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IR Notes 185 – 4 mai 2022
www.irshare.eu
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Une question à…
Ernesto Martinelli, Responsable des relations sociales monde, de la
protection sociale et du bien-être
La direction du groupe énergétique
italien Enel et l’ensemble des organisations syndicales
(FILCTEM, FLAEI CISL et UILTEC), ont signé, le 29 mars, un
accord
innovant sur le Statut de la personne (Statuto della Persona) (v.
IR
Notes n° 183). Est-ce un accord sur la
responsabilité sociale de
l’entreprise ? Il y a certes des éléments qui se
rapprochent de la responsabilité sociale de l’entreprise dans cet
accord, mais il va bien plus loin. L’objectif du “Statut de la
personne” est de co-construire avec les syndicats italiens un
nouveau type de relations sociales. En raison de la pandémie, ces
deux dernières années ont amené beaucoup de changements et ont
ouvert une ère où les personnes sont au centre des préoccupations.
Le Statut de la personne est né de la nécessité de repenser les
paradigmes actuels pour répondre aux nouveaux besoins existentiels,
relationnels et environnementaux dont l’être humain est le
protagoniste. Nous passons
d’une perspective où l’entreprise et ses acteurs sont égocentrés à
une perspective d’écosystème ouvert, capable d’offrir des outils et
des solutions pour améliorer l’employabilité dans l’ensemble de la
chaîne de valeur. Le modèle actuel de relations sociales dans le
secteur énergétique doit affronter d’énormes changements liés à la
transition énergétique et à la crise climatique. Au sein du groupe,
bien que signé avec les seuls syndicats italiens, le Statut de la
personne doit appartenir à notre patrimoine commun au niveau
mondial, à travers une approche partagée avec chaque pays. Sur ce
point, le CE européen sera un des outils
essentiels. Tous les
principes contenus dans le Statut de la personne seront mis en œuvre
par des projets et des accords au niveau local, comme cela a été
récemment le cas en Italie avec l’un des principes énoncés dans le
statut – le droit à la déconnexion – qui est mis en place dans les
derniers accords sur les nouvelles méthodes de travail signés avec
les syndicats italiens. L’accord contient de nombreuses innovations
notamment en matière de santé et de sécurité au travail avec par
exemple le droit pour un salarié d’arrêter ses activités s’il
ressent un danger. Chacun doit avoir confiance dans la capacité de
l’entreprise à assurer sa sécurité. Nous souhaitons développer et
diffuser une solide culture de la sécurité dans tout l’écosystème y
compris auprès des fournisseurs.
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Agenda
8 au 12
mai Berlin Congrès du
DGB.
10
mai En
ligne Webinair organisé par l’association
Réalité du Dialogue social sur le thème « Du dialogue social dans
l’élaboration des plans de vigilance : pour quoi faire ? » (en
français), avec Eric Charvet (comité mondial du dialogue sur la
responsabilité sociale du groupe EDF), Aline Conchon (IndustriAll
Europe) et Cyril Cosme (OIT).
11 au 13
mai Bordeaux Colloque
pluridisciplinaire international organisé par le Centre de Droit Comparé
du Travail et de la Sécurité Sociale (COMPTRASEC) sur le thème « La
plateformisation du travail: nouvelles formes d’emploi, nouvelles
formes d’organisation » (interprétation anglais-français). Inscription
(gratuite) jusqu’au 8 mai.
12
mai Bruxelles Présentation
du projet de rapport sur la révision de la directive sur les CE
européens par Denis Radtke devant la commission emploi et affaires
sociales du Parlement européen.
21
mai Strasbourg Sciences
Po Strasbourg organise « La
Nuit de l’Europe de Sciences Po Strasbourg » dédiée au partage
des idées et des savoirs, rassemblera des chercheurs, des journalistes,
des artistes, et des étudiants pour penser ensemble l’Europe dans toutes
ses facettes.
25
mai Strasbourg Journée
d’étude de droit social européen organisé par l’Institut du travail de
l’université de Strasbourg, sur le thème « Droits
sociaux et harmonisation sociale en Europe : quelles avancées ?
», avec notamment Mélanie Schmidt et Nicolas Moizard, (lien
pour l’inscription).
16
juin Luxembourg Conseil
Emploi et Politique sociale.
22 juin En
ligne Webinaire organisé par Global Deal
intitulé « Social
dialogue: A key pillar of due diligence » (Le dialogue social :
Un pilier essentiel de la diligence raisonnable).
22 au 24
juin Bruxelles Conférence
annuelle de la Confédération européenne des syndicats et de l’Institut
syndical européen sur « un plan
d’action pour l’égalité » (A blue print
for equality)
27 et 28 juin Hambourg 14e
conférence de l’EWC Academy pour les CE européens et comités de
SE, avec notamment Gabriele Bischoff, Udo Rehfeldt et Ilaria
Armaro.
29 juin au 1er
juillet Londres Première
conférence mondiale « Safe To be Me: A Global Equality Conference »,
organisée par le gouvernement britannique qui a lancé un appel
à contribution pour recenser des pratiques d’entreprise
favorables aux personnes LGBT+ (v. communiqué).
8 au 10 septembre Barcelone 13e
ILERA European Congress, sous le thème « Industrial relations and Green
transition ».
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Qui sommes-nous ?
IR Notes est
une lettre d’information diffusée tous les 15 jours, disponible en
plusieurs langues européennes (allemand, anglais, espagnol, français,
italien) et réalisée par IR
Share et son réseau d’experts. Elle propose une
veille européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la
politique de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant
de 248 euros HT par an sur le site IR Share.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Pascale
Turlan, Frédéric Turlan
et Aimee
Waldon. Retrouvez l’ensemble de l’équipe
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France. N° de CPPAP : 0626 Z 93933.
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Dictionnaire européen des relations sociales
Si vous souhaitez aller plus loin dans la lecture d’IR Notes nous mettons
à votre disposition des liens
vers le Dictionnaire
européen des relations sociales, publié par Eurofound, et
régulièrement mis à jour par IR Share, éditeur d’IR Notes. Les
définitions des termes sont disponibles en anglais et facilement
convertibles grâce à des outils de traduction en ligne.
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À la Une
Mobilisation
pour un objectif Zéro décès au travail
À l’occasion de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, le 28
avril, la Confédération européenne des syndicats (CES) a publié le manifeste
Zéro décès au travail, signé par des syndicalistes, des chercheurs, des
députés européens et une dizaine de ministres européens. Les signataires rappellent
que chaque jour, dans l’UE, 12 travailleurs ne reviennent pas à leur maison à la fin
de leur journée parce qu’ils sont morts au travail. Ils demandent « instamment à
l’Union européenne, aux gouvernements des États membres et aux employeurs de mettre
un terme aux décès au travail. Nous appelons à zéro mort au travail. » Pour les
signataires, l’objectif « n’est pas un rêve utopique. La tendance des accidents
mortels au travail est à la baisse et l’éradication des accidents mortels est
réalisable. » Les accidents du travail mortels dans l’UE ont diminué d’environ 70 %
entre 1994 et 2018. « Malgré ces progrès, plus de 3 300 accidents mortels et 3,1
millions d’accidents non mortels ont encore eu lieu dans l’EU-27 en 2018, et plus de
200 000 travailleurs meurent chaque année de maladies professionnelles », rappelle
la Commission européenne (v. Occupational accidents and
diseases). De plus, depuis le début des années 2010, la
diminution du nombre d’accidents mortels a fortement ralenti. Les derniers chiffres
présentés en Italie soulignent une hausse de 11,4% des accidents mortels au travail
en 2021. En Espagne, la secrétaire à la santé au travail de l’UGT, Ana García de la
Torre, a rappelé que 705 décès au travail ont été enregistrés en 2021 (v. communiqué).
Dans un manifeste commun (v. sur le site de l’UGT
et de la CCOO,
v. communiqué
CCOO), présenté au moment où démarrent des discussions pour élaborer le plan santé
et sécurité au travail 2022-2027, les deux confédérations expliquent qu’à l’heure où
l’activité reprend dans le cadre du plan de relance, avec d’importants
investissements dans des secteurs à forte sinistralité, un renforcement « des
politiques publiques actives de prévention des risques professionnels est décisif,
ainsi que d’une augmentation de l’activité d’inspection ». Selon une analyse de
l’Institut syndical européen (ETUI), il faut s’attendre à 27 041 décès
supplémentaires sur le lieu de travail entre 2020 et 2029 pour l’ensemble des pays
de l’UE si les changements se poursuivent au même rythme que durant la dernière
décennie. Si des progrès sont attendus en Pologne où 564 décès seraient recensés sur
la période avec l’objectif zéro accident mortel au travail atteint en 2027, d’autres
pays sont très loin de l’objectif : l’Espagne atteindrait 3191 décès sur la période
2020-2029 et, pire, la France compterait 7803 décès. Aucun des deux pays ne
parviendrait pas à l’objectif zéro accident mortel en 2030, selon l’ETUI. Dans une
résolution
du 17 décembre 2020, le Parlement européen a pourtant demandé aux États membres de
s’engager à éliminer les décès liés au travail et à réduire les maladies
professionnelles d’ici 2030. Cependant, dans sa stratégie en matière de santé et de
sécurité au travail 2021-2027 présentée six mois plus tard (v. IR Notes 167 et Framework Directive on health and
safety), la Commission évoque simplement le fait que « tous les
efforts doivent être déployés pour réduire autant que possible les décès liés au
travail ». Reprenant à son compte le concept de « Vision zéro », élaboré par
l’Association internationale de la sécurité sociale (AISS), elle n’a fixé aucune
échéance dans le temps. Pour la CES, l’objectif est insuffisant, et il est
nécessaire de réaliser « un effort concerté et commun » pour : 1/ Prévenir les
accidents du travail et les maladies professionnelles, mettre fin à l’exposition aux
substances dangereuses, y compris celles qui provoquent des cancers, et se préparer
à une pandémie. 2/ Faire de la santé physique et mentale des travailleurs le point
de départ de l’organisation du travail et de la conception du lieu de travail. Il faudrait aussi
ajouter la nécessité de faire de la santé et sécurité un sujet de dialogue social,
comme le souligne l’OIT dans un rapport publié le 28 avril (v. 5. Études et
rapport). La Fondazione Studi
Consulenti del Lavoro en Italie souligne que la pandémie a sensibilisé les
employeurs et les salariés aux questions de santé et de sécurité au travail. C’est
sans doute le moment de remettre ce thème au centre du dialogue social. L’objectif
zéro accident est prôné depuis des années dans de grandes entreprises, souvent en
impliquant les CE européens. Un acteur à mobiliser !
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1. Union
européenne
Projet
Législation sur les services numériques (DSA) :
le Parlement et le Conseil ont conclu, le 23 avril, un accord
politique sur la législation sur les services numériques (DSA) qui fixera pour les
années à venir des normes pour un espace numérique plus sûr et plus ouvert pour les
utilisateurs, ainsi que des conditions de concurrence équitables pour les
entreprises (v. communiqué du Parlement
et du Conseil).
Cette législation « traduit dans la pratique le principe selon lequel ce qui est
illégal hors ligne devrait aussi l’être en ligne », a souligné la présidente de la
Commission européenne, Ursula von der Leyen. Pour la rapporteure du Parlement,
Christel Schaldemose (S&D), « les citoyens auront un meilleur contrôle sur la
manière dont leurs données sont utilisées sur les plateformes en ligne et par les
grandes entreprises technologiques ». Eurocadres se félicite de la conclusion des
négociations « notamment l’inclusion de la transparence algorithmique et de la
protection des données personnelles ». Le texte, qui protégera les consommateurs,
doit selon Eurocadres être complété par l’adoption de la directive assurant la
protection des travailleurs des plateformes, car « seule une action européenne
contraignante peut protéger à la fois les consommateurs et les travailleurs » (v. communiqué).
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Empêcher les « poursuites bâillons » :
après l’adoption de la directive
2019/1937 du 23 octobre 2019 protégeant les lanceurs d’alerte (v. Whistleblower protection), la
Commission européenne a présenté des mesures, le 27 avril, pour améliorer la
protection des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme contre les
procédures judiciaires abusives communément appelées «poursuites-bâillons»
(« SLAPP »). Il s’agit d’actions en justice intentées principalement contre les
journalistes et les défenseurs des droits de l’homme, y compris les défenseurs des
travailleurs, afin de les empêcher de s’exprimer sur des questions d’intérêt général
ou de les pénaliser. Pour protéger contre cette forme de harcèlement qui touche des
syndicalistes, la Commission a présenté : 1/ une proposition
de directive qui couvre les poursuites-bâillons dans les matières civiles
ayant une incidence transfrontière. 2/ Une recommandation
visant à encourager les États membres à harmoniser leurs règles avec la législation
proposée par l’UE (v. communiqué).
La Confédération européenne des syndicats qui signale plusieurs cas concernant des
syndicalistes souhaite que les syndicalistes soient expressément cités dans la
future législation (ce qui n’est pas le cas dans le dispositif de la proposition) et
demande que le texte s’applique aussi aux situations nationales. Autrement dit, la
voie de la recommandation est jugée insuffisante et la Commission devrait adopter
une législation pour rendre la protection contraignante dans chaque Etat membre (v.
communiqué).
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Actualité
sociale
Tensions sur les négociations salariales :
après les efforts consentis pendant la pandémie de Covid-19 et
avec le retour de l’inflation en Europe, les négociations salariales sont
particulièrement tendues. Au Royaume-Uni, les membres du syndicat Unite, ont voté à
86 % en faveur d’une action de grève en réponse à « l’offre dérisoire de GSK de 2,75
% seulement, ce qui représente une baisse de salaire substantielle en termes réels
pour le personnel, le taux d’inflation réel étant actuellement de 9 % » (v. communiqué
de Unite). La situation est aussi tendue à la raffinerie de Stanlow qui appartient
au groupe Veolia, où Unite dénonce la proposition de la direction d’augmenter les
salaires de 3,5% ce qui aboutit « à une baisse de salaire substantielle » (v. communiqué)
ainsi qu’à Whirlpool qui propose 2,5% d’augmentation (v. communiqué).
Parmi les entreprises qui donnent satisfaction à Unite, figure Airbus qui propose
une augmentation de salaire de 8,6 % sur 13 mois, en plus d’un paiement forfaitaire
rétroactif de 5,1 %. Les salariés bénéficieront également d’un jour de congé
supplémentaire en 2023 et en 2024 (v. communiqué).
En Allemagne, la commission tarifaire d’IG Metall a donné le ton en affichant sa
proposition de revendication pour une hausse des salaires de 8,2% sur 12 mois à
l’occasion du démarrage des négociations salariales la sidérurgie (v. communiqué).
« Les travailleurs s’attendaient, à juste titre, à un redressement des salaires
après deux années de modération salariale, souligne la fédération syndicale
européenne IndustriAll Europe, mais ils voient maintenant leur pouvoir d’achat érodé
par une inflation galopante et des prix de l’énergie et de la consommation élevés.
Les employeurs ne semblent pas disposés à répondre aux demandes des travailleurs. »
Isabelle Barthes, la secrétaire générale adjointe d’IndustriAll demande « aux
gouvernements de soutenir les ménages et aux employeurs d’indemniser les
travailleurs. Le dialogue social et la négociation collective doivent être renforcés
pour assurer une meilleure redistribution dans la société. » Le thème d’une juste
redistribution de la valeur ajoutée commence aussi à faire partie des sujets abordés
par les CE européens tant le mécontentement sur le terrain, au niveau national, est
fort.
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2. États
membres
Espagne
Encadrement des stages : comme
prévu par le décret-loi royal
32/2021 du 28 décembre 2021, sur les mesures urgentes de réforme du travail,
le gouvernement a convoqué, le 22 avril, une table-ronde consacrée à la rédaction du
« statut du stagiaire », avec la participation des confédérations syndicales CCOO
et UGT et des organisations patronales CEOE et CEPYME. L’initiative, qui fait écho
aux préoccupations des députés européens qui souhaitent mieux encadrer les stages,
vise à protéger les droits des stagiaires tant dans les entreprises que dans les
institutions, à réduire la précarité et à s’attaquer aux éventuels abus dans
l’embauche de faux stagiaires. De 2020 à mars 2022, l’inspection du travail a permis
de découvrir 3 164 emplois occupés par de faux stagiaires, souligne le ministère du
Travail (v. communiqué).
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France
- Informations environnementales :
en application de la loi du
22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique (v. IR Notes 169)
un décret
du 26 avril est venu préciser les informations environnementales qui doivent
être remises aux représentants du personnel, à défaut d’accord d’entreprise
traitant du sujet (v. point 10 du tableau figurant à l’article 2). Ces
informations, qui concernent la politique générale de l’entreprise en matière
environnementale, l’économie circulaire (évaluation de la quantité de déchets
dangereux, utilisation durable des ressources : consommation d’eau et
consommation d’énergie…) et le changement climatique (par exemple, le bilan des
émissions de gaz à effet de serre), doivent désormais figurer dans la « base de
données économiques, sociales et environnementales » qui rassemble l’ensemble
des informations et données à transmettre aux représentants.
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Irlande
- Transposition de la directive sur
l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée : le
gouvernement a adopté, le 21 avril, un projet
de loi sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée qui
transpose des éléments de la directive
2019/1158. Le projet de loi accorde notamment de nouveaux droits aux
parents et aux aidants afin de favoriser un meilleur équilibre entre vie
professionnelle et vie privée. Ainsi, après six mois d’ancienneté, les parents
et les aidants obtiendront le droit de demander un travail flexible. L’employeur
peut cependant, pour de multiples raisons, refuser d’octroyer un aménagement ou
reporter le début de la période d’aménagement. Par ailleurs, les aidants
bénéficieront de cinq jours de congé par an (sans solde) pour soins médicaux
graves. Enfin le droit aux pauses d’allaitement, qui permet aux femmes de
s’absenter de leur travail chaque jour afin d’allaiter, sera étendu de six mois
actuellement à deux ans. La législation devrait être adoptée et promulguée avant
les vacances d’été (v. communiqué).
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Italie
- Travail agile : prévu par
le protocole du 7 décembre 2021 sur le travail hybride, l’Observatoire paritaire
du travail hybride (Osservatorio
nazionale bilaterale in materia di lavoro agile) a été mis en place le
21 avril. Composé de représentants du gouvernement et des partenaires sociaux
signataires du protocole, l’observatoire doit suivre l’évolution du travail
hybride (« travail agile »), les négociations collectives pour le mettre en
place ou encore l’application des lignes directrices prévues par le protocole.
Le ministre du Travail, Andrea Orlando, estime qu’« environ 4,5 millions de
salariés continueront à travailler à distance de manière habituelle, même après
la fin de la pandémie ». Tout en considérant que le « travail agile » peut
contribuer à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, à la
réduction de la pollution et de la congestion des centres urbains, ainsi qu’aux
économies d’énergie », le ministre souligne qu’« il faut veiller à ce que cette
forme de travail ne conduise pas à l’allongement des heures de travail, à
l’isolement des travailleurs ou au « vidage » de certains centres urbains. » (v.
communiqué).
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3. Pays
tiers
Royaume Uni
– Écosse
- Fonds syndical pour la transition juste :
lors du congrès du Scottish Trades Union Congress (STUC) à
Aberdeen, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a annoncé une
subvention annuelle de 100000 livres pour soutenir le mouvement syndical à
aborder la question de la transition juste. Cette subvention doit permettre de
financer les permanents syndicaux pour coordonner les activités sur la
transition juste, amplifier et partager les meilleures pratiques et travailler
avec le gouvernement pour « créer de bons emplois verts et une transition
véritablement juste », explique Nicola Sturgeon (v. communiqué
du gouvernement).
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Royaume Uni
Convention Royaume-Uni / Rwanda sur les
demandeurs d’asile : le gouvernement britannique et le
Rwanda ont signé un accord de coopération pour envoyer au Rwanda des migrants et
demandeurs d’asile de diverses nationalités arrivant du Royaume-Uni, notamment ceux
qui traversent la Manche depuis les côtes françaises (v. communiqué
du gouvernement). En parallèle, le Parlement examine un projet de loi du
gouvernement qui permettrait de créer des centres à l’étranger pour expulser les
migrants le temps que leur demande soit traitée et de refouler des migrants avant
qu’ils n’arrivent dans les eaux territoriales britanniques. Un texte qui serait
contraire à la Convention de Genève pour les réfugiés, prévient le Haut Commissariat
de l’ONU aux réfugiés (HCR). L’accord a fait vivement réagir le syndicat Unite qui a
condamné « sans ambages » cette proposition « hideuse et inhumaine d’envoyer les
demandeurs d’asile au Royaume-Uni en détention au Rwanda ». Estimant que le
dispositif vise à forcer les demandeurs d’asile à s’installer au Rwanda, le syndicat
dénonce le fait que le gouvernement confiera ainsi « à des hommes et des femmes
travaillant au Royaume-Uni, dont inévitablement des membres d’Unite, l’odieuse
responsabilité de traiter et de transporter ces êtres humains vulnérables à un coût
énorme pour le trésor public ». Pour Unite, « cette politique atteint notre
réputation internationale en tant que pays champion du respect de l’humanité » (v.
communiqué).
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4.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Sécurisation des engagements sociaux :
le CE européen d’Engie a adopté, le 21 avril, un
avis
sur la cession par le groupe Engie de sa filiale Equans au groupe Bouygues. Ce texte est
particulièrement éclairant sur la forte implication du CE européen d’Engie dans le
processus de vente de cette filiale (v. IR Notes 184).
Auparavant, le CE européen et la direction de Bouygues ont signé, le 13 avril, un protocole qui sécurise les
engagements sociaux pris par la direction de Bouygues devant le CE européen lors de
la vente et met en place une instance de dialogue social provisoire au niveau des
activités européennes d’Equans et des activités similaires de Bouygues. Cette
instance, indépendante du CE européen de Bouygues, restera en place au maximum 18
mois après le « closing », période pendant laquelle la direction d’Equans négociera
un accord de méthode pour pérenniser cette instance.
- Solidarité avec
l’Ukraine : la direction du groupe norvégien Hydro, la confédération
syndicale norvégienne LO et le CE européen du groupe ont lancé une collecte de
fonds pour les personnes touchées par le conflit en Ukraine. Hydro n’a pas de
salariés en Ukraine, mais compte environ 400 ukrainiens dans ses usines
d’extrusion en Pologne. « Nous encourageons nos affilés et tous les autres
salariés d’Hydro à faire don de l’équivalent d’une heure de travail pour
soutenir l’UNICEF », a déclaré Tor Egil Skulstad, le secrétaire du CE européen
d’Hydro (v. communiqué).
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Société
européenne
Application du principe « avant-après » lors
d’une transformation en Société européenne : l’avocat
général de la Cour de justice de l’UE a rendu ses conclusions dans une affaire
concernant le respect de la législation allemande sur la cogestion en cas de
transformation d’une entreprise en société européen (SE). Lors de la transformation
du groupe SAP en SE, l’accord
sur l’implication des travailleurs a maintenu la parité au sein du conseil de
surveillance du groupe, mais a supprimé une voie spécifique de désignation qui
permet de faire siéger au sein du conseil deux syndicalistes qui ne sont pas
salariés du groupe (v. IR Notes 180). La
question posée à la Cour de justice est de savoir si le scrutin spécifique pour
élire les représentants des syndicats au sein du conseil de surveillance d’une SE
issue de la transformation d’une société anonyme de droit allemand doit être
maintenu, par application de l’article 4, paragraphe 4, de la directive SE (principe
« avant-après »), ou s’il peut être écarté par la négociation de l’accord
d’implication visé à l’article 4, paragraphe 1 de la directive. Dans ses
conclusions, l’avocat général donne clairement raison aux syndicats IG Metall et
Ver.di qui ont porté cette affaire en justice : l’article 4, paragraphe 4 doit être
interprété en ce sens que « l’accord relatif à l’implication des travailleurs dans
une société européenne créée par transformation doit prévoir un scrutin distinct
pour élire, aux fonctions de représentants des travailleurs au sein du conseil de
surveillance, une certaine proportion de candidats présentés par les syndicats,
lorsque cette spécificité existe et est impérative dans le droit national applicable
à la société devant être transformée. » (v. CJUE,
concl., 28 avril 2022, aff. C-677-20, IG Metall et Ver.di, ainsi que le communiqué
de presse).
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5. Études et
rapports
L’arme du dialogue social contre le Covid-19 :
à l’occasion de la journée mondiale de la santé et de la
sécurité au travail, le 28 avril, l’OIT a publié un rapport (« Renforcer
le dialogue social au profit d’une culture de la sécurité et de la santé: Les
leçons tirées de la crise du COVID-19 ») qui montre comment le dialogue
social a contribué à la mise en œuvre rapide et efficace de mesures pendant la crise
du Covid-19. « Les leçons tirées de cette crise sur l’importance du dialogue social
pour renforcer la sécurité et la santé au niveau national et sur les lieux de
travail doivent être appliquées à d’autres contextes. Cela permettrait de réduire le
niveau inacceptable de décès et de maladies professionnelles qui se produisent
chaque année », a déclaré le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.
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