouvrir une réflexion au sein de chaque CE européen
concerné pour tisser des liens souvent absents, parfois en raison de règles de
confidentialité interprétées trop strictement.
|
|
|