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IR Notes 30 – 22 avril 2015
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Alain Lefebvre et Frédéric Turlan. Retrouver
l’ensemble de l’équipe
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Notes En quelques clics sur le site
IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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Interview
Tristan Lormeau, Directeur des ressources et compétences du groupe
Renault
Que représente le nouvel avenant à
l’accord constitutif du comité de groupe
Renault ? Cet
avenant marque un point de d’inflexion dans l’histoire du dialogue
social international du groupe. C’est à la fois l’aboutissement
d’une évolution précédente – ce qui explique la conclusion d’un
avenant – et l’ouverture vers une autre époque dans le sens où nous
allons mettre en place un groupe spécial de négociation qui aura la
charge de négocier un nouvel accord.
Le prochain accord de comité de
groupe perdrait alors son caractère « d’accord
d’anticipation » ? À la fin des négociations sur l’avenant, la
question du maintien de l’accord d’anticipation s’est posée.
L’accord constitutif du comité de groupe Renault était signé par les
organisations syndicales belges, espagnoles et françaises. Depuis,
un nouveau grand pays est apparu, c’est la Roumanie, avec près de
20000 salariés. Et ce pays n’est pas représenté parmi les
signataires, car pour conserver le caractère d’anticipation,
l’avenant doit être signé par les signataires d’origine. De plus
l’écart entre notre accord et les dispositions de la directive
2009/38 est devenu minime. Il n’y a plus de réel fondement à
maintenir le caractère d’anticipation de l’accord, et c’est pour
cette raison que les négociateurs ont décidé, dans un premier temps,
de signer un avenant qui apporte une clarification aux différentes
dimensions du comité de groupe, et dans un second temps, de mettre
en place un groupe spécial de négociation pour aboutir à un nouvel
accord.
Le
nouvel avenant affirme la dimension mondiale du
groupe… L’avenant résulte d’un
travail d’actualisation qui reflète les évolutions de Renault. Il
prend en compte la dimension internationale, déjà affirmée par notre
accord-cadre mondial de 2013, élargit la représentation des
salariés hors Union européenne et confère à leurs représentants la
qualité de membre du comité de groupe et non plus seulement
d’observateurs. De plus, l’avenant élargit le champ de l’expertise à
laquelle le comité de groupe Renault peut recourir, pour englober,
au-delà de la dimension comptable, les questions sociales,
commerciales ou environnementales, sur l’ensemble du groupe.
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À nos lecteurs
Toute l’équipe d’IR Notes est heureuse de compter parmi ses lecteurs,
depuis quelques semaines, les membres comité d’entreprise européen du
groupe ATOS SE.
L’Institut syndical européen
s’est également abonné. Vous pouvez également
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nous contacter directement !
Frédéric Turlan frederic.t@irshare.eu
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR Share et
son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente
sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le site IR Share. IR Share est une
entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est
d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et
au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et
le Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
La
Commission ouvre la « boîte de Pandore » de l’information-consultation
La Commission européenne a adressé aux partenaires sociaux européens, le 10 avril, un
document
de consultation relatif à « une consolidation des directives de l’Union sur
l’information et la consultation des travailleurs ». Cette initiative repose
sur la base du « bilan de qualité » (« Fitness checking ») publié en
juillet 2013. Ce bilan avait souligné que les trois directives accordant des droits
à l’information et à la consultation aux salariés, au niveau national (transfert
d’entreprise, directive-cadre, licenciement collectif), sont « adaptées à leur
finalité (…) pertinentes, efficaces, cohérentes et efficientes ». Pour autant, la
Commission pointait du doigt quelques défauts, légitimant à ses yeux des
modifications, notamment une harmonisation des définitions de l’information et de la
consultation. Elle demande donc aux partenaires sociaux leurs avis sur l’intérêt de
« consolider » les directives au moyen d’une « refonte », ce qui suppose
« l’adoption d’un nouvel acte juridique qui intègre, dans un texte unique, à la fois
les modifications de fond qu’il apporte à un ou plusieurs actes précédents et les
dispositions de ce ou ces derniers qui restent inchangées ». Les partenaires sociaux
européens ont jusqu’au 30 juin pour répondre à la Commission afin de donner leur
avis sur ces différentes pistes et préciser s’ils entendent ouvrir une négociation
sur un ou plusieurs points évoqués. À défaut la Commission pourra ouvrir une
deuxième phase de consultation dans laquelle elle dévoilera sa proposition de
directive, les partenaires sociaux pouvant encore choisir de négocier sur le sujet.
Les chances d’une négociation sont cependant extrêmement réduites tant les positions
paraissent éloignées sur ce sujet. D’autant plus que la discussion est amenée à
s’étendre sur les définitions concernant l’information et la consultation dans les
directives CE européen et Société européenne même si la Commission a précisé que ces
textes n’étaient pas de même nature (les trois directives concernant
l’information-consultation au niveau national tandis que les deux autres textes
concerne un aspect transnational. En réalité, mis à part la Commission qui porte
son programme de « better regulation », peu d’acteurs, y compris les États membres,
ne paraissent vraiment motivés par ce sujet préférant un confortable statu quo. Par
ailleurs, la Commission vient aussi de lancer l’évaluation de la directive 2009/38
sur le CE européen afin de vérifier que les nouvelles dispositions de la directive
sont bien efficaces et pertinentes.
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
- Le Conseil de l’Europe adopte une
recommandation relative au traitement des données personnelles des
salariés : le Conseil de l’Europe
a adopté, le 2 avril, une recommandation
sur le traitement des données à caractère personnel dans le cadre de
l’emploi qui devrait inspirer les 47 pays membres pour mettre à jour
leur législation nationale concernant le traitement des données à caractère
personnel des salariés et des candidats à un emploi (v. communiqué
de presse). Ce document entend éviter les atteintes injustifiées et
déraisonnables au droit au respect de la vie privée des salariés sur leur lieu
de travail, en précisant que ce principe s’étend à toutes les technologies de
l’information (surveillance de l’utilisation d’Internet, surveillance des
messages électroniques, utilisation de la vidéosurveillance, de la
géolocalisation, des test génétiques…).
- Les employeurs prennent position sur la
révision de la directive « temps de travail » : après
avoir répondu à la consultation publique lancée par la Commission européenne sur
la révision de la législation sur le temps de travail, dix organisations
européennes sectorielles représentant les employeurs ainsi que l’organisation
patronale BusinessEurope ont adressé une lettre
conjointe à la commissaire européenne en charge de ce dossier, Marianne
Thyssen. Les signataires estiment que la directive est un texte qui vise à la
protection de la sécurité et la santé au travail et que ses dispositions
actuelles suffisent à remplir cet objectif. Il n’y a donc pas de raison de la
réviser sauf à apporter ponctuellement davantage de sécurité juridique aux
difficultés pratiques résultant de la jurisprudence de la Cour de justice comme
par exemple de préciser clairement que le temps d’astreinte inactif n’est pas
compté comme du temps de travail effectif ; ou bien que le temps d’astreinte en
dehors du lieu de travail, pendant lequel le salarié est à disposition de
l’employeur mais sans exercer d’activité, n’est pas considéré comme du temps de
travail tant qu’il n’intervient pas.
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Jurisprudence
- La question de l’interdiction du port du
foulard islamique au travail devant la Cour de justice :
dans une décision rendue le 9 avril, la Cour suprême française (Cour
de cassation, arrêt du 9 avril 2015, n° 13-19855) a saisi la Cour de
justice de l’Union européenne d’une affaire concernant le licenciement d’une
employée qui a refusé de retirer son foulard islamique pour aller travailler
dans une entreprise cliente. La directive 78/2000 du 27 novembre 2000 interdit
en particulier les discriminations « fondées sur la religion ou les
convictions ». Mais elle accepte qu’une « différence de traitement » ne
constitue pas une discrimination « lorsque, en raison de la nature d’une
activité professionnelle ou des conditions de son exercice, la caractéristique
en cause constitue une exigence professionnelle essentielle et déterminante,
pour autant que l’objectif soit légitime et que l’exigence soit proportionnée ».
Les magistrats français demandent donc à la Cour si « le souhait d’un client
d’une société de conseils informatiques de ne plus voir les prestations de
service informatiques de cette société assurées par une salariée, ingénieur
d’études, portant un foulard islamique » entre dans la catégorie des « exigences
professionnelles et déterminante » permettant d’autoriser une différence de
traitement pouvant aboutir à justifier le licenciement de la salariée. La Cour
de justice devrait se prononcer dans un délai de 12 à 18 mois.
- Une épouse au chômage peut-elle empêcher
le mari de prendre un congé parental ? La Cour de
justice est saisie d’une affaire concernant un magistrat grec qui s’est vu
refuser la prise d’un congé parental au motif que sa femme était au chômage et
donc en capacité de garder l’enfant. Une décision de l’administration conforme à
la législation grecque. Pour l’avocat général de la Cour de justice qui a rendu
ses conclusions (CJUE,
concl., 16 avril 2015, aff. C-222/14), l’accord-cadre sur le congé
parental, mis en œuvre par la directive 96/34, et l’article 14 de la directive
2006/54 s’opposent à la réglementation litigieuse prévoyant « qu’un magistrat de
sexe masculin n’a pas droit à un congé parental lorsque son épouse ne travaille
pas ou n’exerce pas d’activité professionnelle, à moins que, en raison d’une
maladie grave ou d’un handicap, elle ne soit jugée comme étant dans l’incapacité
de faire face aux besoins liés à l’éducation d’un enfant. »
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2. États
membres
Allemagne
- Un groupe d’experts pour éclairer IG
Metall : le syndicat de la métallurgie, IG Metall, a mis
en place un groupe de 27 experts sur l’avenir du travail provenant des
entreprises de la métallurgie, du monde universitaire ou politique. Y siègent
notamment les secrétaires des comités centraux d’entreprise de Daimler et Robert
Bosch. Ils seront chargés de conseiller le syndicat sur l’effet de la
numérisation du travail dans l’industrie et apporter des réponses aux questions
relatives à l’avenir des emplois et des salariés en Allemagne (v. communiqué
d’IG Metall).
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Finlande
- Un compteur en ligne pour calculer le coût
du chômage de longue durée : la fédération syndicale
STTK a mis en ligne sur son site un compteur qui calcule automatiquement le coût
du chômage de longue durée en Finlande. Le chiffre apparaît en première page du site. Le coût journalier est
de 18,7 millions d’euros, incluant les indemnités de chômage, les autres aides
sociales et les pertes d’impôt sur le revenu et de cotisations retraites. Les
économistes de la fédération considèrent qu’une personne au chômage de longue
durée coûtera en moyenne à la société 600 000 euros, compte tenu du fait que 70
% des chômeurs de longue durée ont peu de chance de retourner au travail et
qu’ils ont en moyenne 48 ans lorsqu’ils rentrent dans le groupe des chômeurs de
longue durée.
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France
- Un projet de loi pour réformer le dialogue
social dans les entreprises : suite à l’échec de la
négociation des partenaires sociaux concernant la modernisation du dialogue
social dans les entreprises, le ministre du Travail a présenté, le 22 avril, un
projet
relatif au dialogue social et à l’emploi (v. communiqué
de presse). Les principales nouveautés sont : 1° la création d’instances
régionales paritaires afin de permettre une représentation des salariés des très
petites entreprises (jusqu’à 10 salariés). 2° L’élargissement de la
« délégation unique du personnel » qui permet jusqu’à maintenant de créer cette
instance représentative du personnel dans les entreprises de moins de 200
salariés par la fusion du comité d’entreprise et des délégués du personnel. Le
projet prévoit d’étendre cette possibilité de créer une instance unique aux
entreprises de moins de 300 salariés et d’y intégrer le comité en charge des
questions d’hygiène, de santé et de sécurité. 3° La possibilité de fusionner les
instances représentatives du personnel par accord collectif – signé par un ou
des syndicat(s) représentant au moins 50% des effectifs – dans les entreprises
de 300 salariés et plus.
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Grande-Bretagne
- Hausse du salaire
minimum : le gouvernement a décidé, le 17 mars, de
porter le salaire minimum pour les adultes de 6,50 £ à 6,70 £ par heure à
compter du 1er octobre 2015, suivant la recommandation formulée par
la Commission sur les bas salaires (v. communiqué)
. En revanche, il n’a pas tenu compte de l’avis de la Commission en ce qui
concerne les apprentis : leur salaire minimum sera revalorisé de 57 pence pour
atteindre 3,30 £, la hausse la plus importante jamais accordée. Selon le
gouvernement il s’agit, en termes réels, de la plus forte hausse du salaire
minimum depuis 2007 qui bénéficiera directement à 1,7 million de personnes.
- Entrée en vigueur du congé parental
partagé : depuis le 5 avril, les salariés peuvent opter
pour un congé parental partagé à la naissance de leur enfant ou l’arrivée au
foyer d’un enfant adopté. Ce dispositif impose aux mères de prendre deux
semaines de congé maternité après la naissance de l’enfant (ou 4 semaines si
elles travaillent en usine). Au-delà, les parents éligibles au dispositif
(condition d’ancienneté de 26 semaines notamment), peuvent se partager jusqu’à
50 semaines de congé parental partagé (Shared Parental Leave) et 37
semaines de d’indemnité parentale partagée (Statutory Shared Parental
Pay) dont le montant est de 138,18 £ par semaine (ou 90% du salaire
hebdomadaire s’il est inférieur). Les parents peuvent prendre leur congé
ensemble ou consécutivement. Ils peuvent aussi le prendre en une seule fois ou –
avec l’accord de l’employeur – de manière discontinue. Le gouvernement a publié
plusieurs guides pour expliquer le dispositif aux employeurs,
aux parents
en leur permettant aussi de calculer leurs allocations
en ligne.
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Grèce
- Consultations tripartites sur le salaire
minimum et le système de négociation collective : le
gouvernement a lancé, le 15 avril, des consultations avec les partenaires
sociaux sur son projet de relever le salaire minimum en deux étapes d’ici fin
2016, en passant son montant de 580 euros actuellement à 650 euros au
1er octobre 2015 puis à 751 euros en juillet 2016, soit le niveau
promis lors de la campagne électorale de Syriza. Les consultations portent aussi
sur le rétablissement des conventions collectives abrogées à l’occasion des
différents plans de rigueur adoptés depuis 2010.
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3.
Entreprises
Comité de
groupe mondial
Renault : le constructeur
automobile français Renault a conclu, le 24 mars, un
nouvel avenant à son accord de comité de groupe Renault (CGR), signé par les
représentants des salariés des principaux pays européens et des fédérations
françaises de la métallurgie représentatives. Le secrétaire, les secrétaires
adjoints du comité restreint et IndustriALL Global Union ont également signé cet
avenant. Le nouvel avenant précise les différentes formations selon lesquelles le
CGR peut être réuni : 1° le comité de groupe monde qui réuni une fois par an 40
représentants de salariés issus de 18 pays (dont 9 membres de pays hors UE) ou
groupement de pays. 2° Le comité de groupe restreint, réuni plusieurs fois par an en
fonction de l’actualité de l’entreprise, qui rassemble 11 membres (le secrétaire et
les dix secrétaires adjoints, élus parmi les membres européens). 3° Le comité de
groupe en formation européenne, réuni en cas de décision exceptionnelle, rassemble
les 31 membres de l’Espace économique européen. À cela s’ajoute la « Learning
Session » qui permet aux membres du comité de groupe restreint, une fois
par an, de se rendre dans un pays dans lequel le groupe est implanté, afin
d’appréhender les aspects sociaux, économiques et culturels et de mieux comprendre
les enjeux de Renault dans ce pays (Maroc en 2013, Brésil en 2014).
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Comités
d’entreprise européens
- Gestamp : l’équipementier
automobile espagnol Gestamp (près de 19 000 dans l’UE) a signé, le 29 janvier,
un accord sur la création d’un CE européen. Cet accord est un des rares qui
prévoit explicitement que le CE européen peut « négocier » avec le management
sur tous les sujets concernant les salariés. L’accord permet un droit de visite
sur les sites pour rencontrer les salariés ou leurs représentants afin d’évoquer
avec eux des sujets transnationaux qui dépassent les compétences représentants
du personnel au niveau local. Le comité compte 21 membres dont 6 Espagnols, 5
Allemands, 3 Britanniques et deux Français. Un comité restreint est informé en
cas de circonstances exceptionnelles qui affectent les intérêts des salariés
dans aux moins deux pays et peut inviter les représentants des sites touchés ou
décider de convoquer une réunion plénière. Les signataires ont aussi créé un
groupe de travail dédié à la question de la santé et de la sécurité.
- Alcatel-Lucent / Nokia :
la coordination entre les représentants du personnel des deux groupes
Alcatel-Lucent et Nokia, qui ont annoncé leur fusion, devrait être facilitée par
le fait que des représentants syndicaux des deux sociétés siègent déjà dans le
groupe sectoriel en charge de la technologie de l’information et de la
communication au sein de la fédération syndicale européenne IndustriAll. « Les
secrétaires des deux CE européens se connaissent », ajoute Philippe Saint-Aubin,
secrétaire national à la FGMM-CFDT. Une information
sur la fusion a été livrée le 17 avril au CE européen.
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Syndicalisme
- BNP-Paribas / Société générale :
la fédération syndicale internationale UNI Global Union a annoncé avoir
mis en place deux alliances syndicales mondiales au sein des deux groupes
bancaires après avoir réuni des représentants syndicaux de ses affiliés, le 14
avril, à Marrakech (Maroc). Le communiqué
d’UNI présente deux documents présentant chacune des deux alliances. Une
négociation d’accord-cadre international à la Société Générale est en cours
souligne la fédération.
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4. Études et
rapports
Dialogue social ou lobbying social
européen: une étude de l’Institut syndical européen (ETUI,
« Dialogue social sectoriel européen : une ombre au tableau ? », Christophe
Degryse, Working Paper 2015.02 ; en français) revient sur l’évolution du
dialogue social européen qui compte désormais 43 comités de dialogue social
sectoriel, réunissant les partenaires sociaux européens des secteurs concernés. Il
apparaît un tableau nuancé : certains comités sont dynamiques, d’autres frappés de
« léthargie profonde » (assurances, banques, gaz, chaussure). De plus, si de 1999 à
2009, le dialogue social sectoriel a produit surtout des engagements réciproques
entre les partenaires, il s’est transformé depuis 2010, en un « dialogue social
majoritairement de lobbying conjoint ». « Il n’y a plus eu aucun nouvel accord
négocié en 2011, ni en 2013, ni en 2014 », constate Christophe Degryse. Il est vrai
que le changement d’attitude de la Commission européenne consistant à opérer un
contrôle minutieux de ces accords et de la représentativité des signataires,
ralentissant voire empêchant leur transposition par voie de directive, n’incite pas
les partenaires sociaux à poursuivre dans cette voie.
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Le mot de la
quinzaine
L’autonomie
des partenaires sociaux
L’étude publiée par l’Institut syndical européen (v. ci-dessus) évoque le contrôle
exercé par la Commission européenne sur les accords conclus par les partenaires
sociaux européens. Certains experts doutent de la légitimité d’un pouvoir de
contrôle de la Commission en rappelant que l’article 152 du traité précise que
l’Union européenne « facilite le dialogue » entre les partenaires sociaux, «dans le
respect de leur autonomie ». De plus, ce dialogue, explique l’article 155 « peut
conduire (…) à des relations conventionnelles, y compris des accords » dont la
mise en œuvre « intervient (…) à la demande conjointe des parties signataires,
par une décision du Conseil sur proposition de la Commission ». Dans ce cas le « le
Parlement européen est informé ». Autrement dit, le traité semble ne permettre à la
Commission que de reprendre le texte sous ma forme d’une proposition de décision,
que le Conseil adopte, ou non, et à l’unanimité, si la matière traitée dans l’accord
relève de la règle de l’unanimité. La question est de savoir si le traité confère
une marge d’appréciation à la Commission ou si le principe de l’autonomie des
parties, dans le cadre du dialogue social, lui interdit d’intervenir.
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