IR Notes

Travailler ensemble pour construire une Europe sociale

Une source d'information indépendante, fiable et impartiale sur les relations professionnelles et le droit du travail en Europe.

IR Notes 36 – Le remboursement de la dette passe aussi par une réforme de la négociation collective

  IR Notes 36 – 15 juillet 2015
www.irshare.eu
 
 
  Qui est IR Share ?

IR Share est une agence de partage d’informations, de documentations et de compétences pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.


L’équipe : ce numéro a été préparé par Sylvain Nadalet et Frédéric Turlan. Retrouver l’ensemble de l’équipe de IR Share sur le site.


S’abonner à IR Notes En quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu

 
  À nos lecteurs
IR Notes prend sa pause d’été !

Toute l’équipe reviendra avec IR Notes n°37 le 9 septembre. Nous vous souhaitons une belle période de vacances et de repos. Rappelons que le droit au congé annuel payé est « considéré comme un principe du droit social communautaire revêtant une importance particulière » par la Cour de justice de l’Union européenne. Cependant, même en période de suspension de parution, nous restons à votre disposition (contact@irshare.eu – + 33 (0) 6 81 41 53 95).


Bonnes vacances !

 
  Interview
Alain Supiot, professeur au collège de France

Que vous inspire la recommandation du rapport des cinq présidents (v. IR Notes n°35) de mettre en place dans les Etats membres une autorité nationale qui pourra préconiser le niveau possible des hausses salariales ?
C’est une illustration de plus de la gouvernance par les nombres telle qu’elle s’étend en Europe. Cette gouvernance, qui se situe dans le double héritage du libéralisme et de la planification soviétique, met en œuvre ce que la Constitution chinoise appelle une « dictature démocratique » (*). Elle ne peut s’accommoder d’une vraie liberté syndicale, dont l’objet premier est historiquement la libre négociation des salaires. D’où l’asservissement au calcul économique de toutes les libertés collectives. Le quarteron présidentiel ne fait ici que suivre la voie tracée par la Cour de justice de l’Union depuis son élargissement aux ex-pays communistes et ses arrêts Laval et Viking.


Au nom de l’amélioration de la compétitivité, une recommandation salariale n’est-elle pas souhaitable ?
Vous remarquerez qu’aucune initiative du même genre n’est envisagée pour réduire les inégalités et modérer les dividendes ou les rachats d’action par les sociétés, dont  même le FMI reconnaît que l’accroissement vertigineux plombe l’investissement. Non, car le fantasme ici à l’œuvre est d’exclure à jamais de la sphère politique la question de la justice sociale, i.e. de la juste distribution des tâches et des richesses. Ceci grâce à des mécanismes de pilotage automatique qui indexeraient une fois pour toutes le sort des travailleurs sur un calcul de compétitivité à l’échelle mondiale.  Tous les régimes autoritaires ou totalitaires qui ont ainsi cherché à imposer d’en haut une définition « scientifique » de la justice sociale ont fini par s’effondrer. Mieux vaudrait s’en souvenir.


Le rapport des cinq présidents, concernant le volet social de l’Union économique et monétaire, préconise la création d’un « socle de protection sociale pour les plus vulnérables ». Qu’en pensez-vous ?
Ce « socle » n’est rien d’autre que ce qu’on nommait jadis la charité publique. L’État social — grande invention juridique des démocraties au XXe. — avait permis de sortir de cette vision d’un monde divisé entre ceux qui sont capables de s’affirmer en maîtres dans une compétition généralisée et les « inutiles au monde », qu’il est charitable de ne pas laisser mourir de faim. Les systèmes de solidarité dont l’État est garant, lient le sort des riches et des pauvres en conférant à chacun, face à certains risques de la vie, le droit de recevoir selon ses besoins et le devoir de contribuer selon ses capacités (**). La doctrine ultralibérale, telle qu’elle s’est exprimée par exemple en 1994 dans les préconisations de la Banque mondiale en matière de retraites et telle qu’elle est relayée par l’oligarchie européenne,  entend mettre fin à ces mécanismes de solidarité afin de drainer les cotisations obligatoires vers le marché de l’assurance et laisser aux États la charge de financer un « socle » pour ceux qui n’ont pas les moyens d’accéder à ce marché. Si elle était encore « sociale », l’Europe s’emploierait – comme le font les continents émergents – à repenser à son échelle le principe de solidarité, non à le détruire.


(*) “La gouvernance par les nombres”, Alain Supiot, Fayard, 2015, 520 p. 22 euros


(**) “La solidarité. Enquête sur un principe juridique”, Alain Supiot (dir.), Odile Jacob, 2015, 355 p.

 
  Agenda

16 juillet
Luxembourg
Réunion informelle des ministres de l’Emploi, des Affaires sociales et de l’Égalité des chances.


10 au 11 septembre
Göteborg
Conférence annuelle IREC sur les relations sociales en Europe sous le thème “Converging or diverging industrial relations in Europe?“.


10 au 11 septembre
Porto
Troisième conférence internationale sur les conditions de travail, organisée par le Working Conditions Research Network (RICOT).


15 septembre
Paris
Matinée du Club CE européen animée par Astrees et IR Share, en partenariat avec la EWC Academy, sur le dialogue entre délégations allemande et française au sein des CE européens, avec des membres allemands de CE européens et les témoignages de Stéphane Galiné (Sanofi), Catherine Bordelon (SAP) et Gérald Reinosa (Metro). Suivie d’une après-midi de formation sur les différences en matière de relations sociales entre les deux pays autour de cas pratiques.
Renseignements: Frédéric Turlan (frederic.t@irshare.eu – +33 6 81 41 53 95) ou Christophe Teissier (c.teissier@astrees.org)


29 septembre au 2 octobre
Paris
Congrès de la Confédération européenne des syndicats.


1er et 2 octobre
Bruxelles
Séminaire européen organisé par Astrees, IR Share et SBI-FNV Formaat, avec le soutien de la Commission européenne, sur la gestion de la confidentialité des informations délivrées aux comités d’entreprise européens. Ce séminaire est réservé aux managers en charge de CE européens. Une procédure d’enregistrement en ligne est disponible. Les frais de participation s’élèvent à 250 euros.
Renseignements: Frédéric Turlan (frederic.t@irshare.eu – +33 6 81 41 53 95) ou Christophe Teissier (c.teissier@astrees.org)


5 octobre
Bruxelles
Conseil Emploi, politique sociale, santé et consommateurs.

 

IR Notes est une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et réalisée par
IR Share et son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le site
IR Share. IR Share est une entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.

 

À la Une
Le remboursement de la dette passe aussi par une réforme de la négociation collective

Le « non » au référendum grec n’aura eu qu’un impact à la marge lorsque l’on compare le dernier état des propositions des institutions représentants les créanciers (Commission européenne, BCE, FMI) dans sa version du 26 juin et le document remis par le gouvernement grec aux créanciers, le 9 juillet. Concernant la réforme du marché du travail, le point 8 des deux documents, il faut noter une certaine inflexion, au moins sémantique. Ainsi, les créanciers demandaient au gouvernement grec de ne pas entreprendre de réforme de la négociation collective avant de réaliser un état des lieux de la législation sur les licenciements collectifs, le droit de grève et la négociation collective. Aucune réforme ne devait être entreprise « avant la fin 2015 » et « aucune proposition de changement du cadre législatif » ne pouvait être adoptée sans « l’approbation » des trois institutions. Ces derniers dépassaient largement les compétences dévolues par le traité à l’Union européenne. Si le FMI peut ne pas se sentir concerné par les traités de l’UE, en revanche il est anormal que la Commission européenne et la BCE donnent des injonctions en matière de droit de grève ou de droit de la négociation collective voire dictent les grandes lignes d’une réforme des retraites alors qu’aucun de ces thèmes n’entrent dans les compétences de l’UE. La version du 9 juin efface cependant une partie de cette critique. L’étude annoncée ne porte plus que sur la réforme du marché du travail sans citer le droit de grève ou la négociation collective. Le gouvernement n’est plus interdit de présenter une réforme sans l’accord des créanciers, mais il s’engage à présenter « au cours du dernier trimestre 2015 » une réforme de la négociation collective. Pour autant, sur le fond, il s’agit bien d’engager une réforme sur un thème hors champ du traité, qui plus est avec une participation forcément limitée des partenaires sociaux, compte tenu du délai laissé pour préparer cette législation. Enfin on peut s’interroger sur le sens économique de cette demande, aucune étude n’ayant démontré un lien sérieux entre une amélioration de la croissance et une réduction de la dette publique avec une quelconque forme de système de négociation collective.


1. Union européenne
Actualité sociale

  • Gouvernance des entreprises : le Parlement européen a adopté une résolution, le 8 juillet, sur une proposition de directive relative à l’engagement à long terme des actionnaires et à la gouvernance d’entreprise (v. communiqué du Parlement). Des négociations vont débuter avec le Conseil pour adopter le texte en première lecture.

  • Traité transatlantique: dans une résolution adoptée le 8 juillet, relative aux négociations du partenariat transatlantique de commerce et d’investissement, le Parlement européen a demandé que le chapitre sur le développement durable « soit contraignant et exécutoire et ait pour objectif la (ratification), la mise en œuvre et l’application intégrales et effectives des huit conventions fondamentales de l’OIT (…) dont celles sur la liberté syndicale et le droit à la négociation collective. Les députés européens demandent aussi que « le personnel des entreprises transatlantiques, enregistrées conformément au droit des États membres de l’Union, ait accès aux informations et aux consultations prévues par la directive relative au CE européen ».

  • Politique de l’emploi : le Parlement européen a adopté, le 8 juillet, une résolution relative aux lignes directrices pour les politiques de l’emploi des États membres. Les députés recommandent notamment aux États de mettre en place pour lutter contre la pauvreté, « un salaire minimum proportionnel à la situation socio-économique du pays ».

  • Emploi « vert » : dans une résolution relative à la communication de la Commission européenne sur l’initiative pour l’emploi vert, adoptée le 8 juillet, les députés européens appellent à un « renforcement des droits des travailleurs à l’information, à la consultation et à la participation en ce qui concerne les questions de développement durable ainsi que la représentation efficace des salariés ». Ils recommandent la « mobilisation de représentants syndicaux “verts” pour renforcer la conversion écologique de l’économie et la durabilité sur les lieux de travail ».

  • Congé maternité : la Commission européenne a retiré la proposition de révision de la directive congé maternité (v. communiqué de la Commission). Elle annonce « une nouvelle initiative » qu’elle dévoilera dans une « feuille de route » avant de lancer « une consultation publique ». La Confédération européenne des syndicats a dénoncé ce retrait dans un communiqué tout comme la fédération syndicale IndustriAll Europe (v. communiqué).


Jurisprudence

Effectifs à prendre en compte en cas de licenciements collectifs : une société allemande décide de fermer un établissement et de licencier les salariés. L’établissement compte un effectif de 18 salariés, inférieur au seuil de 20 salariés rendant obligatoire la notification des licenciements à l’administration allemande. Selon la législation allemande n’entraient pas dans le décompte des effectifs : un gérant de la société et une stagiaire. La Cour de justice note que le gérant « exerce son activité sous la direction et sous le contrôle d’un autre organe de cette société, perçoit en contrepartie de son activité une rémunération et ne possède lui-même aucune part dans ladite société ». Quant à la stagiaire, elle suivait au sein de l’établissement une formation de reconversion aux fonctions d’assistante bureautique financée par le service public de l’emploi. Ce dernier lui versait une aide financière en contrepartie de son activité.  La Cour de justice a estimé que la législation nationale qui les excluait du décompte des effectifs n’était pas conforme à la directive 98/59 du 20 juillet 1998 relative aux licenciements collectifs (CJUE 9 juillet 2015, aff. C-229/14, Ender Balkaya).



  • Égalité de traitement et contrat à durée déterminée: la Cour de justice a été saisie d’un litige entre une travailleuse espagnole et son employeur, le Conseil d’État espagnol, au sujet du refus opposé par ce dernier de lui accorder des primes triennales d’ancienneté, en raison de sa qualité de personnel «eventual» («personnel auxiliaire»), un statut assimilé à un contrat à durée déterminée. Si elle a tenu « une fonction identique ou analogue à celle exercée par un fonctionnaire statutaire », seule une « raison objective » pourrait « justifier une différence de traitement entre ces deux travailleurs ». Or « la nature non permanente du personnel auxiliaire ne pourrait en aucun cas être considérée comme une telle raison », souligne la Cour de justice (CJUE 9 juillet 2015, aff. C-177/14, Regojo Dans).

    > À voir aussi : un arrêt de la Cour de justice (CJUE 9 juillet 2015, aff. C-87/14) qui estime que la Commission européenne n’a pas réussi à prouver un manquement de l’Irlande dans la mise en œuvre de la directive sur le temps de travail pour les médecins hospitaliers non consultants (v. communiqué de presse).


2. États membres
Allemagne

Italie

  • Mise en œuvre du « Jobs Act » : le gouvernement a publié deux décrets qui constituent la seconde phase de la mise en œuvre du « Jobs Act » adopté en décembre 2014. Le premier décret étend les dispositifs sur la paternité aux pères non salariés, aménage le congé de maternité en cas de circonstances particulières (hospitalisation du nouveau-né, prématuré) et accroît les possibilités de recours au congé parental. Le second décret regroupe dans un seul texte le régime de tous les contrats alternatifs au contrat à durée indéterminée, qui est présenté comme la forme normale d’emploi. Par ailleurs, ce décret autorise en cas de modification de l’organisation de l’entreprise, la mutation du salarié à un poste correspondant à une classification inférieure.


Luxembourg

  • Dialogue social dans les entreprises : la Chambre des députés a adopté, le 2 juillet, la loi portant réforme du dialogue social à l’intérieur des entreprises. La délégation du personnel devient l’unique organe représentant les intérêts des salariés et se voit attribuer les compétences du comité mixte, notamment en matière de codécision, dès lors que le seuil des 150 salariés est franchi. La loi a été plutôt mal accueillie par les employeurs et par la seconde organisation syndicale du pays, la LCGB (v. communiqué). En revanche la principale confédération, l’OGBL, est plutôt satisfaite (v. communiqué).

    > À voir aussi : le bilan positif dressé par le ministère du Travail en Allemagne six mois après l’entrée en vigueur du salaire minimum ; une nouvelle législation aux Pays-Bas (Work and Security Act, v. commentaire de Lexicology) sur les licenciements pour motif économique ou incapacité.


3. Entreprises
Négociations transnationales

Suez Environnement : la direction de Suez Environnement , les représentants syndicaux de 11 États membres ainsi que de deux fédérations syndicales européennes ont finalisé le processus de signature d’un accord de groupe relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. L’accord prévoit que « les sociétés du groupe de plus de 150 salariés s’engagent à élaborer un bilan des actions réalisées en matière d’égalité professionnelle et  à définir un nouveau plan d’actions ». Les sociétés qui n’ont pas encore un tel plan « doivent mettre en œuvre les dispositions du présent accord dans les quinze mois après sa signature » (Lien vers l’accord dans différentes langues).


Comités d’entreprise européens

  • Air France KLM : le comité de groupe européen Air France KLM a rendu un avis défavorable sur un projet de réorganisation des centres d’appels qui affecterait, selon le comité, 80 salariés en Europe. Le comité a désigné un expert.

  • ArcelorMittal : au terme des négociations (v. IR Notes 28), le nombre de représentants au CE européen est réduit  de 54 à 42. Le comité restreint passe de 25 à 21 membres dont 17 membres permanents et 4 membres  « en rotation » permettant à tous les syndicats représentatifs du groupe d’avoir au moins un représentant au comité restreint sur une partie du mandat.


4. Études et rapports

Articulation des processus d’information et de consultation : la Fondation pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) a publié une étude (Linking information and consultation procedures at local and European level) consacrée à l’articulation des processus d’information et de consultation menés au niveau du CE européens et à l’échelon des instances représentatives du personnel nationales. Réalisée par Peter Kerckhofs et Filip Dorssemont, l’étude précise le droit applicable et la jurisprudence en Allemagne, Belgique, France, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni. « Il apparaît, souligne Peter Kerkhofs, qu’une entreprise qui décide une restructuration transnationale aura du mal à respecter les impératifs de la législation européenne et celles des normes nationales en matière d’information et consultation, si son accord de CE européen ne prévoit pas une articulation précise des différents processus d’information et de consultation ». Le rapport se termine par des recommandations qui se veulent pragmatiques et inspirées par des jurisprudences. En juin dernier, Eurofound a aussi publié un rapport  (European Works Council developments before, during and after the crisis) fondé sur 10 études de cas de CE européens.

 

IR Notes

Introduction

IR Notes est une note de synthèse indépendante, fiable et équilibrée sur les relations professionnelles et le droit du travail en Europe.

Publiée en 6 langues et vendue sur abonnement, cette newsletter vous donne accès à des informations concises, ciblées et pratiques sur les enjeux majeurs de l'Europe sociale et du dialogue social transnational.

Avec l'appui de nos experts et de nos correspondants nationaux, nous adoptons une approche dynamique, pratique et utile de la veille sociale européenne.

Ainsi, nous sélectionnons les sujets les plus pertinents, qui constituent une véritable source d'idées transversales et inspirantes.

Chaque numéro comprend:

  • Une interview d'un professionnel des relations sociales qui offre sa perspective unique sur un enjeu social d'actualité, un accord ou un exemple de bonnes pratiques.
  • Le point sur les évolutions législatives et jurisprudentielles de l'UE.
  • Le suivi de l'actualité du droit du travail dans les États membres de l'UE.
  • Des mises à jour sur les dernières évolutions concernant les comités d'entreprise européens (CEE) et les comités d'entreprise SE.
  • Enfin, IR Notes vous tient informé des principales études et recherches menées sur le monde du travail.

IR Notes
Construire ensemble une Europe sociale

La newsletter IR Notes offre à tous en Europe l'accès à une source d'information indépendante, fiable et impartiale sur les sujets liés aux relations sociales.

Three questions for Delphine Rudelli

Three questions for Delphine Rudelli

Three questions for Delphine Rudelli, Director General of CEEMET (*) On the delays in transposing the ‘pay transparency’ directive “We are calling for the application of the directive to be suspended while we assess what can be simplified – not to reduce rights, but...

read more...
European Union – Social update

European Union – Social update

European Works Councils The Expert Group set up by the European Commission to help Member States transpose the new Directive (EU) 2025/2450 on European Works Councils is due to submit its report this summer. This report may constitute a useful point of reference when...

read more...
A step in coordination of national social security systems

A step in coordination of national social security systems

At last, a step forward for freedom of movement for workers in the EU On 22 April, representatives of the Council and Parliament reached a provisional agreement on revising the rules on coordination of national social security systems, as provided for by regulation...

read more...
Picture of Nora Krokovay

A question for… Nora Krokovay

A question for…Nora Krokovay, Senior Analyst at Kopint-Tárki What changes can we expect in terms of social dialogue and labour law in Hungary following the elections that brought an end to Viktor Orbán’s 16-year leadership? The atmosphere was very euphoric and joyful...

read more...
Improvements in job quality

Improvements in job quality

Eurofound notes improvements in job quality in Europe Now that the European Commission has announced its intention to present a bill on job quality by the year end, the results of the latest European Working Conditions Survey (EWCS) will be scrutinised very...

read more...
Is pay transparency the new enemy to be targeted?

Is pay transparency the new enemy to be targeted?

After seeing off the corporate sustainability reporting and due diligence directives, Member States appear ready to tackle the pay transparency directive, which is due to be transposed in Member States by 7 June 2026.Not only are many countries behind schedule, but a...

read more...
A question to… Lidia Gil Otero

A question to… Lidia Gil Otero

A question for…Lidia Gil Otero, PhD Assistant Professor in Labour and Social Security Law at Santiago de Compostela University In the context of the Digilare project (*), you advocate using the transposition of the Platform Work Directive, which is due to be completed...

read more...