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IR Notes 46 – 27 janvier 2016
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Alain Lefebvre, Christer Thörnquist et Frédéric
Turlan. Retrouver l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
S’abonner à IR
Notes En quelques clics sur le site
IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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Interview
Jean Arthuis, Président de la commission des budgets du Parlement
européen
Quelle est le sens de l’initiative
que vous avez soutenu en faveur de l’apprentissage en
Europe ? Nous estimons que l’ampleur du
chômage des jeunes est une offense à la crédibilité de l’Union, dès
lors où une jeune sur quatre est au chômage, voire un sur deux dans
certains pays. Or, dans ceux connaissant un système d’apprentissage,
le chômage des jeunes est bas, comme en Allemagne ou en Autriche.
Nous souhaitons développer l’apprentissage en offrant aux apprentis
le même droit à la mobilité que les étudiants Erasmus. C’est
l’objectif du projet pilote visant à promouvoir la mobilité des
apprentis sur le territoire européen dont les crédits ont été
approuvés par le Parlement européen, lors du vote du budget
2016.
En
quoi consiste ce projet pilote ? Dès
septembre 2016, les apprentis pourront compléter leur formation
professionnelle en accomplissant un long séjour hors de leur pays
d’origine. La Commission européenne va lancer un appel à
propositions répondant à quatre conditions : les dossiers devront
être présentés par au moins deux centres de formation d’apprentis
situés dans des pays différents. Les projets présentés devront
prévoir des cours d’initiation et de perfectionnement à la langue du
pays d’accueil ; organiser un programme de formation valorisant le
potentiel professionnel des jeunes accueillis et disposer d’un
réseau d’entreprises prêtes à accueillir les apprentis. Le budget
dédié à ces projets est de 2350000 euros pour une année et doit
permettre de compenser le surcroit de charges supportées par les
établissements de formation prenant part à l’expérimentation, pour
l’envoi d’un jeune dans un autre pays pendant un trimestre.
Au-delà de cette expérience, vous
souhaitez aussi lever les obstacles au développement de
l’apprentissage En effet, nous allons
comparer les réglementations nationales qui encadrent
l’apprentissage et tout mettre en œuvre pour obtenir dans les
meilleurs délais la convergence nécessaire sans laquelle la mobilité
resterait entravée. Nous souhaitons identifier les freins et les
obstacles à la mobilité liés à l’existence de 28 statuts de
l’apprenti au sein de l’UE. Il s’agit ensuite d’interpeller les
Etats membres et les partenaires sociaux.
> À lire aussi une tribune publiée par l’Institut Jacques
Delors: Erasmus
Pro ; pour un million de jeunes apprentis européens en 2020.
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR
Share et son réseau d’experts. Elle propose une veille
européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique de
l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par
mois sur le site. IR
Share. IR Share est une entreprise à capitaux privés,
indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider l’ensemble
des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le correspondant
de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg, depuis 2009, et pour
la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
L’employeur
peut surveiller les messages électroniques de ses salariés
La Cour européenne des droits de l’Homme a rendu une décision, importante en
pratique, concernant le droit des employeurs de surveiller les conversations sur
messagerie électronique de leurs salariés. L’affaire concerne un ingénieur roumain
qui a utilisé un compte Yahoo Messenger, installé sur son poste de travail à la
demande de son entreprise pour faciliter le travail avec un client. Il lui est
reproché d’avoir utilisé cette messagerie également à des fins personnelles pour des
communications d’ordre privée avec des personnes de son entourage (v. pour le communiqué
de presse pour plus de détail). Le salarié, dont les correspondances ont été
surveillées et transcrites par l’employeur estimait que ce dernier avait violé
l’article 8 de la Convention européenne de droit de l’Homme sur le droit au respect
de la vie privée et familiale, du domicile et de la correspondance. La Cour ne
trouve pas abusif qu’un employeur souhaite vérifier que ses employés accomplissent
leurs tâches professionnelles pendant les heures de travail, et relève que
l’employeur a accédé au compte du salarié en pensant qu’il contenait des
communications de celui-ci avec ses clients. Cependant, un juge a fait part d’une
opinion divergente qui conteste la décision de la Cour. Il a noté l’absence d’une
réelle politique interne au sein de l’entreprise concernant la possibilité de
surveiller les conversations et l’utilisation des outils informatiques mis à
disposition par l’employeur. À notre sens, la position adoptée par la Cour ne
devrait pas exonérer les employeurs de clairement définir des droits et devoirs des
salariés concernant le recours à des fins privées des outils de communication de
l’entreprise (CEDH, 12 janvier 2016,
requête n° 61496/08, Bărbulescu c. Roumanie – la décision n’est disponible
qu’en anglais).
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
- Pilier européen des droits sociaux
: le président de la Commission européenne, Jean-Claude
Juncker, a nommé Allan Larsson conseiller spécial pour élaborer le « pilier
européen des droits sociaux », promis par Jean-Claude Juncker (v. communiqué).
Ce « pilier » doit selon Jean-Claude Juncker, « compléter ce que nous avons déjà
réalisé ensemble en matière de protection des travailleurs dans l’Union
européenne. Je pense que nous faisons bien de commencer cette initiative au sein
de la zone euro ». Il devrait être un « document de référence indépendant à
caractère juridique » qui définit « les principes et les valeurs partagés au
niveau de l’UE » et servira « de cadre pour l’examen des performances dans le
domaine social et de l’emploi » des États concernés.
- Assurance chômage européenne :
la commission emploi et affaires sociales du Parlement
européen a auditionné,
le 26 janvier, le ministre de l’Économie italien, Pier Carlo Padoan, qui avait
suggéré dans un article,
en octobre dernier, la mise en place d’un système d’assurance chômage européen.
Le Parlement avait publié un rapport
(en anglais) en 2014 soulignant l’intérêt de mettre en place une telle
protection sociale au niveau européen.
- Dumping social : le député
européen Guillaume Balas (S&D) a présenté, le 25 janvier, un rapport
sur le dumping social devant la commission emploi et affaires sociales
du Parlement européen. Le rapport demande notamment la « création d’un corps
européen d’inspecteurs du travail transfrontalier » et estime « que les pilotes
de ligne et les conducteurs de locomotives ne sauraient être considérés comme
indépendants des entreprises pour lesquelles ils exercent leurs activités ». Le
texte demande aux États membres d’éliminer « les contrats précaires dits
“contrats zéro heure” ou contrats “pay to fly” ».
- Principe travail égal-salaire égal en
matière de détachement : les ministres du Travail
allemande, Andrea Nahles et française, Myriam El Khomri ont défendu dans un
entretien au quotidien français Les
Echos, le principe « à travail égal, salaire égal dans un même lieu
», « car il est nécessaire de limiter encore plus les distorsions de
concurrence entre les salariés français et les détachés ».
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2. États
membres
Chypre
- Retraite : la Cour de
justice de l’Union européenne a condamné Chypre (CJUE,
21 janvier 2016, aff. C-515/14) pour sa législation sur les droits à la
retraite, qui désavantage les travailleurs migrants par rapport à ceux qui ne
se déplacent pas de Chypre (v. communiqué
de presse).
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Finlande
- Heures d’ouverture des commerces :
afin de relancer l’économie, le gouvernement a totalement
libéralisé les heures d’ouverture des commerces et des salons de coiffure en
abrogeant les lois restrictives précédentes. Par conséquent, les employeurs ont
étendu les horaires d’ouverture de certains magasins, en particulier les grandes
surfaces, et réviser les horaires de travail. Le principal syndicat du secteur
s’opposait à cette mesure, craignant une multiplication des emplois précaires,
des problèmes de sécurité, de garde d’enfants et de transport pour les salariés
travaillant en soirée et de nuit.
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France
Plan pour l’emploi : le
président de la République a présenté, le 18 janvier, un plan
en faveur de l’emploi pour faire face à « un état d’urgence économique et
social ». Ce plan, doté de 2 milliards d’euros, prévoit que toute entreprise de
moins de 250 salariés percevra une aide de 2 000 € par an, pendant deux ans, pour
tout salarié 1° recruté à temps plein pour une durée d’au moins six mois et 2°
rémunéré entre une fois et 1,3 fois le salaire minimum (entre 1 466,62 € et 1906,60
€). Par ailleurs, en cas de litige, les indemnités pour licenciement sans cause
réelle et sérieuse seront plafonnées en fonction de l’ancienneté du salarié, sauf
atteinte grave au droit du travail comme le harcèlement ou une discrimination. Cette
mesure répond à une demande récurrente des employeurs. Enfin, l’État dégagera 1
milliard d’euros pour doubler le nombre de formations pour les chômeurs qui
passeront de 500 000 formations en 2015 à un million en 2016.
- Renforcement du contrôle des détachements
de salariés : un décret
du 19 janvier renforce les obligations des maîtres d’ouvrage et des donneurs
d’ordre faisant appel aux services de prestataires établis hors de France si ces
derniers ne respectent pas l’obligation de déclaration préalable au détachement.
Il renforce la responsabilité des maîtres d’ouvrage et des donneurs d’ordre en
matière de paiement des salariés détachés.
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Suède
- Scandale syndical : Le
président du Syndicat des travailleurs municipaux suédois (Kommunal), Annelie
Nordström, et le trésorier du syndicat, Anders Bergström, ont annoncé leur
démission en raison de leur mauvaise gestion des biens syndicaux, dévoilée par
le plus grand journal suédois, Aftonbladet. Suite aux révélations, dont
le fait que le syndicat composé à 80% de femmes détenait parmi ses activités
déficitaires une boîte de nuit proposant des spectacles sexuels, plus de 9,600
adhérents ont quitté le syndicat, fragilisant sa position à l’aube d’importante
négociation salariale au niveau national.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Inovyn : les groupes chimiques
Solvay et Ineos ont créé une coentreprise, en 2015, dénommée Inovyn regroupant leurs activités dans les
chlorovinyles. La coentreprise a son siège à Londres et réalise un chiffre
d’affaires de plus de trois milliards d’euros avec 18 usines réparties entre sept
pays (Allemagne, Belgique, France, Italie, Norvège, Suède, Royaume-Uni). Inovyn
compte 4300 salariés. Dès le processus de création de la société, les CE européens
des deux groupes avaient déjà négocié la mise en place d’une instance
temporaire d’information et de consultation au niveau européen. L’instance,
composé de 4 membres de chacun des deux CE européens devait rester en place jusqu’à
la fin de la négociation d’un accord de création d’un CE européen pour Inovyn. Cette
négociation est terminée et le texte,
signé par l’ensemble des membres du groupe spécial de négociation, attend la
signature de la direction. La définition des questions transnationales inclut les
questions qui, peu importe le nombre d’État membre impliqué, ont une importance pour
les salariés européens en raison de l’importance de leur impact potentiel ou de
transfert d’entreprise entre les États membres. Le comité désigne un bureau de
quatre membres qui se réunit une fois par trimestre. Ce dernier joue le rôle de
filtre avec la direction pour examiner quelle procédure d’information et
consultation mettre en place en fonction des projets présentés par la direction. En
cas de consultation, le bureau et la direction discutent dans un premier temps sur
le calendrier de consultation à mettre en place, tout en limitant la période de
consultation à 28 jours, à partir du moment où la direction a fourni toutes les
informations requises. Mais les deux parties peuvent décider de raccourcir ce délai.
- Generali : le comité
d’entreprise européen du groupe d’assurance italien Generali travaille
actuellement à l’élaboration de principes visant à encadrer le recours au
télétravail.
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Société
européenne
Alfmeier : la société allemande
Alfmeier Präzision (2200 salariés), spécialisée dans la fabrication de composants de
précision pour l’industrie automobile ou médicale, a signé un accord,
le 15 décembre 2015, sur l’implication des salariés à l’occasion de son changement
de statut, pour devenir une société européenne. L’accord ne prévoit de participation
des salariés à l’organe de direction de la société – cette forme de participation
n’existant pas avant la transformation en SE – mais il met en place un comité de la
société européenne composé de 11 membres (7 pour l’Allemagne qui représente 69% des
effectifs) et 4 pour la République thèque (31% des effectifs). L’accord prévoit
notamment que le comité siégera trois fois par an et que la mise en œuvre des
mesures envisagées ne peut se faire qu’après la fin de la procédure de consultation
du comité de la SE. Le bureau du comité de la SE est aussi entendu par la direction
sur les prévisions d’emplois et d’investissements.
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Syndicalisme
- Saint-Gobain : le comité
de pilotage du réseau syndical mondial Saint-Gobain (180000 salariés) s’est
réuni pour la première fois, le 12 janvier, à l’initiative d’IndustriALL Global
Union et du syndicat français FCE-CFDT. L’objectif est de « suivre l’évolution
du groupe et aussi assurer une coordination syndicale mondiale » (v. communiqué
de la FCE-CFDT). Deux réunions sont encore programmées en 2016.
- Michelin : la fédération
syndicale européenne IndustriAll a organisé, le 12 janvier, une réunion avec des
représentants de ses affiliés au sein du groupe français Michelin. Ce groupe a
annoncé début novembre un plan de restructuration affectant trois pays
(Allemagne, Italie et Royaume-Uni) avec 1600 suppressions de postes envisagés.
Les syndicalistes ont fait part de leurs exigences en termes de traitement des
conséquences sociales tout en interpellant la Commission européenne au sujet de
la « concurrence agressive – voire inéquitable » des produits chinois (v. communiqué).
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Négociation
transnationale
- Engie : la négociation
d’un accord-cadre européen prévoyant des principes à respecter en cas de
réorganisation est terminée. Le texte sera adressé aux syndicats nationaux
affiliés aux fédérations syndicales européennes IndustriAll, EPSU et EFBWW pour
approbation. Le texte pourrait être officiellement signé en mars.
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4. Études et
rapports
- Réformes du marché du travail en Italie et
en Espagne : l’Institut syndical européen a publié un
working paper proposant une évaluation de la réforme du marché du
travail adoptée en 2012 (réforme « Fornero »), avant celle engagée par l’actuel
gouvernement de Matto Renzi (« Job Act »). L’auteur indique que la mesure phare
visant à réduire la protection contre le licenciement n’a pas eu d’impact
significatif sur le fonctionnement du marché du travail ni sur niveau d’emploi
qui a poursuivit sa diminution ni sur le nombre de chômeur qui a progressé. Même
scepticisme dans un working
paper analysant l’impact des réformes du marché du travail en Espagne.
Ces publications entendent souligner l’absence d’impact de la remise en cause de
certains droits sociaux – vécus comme des freins à l’embauche – en termes de
lutte contre le chômage.
- Plus de chômage, plus de
précarité : l’Organisation internationale du travail a
publié son rapport annuel Emploi
et questions sociales dans le monde – Tendances 2016 (en
anglais) ainsi qu’une synthèse.
Le document prévoit 2,3 millions de chômeurs de plus dans le monde en 2016 et
1,1 million supplémentaire en 2017. Le rapport insiste aussi sur la persistance
de l’emploi vulnérable qui représente encore plus de 46% de l’emploi total à
l’échelle mondiale, affectant près d’1,5 milliard de personnes.
- Digitalisation et destruction
d’emploi : le World economic forum, qui organise le
forum de Davos, a publié une étude – The future of
jobs (en anglais) – estimant à 5,1 millions le nombre d’emplois qui
seront détruits au cours des 5 prochaines années en raison de la digitalisation
de l’économie (7,1 millions d’emplois détruits et 2 millions de créations de
postes). L’étude analyse l’impact de la digitalisation sur les différentes
familles de métiers et la gestion des compétences.
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