|
| |
IR Notes 33 – 3 juin 2015
www.irshare.eu
|
|
|
| |
| |
Qui est IR Share ?
IR
Share est une agence de
partage d’informations, de documentations et de compétences pour les
managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR Share
opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau
d’experts.
L’équipe
: ce numéro a été
préparé par Catarina Carvalho, Francisco Gomez Abelleira et Frédéric
Turlan. Retrouver l’ensemble de l’équipe de IR Share sur le site.
S’abonner à
IR Notes En quelques clics sur
le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
|
|
|
 |
| |
Interview
Rachid Brihi, avocat, cabinet Brihi-Koskas & associés
Vous
avez défendu le CE européen de Transdev afin qu’il soit
consulté sur le dossier de la SNCM (v. Entreprise). Que
retenez-vous de la décision de la Cour d’appel de Versailles
qui ne vous a pas entendu? Cet arrêt
renferme une contradiction importante. La Cour affirme que la
décision prise par la direction de Transdev qui a conduit à
l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire pour sa
filiale SNCM, pourrait avoir « des conséquences économiques et
sociales importantes, à terme, pour l’ensemble du groupe et donc
pour les salariés européens ». Ainsi, la possible liquidation ou
cession de cette « petite » filiale française, qui ne représente que
2,5% des salariés du groupe, pourrait être un objet de consultation
du CE européen.
Mais
ce n’est pas le sens de la
décision ? En effet, la Cour fait ce
constat, et en même temps, elle écarte l’élément de transnationalité
– qui résulte du fait que la décision peut avoir un impact pour les
salariés européens – en expliquant que la sortie de la SNCM du
périmètre du groupe n’est à ce stade qu’une hypothèse et qu’il
convient d’attendre la décision que prendra le tribunal de commerce
à l’égard de l’avenir de cette filiale. Or quel serait le sens d’une
action du CE européen après la décision du tribunal de commerce ?
Aucun. Il fallait donc bien intervenir en amont. C’est bien le rôle
du juge des référés que de faire respecter l’effet utile d’une
consultation du CE européen ! De plus, il est clair à la lecture
des faits et du dossier que le sort de la SNCM est bien de sortir du
périmètre du groupe Transdev sans doute via une cession. Si la Cour
considère que la sortie de la SNCM peut avoir une conséquence
importante pour les salariés du groupe, alors il fallait reconnaître
la compétence du CE européen.
Autrement dit, un dossier purement
national, sans aucun lien d’extranéité, peut remonter devant
le CE européen ? C’est bien ce que
laisse entendre la cour d’appel. Si le considérant 16 de la
directive qui permet d’inclure dans la compétence du CE européen des
questions concernant un seul pays, mais ayant des conséquences
importantes pour l’ensemble du groupe, était intégré dans le corps
de la directive, la cour aurait été peut-être moins frileuse. Le
fait que ce considérant soit repris dans l’accord de CE européen a
été pris en compte, mais pas suffisamment de notre point de
vue.
|
|
|
 |
| |
Agenda
4 et 5
juin Amsterdam
Séminaire organisé par Astrees, IR Share et SBI-FNV
Formaat, avec le soutien de la Commission européenne sur la question de l’articulation des procédures
d’information et de consultation entre le niveau européen et
l’échelon national. Ce séminaire est réservé aux
managers en charge de CE européens. Tél. : + 33 (0)6 81 41 53
95.
8
juin Bruxelles Conférence
organisée par le think tank Bruegel sur la stratégie de la Commission
européenne dans le cadre du marché unique numérique (Towards a digital single market: the European
Commission strategy).
9
juin Paris Séminaire
d’Europe et Société et RDS sur « L’intervention de la Cour de justice
de l’Union européenne dans le dialogue social européen ».
9
juin Bruxelles Débat
organisé par l’Institut syndical européen autour de la parution de
l’ouvrage «
Les risques au travail. Pour ne pas perdre sa vie à la gagner ».
11 et 12
juin Budapest Premier
séminaire d’un projet européen sur les systèmes de négociation
collective en Europe par le réseau d’experts INLACRIS “Collective
bargaining in times of crisis”. Renseignements : Astrees
et Christophe Teissier.
11 et 12
juin Bruxelles Salon
Exposia des professionnels du droit avec une conférence, le 12, intituée
“Prendre
rapidement le virage vers une concurrence loyale en Europe : les
nouvelles obligations pour les entreprises“, avec Rachid Brihi,
Emmanuel Jahan, Jean-Jacques Paris, Enrico Somaglia, Emmanuel Daoud et
Philippe Lambrecht.
23
juin Bruxelles Forum
mensuel de l’Institut syndical européen intitulé « What
social face of the new EU trade agreements? », avec Pascal Lamy.
15
septembre Paris
Matinée du Club CE européen animée par Astrees et IR
Share, en partenariat avec la EWC Academy, sur le dialogue entre
délégations allemande et française au sein des CE européens, avec des
membres allemands de CE européens et les témoignages de Stéphane Galiné
(Sanofi), Catherine Bordelon (SAP) et Gérald Reinosa (Metro). Suivie
d’une après-midi de formation sur les différences en matière de
relations sociales entre les deux pays autour de cas
pratiques. Renseignements: Frédéric Turlan (frederic.t@irshare.eu – +33 6 81 41 53 95)
ou Christophe Teissier (c.teissier@astrees.org)
29
septembre au 2 octobre Paris
Congrès de la Confédération européenne des
syndicats.
|
|
|
 |
| |
À nos lecteurs
Toute l’équipe d’IR Notes est heureuse de
compter parmi ses lecteurs, les membres du comité d’entreprise
européen et de la direction des relations sociales du groupe
Solvay. Le bureau du CE européen de Thales s’est
également abonné. Vous pouvez également contribuer à notre
développement et surtout au maintien de notre indépendance en nous aidant à
faire connaître IR Notes dans vos réseaux. Toutes les suggestions et
conseils sont les bienvenus ! N’hésitez pas à nous contacter
directement !
Frédéric
Turlan frederic.t@irshare.eu
|
|
|
 |
IR
Notes est une lettre diffusée tous les
15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et réalisée par
IR
Share et son réseau d’experts. Elle
propose une veille européenne sur le droit du travail, les relations
sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour
un montant de 15 euros HT par mois sur le site IR Share. IR Share est une entreprise à capitaux privés, indépendante et
apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs
du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le correspondant de la
Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg, depuis 2009, et pour
la Bulgarie depuis 2014.
|
|
|
À la Une
Un
changement dans la création de normes européennes
Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans (photo),
a présenté une série de textes visant à « renforcer la transparence du
processus décisionnel de l’UE et à améliorer la qualité de sa législation », y
compris en matière sociale. 1/ Une communication
explique comment elle entend réaliser ces objectifs sans pour autant « déréglementer
certains domaines d’action ou de leur accorder une priorité moindre, ni de
compromettre les valeurs qui nous sont chères » comme la protection sociale ou les
droits fondamentaux. 2/ Un document
de travail fait le point sur le programme pour une réglementation affûtée et
performante (Refit). Il contient un chapitre relatif aux actuelles révisions ou
évaluations des directives sociales. 3/ Une décision
sur la création d’une « plate-forme Refit » pour favoriser le dialogue avec les
parties prenantes et les États afin d’améliorer la législation de l’UE. Son
fonctionnement est précisé dans une communication.
4/ Une décision
portant création du « comité d’examen de la réglementation » qui veillera à la
qualité des analyses d’impact qui doivent être effectuées par la Commission pour
chaque initiative qui a « une incidence économique, environnementale ou sociale
importante ». 5/ Une proposition
d’accord interinstitutionnel qui prévoit le recours à une analyse d’impact
lorsque le Conseil ou le Parlement modifient de façon « substantielle » une
proposition de la Commission dans le cadre du processus législatif. La Confédération
européenne des syndicats (CES) y voit une « tentative évidente de limiter le droit
d’eurodéputés et de ministres élus de prendre des décisions démocratiques ». Elle
considère que ces propositions « rendront le processus législatif plus long, plus
coûteux et plus bureaucratique » (v. communiqué).
Les organisations patronales, très sensibles aux objectifs d’une « meilleure
régulation » (Better regulation) et d’un allégement des contraintes qui
pèsent sur les PME, soutiennent largement l’initiative de la Commission (v. les
communiqués de BusinessEurope,
FoodDrinkEurope,
CEEMET…).
(v. video : conférence
de presse et présentation)
|
Actualité
sociale
- Congé maternité : le
Parlement européen a adopté une résolution
pour que la Commission européenne incite le Conseil à reprendre les discussions
avec le Parlement pour réviser la directive
92/85 qui accorde un congé maternité de 16 semaines. La révision est
bloquée depuis 2010, lorsque le Parlement a demandé un congé de 20 semaines payé
à 100% du dernier salaire. Une position inacceptable pour les États qui depuis
n’ont pas cherché de compromis (v. communiqué).
- Congé paternel et
parental : dans la même résolution
(v. ci-dessus), le Parlement plaide en faveur d’une directive relative à « un
congé paternel rémunéré d’une durée minimale de dix jours ouvrables » et une
révision de la directive sur le congé parental qui « n’atteint pas son objectif
de concilier vie privée et vie professionnelle ».
- Salaire minimum dans le transport
routier : la Commission européenne a engagé une
procédure d’infraction contre l’Allemagne concernant l’application de sa loi sur
le salaire minimum aux entreprises de transport routier établies hors du
territoire allemand. Elles doivent appliquer le salaire minimum à leurs
chauffeurs exerçant leur activité en Allemagne (v. IR
Notes 25). Cette mesure « restreint de manière disproportionnée la libre
prestation des services et la libre circulation des marchandises », estime la
Commission (v. communiqué).
|
2. États
membres
Allemagne
Une loi sur l’unité syndicale :
le Parlement a définitivement adopté la loi sur l’« unité tarifaire » (Tarifeinheitsgesetz)
qui entrera en vigueur le 1er juillet (v. communiqué
du Parlement). Le texte vise à éviter la surenchère entre syndicats dans une même
entreprise. Si deux syndicats veulent négocier des accords collectifs séparés (par
exemple pour couvrir différentes catégories de personnel), ils sont contraints de
s’entendre. À défaut, seul le syndicat majoritaire pourra conclure un accord
collectif avec la direction. Les opposants au texte dénoncent le fait que cela prive
les syndicats minoritaires du droit de grève, car le droit allemand autorise les
syndicats à appeler à la grève uniquement s’ils sont signataires d’un accord
collectif et seulement au moment où il doit être renégocié. > Présentation
vidéo par la ministre du Travail, Andrea Nahles
|
Autriche
- Appel d’offres : le
gouvernement a présenté un projet de
loi sur les appels d’offres afin de lutter contre le dumping social dans
les chaînes de sous-traitance (v. aussi les explications
du gouvernement). Dans le cadre d’un marché public, les autorités publiques
pourront donner leur préférence à la meilleure offre plutôt qu’à celle ayant le
prix le plus bas.
|
Espagne
- Licenciements collectifs dans le secteur
public : la Cour suprême (chambre administrative) a
rendu un arrêt en matière
de licenciement collectif qui précise qu’il ne suffit pas aux organismes publics
de démontrer, pour justifier les licenciements, qu’ils font face à un déficit
budgétaire ou à une diminution de leurs revenus de 5% sur l’année ou de 7% sur
les deux dernières années. Les organismes publics doivent prouver que leur
situation financière est devenue durablement fragile et négative.
|
France
- Limitation au contrôle des salariés :
un arrêt
de la cour suprême administrative (Conseil d’État) interdit l’utilisation par
une entreprise privée d’un logiciel de recherche des infractions à caractère
pédopornographique que pourraient commettre des salariés. La mise en œuvre d’un
traitement de « données à caractère personnel relatives aux infractions,
condamnations et mesures de sûreté » ne peut être réalisée que par des autorités
publiques et non par une société privée.
|
Portugal
|
3.
Entreprises
Comités
d’entreprises européens
Transdev : un jugement
de la Cour d’appel de Versailles confirme la décision rendue dans l’affaire opposant
le CE européen de Transdev à la direction du groupe. Le CE européen reprochait à la
direction de ne pas avoir été consulté suite à la décision de Transdev de demander à
une de ses filiales, la compagnie maritime SNCM, le remboursement d’une avance
provoquant ainsi sa mise en redressement judiciaire (v. IR
Notes 21). Il s’agit de l’une des premières décisions judiciaires en Europe
qui interprète un accord de CE européen ayant intégré le considérant 16 de la
directive. La cour souligne que « les questions qui nécessitent la consultation
préalable du comité européen doivent (…) renfermer une dimension internationale ou
européenne, par leur objet ou par leurs effets. À défaut de tout élément
d’extranéité, la consultation du comité ne présente pas un caractère obligatoire ».
Comme la Cour ne constate pas d’extranéité dans cette affaire, elle vérifie si la
décision de Transdev a un impact important pour les travailleurs européens . Pour la
cour, ce n’est pas le cas. Le CE n’avait donc pas à être consulté.
> À
voir aussi : une déclaration
du CE européen de Deutsche Post DHL pour appeler la direction à respecter « principe
du partenariat social » / la signature par la direction et le CE européen
d’Unicrédit d’une déclaration
conjointe (en italien)
sur les ventes responsables qui fixe des principes communs sur lesquels doit reposer
la politique commerciale du groupe
|
Société
européenne
Dassault Systèmes : à
l’occasion de sa transformation en société européenne (SE), le groupe Dassault (6000
salariés dans l’UE, 12400 salariés) a mis en place un comité de la SE, par un accord
signé le 10 avril. L’accord contient des clauses très précises sur les seuils
d’effectifs qui justifient une consultation du comité. Le comité restreint peut
jouer le rôle d’« une instance préalable d’information et d’échanges sur les sujets
relevant de la consultation » du comité et « agir en qualité de groupe de travail
préparatoire à la consultation ». Il peut aussi directement être consulté sur
certains projets comme une fermeture totale ou partielle d’activité « n’impactant
que deux pays et moins de 100 salariés au total répartis sur ces deux pays ». Le
comité dispose d’une dotation de 3250 euros par an et par titulaire, d’un budget
d’expertise de 20000 euros par an ainsi que d’une communauté dédiée accessible via
la plate-forme collaborative du groupe.
|
Négociations
transnationales
- Engie : la direction et
les fédérations syndicales européennes représentées au sein du groupe
énergétique français Engie (ex-GDF Suez) vont ouvrir des négociations sur les
garanties apportées aux salariés dans le cadre de la réorganisation en cours.
- Telenor : la direction de
Telenor Group (33 000 salariés) et la fédération syndicale internationale UNI
Global Union ont renouvelé, leur accord-cadre international signé en 2013 (v. communiqué).
- Grupo Caliente : la
fédération syndicale internationale UNI Global Gaming et le groupe mexicain
Grupo Caliente ont signé un
accord-cadre régional (v. communiqué).
> À voir
aussi : Signature d’un accord
entre la direction de Solvay et son instance mondiale de dialogue social – le
Solvay Global Forum – sur la mise en œuvre d’un programme d’intéressement à la
performance du groupe (v. communiqué).
|
4. Études et
rapports
Le programme « Mieux
légiférer » : Une étude
(en français) réalisée par Eric Van den Abeele, pour l’Institut syndical européen,
propose un décryptage d’une brûlante actualité (v. À la Une) « de ce que cachent les
évolutions récentes de l’agenda Meilleure réglementation ». « Comment interpréter
l’obstination de la Commission à attaquer sans relâche sa propre législation? »,
s’interroge l’auteur. Voir aussi le Policy
Brief (en anglais) d’Isabelle Schömann sur le sujet.
- Mobilité des travailleurs croates:
la Commission européenne a publié un rapport
sur le bilan de la mobilité des travailleurs croates au sein de l’UE depuis
l’entrée de la Croatie dans l’UE en 2013 (v. communiqué).
|
|
|