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IR Notes 243 – 8 janvier 2025
www.irshare.eu
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Éditorial
Nouveau site, nouvelles ambitions
Avez-vous déjà visité le site IR Share
? Avec l’équipe de
Wisefrog,
nous l’avons réinventé l’année dernière
pour le transformer en une plateforme dédiée aux relations sociales
en Europe, notamment par la mise à disposition de nos lecteurs de
près de 2000 documents, de directives à des arrêts de la Cour de
justice, en passant par des accords de CE européens et des
instruments adoptés dans le cadre du dialogue social sectoriel. De
plus, au fur et à mesure, les documents en ligne sont enrichis sur
la base d’anciens articles parus dans IR Notes. Anglophone
actuellement, le site sera prochainement accessible en français. Il
permet de mettre en avant IR Notes, afin de rendre la lettre plus
visible et ainsi de multiplier les chances de gagner des abonnés,
gage de notre indépendance. Les lecteurs y trouveront aussi les
dernières études et
recherches, notamment celles
réalisées pour Eurofound, et nos dernières activités de
formation, en particulier celles
destinées aux CE européens. Enfin, le lancement du nouveau
site est concomitant avec la création, à côté du Club CE européen,
du « EWC Club », ouvert aux anglophones, afin de réunir
six fois par an, des secrétaires de CE européens et des managers en
charge de CE européens. Nous sommes en phase de recrutements des
membres et d’élaboration du programme de travail 2025. Cette
« rénovation » du site fait partie des projets que nous avions avec
mon épouse et rédactrice en chef adjointe d’IR Notes, Pascale
Milovanovich, décédée il y a près d’un an. Un autre projet était de
refondre IR Notes, pour repenser son design et mettre à disposition
son contenu sur un site avec Paywall, afin de faciliter l’accès à
l’information, d’élargir notre audience et de développer un module
d’archivage pour retrouver d’anciens articles. Ce sera l’un des
chantiers de l’année 2025. Si vous avez des suggestions à nous faire
ou souhaitez participer à la réflexion, n’hésitez pas à me
contacter ici
!
Avec toute l’équipe d’IR Share, nous vous
souhaitons une excellente année 2025 !
Bonne lecture !
Frédéric
Turlan
Rédacteur en chef et directeur d’IR Share
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Qui sommes-nous ?
IR Notes est une
lettre d’information diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs
langues européennes (allemand, anglais, espagnol, français, italien) et
réalisée par IR
Share et son réseau d’experts. Elle propose une
veille européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la
politique de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant
de 273 euros HT par an sur le site IR
Share.
L’équipe :
ce numéro a été préparé par Ambre
Grenier-Boley,
Victoria
Fonseca,
Iris Turlan et Frédéric
Turlan. Retrouvez
l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
S’abonner à IR Notes
en quelques clics sur le site IR
Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
> La lettre
d’information IR Notes a été reconnue comme « service de presse en
ligne » selon l’article 1er de la loi n° 86-897 du 1er août 1986 portant
réforme du régime juridique de la presse. Outre la reconnaissance de la
qualité d’IR Notes, le bénéfice du statut de « service de presse en
ligne » nous permet de facturer (en France) les abonnements à IR Notes
avec une TVA réduite de 2,1%.
Mentions légales.
Editeur: IR Share SARL – 5, Les Compères – 89520 Fontenoy – +33
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959. Directeur de la publication: Frédéric Turlan. Hébergeur: ALTEO géré
par Damien Cornillet – Château – 89500 Villeneuve-sur-Yonne. N° de
CPPAP : 0626 Z 93933.
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Dictionnaire européen des relations sociales
Si vous souhaitez aller plus loin dans la
lecture d’IR Notes nous mettons à votre disposition des liens
vers le Dictionnaire européen des relations
sociales, publié par
Eurofound, et régulièrement mis à jour par IR Share, éditeur d’IR
Notes. Les définitions des termes sont disponibles en anglais et
facilement convertibles grâce à des outils de traduction en
ligne.
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À la Une
Lancement
des négociations sur la révision de la directive CE européen
Après le vote très favorable de la commission Emploi et Affaires sociales du
Parlement européen, le 3 décembre dernier, les députés européens, lors de la réunion
plénière du 19 décembre, ont validé la position de négociation du Parlement fondée
sur le rapport présenté par le député Dennis Radtke (PPE) (v. IR Notes
242). Contrairement au vote en commission, où seule l’extrême-droite s’est
opposée à la révision de la directive, le vote
intervenu en plénière montre un Parlement assez divisé sur le sujet puisque près de
100 députés conservateurs du PPE, dont est issu Dennis Radtke, ont voté contre le
texte, de même que 22 députés Renew. Au total, 300 députés soutiennent le texte de
Dennis Radtke, 254 s’y sont opposés et 21 se sont abstenus. Le vote va
incontestablement fragiliser la position des négociateurs du Parlement qui auront
bien du mal à maintenir certaines propositions, comme celle consistant à fixer le
niveau des sanctions financières en cas de violation du droit à
l’information-consultation au niveau de celles prévues par le règlement RGPD :
jusqu’à 10 millions d’euros d’amende ou 2% du chiffre d’affaires mondial (le montant
le plus élevé étant retenu), voire le double en cas de récidive. La proposition du
Parlement de considérer comme transnational un projet de la direction qui pourrait
affecter des salariés dans un autre État membre que celui où siège la direction qui
a élaboré le projet, semble aussi sur la sellette. Une fois écartées quelques
dispositions problématiques comme celles-ci, les chances d’aboutir à une position
commune sont fortes. D’autant plus que les deux institutions – Conseil et Parlement
– sont déjà d’accord sur des mesures significatives, dénoncées par les employeurs,
comme l’obligation de renégocier les accords dits dérogatoires, ceux conclus dans
les deux années suivant l’entrée en vigueur des directives de 1994 et de 2009 (v. European works councils). Même
si la division du PPE laisse augurer une position ferme des États membres gouvernés
par les dirigeants issus des partis composant le PPE, pour autant les positions
adoptées par le Conseil et le Parlement sont assez proches, comme le montre le document
publié par le Conseil, le 20 décembre, qui compare article par article, la
proposition de la Commission avec sa position et celle du Parlement. Ce
document servira de base pour les travaux en trilogue qui devraient débuter le 6
février. Les chances d’une adoption de la révision de la directive en 2025 restent
élevées.
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1. Union
européenne
Législation
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Actualité
sociale
Ambitions sociales de la présidence polonaise de
l’UE : dans son programme
de travail, la présidence polonaise de l’UE, qui a débuté le 1er
janvier, précise les dossiers qu’elle compte faire avancer au premier semestre 2025.
Dans le champ du travail, elle évoque les « initiatives législatives relatives à
l’utilisation de l’IA sur le lieu de travail, au télétravail et au droit à la
déconnexion » sans préciser l’objectif à atteindre. Le programme consacre un
paragraphe au dialogue social, qui se réfère à la déclaration
de Val Duchesse (2024) (v. IR Notes 223)
et à la recommandation
sur le renforcement du dialogue social dans l’UE (2023) (v. IR Notes
201). La présidence « prendra des mesures pour développer le dialogue social
et souligner son rôle, notamment en poursuivant les travaux sur la révision de la
directive sur les CE européens et en entamant les travaux sur un nouveau pacte pour
le dialogue social européen ». Elle poursuivra aussi les travaux sur le « paquet
stages », qui comporte des propositions de directive
et de recommandation
(v. IR Notes
227). Par ailleurs, la présidence « s’engagera dans l’examen 2025 de la mise
en œuvre du plan d’action du pilier européen des droits sociaux (v. European Pillar of Social
Rights), dont les trois principaux objectifs sont l’augmentation
de l’emploi, le renforcement des compétences et des qualifications et la réduction
de la pauvreté parmi les Européens à l’horizon 2030 » (v. site
de la présidence polonaise).
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Devoir de vigilance : la
Confédération européenne des syndicats et les fédérations syndicales européennes ont
adopté, le 10 décembre 2024, une déclaration
conjointe pour défendre les récentes directives sur le devoir de vigilance
(CS3D), la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises
(CSRD) et la lutte contre les produits issus du travail forcé. Les signataires
s’opposent ainsi aux organisations d’employeurs qui ont demandé aux institutions
européennes d’alléger l’application de ces directives (v. IR Notes
240). Les employeurs, après avoir reçu le soutien, en Allemagne, de quatre
ministres dont le ministre du Travail, Hubertus Heil (SPD) se voient désormais
confortés par le chancelier Scholz lui-même, qui a adressé un long courrier, le 2
janvier, à la présidente de la Commission européenne pour notamment retarder
l’application des obligations de reporting de la directive CSRD au nom de la
suppression de la bureaucratie et de la réduction des obligations de déclaration.
Les syndicats demandent aux entreprises, « de cesser de déstabiliser une législation
démocratiquement adoptée et de cesser de dénigrer la législation européenne au nom
d’une soi-disant simplification, alors que la CS3D apporte plus de sécurité
juridique et de prévisibilité, permettant des conditions de concurrence
équitables ».
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Jurisprudence
Temps de travail des employés de maison :
la Cour de justice a rendu un arrêt, le 19 décembre 2024,
indiquant que les employeurs domestiques doivent mettre en place un système
permettant de mesurer la durée du temps de travail journalier de chaque employé de
maison (CJUE,
19 décembre 2024, aff. C-531/23, Loredas). Dans un précédent arrêt, la Cour
de justice avait condamné l’Espagne pour ne pas avoir mis en place un système
permettant de mesurer de façon objective et fiable le nombre d’heures de travail
effectuées par les salariés (CJUE,
14 mai 2019, aff. C-55/18, CCOO, v. IR Notes n°
120). L’Espagne a modifié sa législation pour se conformer à cet arrêt, mais
les juridictions et la pratique administrative ont interprété le nouveau texte en
considérant qu’il existait une dérogation pour les travailleurs domestiques. Dans
cette nouvelle affaire, la Cour souligne que « l’interprétation jurisprudentielle
d’une disposition nationale ou une pratique administrative (…) en vertu desquelles
les employeurs sont exemptés de mettre en place un système permettant de mesurer la
durée du temps de travail journalier de chaque employé de maison », et qui privent
dès lors ces derniers « de la possibilité de déterminer de façon objective et fiable
le nombre d’heures de travail effectuées et leur répartition dans le temps, ne
respecte manifestement pas » le droit de l’UE. La Cour précise que, compte tenu de
sa situation de faiblesse, le travailleur « peut être dissuadé de faire valoir
explicitement ses droits à l’égard de son employeur, dès lors, notamment, que la
revendication de ceux-ci est susceptible de l’exposer à des mesures prises par ce
dernier de nature à affecter la relation de travail au détriment de ce
travailleur ». Ainsi, « en l’absence de la mise en place d’un système permettant de
mesurer de façon objective et fiable tant le nombre d’heures de travail effectuées
par le travailleur et leur répartition dans le temps que le nombre d’heures
effectuées au-delà du temps de travail normal en tant qu’heures supplémentaires, il
apparaît excessivement difficile, sinon impossible en pratique, pour les
travailleurs de faire respecter les droits qui leur sont conférés par l’article 31,
paragraphe 2, de la Charte et par la directive 2003/88, en vue de jouir
effectivement de la limitation de la durée hebdomadaire de travail ainsi que des
périodes minimales de repos journalier et hebdomadaire prévues par cette directive »
(v. communiqué).
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Dialogue
social sectoriel
Travail temporaire : les
partenaires sociaux du secteur du travail temporaire ont adopté, le 16 décembre
2024, leur programme
de travail 2025-2027 dans lequel ils s’engagent notamment à adopter au moins
deux séries de recommandations conjointes liées aux politiques sociales et d’emploi
de l’UE, portant sur la participation au marché du travail, les compétences ou la
protection sociale.
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2. États
membres
Allemagne
Chômage partiel : le cabinet
fédéral a prolongé jusqu’au 31 décembre 2025, la durée de perception de l’allocation
de chômage partiel de 12 à 24 mois, permettant aux entreprises en difficulté de
garder leurs salariés qualifiés (v. communiqué).
Cette décision bénéficie du soutien des syndicats. La présidente de la confédération
syndicale DGB, Yasmin Fahimi, a néanmoins souligné l’importance de garantir que
l’Agence fédérale pour l’emploi dispose des ressources nécessaires pour gérer
l’augmentation prévue des bénéficiaires (v. communiqué).
Alexander Bercht, membre du comité exécutif de la fédération syndicale de la chimie,
IGBCE, a aussi appelé à des mesures supplémentaires urgentes pour accélérer la
transformation du secteur industriel allemand et insisté sur le rétablissement d’un
accès facilité à l’indemnisation du chômage partiel, rappelant l’efficacité de cette
mesure introduite lors de la pandémie de Covid-19 : « Les obstacles à
l’indemnisation du chômage partiel doivent rester aussi bas que possible ».
Le président de l’organisation patronale de la métallurgie, Gesamtmetall,
Dr. Stefan Wolf a mis l’accent sur la nécessité de réformes structurelles, notamment
la simplification des démarches administratives, la réduction de la pression
fiscale, et le plafonnement des cotisations sociales (v. communiqué).
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- Reconnaissance de nouvelles maladies
professionnelles : le cabinet fédéral a adopté, le 11
décembre 2024, une ordonnance visant à reconnaître trois nouvelles maladies
comme maladies professionnelles, sous réserve de l’approbation des États (v. communiqué).
La lésion de la coiffe des rotateurs, la gonarthrose, et la bronchopneumopathie
chronique obstructive, sont désormais reconnues pour certaines professions ou
sous certaines conditions spécifiques.
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Autriche
Un comité d’entreprise chez Amazon :
pour la première fois, un comité d’entreprise a été élu à
l’échelle nationale au sein du groupe Amazon (v. communiqué).
Le syndicat vida a salué cette avancée et félicité le nouveau président, Jorge
Plaut, qui s’est engagé à promouvoir un travail décent et respectueux au sein de
l’entreprise.
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Belgique
Transfert d’entreprise : les
partenaires sociaux ont conclu, le 17 décembre 2024, la convention
collective de travail (CCT) n° 32/8 au sein du Conseil national du Travail
(CNT). Cette CCT ajoute un nouveau chapitre à la CCT n° 32 bis sur le maintien des
droits en cas de transfert d’entreprise. La nouvelle convention entre en vigueur le
1er février 2025. Elle prévoit que lors d’un transfert d’entreprise, les
salariés ou leurs représentants concernés par le transfert pourront obtenir que le
cédant (l’ancien employeur) communique certaines informations au cessionnaire
identifié (le nouvel employeur). Ils peuvent aussi l’inviter à venir se présenter
avant le transfert. L’objectif, souligne le CNT, « est de parvenir à une information
et consultation de qualité et efficace. » (v. communiqué).
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Espagne
Réduction du temps de travail :
le gouvernement et les deux confédérations syndicales CCOO et
UGT, ont signé, le 20 décembre 2024, un accord
en vue de réduire la durée hebdomadaire de travail de 40 heures actuellement à 37,5
heures sans perte de salaire. Cet accord soutient le projet de loi « sur la
réduction de la durée maximale de la journée de travail ordinaire, l’enregistrement
du temps de travail et le droit à la déconnexion du travail » que le gouvernement
entend soumettre au Parlement. Le gouvernement justifie la mesure par l’augmentation
de la productivité du travail au cours des dernières années et l’objectif d’accorder
« des espaces de liberté pour le plaisir et l’épanouissement » aux salariés. Le
projet instaure par ailleurs un droit à la déconnexion et précise la législation sur
le décompte du temps de travail (v. communiqués du gouvernement,
de la CCOO
et de l’UGT).
Le patronat est vent debout contre la mesure et estime que modifier par la loi des
questions qui font l’objet de conventions collectives « représente une ingérence
dans l’autonomie de la négociation collective » (v. communiqué
de la CEOE).
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- Chômage partiel : le
gouvernement a activé, le 23 décembre 2024, le dispositif de chômage partiel
(RED) pour le secteur automobile (10% du PIB espagnol) qui emploie 200 000
salariés. Le mécanisme RED implique pour les entreprises bénéficiaires un
engagement à maintenir l’emploi pendant deux ans. Les entreprises candidates
doivent présenter un plan de requalification de leurs salariés, qui doit viser à
améliorer leurs compétences et leur employabilité à la lumière de l’évolution du
système de production (nouvelles technologies, fabrication de véhicules hybrides
et électriques) (v. communiqué).
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Suède
Racisme et crime haineux au travail :
le gouvernement a adopté un nouveau plan de lutte contre le
racisme, mettant l’accent sur quatre axes, dont la vie professionnelle (v. communiqué
). Ce plan, présenté par Paulina Brandberg, ministre de l’Egalité entre les hommes
et les femmes et de la Vie professionnelle (photo, Kristian Pohl), inclut des
mesures visant à fournir aux employeurs et aux autres acteurs du marché du travail
des outils et des informations pour améliorer les procédures de lutte contre le
racisme et les discriminations sur le lieu de travail.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Renouvellement : la direction du
groupe Mobivia (22 000
salariés) et son CE européen ont renouvelé leur accord
de CE européen du 16 juillet 2020 (v. IR Notes 150),
le 2 octobre 2024, en préservant l’essentiel des moyens accordés par l’accord
précédent. Le nouvel
accord transforme cependant l’une des quatre réunions annuelles du précédent
accord en une réunion du bureau (qui comprend 5 membres). Les membres du CE européen
disposent de 7 jours par an pour accomplir leur mandat. Les membres du bureau
disposent de 15 jours. De plus, les membres du bureau disposent de 12 jours
supplémentaires par an afin de réaliser des visites sur les sites. Les principaux
pays couverts sont l’Allemagne (9126 salariés), la France (8298 salariés) et
l’Espagne (2286 salariés).
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Révision : la direction du
groupe finlandais Nokia a
conclu, le 30 octobre 2024, un accord sur le fonctionnement du CE européen qui
fonctionnait jusque-là sur la base des prescriptions subsidiaires de la directive.
Le syndicat CFE-CGC signale « plusieurs avancées notables ». L’accord confirme la
pratique des deux réunions annuelles, le recours aux experts et au coordinateur
syndical dont les frais de déplacement ne seront cependant pas pris en charge par
Nokia. « L’accord prévoit que si une nouvelle directive européenne survient et
qu’elle est transposée dans la loi finlandaise, elle le sera automatiquement dans
l’accord sans renégociation », se félicite la CFE-CGC (v. communiqué).
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Réunion virtuelle : le Central
Arbitration Committee, la juridiction britannique en charge des contentieux relatifs
aux CE européens, a rendu une décision,
le 23 décembre 2024, dans une affaire opposant le CE européen du British Council, à la direction de
cette institution gouvernementale en charge de promouvoir la langue anglaise à
travers le monde. En l’espèce, il s’agissait du CE européen mis en place sous
législation anglaise avant le Brexit, qui continue à vivre à côté du CE européen mis
en place en Irlande, après le Brexit, les deux instances poursuivant leur vie en
parallèle. Le CE européen estimait qu’en principe, une réunion exceptionnelle du
comité au titre des prescriptions subsidiaires devrait se tenir en personne et non
en ligne, sauf accord contraire entre la direction centrale et le CE européen. Le
CAC considère que la loi britannique (TICER) ne « dit rien sur le format de cette
réunion et sur la question de savoir si ce format doit être convenu entre les
parties ». L’avis du CAC est « qu’un employeur peut avoir la possibilité d’imposer
unilatéralement une réunion en ligne à un CE européen », mais s’il serait
« souhaitable que l’employeur et le CE européen s’efforcent de se mettre d’accord
sur le format de la réunion ».
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Négociations
transnationales
Harcèlement et violence contre les femmes :
le groupe textile espagnol Inditex (161 200 salariés dans
le monde dont 125 800 en Europe) a conclu, avec son CE européen, une déclaration
conjointe contre la violence contre les femmes et le harcèlement sur le lieu de
travail qui comporte des engagements du groupe à mettre en place des actions
d’information et de formation, de communication interne, notamment à l’occasion de
la journée mondiale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, de
mécanismes d’alerte, d’accompagnement des victimes. Le groupe de travail « égalité »
du CE européen a en charge le suivi de l’application de la déclaration (v. communiqué).
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Harcèlement sexuel : le groupe
Lipton Teas and Infusions (17
000 salariés) et la fédération syndicale internationale UITA ont signé, le 6
septembre 2024, un engagement
commun sur la prévention du harcèlement sexuel. Le texte vise en particulier
les « travailleuses occasionnelles, temporaires et/ou migrantes, comme celles au
sein des chaînes d’approvisionnement agricoles » qui peuvent être plus vulnérables
que les autres travailleuses, notamment « dans un contexte où l’exposition au
harcèlement est perçue comme une condition d’emploi ». Selon le texte, le groupe
doit « s’assurer de l’absence de harcèlement sexuel au sein de sa chaîne
d’approvisionnement ». Les signataires mettent en place une procédure pour stopper
le harcèlement sexuel au travail qui précise notamment qu’en cas de « harcèlement
sexuel, c’est l’auteur des faits et non la personne qui porte plainte qui sera
réaffecté ». Toutes les entités doivent mettre en place une « politique locale
claire et précise en matière de harcèlement sexuel, de procédures de plainte et de
mécanismes de résolution des litiges/de traitement des plaintes fondées sur les
normes internationales et sur la législation et les pratiques nationales en matière
de négociation collective ».
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4. Études et
rapports
Dialogue social national : l’OIT
a publié, le 18 décembre, la deuxième édition du Rapport
de l’OIT sur le dialogue social intitulé « le dialogue social au plus haut
niveau pour le développement économique et le progrès social » qui se concentre sur
le dialogue social mis en place au plus haut niveau dans les pays et présente les
tendances globales et régionales sur le sujet. Selon le rapport, l’Europe se
distingue par une forte proportion d’institutions permanentes de dialogue social (92
%). Ces structures, généralement composées de représentants tripartites –
employeurs, travailleurs et gouvernements – incluent parfois des organisations de la
société civile. Un secrétariat, souvent géré par le ministère du Travail, assure
leur fonctionnement, et elles sont fréquemment présidées par des ministres ou des
chefs de gouvernement. Le rapport souligne une sous-représentation des jeunes dans
ces instances. Depuis la pandémie, le dialogue social incluant la jeunesse a
décliné. En revanche, le rapport démontre que le dialogue social a contribué à
atténuer les effets de l’inflation. Par ailleurs, il indique que seulement un quart
des processus de dialogue social au plus haut niveau entre 2022 et 2023 ont traité
des enjeux de la double transition – écologique et numérique.
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