IR Notes

Travailler ensemble pour construire une Europe sociale

Une source d'information indépendante, fiable et impartiale sur les relations professionnelles et le droit du travail en Europe.

IR Notes 24 – Le peuple grec renverse la table

  IR Notes 24 – 28 janvier 2015
www.irshare.eu
 
 
  Qui est IR Share ?

IR Share est une agence de partage d’informations, de documentations et de compétences pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.


L’équipe : ce numéro a été préparé par Francisco Gomez Abelleira, Sofia Lampousaki et Frédéric Turlan. Retrouver l’ensemble de l’équipe d’IR Share sur le site.


S’abonner à IR Notes En quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu

 
  Interview
Jo Libeer, administrateur délégué de l’organisation patronale flamande la Voka

La Voka appelle à réformer le dialogue social en Belgique, dans quel sens doit aller la réforme ?
Nous nous sommes posé la question durant notre dernier congrès. Car l’évolution disruptive de l’économie va avoir un impact important sur le tissu économique, sur l’emploi et le profil de l’emploi des gens. Si l’économie change très vite, peut-on encore utiliser un modèle de concertation sociale inventé dans les années 40 ? Nous ne remettons pas en cause la concertation sociale en soi, bien au contraire. Mais dans un monde économique où tout devient beaucoup plus flexible, une concertation sociale centralisée, qui part du sectoriel pour arriver ensuite à l’entreprise, est-elle adaptée ? Nous allons travailler toute l’année sur le sujet et apporterons des réponses.


Quel modèle vous inspire en Europe ?
Dans les pays scandinaves la concertation sociale part de l’entreprise.


Les mesures d’austérité annoncées par le gouvernement belge ont provoqué une vive colère syndicale…
Le gouvernement est confronté à deux problèmes: celui de la compétitivité des entreprises et celui du budget. La dette belge atteint 107% du PIB et l’Europe nous demande de la résorber. Généralement, les deux problèmes se règlent l’un après l’autre : si on doit affermir les finances publiques, il faut augmenter les impôts ; s’il faut rendre les entreprises plus compétitives, on laisse déborder le budget. Dans un pays où les dépenses publiques atteignent déjà 55% du PIB, il n’y a pas d’alternative. Il faut attaquer les deux fronts en même temps dans les cinq prochaines années. Pour nous, il était clair que les efforts seraient pénibles.

 
  Agenda

3 février
Bruxelles

Symposium de l’Institut syndical européen sur la crise de la dette, et la réforme de l’UE et de l’État providence
.


11 février
Bruxelles

Conférence finale du projet européen Eurosofin sur la contribution du dialogue social dans le secteur financier en Europe à l’anticipation du changement et aux restructurations. Le projet est piloté par l’unité Négociation collective et politiques de l’emploi du Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER). Lien vers le formulaire d’inscription.


12 février
Paris

Entretiens de l’Ires
, à l’occasion de la parution du numéro spécial de la Chronique internationale de l’Ires : « Education, Santé : services publics dans la tourmente », qui associeront des chercheurs et des membres des organisations syndicales autour de deux tables rondes sur les expériences française et étrangères.


12 et 13 février
Paris

Les partenaires sociaux européens du secteur de l’aviation civile organisent une conférence présentant le résultat des travaux menés par l’Université de Gand sur « l’emploi atypique au sein des équipages », à la demande des partenaires sociaux.


24 février
Bruxelles

Forum mensuel de l’Institut syndical européen sur la responsabilité sociale des entreprises et les syndicats
.


26 février
Riga

Conférence de la présidence lettone de l’UE sur le rôle des syndicats dans la promotion d’une croissance durable et créatrice d’emplois.


31 mars
Riga

Forum des partenaires sociaux
sur le rôle du dialogue social en faveur de la croissance économique et la qualité de l’emploi, organisé par les partenaires sociaux lettons et la présidence lettone de l’UE.

 

IR Notes est une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et réalisée par IR Share et son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le site IR Share. IR Share est une entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.

 

À la Une
Le peuple grec renverse la table

Les élections du 25 janvier en Grèce ont porté au pouvoir le parti de la coalition de la gauche radicale, SYRIZA (36,4% des voix), avec près de 10 points d’avance par rapport au second parti, la formation politique néolibérale Nouvelle Démocratie au pouvoir depuis 2012 (27,81%). Cette victoire des « anti-mémorandum » portée par SYRIZA et son leader de 40 ans, Alexis Tsipras (un âge qui en soit constitue déjà une nouveauté pour l’establishment politique grec) est attribuée à de nombreux facteurs, notamment la fatigue du peuple grec vis-à-vis de la politique d’austérité, des coupes dans les salaires et les pensions, des augmentations d’impôt, de la disparition de l’Etat providence et de l’explosion du chômage. De même, la seconde place obtenue par Nouvelle Démocratie s’explique, selon les analystes politiques, en grande partie du fait que la campagne électorale d’Antonis Samaras, le chef de Nouvelle Démocratie, a développé la « doctrine du choc », en affirmant que l’arrivée au pouvoir de SYRIZA sera marquée par la sortie de la zone euro, la réduction des dépôts bancaires et la faillite. Autant d’arguments qui, visiblement, n’ont pas convaincu le corps électoral.  Les Grecs, comme le montre de nombreux sondages réalisés au cours de ces dernières années, demeurent profondément pro-européens. Le phénomène extrêmement préoccupant de cette élection n’est pas la victoire de la gauche radicale, mais le fait que le parti néo-nazi de l’Aube dorée a stabilisé ses forces et obtenu la troisième place à ces élections avec 6,28% des voix. Un résultat élevé pour un parti dont un grand nombre de cadres et de dirigeants sont actuellement en détention et poursuivis pour les crimes les plus graves après l’assassinat d’un rappeur de gauche, en septembre 2013, et leur implication dans le crime organisé et des attaques racistes contre les immigrés. Sur le plan social, SYRIZA a annoncé un relèvement du salaire minimum de 586 à 751 euros et qu’il reviendra, mais sans préciser plus cet engagement, sur les réformes antérieures en matière de négociation collective et de syndicalisme.


1. Union européenne
Actualité sociale

  • Fléchissement de la politique monétaire et du pacte de stabilité: la nouvelle orientation de la Commission européenne et sans doute la crainte d’une contagion de la réaction du peuple grec contre l’austérité, ont amené coup sur coup à deux décisions visant à assouplir le dogme de la politique économique européenne fondé sur l’assainissement des comptes publics. Ainsi la Commission européenne a présenté une communication (en anglais), le 13 janvier, sur une application plus flexible des règles du pacte de stabilité, notamment en prenant en compte les effets positifs des réformes engagés pour calculer le respect de la règle des 3% de déficit (v. communiqué de presse). Puis le 22 janvier, c’est la Banque centrale européenne annonçait un vaste programme d’achat d’actif (v. communiqué de presse). Pour la Confédération européenne des syndicats (CES), cette mesure « est nécessaire mais ne suffira pas à stimuler la croissance et à créer des emplois » (v. communiqué). Pour le DGB, cette décision arrive un peu tard et n’aura pas beaucoup d’impact (v. communiqué du DGB, en allemand). « La politique monétaire a atteint ses limites et il est temps d’enclencher un programme massif d’investissements », explique Andreas Botsch, conseiller du secrétaire général du DGB, Reiner Hoffman.

  • Interventions du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation : la Commission européenne a proposé, le 21 janvier 2015, une intervention du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation à hauteur de 1,3 million d’euros en faveur de la Belgique, pour aider 257 anciens salariés de Saint-Gobain Sekurit Benelux à retrouver un emploi (v. communiqué, en anglais) ainsi que pour la Pologne, pour soutenir 50 ex-salariés de la société Zakłady Chemiczne Zachem et de ses fournisseurs et sous-traitants (v. communiqué, en anglais).


Dialogue social sectoriel

  • Industries graphiques : les partenaires sociaux des industries graphiques (685000 salariés dans l’UE) ont publié, avec le soutien de la Commission européenne, un rapport issu de leur projet intitulé « Compétences futures pour le secteur graphique : identifier et promouvoir les bonnes pratiques en Europe». Le document inclut des exemples de bonnes pratiques, des recommandations aux différents acteurs et des pistes d’action (le rapport existe aussi en italien).

  • Industrie du nettoyage : les partenaires sociaux de l’industrie du nettoyage ont adopté, le 28 novembre 2014,  une position commune concernant la proposition de la Commission européenne d’instituer une plateforme européenne visant à lutter contre le travail non déclaré. Les partenaires plaident notamment pour participer directement à cette plateforme.


Jurisprudence

  • Détermination des faux indépendants : la Cour de justice de l’Union européenne a rendu un arrêt sur les faux indépendants (CJUE 4 décembre 2014, aff. C‑413/13, FNV Kunsten Informatie en Media). L’affaire concerne une convention collective signée entre des partenaires sociaux néerlandais relatif au remplacement des membres d’un orchestre. Ce texte fixe des tarifs minimaux non seulement pour les remplaçants salariés, mais aussi pour les remplaçants qui exercent leur activité en vertu d’un contrat d’entreprise. Une de ses dispositions prévoyait que ces remplaçants indépendants devaient percevoir au moins le tarif négocié pour les remplaçants salariés, augmenté de 16 %. Cependant l’autorité néerlandaise de la concurrence a souligné que cet accord couvrant des « entreprises », c’est-à-dire les remplaçants indépendants, ne bénéficiait pas de la dérogation accordée aux conventions collectives leur permettant d’échapper à l’interdiction des « ententes » prévue par la législation sur la concurrence. La Cour de justice estime en effet qu’un syndicat qui négocie pour le compte de prestataires de service qui en sont membres, « n’agit pas dans sa qualité d’association syndicale et donc de partenaire social, mais opère, en réalité, en tant qu’association d’entreprises ». Mais, et c’est là où l’arrêt est intéressant, la dérogation accordée aux conventions collectives peut être maintenue, « dans l’hypothèse où lesdits prestataires de services (…) constituent en réalité de “faux indépendants”, à savoir des prestataires se trouvant dans une situation comparable à celle des travailleurs ». La Cour invite les juridictions nationales à vérifier qu’au-delà de la nature juridique de leur contrat d’entreprise, les travailleurs indépendants ne se retrouvent pas « dans une relation de subordination (…) pendant la durée du rapport contractuel, disposant ainsi de plus d’autonomie et de flexibilité que les travailleurs qui exercent la même activité, en ce qui concerne la détermination de l’horaire, de l’endroit et des modalités d’exécution des missions confiées (…) ». La Cour conclut que « la disposition d’une convention collective de travail en ce qu’elle établit des tarifs minimaux pour des prestataires de services constituant de “faux indépendants” ne saurait être soumise, en raison de sa nature et de son objet, au champ d’application de l’article 101, paragraphe 1, TFUE » (interdisant les ententes).


2. États membres
Espagne

  • Jugement sur la dénonciation des accords collectifs : la Cour suprême a annoncé avoir rendu une décision, qui n’a pas encore été publiée, concernant une mesure importante de la réforme du marché du travail de 2012. La réforme avait mis fin à la survie des accords collectifs qui jusqu’alors restaient en vigueur jusqu’à ce qu’une nouvelle convention collective soit conclue (l’ultractividad). La réforme a fixé une date limite à cette survie : une convention collective dénoncée cesse de produire ses effets au bout d’un an. Cependant, la juridiction a annoncé qu’une majorité des juges ont estimé que les droits accordés par une convention collective qui a cessé de produire ses effets sont intégrés dans le contrat de travail individuel des salariés. Par conséquent, les employeurs devront respecter les dispositions de la convention collective qui a expiré, à moins de revenir sur toutes ou partie des dispositions par la voie de la procédure de modification du contrat de travail (lien vers la source, en espagnol).

  • Salaire minimum : le salaire minimum a été revalorisé, par un décret du 26 décembre 2014, de 0,50% au 1er janvier 2015 pour atteindre 9080,40 euros par an ou 648,60 euros par mois (sur 14 mois), pour un salarié à temps plein. Pour les entreprises qui versent les salaires sur 12 mois (souvent le cas des multinationales), le montant minimum mensuel est de 756,70 euros.

  • Santé et sécurité : un décret du 19 décembre 2014 a modifié le système de représentation du personnel en matière de santé et de sécurité dans l’administration en particulier en réduisant le nombre de représentant des salariés en charge de ce thème.


France

  • Modernisation du dialogue social dans les entreprises : les partenaires sociaux ont constaté, le 22 janvier 2015, l’échec de leur négociation sur la modernisation du dialogue social. L’un des principaux de blocage réside dans la mise en place d’une représentation pour les salariés des entreprises qui en sont dépourvues, c’est-à-dire celles de moins de 11 salariés (seuil à partir duquel une élection de délégués du personnel doit être organisée) et celles dans lesquelles les élections n’ont pas eu lieu (faute de candidat ou de participation suffisante) privant ainsi les salariés des petites entreprises du droit à être représenté et du droit à l’information et à la consultation. Le gouvernement va engager des discussions avec les partenaires sociaux pour décider de l’opportunité de préparer un projet de loi sur ce thème.


Luxembourg

  • Accords séparés entre le gouvernement et les partenaires sociaux : en présentant son budget 2015 qui vise à améliorer la compétitivité de l’économie luxembourgeoise et améliorer les finances publiques, le gouvernement a suscité le mécontentement des syndicats qui l’ont menacé d’une grève générale. Finalement un accord a été signé avec les confédérations syndicales, le 28 novembre 2014, pour atténuer l’impact de certaines mesures. Un « revirement » peu apprécié par les employeurs qui ont par conséquent eux aussi ouvert des discussions avec le gouvernement. Ainsi un accord a été signé, le 14 janvier 2015, entre le gouvernement et l’Union des entreprises luxembourgeoises, « dans le but de renforcer la compétitivité des entreprises et de leur donner la prévisibilité en matière financière, économique et sociale afin de contribuer à la réduction du chômage et à la croissance économique ». Les employeurs obtiennent l’engagement du gouvernement de ne pas augmenter les charges sociales et la fiscalité pendant sa mandature et d’ouvrir des discussions tripartites sur l’aménagement du temps de travail ainsi que sur la promotion d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. L’accord acte « le principe que la politique salariale doit être liée à l’évolution de la productivité ». Les employeurs s’engagent en contrepartie a renforcer leur coopération avec le service  public de l’emploi (Adem) notamment en vue d’améliorer les qualifications.


3. Entreprises
Comités d’entreprise européens

  • Club Méditerranée : le CE européen du Club Méditerranée a été convoqué, le 20 janvier 2015, pour se voir présenter le projet du futur actionnaire majoritaire, le groupe chinois Fosun. À cette occasion, le CE européen a obtenu l’organisation d’une formation sur les différentes formes de recours à la sous-traitance en Europe et l’ouverture de discussions avec la direction sur ce thème.

  • Lafarge/Holcim : trois fédérations syndicales internationales –IBB, FETBB et IndustriAll Global Union – ont lancé, le 15 janvier 2015, une campagne mondiale contre l’attitude des deux groupes cimentiers engagés dans un processus de fusion, Lafarge et Holcim (v. communiqué d’IndustriAll). Le 21 janvier, lors de la réunion du CE européen de Lafarge – qui dans le cadre du processus de fusion se réunit une fois par mois – la direction a précisé qu’elle organiserait des rencontres avec le comité et les repreneurs des entités cédées lorsque ces derniers seront connus. Le CE européen a demandé que les conditions sociales concernant les salariés des sociétés cédées (notamment une garantie de maintien de l’emploi pendant trois ans) fassent l’objet d’un accord entre la direction, le repreneur et le CE européen. Par ailleurs, la direction de Lafarge serait disposée, précise Jean-Michel Gillet, coordinateur de la FETBB, à commencer à échanger autour de la mise en place d’un futur CE européen Lafarge Holcim et d’un futur accord-cadre international ». La FETBB continue de son côté à coordonner les activités des CE européens de Lafarge et d’Holcim à raison d’une réunion par mois.

  • Solvay : la direction du groupe chimique belge Solvay (14 500 salariés) et son CE européen ont engagé des discussions en vue de conclure une charte établissant les relations entre l’instance européenne et les comités d’entreprise locaux. Selon Albert Kruft (IG BCE), secrétaire du CE européen, l’objectif est de signer la charte lors de la réunion annuelle du comité qui se déroulera en juin prochain. L’un des enjeux est de renforcer la légitimité des avis que peut prendre le CE européen, grâce aux informations échangées avec les instances nationales tout en éclairant mieux ces instances nationales sur la situation du groupe.
    > L’accord du 13 juin 2014 sur le CE européen du groupe Solvay est disponible sur IR Share.

  • Une formation pour les managers en charge de CE européen : l’association Astrées, IR Share (éditeur d’IR Notes) et le cabinet de consultants néerlandais FNV Formaat ont obtenu un financement de la Commission européenne pour développer un projet européen visant à organiser trois séminaires avec des managers en charge de CE européens autour de trois thématiques : la définition d’une question transnationale (Paris, avril 2015) ; l’articulation des procédures d’information et de consultation entre le niveau européen et l’échelon national (Amsterdam, juin 2015) ; la gestion de la confidentialité des informations (Bruxelles, octobre 2015). L’objectif est de produire ensuite des recommandations pouvant faciliter le dialogue social sur ces trois sujets sensibles (contact : c.teissier@astrees.org).


Négociations transnationales

Total : le groupe pétrolier et gazier français Total a signé son premier accord mondial, le 22 janvier 2015,  avec la fédération syndicale IndustriALL Global Union sur la responsabilité sociale (v. communiqué de presse du groupe Total et d’IndustriAll). L’accord mondial prévoit en particulier, outre les points mentionnés dans les communiqués : 1/ Une responsabilisation de la chaîne d’approvisionnement : le groupe attend de ses sous-traitants et fournisseurs qu’ils respectent les droits sociaux fondamentaux détaillés dans l’accord et qu’ils « s’assurent que leurs propres contractants respectent des principes équivalents à ces derniers ». Ces principes seront  « communiqués et promus auprès » de ces entreprises et « en cas d’inobservation de ces principes », Total « prend les mesures nécessaires pouvant aller jusqu’à la résiliation du contrat ». Il en va de même en cas de non-observation caractérisée des règles de sécurité, de santé ou de protection de l’environnement. 2/ En matière de santé et de sécurité au travail, les parties prévoient que « tout projet de développement, tout lancement de produit n’est engagé qu’après une évaluation des risques prenant en compte l’ensemble du cycle de vie ». 
Par ailleurs, là où n’existe pas d’instance paritaire d’échange sur les questions de santé et sécurité, les parties « conviennent de la nécessité de faciliter les discussions entre le management et les représentants du personnel pour arrêter des modalités permettant un dialogue permanent sur ces sujets ». 3/ En ce qui concerne la prévoyance, l’accord prévoit qu’en cas de décès du salarié, ses proches (librement désignés) se verront verser un capital égal à deux années de salaire. 
4/ En matière de restructuration, le texte précise que les « contrats de cession prennent en compte des engagements négociés portant sur les conséquences sociales pouvant en découler pour les salariés ».



  • Telefónica : la direction du groupe de télécoms espagnol Telefónica (120000 salariés) et la fédération syndicale internationale UNI Global Union et ses affiliés espagnols CC.OO et UGT ont renouvelé l’accord-cadre international signé en 2000. Dans ce texte, Telefónica s’engage à appliquer l’accord à ses fournisseurs et ses sous-traitants et à respecter les droits de l’homme dans toute la chaîne d’approvisionnement (v. communiqué d’UNI Global Union).


4. Études et rapport

  • Les tendances de l’emploi en 2015 : l’Organisation internationale du travail (OIT) a publié son rapport Perspectives pour l’emploi et le social dans le monde – Tendances pour 2015 qui contient des prévisions relatives aux niveaux du chômage à l’échelle mondiale et explique les facteurs à l’origine de ces tendances, y compris le creusement des inégalités et la baisse de la part salariale. Le rapport signale que plus de 201 millions de personnes dans le monde étaient au chômage en 2014, soit 31 millions de plus qu’avant le début de la crise. Le chômage devrait s’accroître de quelque 3 millions de personnes dans le monde en 2015 et de 8 millions supplémentaires dans les quatre années suivantes. Un chapitre porte sur le risque de troubles sociaux, en particulier dans les régions où le chômage des jeunes est élevé

  • Les relations sociales et conditions de travail en 2013 : la Fondation pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) a publié son rapport annuel sur les relations sociales et conditions de travail. Ce rapport, qui fait référence, précise les grandes tendances en la matière tant au niveau de l’Union européenne que des Etats membres.


Le mot de la quinzaine
Accord d’entreprise transnational

Essentiellement depuis le début des années 2000, les multinationales ont commencé à négocier des éléments de leur politique sociale au niveau de l’ensemble du groupe, soit au niveau européen, lorsqu’elles étaient essentiellement implantées en Europe, avec souvent des fédérations syndicales européennes et parfois aussi le comité d’entreprise européen. Soit au niveau mondial avec des fédérations syndicales internationales. En savoir plus sur le dictionnaire européen des relations sociales (en anglais). Vous pouvez aussi retrouver des accords sur le site d’IR Share ou de la base de données des accords transnationaux de la Commission européenne.

 


Désabonnement

IR Notes

Introduction

IR Notes est une note de synthèse indépendante, fiable et équilibrée sur les relations professionnelles et le droit du travail en Europe.

Publiée en 6 langues et vendue sur abonnement, cette newsletter vous donne accès à des informations concises, ciblées et pratiques sur les enjeux majeurs de l'Europe sociale et du dialogue social transnational.

Avec l'appui de nos experts et de nos correspondants nationaux, nous adoptons une approche dynamique, pratique et utile de la veille sociale européenne.

Ainsi, nous sélectionnons les sujets les plus pertinents, qui constituent une véritable source d'idées transversales et inspirantes.

Chaque numéro comprend:

  • Une interview d'un professionnel des relations sociales qui offre sa perspective unique sur un enjeu social d'actualité, un accord ou un exemple de bonnes pratiques.
  • Le point sur les évolutions législatives et jurisprudentielles de l'UE.
  • Le suivi de l'actualité du droit du travail dans les États membres de l'UE.
  • Des mises à jour sur les dernières évolutions concernant les comités d'entreprise européens (CEE) et les comités d'entreprise SE.
  • Enfin, IR Notes vous tient informé des principales études et recherches menées sur le monde du travail.

IR Notes
Construire ensemble une Europe sociale

La newsletter IR Notes offre à tous en Europe l'accès à une source d'information indépendante, fiable et impartiale sur les sujets liés aux relations sociales.

Three questions for Delphine Rudelli

Three questions for Delphine Rudelli

Three questions for Delphine Rudelli, Director General of CEEMET (*) On the delays in transposing the ‘pay transparency’ directive “We are calling for the application of the directive to be suspended while we assess what can be simplified – not to reduce rights, but...

read more...
European Union – Social update

European Union – Social update

European Works Councils The Expert Group set up by the European Commission to help Member States transpose the new Directive (EU) 2025/2450 on European Works Councils is due to submit its report this summer. This report may constitute a useful point of reference when...

read more...
A step in coordination of national social security systems

A step in coordination of national social security systems

At last, a step forward for freedom of movement for workers in the EU On 22 April, representatives of the Council and Parliament reached a provisional agreement on revising the rules on coordination of national social security systems, as provided for by regulation...

read more...
Picture of Nora Krokovay

A question for… Nora Krokovay

A question for…Nora Krokovay, Senior Analyst at Kopint-Tárki What changes can we expect in terms of social dialogue and labour law in Hungary following the elections that brought an end to Viktor Orbán’s 16-year leadership? The atmosphere was very euphoric and joyful...

read more...
Improvements in job quality

Improvements in job quality

Eurofound notes improvements in job quality in Europe Now that the European Commission has announced its intention to present a bill on job quality by the year end, the results of the latest European Working Conditions Survey (EWCS) will be scrutinised very...

read more...
Is pay transparency the new enemy to be targeted?

Is pay transparency the new enemy to be targeted?

After seeing off the corporate sustainability reporting and due diligence directives, Member States appear ready to tackle the pay transparency directive, which is due to be transposed in Member States by 7 June 2026.Not only are many countries behind schedule, but a...

read more...
A question to… Lidia Gil Otero

A question to… Lidia Gil Otero

A question for…Lidia Gil Otero, PhD Assistant Professor in Labour and Social Security Law at Santiago de Compostela University In the context of the Digilare project (*), you advocate using the transposition of the Platform Work Directive, which is due to be completed...

read more...