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IR Notes 29 – 8 avril 2015
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une agence de
partage d’informations, de documentations et de compétences pour les
managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR Share opère
via des publications en ligne, des groupes de travail, des formations
consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Ekaterina Markova et Frédéric Turlan. Retrouver
l’ensemble de l’équipe
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Notes En quelques clics sur le site
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Interview
Frédéric Agenet, Directeur des relations sociales d’Airbus
L’accord
sur le comité d’entreprise
de la SE et de ses comités européens dérivés de divisions
(v. 3. Entreprises, ci-dessous), encadre les procédures
d’information et de consultation dans des délais négociés,
ou à défaut d’accord, dans des délais fixés par l’accord.
Pourquoi ? Nous avons la conviction que
le dialogue social européen, tel que nous le pratiquons, est
incontournable pour gérer les transformations dans lesquelles nous
sommes engagés. Cependant, il ne doit pas conduire à une usine à gaz
qui freinerait la réactivité de l’entreprise. Si on prend l’exemple
de l’espace, l’arrivée de la Société privée space X a totalement
transformé le marché en l’espace de quelques années et a entraîné en
particulier une baisse importante des prix. Nous avons dû nous
adapter à ces changements. D’autres évolutions importantes sont
encore attendues sur ce marché. Face à ces transformations rapides,
le dialogue social est une nécessité mais il ne doit pas être un
frein.
L’industrie européenne est-elle
désavantagée par rapport à ses concurrents lorsqu’elle joue la
carte du dialogue social ? Compte tenu de notre culture, il n’est pas
concevable de mener des transformations sans y associer les
représentants des salariés. Par exemple, pour le processus
d’information et de consultation mis en œuvre lors de la
réorganisation relative à la fusion des divisions Cassidian et
Astrium pour former la division Defence & Space, la direction et
les représentants du personnel ont discuté pendant neuf mois avant
de terminer le processus et engager la mise en œuvre du projet qui
s’étale sur trois ans. Pour un projet comparable, un groupe
américain aurait eu besoin de beaucoup moins de temps. A l’inverse,
le temps que nous consacrons au dialogue social renforce le
sentiment d’appartenance à l’entreprise ; il contribue à la
motivation de notre personnel et permet une gestion plus fluide des
ressources humaines.
Pour quelles raisons l’accord
encadre-t-il le recours à
l’expertise ? Nous avons lors du processus d’information
et de consultation sur la fusion des deux divisions accepté la
réalisation d’une expertise menée par un cabinet allemand et par un
cabinet français. Ces travaux se sont déroulés sur sept mois. Nous
ne sommes pas revenus sur le droit au recours à l’expert car cette
étape est utile à la bonne compréhension des projets stratégiques.
Cependant, il était nécessaire de cadrer les processus dans le
temps, de s’assurer que les spécifications de l’expertise soient
raisonnables et appropriées et de pouvoir aussi, en tant que
direction, mettre à disposition le rapport à l’ensemble des salariés
pour éviter que ses conclusions ne soient connues que des seuls
représentants du personnel européens.
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Astuce!
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR Share et
son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente
sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le site IR Share. IR Share est une
entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est
d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et
au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et
le Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
La hausse
provisoire des droits de douane dans la sidérurgie satisfait les partenaires
sociaux
Les partenaires sociaux européens de la sidérurgie ont salué la décision adoptée par
la Commission européenne, le 24 mars, d’augmenter les droits de douane jusqu’à 25,2%
sur les produits plats en aciers inoxydables provenant de Chine et de 12% pour ceux
importés de Taiwan. Cette mesure visant à mettre un terme au dumping sur ces
produits — qui servent, par exemple, à fabriquer l’intérieur des machines à laver et
des lave-vaisselles ainsi que les automobiles —, est saluée par l’organisation
employeur Eurofer qui avait intenté une action en ce sens en mai 2014 auprès de la
Commission. Selon Eurofer, l’industrie sidérurgique en Chine et à Taiwan est en
surcapacité et cherche à « inonder » le marché européen (v. communiqué,
en anglais). Ainsi, les importations provenant de ces deux pays se sont accrues de
70% entre 2010 et 2013 et leur part de marché en Europe a augmenté de 64% sur cette
période. Sur cette même période, la consommation de ces produits n’a progressée que
de 4%. Le règlement
d’exécution adopté par la Commission présente l’enquête menée et constate
« une marge moyenne pondérée de sous-cotation des prix des importations en
provenance des pays concernés sur le marché de l’Union variant de 9,6% à 11,3% ». En
résumé, les prix des produits importés étaient en moyenne sous évalués de 10,5%. La
Commission conclu que « l’industrie de l’Union avait subi un préjudice important ».
Ainsi, « le volume de production a chuté de 5 %, ce qui a entraîné une baisse de
l’utilisation des capacités de 8%. Sa part de marché a reculé de l’ordre de 5%.
« L’emploi a fléchi de 11% tandis que le coût de la main-d’œuvre a progressé de 8 %.
De plus, « les investissements ont chuté de 17 % ». De son côté la fédération
syndicale IndustriAll — qui a adressé un courrier
à la Commission pour soutenir la démarche d’Eurofer —, se félicite de la décision et
exhorte la Commission à protéger le modèle social européen contre les pratiques
déloyales de dumping social (v. communiqué,
en anglais). La Commission prendra une décision définitive cet été.
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
- Adoption de la stratégie européenne en
matière de santé et de sécurité au travail : le Conseil
Emploi et Affaires sociales a adopté, le 9 mars, un cadre
stratégique en matière de santé et de sécurité au travail 2014-2020. Ce
texte qui prend tardivement la relève du précédent cadre stratégique 2007-2012,
ne contient aucune proposition législative. Le document présente les trois
piliers de la nouvelle stratégie : 1° améliorer la mise en œuvre de la
législation sur la santé et la sécurité dans les petites et moyennes entreprises
tout en réduisant les contraintes administratives ; 2° Prévenir les maladies
professionnelles en s’attaquant notamment aux risques nouveaux et émergents
(cancers professionnels, risques psychosociaux et les troubles
musculosquelettiques), ainsi qu’aux risques liés à l’utilisation des nouvelles
technologies et nouveaux matériaux. 3° L’adaptation des lieux et des formes de
travail aux besoins des travailleurs âgés. La Commission européenne se voit
confier la mission « d’améliorer la réglementation sur les agents cancérigènes,
en réexaminant les valeurs limites contraignantes d’exposition professionnelle
en vigueur et en en créant de nouvelles ». Elle doit également, ce qui est
nouveau, « assurer la cohérence entre les différentes composantes de la
législation sur la santé et la sécurité au travail et de la législation relative
aux substances chimiques, telle que le règlement Reach ».
- Nouvelles lignes budgétaires pour le
dialogue social : comme chaque année, la Commission
européenne a publié, le 12 mars, les descriptifs des lignes budgétaires
permettant de recevoir des subventions pour la réalisation d’un projet relatif
à : 1° des actions de formation et d’information en faveur des organisations
de travailleurs ; 2° des actions menées en matière d’information, de
consultation et de participation des représentants
des entreprises ; 3° des actions en faveur du dialogue
social. Attention la date de dépôt des dossiers pour le premier appel
d’offres est très proche (8 mai). Pour avoir une idée des projets pouvant être
financés (déploiement d’un accord cadre européen, formation de membres de CE
européens ou de managers…), la Commission publie la liste des
projets (en anglais) ayant été retenus en 2014 pour chaque ligne
budgétaire.
- Les représentants du personnel de la BCE
s’alarment de la situation de l’emploi: au nom de ses
membres employés à la Banque centrale européenne (BCE), l’organisation syndicale
Ipso a adressé, le 27 mars, un courrier
(en anglais) aux gouverneurs des banques centrales nationales, pour dénoncer un
sous effectif permanent au sein de la BCE qui pèse sur le climat social. Une
enquête menée auprès de 900 employés par les représentants du personnel souligne
que 31 % des employés sont exposés au risque de burn-out et que 36 % présentent
des signes d’épuisement. De plus, 4,5 % déclarent avoir des pensées suicidaires.
- Directive « gens de
mer » : la commission emploi et affaire sociale du
Parlement européen a adopté, le 1er
avril, le rapport
présenté par Elisabeth Morin-Chartier (PPE) sur la proposition de directive
relative aux gens de mer, modifiant les directives accordant des droits à
l’information et à la consultation des salariés. Le texte a recueilli une très
large majorité (47 voix pour, 3 contre).
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Dialogue
social sectoriel
- Sucre : les partenaires
sociaux européens du secteur du sucre (CESF et Effat) ont publié une déclaration,
le 19 mars, pour faire part de leurs inquiétudes concernant la crise qui frappe
leur filière et demander à la Commission européenne de les aider à préparer la
fin du système de quota qui doit intervenir en 2017 (communiqué de l’Effat).
- Métallurgie :
l’organisation employeur de la métallurgie, le Ceemet, a publié sa réponse
(en anglais) à la consultation publique lancée par la Commission européenne sur
la révision de la « directive temps de travail ». Le Ceemet estime que toute
réforme de cette directive, « conçue avant l’ère numérique » doit « représenter
une rupture nette avec le passé » en particulier en permettant aux partenaires
sociaux de décider comment organiser le temps de travail et les repos.
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Jurisprudence
- Une personne handicapée travaillant dans
un centre spécialisé est considéré comme un
travailleur : la Cour de justice a assez logiquement
considéré qu’une personne handicapée qui travaille dans une entreprise adaptée
aux personnes handicapée pour leur proposer une activité rémunérée (même si la
rémunération est nettement inférieure au salaire minimum légal) est considérée
comme un « travailleur » au sens de la directive 2003/88 sur le temps de travail
(CJUE,
26 mars 2015, aff. C-316/13, Fenoll c/CAT « La Jouvène »). Mais cet
employé qui réclamait le paiement de congé payé annuel non pris se voit rejeter
sa demande car il ne peut pas invoquer directement la directive. De plus, le
litige porte sur une période antérieure à l’entrée en vigueur de la Charte des
droits fondamentaux de l’UE qui garantit le droit au congé payé annuel ; la
Charte ne peut donc pas être invoquée. Il lui reste alors à se retourner contre
l’État qui a maintenu en droit interne des dispositions non conformes à la
directive.
- Précisions sur la législation applicable
en matière de sécurité sociale : la Cour de justice a
rendu un arrêt dans une affaire dont l’intérêt était de savoir à quelle
législation est soumis un salarié qui travaille en dehors du territoire de l’UE
(en l’espèce sur un navire dans les eaux internationales), tout en résidant dans
un État membre (les Pays-Bas) pour le compte d’un employeur établi dans un autre
État membre (la Suisse, considérée comme État membre pour l’application du
règlement 1408/71 sur la coordination des régimes de sécurité sociale).
Pouvait-il ne pas payer de cotisation sociale aux Pays-Bas comme il le
prétendait et comme cela était le cas lorsque son précédent employeur était
installé aux Pays-Bas ? Selon le règlement n° 1408/71, ce travailleur aurait dû
être soumis à la loi Suisse, celle de l’État d’établissement de son employeur.
Mais, compte tenu des circonstances, « dans l’hypothèse où, en conformité avec
ledit règlement, l’application de cette législation entraînerait l’affiliation à
un régime d’assurance volontaire ou n’entraînerait l’affiliation à aucun régime
de sécurité sociale, ce ressortissant serait soumis à la législation de l’État
membre de sa résidence» (CJUE
19 mars 2015, aff. C-266/13, Kik).
- Un critère d’attribution d’un marché
public peut être la composition de l’équipe du prestataire :
selon la Cour de justice, le pouvoir adjudicateur peut introduire dans le
cadre d’une procédure de passation de marché – qui concerne la fourniture de
services à caractère intellectuel, de formation et de conseil – un critère qui
permet « d’évaluer la qualité des équipes concrètement proposées par les
soumissionnaires pour l’exécution de ce marché, critère tenant compte de la
constitution de l’équipe ainsi que de l’expérience et du cursus de ses membres »
(CJUE
26 mars 2015, aff. C-601/13, Ambisig). Une telle clause est conforme à
la directive 2004/18 du 31 mars 2004 sur la passation des marchés publics.
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2. États
membres
Allemagne
- Un accord salarial est signé dans la
chimie : les partenaires sociaux du secteur de la chimie
– l’organisation patronale BAVC et le syndicat IG BCE (661000 membres) – ont
signé, le 27 mars, un accord salarial pour une durée de 17 mois qui prévoit : 1°
une augmentation des salaires de 2,8% ; 2° une hausse progressive de la
contribution des employeurs au « fonds démographique » qui permet le financement
de dispositifs destinés aux salariés âgés. Les employeurs qui versent
actuellement 338 euros par an et par salarié au fonds, vont devoir verser 550
euros en 2016 et 750 euros en 2017 (v. communiqués de IG
BCE et de BAVC, en
allemand).
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Bulgarie
- Forte tension dans le secteur de
l’énergie : de graves tensions sont apparues entre les
hommes politiques et les partenaires sociaux du secteur de l’énergie. Les
syndicats dénoncent le fait que les employeurs leur font porter la
responsabilité de la mauvaise santé financière des entreprises du secteur. Le
syndicat Podkrepa a ainsi publié une lettre ouverte pour contester les attaques
dans la presse portées par le représentant de la Confédération des employeurs et
industriels, pour qui une oligarchie tient le secteur en spoliant l’Etat et les
consommateurs ainsi que celles d’un ancien ministre de l’Economie et de
l’Energie qui considère que le communisme règne encore dans les entreprises de
l’Etat du secteur en raison de la qualité de l’emploi et des prestations
sociales.
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Belgique
- Un contrôle unilatéral mais illégal des
détachements: la Commission européenne a décidé, le 26
mars, de poursuivre la Belgique devant la Cour de justice pour avoir refusé de
reconnaître les «documents portables A1» des travailleurs détachés qui attestant
qu’ils paient leurs cotisations de sécurité sociale dans l’État membre qui leur
a délivré ces documents. Ils doivent être acceptés par les autres États membres.
Or les autorités belges se permettent ne pas les reconnaître et de soumettre
unilatéralement les travailleurs concernés à la législation belge en matière de
sécurité sociale. Une position qui s’explique par une volonté de lutter contre
la fraude mais qui est contraire au droit de l’Union. En cas de doute sur ces
documents, il existe une procédure spécifique entre les États membres pour
opérer des vérifications et éventuellement invalider les documents. Mais les
autorités d’un pays ne peuvent décider unilatéralement de ne pas reconnaître ces
documents (v. communiqué
de la Commission).
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France
- Mise en œuvre de l’encadrement du
détachement des travailleurs : un décret
du 30 mars 2015 précise de nombreuses dispositions de la loi
« Savary » n° 2014-790 du 10 juillet 2014 sur le détachement. Dès le
1er avril, les entreprises qui détachent des salariés en France sont
soumises à des formalités de déclaration et de désignation accrues précisées par
le décret. Par ailleurs, l’entreprise française qui emploi les travailleurs
détachés doit aussi respecter de nouvelles formalités et est soumise à une
obligation de veiller à ce que les sous-traitant directs ou indirects respectent
bien les droits fondamentaux de leurs salariés détachés. Elles doivent aussi
s’assurer du respect du paiement du salaire minimum dans la chaîne de
sous-traitance. Toutes ces obligations sont désormais détaillées.
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3.
Entreprises
Société
européenne
Airbus Group : la direction
d’Airbus Group a signé, le 4 mars, un accord
sur le comité d’entreprise d’Airbus Group SE et ses comités européens dérivés de
divisions avec le groupe spécial de négociation. Cet accord intervient dans
le cadre de la transformation du groupe en société européenne (SE). Reprenant
l’esprit de l’accord du 23 octobre 2000 sur le CE européen d’EADS, le nouvel accord
instaure un comité d’entreprise auprès de la SE et trois comités européens de
division (Airbus, Defence&Space, Airbus Helicopters). Le texte précise la
répartition de leurs compétences et l’articulation des procédures d’information et
de consultation. Des comités nationaux peuvent compléter ce dispositif « à la
demande du CE de la SE et sous réserve de l’accord préalable de la direction ». Les
comités européens sont compétents « lorsqu’un projet, qui a un impact majeur sur
les emplois, la santé, la sécurité ou les conditions de travail des salariés, ne
concerne qu’un seul État membre et excède les responsabilités et compétences des
organes de direction dans ledit État membre ». Le calendrier de la procédure
d’information et de consultation, qui commence toujours au niveau européen, est à
négocier pour chaque dossier entre la direction et le comité (de la SE ou de
division). À défaut d’entente, les délais à prendre en compte sont ceux fixés par
l’accord. Le texte précise aussi les différents degrés de confidentialité des
informations données par la direction. Celle-ci doit aussi valider le cahier des
charges de l’expert désigné par les comités européens en vérifiant que ce document
est pertinent et raisonnable. Elle peut aussi, comme les comités, diffuser le
rapport d’expert.
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Comités
d’entreprise européens
- Barry Callebaut : suite à
la réunion extraordinaire du CE européen du groupe suisse Barry
Callebaut (9300 salariés dont 3844 en Europe), spécialisé dans la
fabrication de produits à base de chocolat et de cacao, la direction a informé
les représentants des salariés d’un licenciement collectif affectant 37 salariés
dans cinq pays dans le cadre d’un projet de création d’un centre de services
partagés en Pologne. La fédération syndicale européenne Effat publie sur son
site le contenu d’une déclaration
du CE européen.
- Deutsche Post DHL :
au cours de sa réunion plénière, le 26 mars, le Forum
DPDHL auquel ont participé 50
membres du CE européen et 25
membres du Forum européen des managers, Elmar Kallfelz, le
président du comité d’entreprise européen, a présenté à la direction
centrale une déclaration sur le recours au travail temporaire au sein du
groupe. Les membres du comité d’entreprise européen
voulaient lancer une négociation
sur ce thème avec la direction, afin d’aboutir à un accord européen qui
transposerait au niveau du groupe les dispositions de la directive européenne 2008/104 sur le
travail intérimaire. Le lancement d’une telle négociation a été rejeté par
la direction, au motif que le Forum DPDHL n’est pas compétent pour négocier
un accord de ce type. Dans sa déclaration, le CE européen a révendiqué le
droit d’obtenir, conformément à la directive, des « informations appropriées
» sur le recours à ce type d’emploi au sein du groupe. Un cahier
revendicatif en ce sens sera prochainement adressé à la direction
centrale.
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Négociation
transnationale
- Safran : le groupe
français Safran
(45000 salariés) a signé, le 25 mars, avec la fédération syndicale européenne
IndustriAll, un accord-cadre
européen sur le développement des compétences et des parcours
professionnels. Ce texte vise à : 1° anticiper l’évolution des métiers ;
2° développer et sécuriser les parcours professionnels des salariés (avec la
mise en place d’un « entretien de développement professionnel » avec une
périodicité à définir localement); 3° encourager la mobilité professionnelle
comme une opportunité de développement des compétences pour les salariés.
L’accord est illustré par des bonnes pratiques recensées dans les différents
pays et fixe 5 indicateurs de suivi.
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4. Études et
rapports
- Lente décrue du chômage :
le taux de chômage de l’UE s’est établi à 9,8% en février, contre 9,9% de
janvier (10,5% de février 2014). Il s’agit du taux le plus faible enregistré
dans l’UE depuis septembre 2011. Dans la zone euro, le taux de chômage a été de
11,3% en février, également en baisse par rapport à janvier (11,4%) et au taux
atteint en février 2014 (11,8%) (v. communiqué
d’Eurostat).
- Légère progression du coût du
travail : les coûts horaires de la main-d’œuvre ont
augmenté de 1,4 % dans l’UE et de 1,1 % dans la zone euro entre 2013 et 2014.
Dans l’UE, sept pays ont connu une diminution du coût du travail : Irlande
(–0,2%), Hongrie (–0,5%), Portugal (–0,8%), Croatie (–1,6%), Suède (–2,2%),
Chypre (–2,8%) et République tchèque (–3,8%). En 2014, les coûts horaires de la
main-d’œuvre ont été estimés en moyenne à 24,60 euros dans l’UE et à 29,20 euros
dans la zone euro. Avec un écart allant de 3,80 euros en Bulgarie à 35,9 euros
au Luxembourg (v. communiqué
d’Eurostat).
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Le mot de la
quinzaine
La
coordination des régimes de sécurité sociale
Comment concilier les exigences du marché unique qui implique une mobilité croissante
des travailleurs et des retraités (mais qui reste relativement faible par rapport
aux espoirs des fondateurs de l’UE) et la nécessaire protection des citoyens
exerçant leur droit à la mobilité ? Les Etats membres fondateurs de l’UE avaient
trois choix : mettre en place un système de protection sociale unique pour tous les
pays, créer un système de sécurité sociale réservé aux travailleurs mobiles ou bien
faire en sorte que tous les systèmes nationaux de sécurité sociale puissent
fonctionner ensemble en garantissant les droits de chacun. C’est cette option qui
les a conduit à adopter le règlement 1408/71 sur la coordination des régimes de
sécurité sociale. Un texte complexe au point qu’il y a quelques années, la
Commission européenne avait interdit à ses deux spécialistes du texte de prendre le
même avion… La coordination repose sur quatre principes : l’interdiction de faire
cotiser un citoyen à des régimes de sécurité sociale de deux Etats membres ;
l’égalité de traitement entre nationaux et les citoyens ayant exercé leur droit à la
mobilité ; la prise en compte des périodes d’assurance, de travail ou de résidence
dans plusieurs pays pour calculer les prestations et le principe d’« exportabilité »
des prestation : un citoyen qui a droit à une prestation (une pension de retraite,
par exemple) pourra la percevoir même s’il change de pays de résidence (en savoir
plus sur le site de la Commission
européenne).
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