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IR Notes 184 – 20 avril 2022
www.irshare.eu
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Une question à…
Ralf-Peter Hayen, expert en codétermination et ancien chef d’unité au
sein du département juridique du comité directeur fédéral de la
Confédération allemande des syndicats (DGB).
Pour quelles raisons les syndicats
allemands souhaitent-ils une réforme de la loi sur la
constitution des entreprises (v. 2. États membres) et quelles
sont les chances que cette proposition de réforme soit
effectivement reprise dans un projet de loi
? La loi sur
la constitution des entreprises (BetrVG), qui régit la
codétermination par les comités d’entreprise, est entrée en vigueur
en 1952 et a été modernisée en profondeur pour la dernière fois 20
ans plus tard (1972). À l’époque, le monde était différent : les
télécopieurs, par exemple, étaient considérés comme une technique
d’avenir et Internet n’en était qu’à ses tout premiers
balbutiements. Le cadre général et les missions des comités
d’entreprise ont fondamentalement changé entre-temps : la
numérisation, la mondialisation, l’internationalisation et surtout
la nécessité d’une transformation socio-écologique sont quelques-uns
des défis importants de notre époque pour les entreprises et les
représentants des salariés. Des adaptations légales mineures
intervenues entre-temps, comme la loi sur la modernisation des
entreprises de 2021, n’ont pas changé grand-chose à cette situation.
L’initiative vise à mettre un terme au blocage des réformes.
En ce qui concerne les perspectives de
réalisation par le législateur, il est peu probable que le
gouvernement fédéral reprenne intégralement cette proposition de
réforme sous la forme d’un projet de loi au cours de cette
législature. Dans l’accord de coalition, les partis ne se sont
malheureusement qu’engagés à développer la codétermination de
manière « peu invasive » : ainsi, il est prévu de donner aux
syndicats un droit d’accès numérique dans les entreprises et
d’améliorer les poursuites pénales en cas d’entrave aux élections et
aux activités des comités d’entreprise.
La proposition de réforme se veut plutôt
une contribution au débat sur les outils juridiques dont les comités
d’entreprise ont besoin pour participer à l’organisation du monde du
travail d’aujourd’hui et de demain. En outre, la question de
l’applicabilité de ces propositions de réforme ne dépend pas
uniquement de la volonté des acteurs politiques en charge de la
législation, mais également des rapports de force sociaux et de la
capacité des syndicats à faire campagne. Au début du mois prochain
se tiendra le 22e congrès fédéral du DGB sous le slogan
« L’avenir, c’est nous qui le façonnons ». Je suis sûr qu’il
adoptera, parmi les thèmes d’avenir et de campagne, cette initiative
pour une réforme de la loi sur la constitution des entreprises. Par
la suite, il faut espérer que bon nombre des propositions de
réglementation pour une BetrVG moderne, qui ont été bien conçues par
les syndicats, seront reprises par le législateur à moyen
terme.
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Qui sommes-nous ?
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tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes
(allemand, anglais, espagnol, français, italien) et réalisée par IR Share et son
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travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en
vente sur abonnement pour un montant de 248 euros HT par an sur le
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L’équipe :
ce numéro a été préparé par Ralf-Peter
Hayen, Pascale
Turlan,
Frédéric Turlan et Aimee
Waldon. Retrouvez l’ensemble de l’équipe
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Dictionnaire européen des relations sociales
Si vous souhaitez aller plus loin dans la lecture d’IR Notes nous mettons
à votre disposition des liens
vers le Dictionnaire
européen des relations sociales, publié par Eurofound, et
régulièrement mis à jour par IR Share, éditeur d’IR Notes. Les
définitions des termes sont disponibles en anglais et facilement
convertibles grâce à des outils de traduction en ligne.
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À la Une
La
condamnation de Deliveroo pour travail dissimulé fragilise la fiction de la
plateforme d’intermédiation
Pour la première fois, en France, une plateforme a été condamnée par une juridiction
pénale pour travail dissimulé, pour avoir fait travailler des livreurs sous statut
de travailleurs indépendants au lieu de les avoir embauchés en tant que salariés.
L’affaire concerne la plateforme de livraison de repas Deliveroo qui a été
condamnée, le 19 avril, à 375000 euros d’amende pour délit de travail dissimulé.
Elle devra aussi verser 50 000 euros de dommages et intérêts à chacune des cinq
organisations syndicales de
salariés qui s’étaient portées parties civiles. Quant aux 116 livreurs concernés,
chacun se voit attribuer entre 500 et 4000 euros de dommages et intérêts. Une
provision qui pourra être révisée à la hausse lors d’audiences qui se dérouleront le
6 février 2023. Enfin, deux anciens dirigeants ont été condamnés pour délit de
travail dissimulé à 30000 euros d’amendes et des peines avec sursis de 12 mois de
prison et 5 ans d’interdiction de diriger une société. Un ex-chef des opérations a
été condamné pour « complicité de travail dissimulé » à une peine de quatre mois de
prison avec sursis et 10 000 euros d’amende. Dans son délibéré, la juge a démonté le
« cœur du réacteur » de Deliveroo : le rôle de la plateforme n’est pas une simple
intermédiation entre des restaurants et des clients, mais un service organisé de
livraison qui contrôle, dirige et sanctionne des livreurs (v. Platform work). Loin de
considérer comme Deliveroo qu’il s’agit de sous-traitance d’activités à des
indépendants, la juge y voit un « habillage juridique », un « filtre » n’ayant pour
but que de dissimuler « une situation de salariat », comme le rapporte Barbara
Gomes, maîtresse de conférence à l’université d’Avignon pour qui, ce mercredi, « la
justice pénale fût aussi justice sociale ». « C’est une condamnation pénale très
symbolique, souligne Chloé Debas, chercheuse en sciences politiques et syndicaliste
à Solidaires, car pendant des années Deliveroo accusait les livreurs, et les
syndicats et militants qui les soutenaient, de menteurs quand ils expliquaient être
des travailleurs sous subordination juridique d’un employeur, donc des salariés ».
Dans les discussions en cours entre le Conseil et le Parlement européen, ce jugement
qui démontre que le fonctionnement d’une plateforme relève de la qualification
d’employeur, va renforcer les partisans de la requalification en salariat des
travailleurs des plateformes, ou au moins de ceux qui répondent à un certain nombre
de critères caractérisant un lien de subordination. Démontrer qu’un modèle
économique repose sur une fraude sociale massive, par un recours systémique au
travail dissimulé, ne peut que fragiliser les plateformes. Par ailleurs, pour Chloé
Lebas, les indemnités versées aux cinq syndicats sont « la preuve que les syndicats
sont légitimes à représenter les travailleurs des plateformes » ce qui leur est en
général refusé par les plateformes.
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1. Union
européenne
Projet
Transparence salariale : les
députés européens ont largement soutenu, le 5 avril, le rapport présenté par Samira
Rafaela (Renew Europe) et Kira Marie Peter-Hansen (Verts/ALE), qui renforce la
proposition de directive sur la transparence salariale (v. Pay transparency). Les députés
ont abaissé à 50 salariés – au lieu de 250 salariés dans la proposition de la
Commission (v. IR Notes
159) et la position du Conseil v. IR Notes 176) – le
seuil à partir duquel les entreprises seront tenues d’élaborer un rapport sur les
rémunérations permettant de comparer plus facilement les salaires et de révéler tout
écart de rémunération entre les genres au sein de la même entreprise. Reste à savoir
si le Parlement parviendra à imposer son choix face à un Conseil divisé et à
l’opposition totale exprimée par les employeurs. De plus, lorsque le rapport sur les
rémunérations fait apparaître un écart d’au moins 2,5%, (au lieu de 5% dans la
proposition de la Commission et la position du Conseil), l’employeur doit engager
une évaluation conjointe des rémunérations avec les représentants du personnel.
Cette consultation doit mener à élaborer un plan d’action pour l’égalité des genres.
La Commission est invitée à créer un label pour les entreprises qui ne présentent
pas d’écart de rémunération entre les genres. Il reste à peine trois mois à la
présidence française de l’UE pour obtenir un compromis sur ce texte entre le Conseil
et le Parlement.
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2. États
membres
Allemagne
Proposition de loi pour réviser la législation
sur la constitution des entreprises : des experts de la
confédération syndicale allemande DGB, de la Fondation Hans Böckler et du monde de
la recherche ont présenté, le 6 avril, une réforme globale sous la forme d’une
proposition de loi pour réviser la loi sur la constitution des entreprises (BetrVG)
qui est à l’origine de la « codétermination ». La proposition met l’accent sur six
points : 1/ de nouvelles règles pour faire progresser la protection de
l’environnement et l’égalité dans l’entreprise grâce à de meilleurs droits de
codécision. 2/ Des mesures pour assurer la sécurité de l’emploi grâce à une
meilleure codécision, notamment en matière de formation continue et de gestion
prévisionnelle du personnel. 3/ Un renforcement de la codécision pour garantir la
protection de la personnalité et des données sur le lieu de travail. 4/ Des
dispositions pour que la codétermination au sein de l’entreprise ne puisse pas être
remise en cause de facto dans des entreprises avec une organisation de plus en plus
internationale et complexe. 5/ Des réforme pour une meilleure protection des droits
individuels des salariés. 6/ Des réformes pour faciliter les élections des comités
d’entreprise et rendre plus difficile les agissements des employeurs contre la
création de comités d’entreprise. Cette vaste série de nouvelles dispositions
prévues dans la proposition de loi prennent la forme de modifications juridiques
détaillées de la BetrVG et publiées dans une étude.
Une proposition de modification très importante concerne l’exigence selon laquelle
l’employeur doit s’abstenir de toute mesure susceptible de porter atteinte – même
indirectement – à un droit du comité d’entreprise. Autrement dit, dès que
l’employeur ne respecte pas un droit d’un comité d’entreprise, il doit être
sanctionné, par exemple en donnant au comité d’entreprise la possibilité d’aller en
justice pour obtenir la suspension ou l’annulation d’une décision ou d’une mesure
(droit d’injonction). Actuellement, ce n’est le cas que pour les droits du comité
d’entreprise soumis à la codécision, mais pas pour les autres droits, par exemple
pour le non-respect de son droit à l’information et à la consultation en cas de
projet de fermeture d’entreprise. Cette possibilité, qui fait également défaut dans
la législation applicable aux CE européens (voir interview, IR Notes 71) doit
aussi être accordée aux comités d’entreprise allemands. Selon le projet de loi des
syndicats, les conséquences d’une infraction doivent également être écartées. Si des
mesures prises par l’employeur portent atteinte aux droits du comité d’entreprise ou
d’un salarié, elles sont nulles et non avenues.
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Espagne
Outil d’évaluation des écarts salariaux :
en application du décret
royal 902/2020, du 13 octobre 2020 sur l’égalité de rémunération entre les
femmes et les hommes, le gouvernement a présenté, le 13 avril, un outil
d’évaluation en ligne gratuit, élaboré avec les partenaires sociaux, permettant aux
entreprises d’évaluer la valeur des emplois en fonction de différents critères,
comme leur nature, les tâches à accomplir, le niveau de qualification, les
conditions de travail dans lesquelles ils sont exercés… L’objectif est de faciliter
l’élaboration des plans d’égalité en permettant d’identifier d’éventuelles
discriminations entre les femmes et les hommes (v. communiqué).
- Négociation des plans
d’égalité : dans une décision
du 28 mars, le Tribunal suprême a rejeté un recours de l’organisation employeur
CEOE contre l’article 5.3 du décret royal
901/2020 du 13 octobre 2020 sur les plans d’égalité, qui prévoit que,
dans les entreprises qui ne disposent pas d’une représentation légale des
travailleurs parce que des élections syndicales n’ont pas été organisées, le
pouvoir de négocier les plans d’égalité revient aux syndicats les plus
représentatifs de la branche. La CEOE estimait que la négociation devait dans ce
cas être menée par des « comités ad hoc », désignés par les salariés. La Cour
suprême affirme que les plans d’égalité doivent faire l’objet d’un accord
d’entreprise, que les commissions “ad hoc” n’ont pas le pouvoir de négocier (v.
communiqué de l’UGT
et CCOO).
- Santé mentale et
précarité : le ministère du Travail et de l’Économie
sociale a mis en place, le 7 avril, une commission d’experts sur l’impact de la
précarité de l’emploi sur la santé mentale qui dispose de six mois pour rendre
ses conclusions. Pour la ministre Yolanda Diaz, la justice sociale et la lutte
contre la précarité sont « aussi une question de santé pour tous. Aujourd’hui
plus que jamais, nous devons continuer à placer le travail décent, avec des
heures de travail et des salaires décents, au centre de nos préoccupations » (v.
communiqué).
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Italie
Bilan de la négociation collective :
la Fondation Di Vittorio et la confédération syndicale CGIL ont
présenté, le 13 avril, un rapport
qui analyse un échantillon de 2 168 accords signés par les partenaires sociaux de
2019 à 2021, et notamment 862 accords d’entreprise. Le rapport met en avant une
forte croissance des accords mettant en place des comités paritaires pour gérer la
crise du Covid-19 et ceux sur le « travail agile », concept qui recouvre notamment
le télétravail. Le rapport contient aussi quelques analyses approfondies du
fonctionnement du dialogue social chez Electrolux, présenté comme un modèle
participatif, Autostrade per l’Italia (numérisation et relations syndicales) et ENI
avec un focus sur le protocole signé le 3 décembre 2020 avec les trois fédérations
Filctem-Cgil, Femca-CISL, Uiltec-UIL sur un « modèle de relation sociales pour
soutenir le processus de transition énergétique » (v. communiqué CGIL
et de la Fondation
Di Vittorio).
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Irlande
- Bonus pour l’embauche d’apprenties :
pour rééquilibrer les 41 filières d’apprentissage à
prédominance masculine, le gouvernement a annoncé le versement, rétroactif
depuis le 1er janvier, d’une aide supplémentaire de 2666 euros aux employeurs
qui embaucheront des filles en contrat d’apprentissage. Le dispositif est aussi
ouvert pour la seule filière à prédominance féminine. L’embauche d’un garçon
comme apprenti dans la coiffure donne droit au versement de l’aide (v. communiqué).
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France
Élection présidentielle :
« Jamais la menace de voir l’extrême droite à l’Élysée (NDLR :
le siège de la présidence de la République) n’a été aussi forte. Elle nous impose de
prendre la parole aujourd’hui pour éviter ce scénario catastrophe », expliquent dans
une tribune
conjointe publiée dans le Journal du Dimanche, les secrétaires généraux des
deux principales confédérations syndicales, Laurent Berger (CFDT) et Philippe
Martinez (CGT). Si la CFDT exprime clairement une consigne de vote en faveur
d’Emmanuel Macron (v. communiqué)
pour faire barrage à la candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen, la CGT déclare
qu’il ne faut pas donner « une voix du monde du travail pour l’extrême droite, elle
doit être combattue partout » (v. communiqué).
La troisième centrale, Force Ouvrière, fidèle à sa tradition, ne donne aucune
consigne de vote, rappelant que ses valeurs vont à l’encontre de celles de l’extrême
droite (v. communiqué).
De son côté, la CFTC explique que le programme de Marine Le Pen, « n’est pas
compatible avec l’histoire, les valeurs et le projet de la CFTC ». Elle juge « le
concept de priorité nationale […] comme contraire à cette valeur cardinale de
dignité de la personne. » (v. communiqué).
Pour autant, leurs sympathisants des syndicats français ont voté à peu près comme
l’ensemble des Français pour Marine Le Pen : 21% en moyenne des voix pour les
sympathisants des syndicats contre 23% pour l’ensemble des Français, selon un
sondage Harris-Liaisons sociales. Mais c’est 8 points de plus qu’en 2017, et le
sondage enregistre des pointes à 31% parmi les sympathisants de FO et 29% parmi ceux
de la CFTC.
- Négociation des partenaires sociaux sur le
paritarisme : les partenaires sociaux ont conclu, le 14
avril, un projet d’accord national interprofessionnel, soumis à l’approbation
des différentes organisations d’ici le 15 juin, sur le fonctionnement du
dialogue social au niveau interprofessionnel et le rôle des partenaires sociaux
dans la gestion des institutions paritaires comme l’assurance chômage ou les
régimes de retraite complémentaire. Le texte prévoit aussi la mise en place d’un
espace de dialogue social chargé d’élaborer paritairement un agenda social qui
soit autonome de l’agenda du gouvernement. Le texte demande ainsi aux futurs
gouvernements de ne plus constituer de « document de cadrage » des négociations
interprofessionnelles. Ce type de document a été conçu ces dernières années par
le gouvernement pour préciser dans quel cadre budgétaire peuvent aboutir les
résultats de la négociation. Ce qui était perçu par les partenaires sociaux
comme une atteinte à leur autonomie.
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Roumanie
Convention collective dans la banque et
télétravail : les partenaires sociaux du secteur financier
et bancaire ont signé, le 8 avril, leur deuxième convention collective de branche
après leur premier accord de 2018. C’est l’un des rares accords de branche existant
en Roumanie. Le même jour, ils ont également signé un accord sur le télétravail. Ces
deux textes s’appliqueront à près de 23000 salariés. L’accord relève le salaire
minimum brut fixé en 2018 de 2500 lei à 3300 lei (505 à 667 euros environs) et fixe
des augmentations liées à l’ancienneté (v. communiqué
de l’organisation patronale CBPR). L’accord sur télétravail, précise UNI Europa,
contient la possibilité de couvrir les frais d’équipement, fixe des limites à la
surveillance des salariés lorsqu’ils travaillent à distance et établit un droit à la
déconnexion (v. communiqué
d’UNI Europa).
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3. Pays
tiers
Royaume
Uni
Stratégie nationale sur la santé des femmes :
le gouvernement anglais a publié une synthèse
des réponses écrites de 436 organisations et experts à son appel à contribution
relatif à l’élaboration de la première « stratégie pour la santé des femmes » (v. communiqué
de presse) qui a fait suite à un document
d’orientation publié en décembre dernier par le gouvernement. Pour la
ministre de la Santé de femmes, Maria Caufield, « les femmes ont vécu dans un
système de santé principalement conçu par des hommes, pour des hommes. » Le temps
est venu de « combler l’écart entre les sexes en matière de santé ». Un engagement
qui touche aussi la santé au travail. Une partie des contributions vise en effet la
santé des femmes sur le lieu de travail qui devrait conduire à mener une réflexion
globale pour rendre le lieu de travail plus accueillant pour les travailleuses,
abordant les souffrances liées à l’endométriose, les règles, la ménopause, les
fausses-couches ou encore l’impact sur le travail de la violence domestique.
Concernant la ménopause (v. aussi IR Notes 176),
outre les classiques bouffées de chaleur, de nombreuses organisations ont fourni des
exemples de symptômes peu connus tels que le brouillard cérébral, les pertes de
mémoire et l’anxiété, qui peuvent avoir un impact direct et grave sur la
concentration des femmes et les empêcher d’accomplir leurs tâches au travail. Les
employeurs devraient s’attaquer aux tabous et à la stigmatisation des femmes en
ménopause ce qui conduirait à une meilleure rétention de la main-d’œuvre féminine, à
une productivité accrue et à une diminution de l’absentéisme dans la population
active. Le document couvre d’autres aspects, comme l’endométriose, en estimant que
les femmes devraient pouvoir utiliser des congés maladie en cas de besoin plutôt que
de devoir puiser dans leurs congés payés quand elles ont besoin de s’arrêter ; la
prise en compte des violences domestiques – car de nombreuses femmes peuvent perdre
leur emploi parce que leur agresseur a « saboté » leur capacité à travailler – ou
encore des interruptions de grossesse (fausse couche) et accouchement d’enfants
mort-nés.
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4.
Entreprises
Société
européenne
Encadrement de la procédure
d’information-consultation : le groupe de services du
numérique Atos SE (109000 salariés) a conclu un accord
sur l’information, la consultation et la participation au niveau européen,
avec un groupe spécial de négociation issu du précédent comité d’entreprise d’Atos
SE, dont l’accord a été dénoncé par la direction en 2020 faute d’être parvenu à le
renégocier par voie d’avenant (v. IR Notes 163). Fin
2021, la Cour d’appel de Versailles rendait un jugement
demandant à la direction de remettre en place le comité dissout au moins jusqu’en
mars 2022, date à laquelle elle devrait, à défaut d’accord, mettre en place un
comité selon les dispositions subsidiaires de la directive sur l’implication des
travailleurs dans une SE (v. IR Notes 176).
Finalement les parties ont signé un accord avant cette échéance, qui remplace celui
conclu en 2012. Le texte prévoit une procédure d’information et de consultation
clairement séquencée avec une phase d’information, et une fois les demandes du
comité satisfaites, une phase de consultation, l’ensemble devant se tenir sur une
période de 60 à 75 jours, selon le sujet de la consultation avec 15 jours
supplémentaires en cas de recours à l’expertise (avec un budget maximum de 175000
euros par an). À la fin de ce délai, qui peut éventuellement être prolongé, le
comité rend un avis formel. À défaut, la direction clôt la consultation et considère
que le comité a rendu un avis négatif implicite. Les deux réunions annuelles du
comité se déroulent en présentiel, mais les suppléants peuvent la suivre à distance
« en mode écoute ». Les groupes de travail mis en place par le comité doivent
utiliser « les technologies de communication » et, dans certains cas, les réunions
extraordinaires peuvent se tenir à distance notamment si elles durent moins de
quatre heures. En cas de circonstances exceptionnelles, le comité peut désigner un
groupe de travail qui pourra préparer un avis, ce dernier devant être validé par le
comité. En matière de participation, le comité peut élire un « comité participatif »
de trois membres qui assure le lien entre le comité et le conseil d’administration.
Une clause de confidentialité équilibrée indique que la direction ne doit pas
signaler « arbitrairement » des informations comme confidentielles, doit fournir des
raisons de toute demande de confidentialité et indiquer une limite dans de temps.
Une clause permet de protéger les candidats à un mandat de membre du comité et
indique que le bureau du comité doit être informé d’une procédure de licenciement à
l’encontre d’un membre. Chaque membre dispose de 160 heures par an pour accomplir sa
mission et de quatre jours de formation par an. L’appartenance au comité est
considérée par la direction comme une « contribution pertinente et productive » et
doit être prise en compte dans la « planification de la charge de travail » et les
entretiens d’évaluation.
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Accords
transnationaux
Charte sur le télétravail : le
groupe bancaire BNP Paribas a
rendu public, le 6 avril, une Charte
européenne sur le télétravail signée en novembre dernier avec son CE
européen et les fédérations syndicales européennes UNI Europa et FECEC, (v. communiqué).
Ce texte propose « un cadre commun » au groupe en Europe pour développer et
renforcer le télétravail (hors période de crise, comme la pandémie de Covid-19) (v.
Telework). Il s’applique dans
22 pays et couvre 132000 salariés. La charte fixe des principes généraux comme celui
d’un taux maximum de temps de travail exercé en télétravail de 50 % associé à une
journée minimale de présence sur site par semaine. Le texte fixe les principes du
double volontariat (le manager doit aussi être d’accord, pas de droit au
télétravail) et de la réversibilité permanente tant à la demande du salarié que du
manager. Le lieu d’exercice du télétravail doit être la résidence principale du
salarié ou « un autre lieu privé, temporaire ou durable situé dans le pays »
permettant de revenir au bureau dans la demi-journée si nécessaire. Ce lieu doit
être adapté au travail à distance (sécurité, ergonomie, tranquillité, connexion
sécurisée…) et ne peut pas être, pour des raisons de sécurité, « un tiers lieu
externe » comme un espace de coworking. Les télétravailleurs « transfrontaliers » ne
sont pas exclus du dispositif, mais une étude sera menée pour évaluer leur situation
au regard des réglementations existantes et de leur couverture santé. Les parties
envisagent au moins une forme d’indemnisation parmi quatre solutions : indemnité
financière, attribution de chèques restaurants, accès à tarif privilégié de
fournisseurs d’accès à Internet ou accès à des offres négociées par l’entreprise
avec des « partenariats externes ».
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Sécurisation des salariés transférés :
le CE européen d’Engie a adopté, le 7 avril, un
protocole établi entre le comité et le groupe de construction Bouygues qui formalise les
engagements sociaux pris par le groupe Bouygues dans le cadre du processus d’achat
d’Equans auprès du groupe
Engie. Ce protocole « détermine les modalités de la continuité du dialogue social
au niveau européen lorsqu’Equans fera partie du groupe Bouygues » (v. IR Notes 174). Il a
été officiellement signé le 13 avril et est maintenant ouvert à la signature des
trois fédérations syndicales européennes (EPSU, IndustriAll et FETBB) qui
accompagnent le CE européen d’Engie (v. communiqué
du CE européen d’Engie). Il s’agit du premier accord transnational entre un CE
européen, un repreneur (Bouygues) et des fédérations syndicales européennes, sans
que le vendeur (Engie) ne porte une quelconque responsabilité.
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5. Études et
rapports
Heures supplémentaires : une
récente étude
d’Eurofound souligne une fracture entre les pays où les heures supplémentaires font
partie des tâches habituelles des salariés pour lesquelles ils doivent se rendre
disponibles, tandis que dans d’autres pays, elles sont considérées comme
exceptionnelles et ne doivent être autorisées que dans des cas spécifiques (v. Overtime). Avec le
développement du travail à distance suite à la pandémie, la manière dont les heures
de travail sont enregistrées change également et les heures supplémentaires
constituent souvent des « heures supplémentaires grises » invisibles, autrement dit
elles ne sont ni décomptées ni rémunérées. De manière générale, les heures
supplémentaires non rémunérées semblent encore très répandues dans l’UE. L’étude
rappelle que les heures supplémentaires et les longues journées de travail ont des
effets néfastes sur la santé physique et mentale des travailleurs et constituent des
facteurs de risque de maladie.
- Implication des partenaires
sociaux : selon une étude
de la Fondation pour l’amélioration des conditions de vie et de travail
(Eurofound), les États membres impliquent encore insuffisamment les partenaires
sociaux lors de l’élaboration des plans nationaux de réforme établis chaque
année pour la Commission européenne, et de manière générale, dans la conception
des réformes en matière sociales. L’étude souligne pourtant l’impérieuse
nécessité d’associer les partenaires sociaux, notamment dans le contexte des
mesures à prendre pour faire face à la guerre en Ukraine et au changement
climatique.
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