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IR Notes 186 – 18 mai 2022
www.irshare.eu
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Une question à…
Gianpaolo Meloni, président du groupe spécial de négociation pour la mise
en place du CE européen d’Amazon et représentant des salariés en
Italie
Vous
venez de signer, avec vos collègues du groupe spécial de
négociation (GSN), un accord qui met en place un CE européen
chez Amazon, le premier des GAFA à conclure un tel accord
(v. 4. Entreprises). Est-ce un tournant pour
Amazon ? Avant la dernière réunion de
négociation, en février, personne ne pensait arriver à un accord.
Pendant, les premières années de négociation, il apparaissait
clairement que la direction ne souhaitait pas parvenir à un accord
et qu’elle se contenterait des prescriptions minimales de la
directive. Mais nous avons fini par trouver un compromis qui permet
de créer le comité. Ce n’est pas parfait, mais nous avons un texte
meilleur que les prescriptions subsidiaires, avec par exemple le
droit à être consulté sur des questions de santé et de sécurité au
travail. Nous avons réussi à obtenir un accord grâce à l’engagement
de tous les membres du GSN, que j’ai eu l’honneur de présider. Nous
avons fonctionné de façon très démocratique, permettant à chaque
membre de s’exprimer et de contribuer, qu’il soit syndiqué ou non.
Je pense que pour Amazon, c’est un accord important en termes
d’image. L’entreprise est sur une position antisyndicale aux
États-Unis. Dans l’accord que nous avons signé, et contrairement à
de nombreux accords récents, les mots « syndicats » ou
« syndicalisme » sont absents, malgré nos demandes d’impliquer les
fédérations syndicales européennes. Mais j’ai l’impression que la
direction a compris qu’elle ne pouvait pas perdre du temps, des
ressources et de l’énergie à poursuivre une telle voie en Europe.
Dans toute l’Europe, Amazon tente désormais d’établir un dialogue
social. Nous avons par exemple signé un accord collectif en
septembre dernier pour améliorer les conditions de travail des
salariés en Italie. J’espère que la signature de l’accord sur le CE
européen confirme cette nouvelle voie et que la direction veut
réellement jouer la carte du dialogue social. Cela reste à
confirmer. Je ne fais pas confiance à 100% à Amazon. Nous serons
fixés prochainement sur la façon dont se comportera la direction.
Nous aurons une première réunion constitutive en septembre de cette
année, avec une formation, puis probablement la première réunion
plénière après la publication des comptes d’Amazon, en début d’année
prochaine.
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Agenda
18 mai
En ligne
Débat organisé par l’association Praxis
Trabalho e Sindicalismo sur « l’impact de la négociation
collective sur les salaires au Portugal» avec des interventions de David
Card, prix Nobel d’économie 2021, et Ana Rute Cardoso, économiste du
travail à l’Institut de sciences sociales de l’Université de Lisbonne
(interprétation simultanée anglais-portugais), ainsi que des
représentants de l’UGT et CGPT. Lien vers
l’inscription.
19
mai Bruxelles
Présentation du projet de rapport sur la proposition de
directive relative aux travailleurs des plateformes, devant la
commission emploi et affaires sociales du Parlement.
19 mai
En ligne
Conférence organisée par Confrontations Europe, sur le thème « Quel
avenir pour la politique sociale européenne ? », avec notamment
Jérôme Brouillet (SGAE) et Yvan Ricordeau (CFDT).
21
mai Strasbourg Sciences
Po Strasbourg organise « La
Nuit de l’Europe de Sciences Po Strasbourg » dédiée au partage
des idées et des savoirs, rassemblera des chercheurs, des journalistes,
des artistes, et des étudiants pour penser ensemble l’Europe dans toutes
ses facettes.
25
mai Strasbourg Journée
d’étude de droit social européen organisé par l’Institut du travail de
l’université de Strasbourg, sur le thème « Droits
sociaux et harmonisation sociale en Europe : quelles avancées ?
», avec notamment Mélanie Schmidt et Nicolas Moizard, (lien
pour l’inscription).
16
juin Luxembourg Conseil
Emploi et Politique sociale.
22 juin En
ligne Webinaire organisé par Global Deal
intitulé « Social
dialogue: A key pillar of due diligence » (Le dialogue social :
Un pilier essentiel de la diligence raisonnable).
22 au 24
juin Bruxelles Conférence
annuelle de la Confédération européenne des syndicats et de l’Institut
syndical européen sur « un plan
d’action pour l’égalité » (A blue print
for equality)
27 et 28 juin Hambourg 14e
conférence de l’EWC Academy pour les CE européens et comités de
SE, avec notamment Gabriele Bischoff, Udo Rehfeldt et Ilaria
Armaro.
29 juin au 1er
juillet Londres Première
conférence mondiale « Safe To be Me: A Global Equality Conference »,
organisée par le gouvernement britannique qui a lancé un appel
à contribution pour recenser des pratiques d’entreprise
favorables aux personnes LGBT+ (v. communiqué).
8 au 10 septembre Barcelone 13e
ILERA European Congress, sous le thème « Industrial relations and Green
transition ».
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Qui sommes-nous ?
IR Notes est
une lettre d’information diffusée tous les 15 jours, disponible en
plusieurs langues européennes (allemand, anglais, espagnol, français,
italien) et réalisée par IR
Share et son réseau d’experts. Elle propose une
veille européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la
politique de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant
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L’équipe : ce
numéro a été préparé par Predrag
Bejakovic,
Pascale Turlan et Frédéric
Turlan. Retrouvez
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Dictionnaire européen des relations sociales
Si vous souhaitez aller plus loin dans la lecture d’IR Notes nous mettons
à votre disposition des liens
vers le Dictionnaire
européen des relations sociales, publié par Eurofound, et
régulièrement mis à jour par IR Share, éditeur d’IR Notes. Les
définitions des termes sont disponibles en anglais et facilement
convertibles grâce à des outils de traduction en ligne.
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À la Une
La
Conférence sur l’avenir de l’Europe veut beaucoup plus de social
L’exercice de consultation de la société civile et des citoyens sur l’avenir de
l’Union européenne lancé en mars 2021 a abouti à un rapport
final, qui ne déçoit pas quant aux ambitions affichées en matière sociale.
Tout d’abord, la conférence souhaite l’extension du vote à la majorité qualifiée au
niveau du Conseil. Cela signifierait l’abandon de la règle de l’unanimité qui existe
encore en matière sociale (art. 153 du TFUE) pour ces quelques thèmes : la sécurité
sociale et la protection sociale des travailleurs; la protection des travailleurs en
cas de résiliation du contrat de travail; la représentation et la défense collective
des intérêts des travailleurs et des employeurs, y compris la cogestion et les
conditions d’emploi des ressortissants des pays tiers se trouvant en séjour régulier
sur le territoire de l’Union. Autre changement remarquable : l’attribution au
Parlement Européen, l’institution européenne en général la plus progressiste, d’un
droit de présenter une proposition de directive. Ces bouleversements nécessiteront
une révision des traités que la plupart des acteurs appellent de leurs vœux et qui
devrait passer par la mise en place d’une convention composée de représentants des
institutions européennes, des gouvernements et des parlements nationaux. À ces
modifications institutionnelles, la Conférence sur l’avenir de l’Europe multiplie
les demandes de renforcement de l’Europe sociale. Ainsi la proposition 14 appelle à
« renforcer les compétences de l’Union en matière de politiques sociales et à
proposer une législation harmonisée pour l’ensemble de l’Union afin de promouvoir
les politiques sociales et de garantir l’égalité des droits, y compris en matière de
santé […] ». Elle demande aussi la mise en place « d’un revenu minimum afin que
personne ne soit laissé pour compte. » La proposition 13 sur les marchés du travail
inclusif, demande des mesures pour « garantir que les droits sociaux soient
pleinement protégés et priment sur les libertés économiques en cas de conflits, y
compris en introduisant un protocole sur le progrès social dans les traités ». Le
rapport de la conférence appuie des initiatives existantes comme la mise en place de
« salaires minimaux légaux garantissant à chaque travailleur une qualité de vie
décente et similaire dans tous les États membres » ou encore « d’une législation de
l’UE efficace et proportionnée visant à garantir que les normes de travail décent
soient pleinement appliquées tout au long des chaînes de valeur mondiales ». La
conférence innove également en appelant à une révision de la directive temps de
travail pour « garantir un équilibre sain entre vie professionnelle et vie privée ».
En matière de discrimination, il encourage l’embauche « des personnes qui sont
généralement les plus touchées par la discrimination (notamment les jeunes, les
personnes âgées, les femmes et les personnes issues de minorités), y compris par des
subventions, et, dans un deuxième temps par des quotas temporaires ». Le rapport
souhaite également que l’Union garantisse le contrôle humain sur les processus de
prise de décision qui font appel à l’intelligence artificielle sur le lieu de
travail ainsi que la transparence sur les algorithmes qui sont utilisés. Il demande
de tenir compte « des effets préjudiciables de la surveillance numérique sans bornes
sur le lieu de travail » et d’assurer que « les nouvelles formes d’emploi, par
exemple le travail via des plateformes, soient conformes aux droits des travailleurs
et offrent des conditions de travail convenables ». Outre les multiples appels à une
meilleure intégration des partenaires sociaux dans la gouvernance de l’UE, et au
renforcement de la négociation collective, le rapport rappelle que « la démocratie
s’incarne dans les institutions et la société de manière générale, y compris sur le
lieu de travail grâce aux partenaires sociaux », par exemple par l’information et la
consultation des salariés « avant l’introduction de technologies numériques qui ont
une incidence sur les conditions de travail ». Les institutions européennes
dévoileront à l’automne comment elles entendent répondre à ces attentes (v. communiqué
du Parlement européen et fiche
du Parlement européen sur la conférence sur l’avenir de l’Europe).
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
- Soutien aux salariés licenciés par Air
France : la Commission européenne a proposé, le 10 mai,
une aide du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) pour soutenir
1 580 anciens salariés d’Air France qui ont perdu leur emploi en raison de la
pandémie de Covid-19. La contribution demandée au FEM représente 17,7 millions
d’euros. En 2020, ce sont les salariés de KLM qui ont été soutenu à hauteur de 5
millions d’euros (v. communiqué).
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Jurisprudence
Égalité de traitement des intérimaires :
la Cour de justice de l’UE a rendu un arrêt, le 12 mai, dans une
affaire portugaise concernant deux intérimaires mis à disposition d’une entreprise
utilisatrice (Luso Temp), pendant un peu plus de deux ans (v. CJUE,
12 mai 2022, aff. C-426/20, Luso Temp). En application de la législation
spécifique au travail temporaire, à la fin de leur contrat, les deux salariés ont
reçu une indemnité correspondant à 44 jours de congés payés, alors que, s’ils
avaient été recrutés directement par l’entreprise utilisatrice pour y occuper
exactement le même poste pendant la même durée, ils auraient eu droit, à 67 jours
pour l’un et à 65 jours pour l’autre. Or, l’article 5 la directive 2008/104
du 19 novembre 2008 relative au travail intérimaire précise que « pendant la
durée de leur mission auprès d’une entreprise utilisatrice, les conditions
essentielles de travail et d’emploi des travailleurs intérimaires sont au moins
celles qui leur seraient applicables s’ils étaient recrutés directement par ladite
entreprise pour y occuper le même poste. » (v. Temporary agency work). Parmi
ces « conditions essentielles » figurent, selon la directive, les dispositions
générales et contraignantes en vigueur dans l’entreprise utilisatrice,
relatives notamment « aux périodes de repos » et « aux congés ». Pour la Cour de
justice, cette notion de « conditions essentielles » doit être interprétée « en ce
sens qu’elle inclut une indemnité, due par l’employeur en raison de la cessation de
la relation de travail intérimaire, au titre des jours de congés annuels payés non
pris ainsi que de la prime de vacances correspondante ». Exclure de telles
indemnités « serait contraire aux objectifs » poursuivis par la directive en
réduisant notamment « le champ d’application de la protection accordée aux
travailleurs intérimaires en matière d’égalité de traitement » (v. communiqué).
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Dialogue
social sectoriel
Industrie chimique : les
partenaires sociaux européens du secteur de la chimie ont adopté une déclaration
commune pour appeler la Commission européenne à intensifier ses efforts pour mettre
en œuvre sa stratégie européenne dans les domaines des sciences, technologies,
ingénierie et mathématiques (STIM). Pour les signataires, les compétences dans ces
matières « sont cruciales pour répondre aux changements (structurels) provoqués
notamment par les ambitions climatiques, la numérisation ou encore la Stratégie pour
la durabilité dans le domaine des produits chimiques ». Parmi les propositions, les
États membres devraient « encourager et soutenir les stages bien rémunérés pour les
étudiants en STIM », comme le prévoit la convention collective de l’industrie
chimique espagnole (v. communiqué).
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2. États
membres
Allemagne
Changement de leader à la tête du DGB :
le congrès de la principale confédération syndicale au sein de
l’UE, le DGB, a porté à sa tête la députée du parti social-démocrate née et élue à
Hanovre, Yasmin Fahimi, 54 ans. Première femme présidente du DGB, elle est issue de
la fédération syndicale de la chimie, IG BCE, comme son prédécesseur Reiner
Hoffmann. Acceptée par le syndicat des services, Ver.di, Yasmin Fahimi a été
confortablement élue avec 93,2% des voix. À charge pour elle de poursuivre le
rajeunissement et la féminisation de ses troupes, qui ont encore fondu de près de 2
millions de membres depuis le début du siècle, et d’environ 200000 depuis le dernier
congrès, pour s’établir à 5,7 millions de membres. Favorable à un impôt sur la
fortune, elle aura la tâche de défendre le pouvoir d’achat des salariés allemands et
à les accompagner dans les « transitions », concept qui couvre l’adaptation au
changement climatique, la numérisation de l’économie et la démographie. Concernant
le positionnement européen, peu de changements sont à attendre. La motion adoptée
par le Congrès appuie toutes les initiatives en faveur du renforcement de l’Europe
sociale et reprend la plupart des revendications de la Confédération européenne des
syndicats en matière de démocratie au travail, comme la révision de la directive sur
les CE européens, ou l’adoption d’un protocole social ajouté au traité de l’UE. Elle
attend également de l’UE qu’elle développe la négociation collective notamment via
les procédures de marché public.
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Autriche
- Augmentations dans plusieurs branches :
les partenaires sociaux du secteur de l’industrie électrique
et électronique sont parvenus à un accord salarial, le 6 mai, pour les 67000
salariés de la branche. Les salaires augmentent rétroactivement de 4,8% au
1er mai avec une hausse nominale minimum de 130 euros, ce qui permet
d’augmenter le salaire minimum de 6,7%. La hausse atteint 8,6% pour les
apprentis ce qui constitue un salaire de 1000 euros par mois en première année
et de 1950 euros en quatrième année. L’accord est conclu pour une période de 12
mois (v. communiqué
de GPA). Le 3 mai, ce sont les partenaires sociaux de l’industrie chimique
(47000 salariés) qui sont tombés d’accord sur une augmentation de 4,95% à partir
du 1er mai, sur 12 mois, avec un montant minimum de 120 euros ce qui
permet d’augmenter le salaire minimum de 5,9% (v. communiqué
de GPA). Des accords similaires sont intervenus précédemment dans le papier (+
4,9%, v. communiqué)
et dans le textile (+ 4,5%, v. communiqué).
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Croatie
- Augmentations dans le secteur public :
Le gouvernement et les organisations syndicales sont
parvenus à un accord, le 26 avril, pour augmenter les traitements des
fonctionnaires et des salaires des agents du secteur public de 4%,
rétroactivement au 1er mai, ce qui correspond à la revendication des
syndicats, le gouvernement ayant proposé 2%. Gelée de 2012 à 2016, la
rémunération des 240000 employés du secteur public a progressé de 18,31% depuis
l’arrivée au pouvoir du Premier ministre croate Andrej Plenković en 2016. Cet
accord, qui a aussi augmenté certaines primes ou indemnités, servira de
référence pour les négociations à venir dans le secteur privé (v. article de Vlada).
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Espagne
Un pas vers le congé menstruel :
la ministre de l’Égalité, Irene Montero, a annoncé que le
gouvernement allait introduire dans le projet de loi sur la santé sexuelle et
reproductive et l’interruption volontaire de grossesse, qui devait être adopté le 17
mai en Conseil des ministres, le droit des femmes ayant des menstruations
douloureuses à une incapacité temporaire spéciale qui sera prise en charge par
l’État dès le premier jour, comme c’est actuellement le cas pour les arrêts de
travail liés à un accident du travail ou à une maladie professionnelle. Si ce texte
est adopté, l’Espagne deviendrait ainsi le premier pays européen à autoriser le
congé de maladie pour les règles douloureuses. La proposition a été saluée par
Carolina Vidal López, secrétaire confédérale pour les femmes, l’égalité et les
conditions de travail de la CCOO qui exprime son accord avec la reconnaissance de
trois jours d’arrêt de travail pour les menstruations douloureuses (v. communiqué).
- Le retour du « monde
d’avant » : la confédération syndicale UGT regrette dans
un communiqué
l’abandon progressif du télétravail en raison du ralentissement de la gravité de
la pandémie et de l’importance de la « culture du face-à-face ». Ainsi, le
télétravail est à son plus bas niveau depuis deux ans avec seulement 13,1 % des
personnes employées qui travaillent à distance (dont 7,5 % qui télétravaillent
plus de la moitié des jours et 5,6 % seulement occasionnellement). Pour l’UGT,
les entreprises et les administrations ont profité de l’exception dite « Covid »
(une disposition transitoire de la loi sur le télétravail) « pour éviter
d’établir définitivement le télétravail dans leur modèle de production, freinant
ainsi les aspirations de millions de travailleurs ». L’UGT relève le très faible
nombre d’accords collectifs sur le télétravail signés en 2021 : 123 dans toute
l’Espagne.
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France
- Fiasco des premières élections dans les
plateformes : les élections des représentants des
travailleurs « indépendants » des plateformes de livraison et des plateformes de
véhicule avec chauffeur, préalables à l’ouverture d’un dialogue social dans ces
deux secteurs pouvant mener à la négociation d’accords collectifs, sont un
fiasco. Sur les 84000 livreurs inscrits (beaucoup moins que le nombre total de
livreurs), 1,83% ont pris part au vote. Les trois premières organisations
syndicales obtiennent chacune entre 300 et 400 voix. Pour les 39000 chauffeurs,
le taux de participation atteint 3,91%. Le modèle vanté par la France dans les
négociations en cours au Conseil de l’UE sur la directive relative à la
protection des travailleurs des plateformes, notamment par le biais d’une
reconnaissance de leur statut de salarié dès qu’ils remplissent certains
critères, sera donc difficile à défendre.
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Irlande
Charte pour les femmes dans la finance :
le ministre des finances, Sean Fleming, a présenté, le 27 avril,
la première
Charte des femmes dans le secteur de la finance. Les signataires de la
charte, élaborée par le gouvernement et les organisations d’employeurs, s’engagent à
améliorer le nombre de femmes occupant des postes de direction et de conseil
d’administration afin de parvenir à un meilleur équilibre entre les sexes et à un
environnement de travail plus inclusif. Ils adresseront des données annuelles à un
institut de recherche indépendant (ESRI) (v. communiqué
du gouvernement et fiche de
présentation de la charte). Les entreprises doivent élaborer un plan
d’action dont les progrès seront évalués chaque année. La charte précise que le PDG
et l’équipe dirigeante sont responsables des progrès accomplis.
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3. État
tiers
Royaume
Uni
- Santé de femmes au travail :
le gouvernement a annoncé, le 13 mai, la création d’un fonds
en faveur du secteur sanitaire et social à but non-lucratif dont les
organisations pourront obtenir des subventions de 200 000 à 600 000 livres
(d’environ 235 000 à 706 000 euros) pour élaborer des projets permettant d’agir
au niveau des PME pour que les femmes confrontées à la ménopause, à des
problèmes de fertilité, à des fausses couches, à des problèmes de santé
menstruelle ou gynécologiques sur leur lieu de travail, soient aidées à rester
ou à retourner sur leur lieu de travail (v. communiqué).
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4.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Création : Après près de quatre
ans de négociation, la direction du géant de l’e-commerce, Amazon (238000 salariés), a
signé, le 11 mai, un accord
pour mettre en place un CE européen qui comprendra 30 membres y compris des
représentants du Royaume-Uni. L’accord est soumis au droit irlandais suite à la
« décision soudaine », selon les fédérations syndicales européennes ETF et UNI
Europa, de la direction d’Amazon de passer de la loi luxembourgeoise à la loi
irlandaise (v. communiqué
commun). « Nous considérons cet accord comme la première étape pour garantir
la participation des travailleurs, explique Livia Spera, secrétaire générale de
l’ETF à condition que la direction respecte les engagements et les obligations de
l’accord. » De son côté, Mathias Bolton, responsable d’UNI Commerce mondial, demande
maintenant à la direction d’Amazon « de s’engager dans une négociation collective
appropriée avec les syndicats ». C’est clairement un événement dans le monde des
GAFA où les négociations de mise en place de CE européens sont toutes enlisées ou
inexistantes. C’est aussi remarquable que la direction d’Amazon, arc-boutée sur une
position très antisyndicale aux États-Unis, s’ouvre au dialogue social en Europe,
avec la signature en septembre 2021 d’un accord national pour les travailleurs
italiens (v. communiqué
d’ETF) et maintenant la signature d’un accord de CE européen qui permettra d’amorcer
un dialogue social européen. Si la direction a pris à l’origine une position
classique de laisser trainer les négociations le plus longtemps possible (trois
ans), elle a changé de position fin 2021 à la reprise des négociations interrompues
pendant la crise du Covid-19. L’accord permet deux réunions annuelles du CE européen
et quatre réunions du comité restreint (dont deux en dehors des réunions annuelles)
avec interprétation simultanée. Le CE européen dispose d’un certain nombre de
moyens, comme 24 heures de délégation par an pour les membres du comité européen et
72 heures pour les membres du comité restreint, ainsi qu’un droit à 15 jours
d’expertise par an et à 5 jours de formation par membre sur les quatre années du
mandat. Le CE européen doit choisir un seul expert, donc soit un consultant, soit un
expert syndical. Parmi les faiblesses de l’accord, on peut relever le seuil élevé
pour être représenté (1000 salariés dans un pays) ainsi que le seuil fixé pour
organiser une réunion exceptionnelle du comité restreint : un projet doit concerner
5% des effectifs (soit 12 000 salariés dans l’UE) et au moins 7% des effectifs dans
au moins deux pays sur une période de 90 jours au plus. Ces pourcentages sont aussi
retenus pour définir si un projet transnational est d’une importance suffisante pour
ouvrir un processus d’information et de consultation. Le champ d’application de
l’accord a fait l’objet d’intenses discussions : le CE européen est composé des
salariés relevant des « opérations » d’Amazon dans l’UE, ce qui exclut une partie
(minoritaire) des salariés du groupe qui ne travaillent pas directement dans les
entrepôts ou la logistique. Un point juridiquement contestable puisqu’un CE européen
doit représenter l’ensemble des salariés d’un groupe en Europe. « Le compromis,
explique Sebastian Schulze-Marmeling, le consultant externe (Syndex-wmp consult) qui
a accompagné le groupe spécial de négociation, est que le CE européen couvre tous
les salariés européens, mais ne sera informé et consulté que sur le périmètre
« Amazon operations » et seulement informé sur les autres activités. » À noter
encore une clause de conciliation en cas de conflit avec recours à deux
conciliateurs désignés par chacune des parties.
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Une désignation contestée : les
modes de désignation des membres des CE européens sont divers et dépendent des
procédures nationales. Parfois, un flou permet à la direction locale de désigner
l’un de ses membres ou un salarié proche de la direction. Pour se protéger
d’irrégularités, le règlement intérieur du CE européen d’Adecco Group, signé entre les
membres du CE européen et la direction centrale, contient une disposition
pertinente : si le comité restreint a des doutes sur la procédure de désignation
mise en place par la direction locale, il en informe la direction centrale pour
mener conjointement une investigation afin de vérifier la régularité de la
procédure. Dès lors la désignation litigieuse est suspendue. Cela n’a toutefois pas
empêché un représentant hongrois, désigné en mars et dont la légitimité est
contestée par le comité restreint, de figurer sur la liste des participants à la
réunion plénière, qui a débuté lundi dernier. Pourtant, le 30 mars, le comité
restreint adressait un courrier au responsable RH hongrois sur ses doutes concernant
la procédure de désignation. Selon les investigations menées par le comité
restreint, il semble que la direction a privilégié un « candidat jaune » et que la
procédure est entachée d’irrégularités. Le secrétaire du CE européen, Klaus
Reitgassi a expressément écrit au « supposé » représentant hongrois de ne pas se
présenter les deux premiers jours de la plénière qui est une réunion interne aux
membres salariés du comité.
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Accord
d’entreprise
- Accord collectif dans l’industrie du jeu
vidéo : le studio croate de
développement de jeux vidéo Gamechuck et le syndicat Novi Sindikat ont signé, le
29 avril, la première convention collective dans une entreprise de l’industrie
du jeu vidéo en Croatie. Pour la première fois dans ce pays, un accord
d’entreprise met en place une participation aux bénéfices, avec la possibilité
de distribuer 10 % des bénéfices nets aux salariés, même si elle est encore
faible (133 euros versés en 2022). En outre, l’accord prévoit une semaine de
travail réduite jusqu’à 35 heures y compris une pause quotidienne payée de 45
minutes, 24 jours de congé annuel, le paiement d’un examen médical annuel et une
participation de l’entreprise à un système de retraite supplémentaire. L’accord
organise une information régulière des salariés sur la marche de l’entreprise et
le représentant syndical est invité aux réunions du conseil d’administration (v.
communiqué
d’UNI Global Union et article de HRT
Vijesti).
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