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IR Notes 49 – 9 mars 2016
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe :
ce numéro a été préparé par Alain Lefebvre et Frédéric Turlan.
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de IR Share sur le site.
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Notes En quelques clics sur le site
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Frédéric Turlan frederic.t@ishare.eu +33
6 81 41 53 95
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Agenda
10
mars Paris Conférence
organisée au Collège de France par l’Association française de droit du
travail, intitulée « Réformer le droit du travail ? Une approche
franco-britannique », avec Mark Freedland, professeur à l’université
d’Oxford, avec une introduction d’Alain Supiot, titulaire de la chaire
« état social et mondialisation : analyse juridique des solidarités ».
11 mars Paris
Séminaire sur les politiques de l’emploi intitulé « les
conditions du licenciement sont-elles un obstacle à une bonne
conciliation de la nécessaire protection du salarié avec les besoins
de l’efficacité économique ? », organisé par les ministères de
l’Économie, des Finances et du Travail.
17 mars Bruxelles
Forum mensuel de l’Institut syndical européen sur « La
réalité sociale de l’Europe après la crise », avec Lord (Roger)
Liddle, président du Policy Network, membre de la Chambre des Lords et
membre du Conseil scientifique de la FEPS, Montserrat Mir, secrétaire
confédérale, CES, et Ernst Stetter, secrétaire général, FEPS.
18 mars
Bruxelles Conférence organisée par la Commission
européenne sur les avantages
et les défis posés par la carte professionnelle européenne.
24 mars
Paris Les débats d’Eurogip consacrés aux
«Pathologies psychiques & travail en Europe». Renseignements:
www.eurogip-debats.fr
31 mars
Lisbonne
Séminaire final du projet européen Managing transnational
employee representation, animé par le consortium Astrees-IR Share-FNV
Formaat/SBI avec une présentation de recommandations sur la gestion des
questions transnationales, de l’articulation entre les processus
d’information et de consultation nationaux et européens, ainsi que de la
confidentialité des informations.
8 avril Paris
L’Université Panthéon Assas Paris II organise, un colloque sur «
l’articulation des normes en droit du travail » qui permettra d’éclairer
les réformes en cours en France. Renseignements et inscriptions : tél.
00 33 (0)1 53 63 53 31 ; lebret@u-paris2.fr
28 avril
Bruxelles
Conférence organisée par la Commission européenne consacrée au
processus d’évaluation mutuelle des professions réglementées,
ainsi que des plans d’action nationaux mis en place pour identifier les
réglementations obsolètes ou disproportionnées.
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR Share
et son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente
sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le
site. IR
Share. IR Share est une entreprise à capitaux
privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider
l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le
correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg, depuis
2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
La
Commission européenne dévoile deux initiatives en matière d’emploi
La Commission européenne a présenté, le 8 mars, une proposition
de directive relative à une révision ciblée de la directive 96/71 sur le
détachement des travailleurs et une communication
qui marque le lancement d’une consultation ouverte au public sur le « socle européen
des droits sociaux ». La révision de la directive porte sur trois points : 1° la
rémunération des travailleurs détachés sera celle applicable aux salariés du pays
d’accueil, ce qui va au-delà de l’application du seul salaire minimal. Par exemple
si les salariés engagés localement bénéficient obligatoirement d’une prime de repas,
celle-ci devra aussi être versée aux salariés détachés. Cela semble une avancée,
mais cet engagement ne fait que reprendre une jurisprudence de la Cour de justice.
Une autre mesure, qui reste encore assez floue, stipule que les Etats membres
pourront prévoir que les sous-traitants doivent accorder à leurs salariés la même
rémunération que le contractant principal. 2° Les intérimaires détachés dans un
autre pays devront être employés dans les mêmes conditions que les intérimaires du
pays d’accueil, c’est-à-dire qu’ils ne devront pas être discriminés par rapport aux
salariés des entreprises utilisatrices. Autrement dit, il s’agit de faire prévaloir
les règles de la directive sur l’intérim sur celles de la directive 96/71. 3° La
durée du détachement sera limitée, comme c’est déjà le cas en matière de
coordination des régimes de sécurité sociale, à 24 mois afin d’éviter les abus de
détachement. Une mesure symbolique mais inefficace en pratique : la durée moyenne
des détachements est de quatre mois et des pratiques frauduleuses permettront de se
jouer de cette limite. Cette proposition (v. communiqué
de la Commission et son communiqué
questions-réponses) reste très timorée par rapport aux problèmes soulevés
par les abus en matière de détachement. Il ne semble ni satisfaire la Confédération
européenne des syndicats (v. communiqué) ni certaines organisations employeurs comme
le démontre un communiqué
(en français) de la fédération belge des employeurs de la construction. Quant au
socle européen des droits sociaux, l’objectif semble être de réviser les principes
du modèle social européen et vérifier s’ils sont toujours pertinents au XXIe siècle
(v. communiqué
et communiqué
questions-réponses). La communication
précise deux autres objectifs de la consultation publique, ouverte jusqu’à la fin de
l’année : 1° réfléchir aux nouvelles tendances apparues dans les modèles
d’organisation du travail et dans les sociétés, sous l’effet de l’évolution
démographique et des nouvelles technologies. 2° Discuter de la portée de ce socle et
son contenu, ainsi que de son rôle dans le cadre de la dimension sociale de l’UEM.
Le « socle » serait d’abord adopté au sein de la zone euro et ouvert aux autres
pays. Là encore la CES est dubitative (v. communiqué). Entre une proposition qui
peine à s’affranchir de l’existant et le balbutiement de construction d’un socle de
droits sociaux, il n’est pas sûr que le triple A social de l’Union apparaisse encore
clairement aux yeux des citoyens.
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1. Union
européenne
Projet
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Actualité
sociale
Analyse des politiques économiques et sociales
des Etats membres : la Commission européenne a publié, le 26
février, son analyse annuelle des défis auxquels font face les pays de l’UE. Cette
analyse est effectuée pour chaque pays (voir la liste des « rapports
pays »). Elle vise « à suivre les réformes entreprises et à signaler à un
stade précoce les défis que les États doivent relever ». La Commission vérifie ainsi
qu’ils ont tenu compte de l’ « examen
annuel de la croissance 2016 » et de la « recommandation
pour la zone euro », qui ont fixé les priorités au niveau européen. La
prochaine étape sera l’adoption par les États de leurs programmes nationaux, en
avril, qui conduira ensuite la Commission, à la fin du printemps, à formuler des
recommandations par pays. De son côté, le Parlement a adopté, le 25 février, une résolution
qui juge positivement le fait que l’examen annuel de la croissance accorde davantage
d’attention à la justice sociale dans le cadre des nouveaux programmes nationaux, de
stabilité et de réforme, en ajoutant trois indicateurs relatif à l’emploi (taux
d’activité, chômage des jeunes et chômage de longue durée) dans la procédure
concernant les déséquilibres macroéconomiques.
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Jurisprudence
- Application de la directive insolvabilité
aux marins : la Cour de justice a rendu un arrêt qui
précise que les marins grecs résidant en Grèce et engagés par une société ayant
son siège statutaire dans un Etat tiers et son siège effectif en Grèce
bénéficient de la protection du droit de l’Union en cas d’insolvabilité de la
société (CJUE
25 février 2016, C-292/14, Elliniko Dimosio c/ Stroumpoulis e. a.) Dans
cette affaire, la Cour rend ainsi la directive applicable aux salariés
ressortissants de l’UE travaillant sur un navire battant pavillon de
complaisance (v. communiqué).
- Prestations sociales refusées à des
migrants de l’UE : après avoir affirmé 1° qu’un Etat
membre peut exclure de certaines prestations sociales, à caractère non
contributif, des citoyens de l’Union qui s’y rendent pour trouver du travail (CJUE
15 septembre 2015, aff. C-67/14, Alimanovic, voir communiqué) ;
2° que les citoyens de l’Union économiquement inactifs qui se rendent dans un
autre Etat membre dans le seul but de bénéficier de l’aide sociale peuvent être
exclus de certaines prestations sociales (CJUE
11 novembre 2014, aff. C-333/13, Dano, v. communiqué) ;
la Cour de justice a rendu un nouvel arrêt qui autorise un Etat membre à exclure
de certaines prestations sociales (telles que les prestations de subsistance
allemandes pour les demandeurs d’emplois et leurs enfants) les ressortissants
d’autres Etats membres pendant les trois premiers mois de leur séjour (CJUE
25 février 2016, aff. C-299/14, Vestische Arbeit Jobcenter Kreis
Recklinghausen c. Jovanna García-Nieto, v. communiqué).
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2. États
membres
Allemagne
- Le syndicat IG Metall revendique une
hausse générale des salaires de 5% : l’organe exécutif
du syndicat des métallurgistes a officiellement adopté, le 29 février, sa
revendication salariale dans le cadre de la négociation d’un nouvel accord
tarifaire. Il demande une revalorisation de 5% pour les 12 prochains mois (v. communiqué).
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Finlande
Signature d’un pacte de
compétitivité : les partenaires sociaux viennent de signer
un accord (pacte de compétitivité), obtenu après dix mois de négociations maintes
fois interrompues, sous la pression du Premier ministre. Pour restaurer la
compétitivité du pays, ce dernier menaçait de passer par voie législative pour
imposer des mesures drastiques, telles que la diminution des congés, la réduction
des salaires et l’augmentation des cotisations sociales salariales. L’accord obtenu
et approuvé
par le gouvernement propose d’améliorer la compétitivité des entreprises en
imposant un gel des salaires jusqu’en 2017, une augmentation du temps de travail
annuel de 24 heures, la diminution de 30 % de la prime de vacances dans le secteur
public (système de santé et collectivités locales inclus), une augmentation des
cotisations sociales des salariés de plus de 2% et une baisse équivalente des
cotisations employeurs. L’accord sauve le système de négociations collectives
finlandais (v. communiqué
du syndicat SAK, en anglais).
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France
- La réforme du Code du travail est
contestée : le gouvernement a décidé de reporter
l’adoption du projet de loi visant à réformer le droit du travail au 24 mars
pour laisser du temps de la discussion avec les partenaires sociaux. Les
syndicats sont divisés, certains, comme la CGT, demandent le retrait du texte,
jugé trop aligné sur les demandes des employeurs, et d’autres, comme la CFDT,
veulent peser pour amender le texte. Plusieurs organisations syndicales et
étudiantes ont appelé à une journée de mobilisation les 9 et 31 mars.
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Luxembourg
- Difficile négociation sur le temps de
travail : la réunion tripartite entre le gouvernement et
les partenaires sociaux s’est conclue, le 18 février, par un désaccord,
concernant une réforme du temps de travail. Les employeurs souhaitent davantage
de flexibilité en allongeant la période de référence permettant de moduler le
temps de travail d’un mois à quatre mois. Une demande inacceptable pour les
syndicats, qui revendiquent une réduction du temps de travail par l’instauration
d’une sixième semaine de congés payés. Le gouvernement doit soumettre un projet
à la consultation des partenaires sociaux le 21 mars.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
McBride : la direction du
groupe britannique McBride, fournisseur leader du marché de produits d’entretien
ménager et de soins commercialisés sous des marques de distributeurs (4 195 salariés
dont 245 hors UE) a signé, le 26 janvier 2016, un accord
pour mettre en place un CE européen. Les signataires estiment qu’il est
« impossible » de fixer une liste de sujets relevant de la consultation « tant cela
dépend des circonstances qui peuvent changer sur la durée ». Cependant, « quels que
soient les sujets choisis, ils doivent être pertinents, clairement définis et
répondre aux besoins de l’organisation et de ses salariés ». Concernant la
composition du comité, les signataires précisent qu’aucun employé chargé des
ressources humaines ou ayant des fonctions de manager ne peut être membre de la
délégation salariée.
- Brink’s : dans une résolution
adoptée le 23 février, les membres du CE européen du groupe de transport de
valeur Brink’s « constatent une nouvelle fois que les dirigeants de Brink’s
persistent dans leur mépris du dialogue social » après que le groupe ait décidé
de fermer sa filiale irlandaise de cash management sans même attendre les
préconisations du cabinet d’expertise mandaté par le bureau du CE européen, le
27 août 2015 ».
- Emerson: à télécharger sur
le site IR share, la décision
rendue, le 19 janvier 2016, par le Central Arbitration Committee (CAC) – la
juridiction britannique en charge des contentieux relatifs aux comités
d’entreprise européen. Elle porte sur une affaire opposant le comité
d’entreprise européen de l’équipementier automobile Emerson (v. accord)
à la direction du groupe qui compte 22000 salariés dans l’UE. Le CAC y constate
une violation des règles d’information et de consultation suite à l’annonce
d’une restructuration majeure.
- General Electric :
l’instance temporaire représentant les salariés des
ex-activités d’Alstom rachetées par General Electric (IRS) a suspendu, le
10 février, les discussions avec la direction sur les restructurations qui
touchent les anciens secteurs d’Alstom rachetés par General Electric. L’IRS a
noté « que les premières étapes de mise en œuvre des plans ont déjà été prises
par la direction » dans plusieurs pays, ce qui va « tout à fait contre l’accord
qui a été signé » avec la direction, relève l’instance (v. communiqué
de l’IRS, en français et communiqué
d’IndustriAll).
- LafargeHolcim : dans un communiqué
du 19 février, le syndicat français FNCB-CFDT et la Fédération européenne des
travailleurs du bâtiment et du bois (FETBB) ont alerté sur la situation de
l’emploi chez LafargeHolcim. Les deux organisations rappellent que les groupes
Lafarge et Holcim « avaient annoncé que les sites de production ne seraient pas
touchés » par la fusion. Or « des procédures de réduction d’activités se
succèdent » dans plusieurs pays et un centre de services partagés doit voir le
jour en Slovaquie. Selon les CE européens des deux groupes, « des centaines
d’emplois vont être mis en cause dans les prochains mois ». Mais si la direction
a accepté d’ouvrir une information-consultation sur le centre de services
partagés, « elle se refuse à le faire sur les réductions d’activités considérant
qu’il s’agit d’opérations nationales. »
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Restructuration
- Swiss : selon information
reprise par la Tribune
de Genève, le personnel suisse de la compagnie aérienne Swiss se plaint
de n’être que tardivement informé des restructurations décidées au niveau de
leur maison mère, la compagnie allemande Lufthansa. Si les salariés allemands et
autrichiens ont déjà reçu des informations, ce n’est pas le cas des salariés
suisses, selon trois syndicats suisses qui dénoncent le fait qu’il n’y a pas de
représentants suisses au sein du comité d’entreprise européens mis en place par
Lufthansa en 2011.
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4. Études et
rapports
Une étude approfondie sur le temps de travail
dans l’UE. La Fondation pour l’amélioration des conditions
de vie et de travail (Eurofound) a publié un rapport sur « l’évolution
du temps de travail au XXIe siècle » (en anglais), auquel IR
Share et ses partenaires pour la Bulgarie (ISSK) et le Luxembourg (LISER) ont
participé. Le rapport montre que les temps de travail continuent de varier
considérablement en Europe. Une scission est mise en évidence entre les anciens
États membres, où la négociation collective joue un rôle important pour fixer le
temps de travail et les pays d’Europe centrale et orientale où les normes sont plus
susceptibles d’être établies par la loi. Le rapport, comme le souligne le
coordinateur de l’étude, Jorge Cabrita, sur son blog (en anglais), suggère
que si les normes de la durée du travail sont principalement laissées à la
législation ou fixées unilatéralement par les employeurs, les salariés auront
toujours tendance à travailler de longues heures. Au contraire, si elles sont
déterminées par la négociation collective, les salariés auront tendance à travailler
moins d’heures en moyenne avec, par conséquent, un impact réduit du travail sur la
santé et le bien-être des salariés.
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