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IR Notes 32 – 20 mai 2015
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Catarina Carvalho, Francisco Gomez Abelleira,
Stepanka Lehmann, Ekaterina Markova et Frédéric Turlan. Retrouver
l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
S’abonner à IR
Notes En quelques clics sur le site
IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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Interview
Thomas Busch, Co-président (IG Metall) du comité d’entreprise d’Airbus
Group SE
La constitution du comité
d’entreprise de la Société européenne (SE) marque-t-elle
l’aboutissement d’une communauté de salariés européens ou bien
les différences nationales existent-elles
toujours ? Dans
notre groupe, aucune décision importante n’est purement
nationale tant l’interaction est forte entre les différents
sites et leurs spécialisations. Airbus fonctionne comme une
entreprise européenne sans frontière. Les représentants du
personnel apportent au sein du CE européen la position des
salariés de leur pays. Nous avons au sein du comité des
discussions de très bonne qualité et factuelles pour parvenir à
des positions communes au-delà des différents pays. Il est aussi
important au sein du CE européen de prendre en compte et de
comprendre de façon ouverte et transparente les situations
différentes dans les pays ! La coopération entre les différents
comités d’entreprise et représentants syndicaux fonctionne très
bien. En particulier, la coopération entre IG Metall et le
syndicat majoritaire en France, FO, est très
bonne.
La création de chaînes d’assemblage
dans des pays hors UE est-elle un risque pour l’emploi en
Europe ? J’ai
souvent été interrogé pour justifier l’absence d’opposition à la
création de chaînes d’assemblage en Chine ou aux États-Unis qui,
c’est une présomption, risquerait de détruire des emplois en
Europe. Nous avons soutenu cette démarche pour garantir l’accès
à de nouveau marché ainsi qu’assurer également la croissance et
le développement de nos sites. Airbus va ainsi prochainement
fabriquer 50 monocouloirs de la famille A320 avec une grande
partie de la production qui sera réalisée dans les sites
européens. En même temps nous avons obtenue que les composants
continueront à être fournis par nos usines européennes. Nous
souhaitons que les sites européens restent à la pointe de la
technologie et que leurs salariés bénéficient de formation pour
sans cesse améliorer leur qualification.
Quelles sont les règles à respecter
pour assurer une bonne coopération entre les représentants du
personnel allemands et français ? Un des premiers obstacles est la langue.
Nous avons besoin de communiquer dans notre langue et d’être
compris, ce qui suppose l’aide d’interprètes et de traducteurs.
Ensuite, il faut travailler en confiance ce qui suppose de la
franchise, que l’on se parle ouvertement et que l’on échange sur
nos positions. C’est ce que nous faisons et c’est notre force.
Cela est clairement apparu au sein du groupe de négociation
chargé de mettre en place le comité de la société européenne. À
cette négociation ont participé 26 représentants de 17 pays
européens, dont en partie des collègues qui n’avaient encore
jamais siégé dans les CE européens. Ils ont rapidement reconnu
ces valeurs et notre mode de fonctionnement. L’accord sur le
comité de la SE a ainsi été adopté à l’unanimité.
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR Share et
son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente
sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le site IR Share. IR Share est une
entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est
d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et
au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et
le Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
La
Commission livre ses recommandations aux États membres
La Commission européenne a publié, le 13 mai, ses recommandations en matière de
politique économique par pays pour 2015 et 2016. Elle appelle les États membres à
prendre des mesures pour créer des emplois et stimuler la croissance. La communication
adoptée permet de comprendre ce que la Commission attend en matière de politique de
l’emploi et de réforme du marché du travail. Marianne Thyssen (v. discours,
en anglais) invite les pays à procéder aux réformes structurelles et « porter de
façon spécifique » leurs efforts sur « les jeunes et les chômeurs de longue durée».
Ces réformes visent à lever les freins à l’embauche en contrat à durée indéterminée,
comme la « rigidité des règles de licenciements » et la « trop longue durée des
conflits du travail » pour éviter d’accorder une place excessive, comme en Pologne,
au contrat à durée déterminée. Elles visent aussi à ce que les « salaires réels
suivent l’évolution de la productivité et reflètent les différences de situations
entre secteurs et entre entreprises ».
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
- Politique migratoire : la
Commission européenne a présenté, le 13 mai, une communication
pour un Agenda européen de l’immigration pour renforcer l’immigration
légale et faire venir en Europe une main-d’œuvre qualifiée pour faire face à la
diminution de la population active et palier les pénuries de main d’œuvre.
Chaque pays sera libre de fixer le nombre d’entrées sur son territoire, mais le
mécanisme de la carte bleue européenne qui vise à attirer les salariés très
qualifiés, délivrée à seulement 16000 personnes depuis deux ans va être revu.
Une plateforme de dialogue avec les partenaires sociaux va être crée sur ce
thème.
- Marché unique numérique :
la Commission européenne a présenté, le 6 mai, un projet de création d’un
marché unique numérique pour faciliter le commerce électronique
transfrontalier ; renforcer le développement des réseaux et accélérer la libre
circulation des données. Les fédérations syndicales européennes ont accueilli
sans enthousiasme cette stratégie qui néglige l’impact des transitions sur
l’emploi (v. réactions de UNI
Europa et IndustriAll).
Le ton est beaucoup plus positif du côté des organisations d’employeurs comme BusinessEurope,
CEEP ou
Etno.
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Jurisprudence
- Nouvel arrêt sur la définition de
l’« établissement » : la Cour de justice a complété sa
jurisprudence (v IR Notes 30). Elle a rendu un arrêt
dans lequel elle s’oppose à la législation espagnole qui accorde une protection
contre les licenciements collectifs dès lors que 10% des postes d’une
« entreprise » ayant entre 100 et 300 salariés sont menacés (v. communiqué).
Pour le calcul, et contrairement à la directive qui calcul les seuils au niveau
de « l’établissement », la loi prend en compte « l’entreprise » dans son
ensemble, c’est-à-dire avec tous ses établissements. Si en prenant en compte
plusieurs établissements, le seuil de 10% est franchi, alors la protection
s’applique. Cette disposition semble a priori favorable aux salariés, mais la
Cour souligne qu’elle peut aboutir à priver du droit à
l’information-consultation les salariés d’un établissement qui, à lui seul,
remplirait les critères d’application de la directive.
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Syndicalisme
Campagne contre les sociétés « boîte aux
lettres » dans la construction : la Fédération européenne
des travailleurs du bâtiment et du bois (FETBB) va présenter, le 16 juin prochain, à
Bruxelles, une campagne pour dénoncer le phénomène des sociétés « boîte aux
lettres » créées dans un État membre où les charges sociales sont faibles (ou dans
lequel le contrôle du paiement des charges sociales est défaillant) sans avoir
d’activité économique sur place.
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2. États
membres
Belgique
- Travail de nuit dans l’e-commerce :
le gouvernement a réunit les partenaires sociaux des
secteurs impliqués dans le commerce en ligne (logistique, distribution) lors
d’une « Table
ronde de l’e-commerce » afin d’ouvrir une concertation sociale sur « un
cadre viable pour le travail de nuit » pour favoriser le développement de ce
secteur.
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Bulgarie
- Réforme des retraites : le
Premier ministre, Boyko Borisov, veut augmenter l’âge du départ à la retraite.
Les syndicats y sont totalement opposés. Les employeurs refusent l’augmentation
des cotisations sociales. A défaut d’accord, la loi en cours prévoit une
augmentation de l’âge de départ (actuellement de 60,8 ans pour les femmes, 63,8
pour les hommes) de six mois, chaque année.
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Espagne
- Accord salarial au niveau
national : les partenaires sociaux ont signé, le 14
mai, un accord salarial qui prévoit une augmentation de salaire de 1% en 2015,
et jusqu’à 1,5% en 2016. En cas d’inflation supérieure à 2,5% sur la période
2015-2016, le texte prévoit une révision automatique. L’accord doit être
respecté par les organisations syndicales et employeurs signataires (CEOE,
CEPYME, UGT, and CCOO) et par leurs affiliés.
- Augmentation des retraites pour les
femmes : le Conseil des ministres a approuvé un projet
d’augmentation des retraites des femmes avec enfants : 5% pour deux enfants, 10%
pour trois enfants et de 15% au-delà de trois enfants. Le projet passera au
Parlement dans les prochains mois.
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Portugal
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République
tchèque
- Le gouvernement veut renforcer le dialogue
social : le Premier ministre Bohuslav Sobotka adopte une
attitude positive avec les syndicats. Ainsi une proposition de loi prévoit une
participation financière de l’Etat à l’organisation des négociations tripartites
au niveau national et régional. Le ministère du Travail a proposé un amendement
au Code du travail afin de rembourser la formation des syndicalistes en charge
du contrôle de sécurité au travail. Cette proposition attend la deuxième lecture
devant le Parlement (plus d’informations
en tchèque).
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
- Safran : le CE européen du
groupe Safran a publié un communiqué
dans lequel les représentants salariés prennent l’exemple de la décision de
fermeture du site de Morpho Cards en Allemagne pour réclamer le respect de la
procédure d’information et de consultation en rappelant qu’elle « constitue un
préalable à la mise en œuvre d’un projet et ne peut intervenir a posteriori ».
- Deutsche Bahn : le CE
européen a rappelé, dans un communiqué,
qu’il discute avec la direction sur des garantis en faveur des salariés touchés
par la création, en Roumanie, d’un centre de services partagés en matière de
comptabilité.
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Négociations
transnationales
- Michelin : « Nous sommes
en train de négocier un accord-cadre international avec Michelin », souligne
Kemal Özkan, secrétaire général adjoint d’IndustriALL, dans une interview au site
Observatoire des multinationales.
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4. Études et
rapports
Salaire minimum : l’OCDE a
livré une étude
comparative sur le « salaire minimum après la crise » dans les 26 des 34
pays membres de l’OCDE qui ont un salaire minimum légal. L’étude montre que dans
certains pays, le revenu des titulaires du salaire minimum travaillant à temps plein
peut être bien inférieur au seuil de pauvreté. En République tchèque, un travailleur
isolé ayant deux enfants à charge et payé au salaire minimum doit travailler 80
heures par semaine pour sortir de la limite du taux de pauvreté.
- Étude comparative sur le coût du travail
dans l’UE : l’institut statistique allemand Destatis a
publié, une étude
comparative sur le coût du travail dans l’UE. En tête des pays où le
coût du travail horaire est le plus élevé figurent le Danemark (42 euros), la
Belgique (41,10), la Suède (40,20), le Luxembourg (35,70) et la France (35,20).
Dans l’UE, en moyenne, le coût est de 24,40 euros. Avec 31,80 euros, l’Allemagne
se place au huitième rang.
- Taux d’emploi : selon une
étude
d’Eurostat, le taux d’emploi dans l’UE a augmenté en 2014 pour atteindre 69,2 %,
ce qui reste encore inférieur à son pic de 2008 (70,3 %). Le taux d’emploi des
femmes atteint en revanche son plus haut niveau à 63,5 %.
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