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IR Notes 54 – 18 mai 2016
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe :
ce numéro a été préparé par Alain Lefebvre, Christer
Thörnqvist et Frédéric Turlan. Retrouver l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
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Interview
Interview de Claudio Stanzani, directeur de SindNova
SindNova a organisé un
séminaire, ce mercredi, sur les 20 ans du Comité d’entreprise
européen. Est-ce que cette instance est devenue une réalité en
Italie ? En
Italie, les CE européens actifs sont environ quarante. Ceux-ci
représentent environ la moitié des entreprises multinationales
italiennes qui devraient légalement mettre en place une telle
instance. Plus de la moitié des CE européens mis en place ont acquis
une expérience significative de fonctionnement et dans l’exercice
des droits de l’information et de consultation. Mais il reste encore
beaucoup à faire, à la fois pour répandre cette expérience, pour
renforcer sa nature syndicale et son utilisation dans les relations
sociales au sein des multinationales. Mais beaucoup dépend aussi du
rôle des syndicats. Par ailleurs, il faut souligner que de nombreux
représentants des travailleurs italiens sont aussi présents et
actifs dans des centaines de CE européens dont la maison mère n’est
pas italienne.
Les organisations syndicales
italiennes estiment-elles que le CE européen est une instance
importante ? Est-ce que leur regard a changé sur cette instance
? Cela dépend
beaucoup des différentes cultures syndicales. Mais en règle
générale, on peut dire que le rôle du CE européen est très
sous-estimé.
Quelles seraient les actions à
mener pour promouvoir les CE européens en Italie
? Il est
nécessaire d’investir beaucoup dans la formation et le renforcement
de la culture européenne des dirigeants syndicaux. Mais aussi dans
la formation et le renforcement des compétences des directeurs des
ressources humaines des entreprises multinationales.
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR
Share et son réseau d’experts. Elle propose une veille
européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique de
l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par
mois sur le site. IR
Share. IR Share est une entreprise à capitaux privés,
indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider l’ensemble
des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le correspondant
de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg, depuis 2009, et pour
la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
La révision
de la directive « détachement » rejetée à l’est de l’Europe
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, vient de subir son
premier camouflet : les parlements nationaux de la quasi-totalité des « nouveaux
États membres » ont estimé que la proposition de directive qui a pour but d’imposer
le principe « à travail égal, salaire égal » en matière de détachement de
travailleurs, ne respecte pas le principe de subsidiarité : l’Union européenne n’a
pas à intervenir sur le sujet. Ce principe est en effet au centre de cette
proposition de directive présentée en mars dernier par la Commission (v. communiqué).
Cette révision porte sur trois points : 1° la rémunération des travailleurs détachés
sera celle applicable aux salariés du pays d’accueil, ce qui va au-delà de
l’application du seul salaire minimal, comme c’est le cas actuellement. 2° Les
intérimaires détachés dans un autre pays devront être employés dans les mêmes
conditions que les intérimaires du pays d’accueil, c’est-à-dire qu’ils ne devront
pas être discriminés par rapport aux salariés des entreprises utilisatrices. 3° La
durée du détachement sera limitée à 24 mois (v. IR
Notes n° 49). Ce texte répond aux demandes répétées de plusieurs pays
d’Europe occidentale qui considèrent que les règles actuelles applicables en matière
de détachement (celles de la directive 96/71) conduisent à favoriser des situations
de dumping social. La Pologne, qui est le premier « exportateur » de travailleurs
détachés dans l’UE, estime que la révision serait contraire au principe de libre
prestation des services et redoute ses effets sur la compétitivité de ses
entreprises qui interviennent dans l’UE en détachant des travailleurs. “Nous pensons
que cette proposition est en conflit avec les principes de subsidiarité et de
proportionnalité », estime pour sa part Kalle Palling, le président du comité des
affaires européennes du Parlement estonien. Résumant les positions des pays
« frondeurs », ce dernier explique qu’« avec d’autres États, nous allons donner un
signal clair qu’il n’y a pas besoin de modifier le détachement des travailleurs, et
la Commission européenne devrait retirer sa proposition de directive ». Évoquant les
pays d’Europe occidentale, il poursuit : « ils parlent de protéger les travailleurs
détachés, mais en réalité ils protègent le marché du travail local ». Ainsi, au
moins un tiers des parlements nationaux (Bulgarie, Croatie, Hongrie, Lettonie,
Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie ainsi que le Danemark) ont contesté
le texte, activant ainsi la procédure du « carton jaune » prévu par le traité de
l’UE. Cette procédure exige que la Commission réexamine sa proposition. Elle peut
ensuite la maintenir, la modifier ou la retirer, en ayant l’obligation de motiver sa
décision. La Commission a réagi en expliquant que sa proposition est « équilibrée et
respecte le principe de subsidiarité ». Du côté du Parlement, la commission emploi
affaires sociales a désigné,
le 10 mai, deux co-rapporteurs sur ce texte sensible, la française Elisabeth
Morin-Chartier (PPE) et la néerlandaise Agnes Jongerius (S&D), toute des
députées européennes chevronnées. « C’est une première qu’il y ait deux
co-rapporteurs de la même commission, sur une directive qui est certainement la plus
importante aujourd’hui au niveau européen, et même de la mandature », explique
Elisabeth Morin-Chartier dans un entretien au quotidien régional français Centre
Presse (13-05). Le détachement est bien le sujet qui divise la famille
européenne ! > Voir aussi : réaction des
partenaires sociaux européens ci-dessous.
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1. Union
européenne
Législation
- Directive sur la mobilité au sein de
l’Union des chercheurs et des étudiants ressortissants des pays tiers :
le Parlement européen a adopté, le 11 mai, une résolution
législative en faveur de la position du Conseil en première lecture en
vue de l’adoption de la directive relative aux conditions d’entrée et de séjour
des ressortissants de pays tiers à des fins de recherche, d’études, de
formation, de volontariat et de programmes d’échange d’élèves ou de projets
éducatifs et de travail au pair. Avec ce vote, le Parlement permet l’adoption
définitive de cette directive qui sera prochainement publiée au JOUE. Avec ce
texte, les étudiants et les chercheurs pourront en particulier séjourner au
moins neuf mois dans l’Union après avoir terminé leurs études ou recherches en
vue de trouver un emploi ou de créer une entreprise. Ils pourront aussi se
déplacer plus facilement dans l’UE au cours de leur séjour et avoir le droit de
venir avec leur famille. Pour en savoir plus : note
du Parlement européen (vers en italien
ou polonais).
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Projet
La Commission européenne est décidée à mieux
protéger les travail-leurs contre les agents chimiques cancérigènes :
la Commission a proposé, le 13 mai, de modifier la directive n°
2004/37 sur les agents cancérigènes et mutagènes en vue de limiter l’exposition à 13
de ces agents sur le lieu de travail au lieu de trois actuellement. Ces valeurs
définissent un niveau maximal de concentration d’un agent cancérigène dans l’air
ambiant sur le lieu de travail. La proposition inclut notamment l’exposition à la «
silice cristalline alvéolaire » (la poussière de sable) qui avait fait l’objet du
premier accord multisectoriel européen en vue de mettre en place des protections
efficaces en faveur des travailleurs sans recourir à des valeurs limites
d’exposition. Un accord qui visiblement n’a pas produit les effets escomptés,
puisque la Commission entend mettre en place une valeur limite d’exposition (v. communiqué
de la Commission et le Fact Sheet,
plus détaillé) pour protéger les quelque 5,3 millions de salariés exposés à cette
substance. L’initiative est saluée par la Confédération européenne des syndicats
(CES) « C’est une nouvelle importante pour la santé des travailleurs partout en
Europe », a déclaré Esther Lynch, secrétaire confédérale de la CES qui s’attend « à
ce que la Commission présente des limites d’exposition pour au moins 15 substances
de plus d’ici à la fin de l’année. » (v. communiqué).
Laurent Vogel, chercheur à l’Institut syndical européen (Etui) souligne cependant
que le texte « est bien trop modeste par rapport aux demandes de la présidence
néerlandaise ». Cette dernière avait en effet demandé à la Commission de préparer
l’introduction de 50 valeurs limites pour le premier semestre 2016. Un objectif
encore loin des 71 substances ou procédés pour lesquels la CES juge nécessaire
d’établir des valeurs limites (v. communiqué
de l’Etui). > Pour aller plus loin : les
documents présentés par la Commission (en anglais) : la proposition
de directive, l’annexe
sur les limites d’exposition, l’étude
d’impact, et un document de travail de l’Institut syndical européen
(gratuit, « Cancer
risks in the workplace: better regulation, stronger protection »,
en anglais).
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Actualité
sociale
- Résolution du Parlement européen sur le
congé parental : le Parlement a adopté, le 12 mai, une
résolution
sur l’application de la directive 2010/18 du 8 mars 2010 portant application
de l’accord-cadre révisé sur le congé parental conclu par les
partenaires sociaux européens. Le texte recommande aux États de mettre tout en
œuvre pour « permettre l’application correcte et uniforme de la directive au
secteur public et au secteur privé ». Pour le Parlement, la Commission devrait
proposer des mesures pour encourager les pères à utiliser davantage le congé
parental et que les États membres devraient favoriser un partage plus efficace
des meilleures pratiques dans ce domaine ». Elle devrait aussi présenter une
nouvelle initiative législative pour « favoriser une meilleure conciliation
entre vie professionnelle et vie privée » et envisager également une
« initiative non législative d’ampleur » à cette fin. À noter aussi la demande à
la Commission et aux partenaires sociaux de proposer une « extension
appropriée » de la durée minimale « du congé parental, de quatre mois à six
mois au moins, pour assurer une meilleure conciliation entre vie familiale et
vie professionnelle ». Enfin, « une directive européenne sur un congé de
paternité de deux semaines minimum est en ce sens indispensable et urgente ».
- Intervention du Fonds européen
d’ajustement à la mondialisation en Belgique : la
Commission européenne a proposé, le 5 mai, d’accorder à la Belgique 1,8 million
d’euros au titre du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) pour
aider 488 salariés licenciés par plusieurs fabricants de machines de
construction (Caterpillar, Carwall et Doosan) dans la province du Hainaut
(Wallonie, Belgique). Au-delà de ces anciens salariés, les mesures financées
inclues également un soutien à 300 jeunes sans emploi, ne suivant ni
enseignement ni formation (les «NEET»). (v. communiqué
de la Commission).
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Dialogue
social
- Réactions des partenaires sociaux au
« carton jaune » (v. À la Une) : dans une lettre
(en anglais) à la commissaire Marianne Thyssen, en charge de la révision de la
directive sur le détachement des travailleurs, le secrétaire général de la
Confédération européenne des syndicats, Luca Visentini, a demandé à la
Commission de maintenir son texte et de rejeter les arguments des pays ayant
délivré le « carton jaune », car ces derniers « négligent leurs propres
salariés ». « Nous tenons à confirmer, poursuit-il, que tous les syndicats en
Europe, y compris dans les pays où les parlements ont soutenu la procédure d’un
carton jaune, sont fortement en faveur de la révision de la directive
détachement ». De son côté, l’organisation employeur BusinessEurope se déclare
être sur la même ligne que les pays partisans du carton jaune et demande à la
Commission de renoncer à ce projet (v. communiqué).
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2. États
membres
Allemagne
Accord salarial dans l’industrie
: les partenaires sociaux du secteur de
la métallurgie sont parvenus à un accord, le 13 mai, pour revaloriser les salaires
de 4,8% au cours des 21 prochains mois. Les 3,7 millions de salariés de la
métallurgie (automobile, machines-outils, électronique), bénéficieront d’une
première hausse de 2,8% à partir du 1er juillet. Ils recevront préalablement une
prime exceptionnelle de 150 euros pour les mois d’avril, mai et juin. Les salaires
seront de nouveau revalorisés de 2% au 1er avril 2017. Cet accord conclu
en Rhénanie du Nord-Westphalie sert base à toutes les autres négociations
collectives régionales dans ce secteur (v. communiqué
IG Metall et communiqué
de Gesamtmetall).
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Pologne
- Vers une police dédiée en appui de
l’inspection du travail? :
dans son dernier rapport, l’inspection du travail polonaise (PIP) observe
une augmentation des cas de violation du droit de travail. Selon ses
estimations, 700 000 personnes travailleraient sans contrat de travail, 1,1
million seraient de « faux » autoentrepreneurs dont l’activité devrait être
requalifiée en relation de travail salarié et 1,3 million de travailleurs
sont soumis à des contrats dits « poubelle » (contrats « à la pièce » ou « à
la tâche ») ne relevant pas du Code du travail. Le député Janusz Śniadek du
parti au pouvoir, le PiS, a évoqué la possibilité de créer une police du
travail, organe distinct du PIP et susceptible de mener des enquêtes en
amont des contrôles. Mais le gouvernement n’envisage cependant pas pour le
moment de donner suite à cette proposition.
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3.
Entreprises
Comité
d’entreprise européen
- Deutsche Bahn : le comité
d’entreprise européen de la Deutsche Bahn s’est réuni, du 23 au 26 février
derniers, à Berlin, pour une réunion plénière consacrée à la transformation du
groupe et à la privatisation partielle de ses filiales Schenker Logistics et
Arriva. Une formation interculturelle a été organisée à la suite de la plénière
(v. communiqué).
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Société
européenne
- Sixt Leasing : l’Institut
syndical européen a mis en ligne l’accord sur l’implication des
travailleurs au sein de Sixt Leasing (5120 salariés dans le monde),
signé le 25 février entre la direction de société allemande de location de
véhicules et un groupe spécial de négociation. La signature de cet accord
permettra la transformation du groupe en Société européenne au 1er
juin prochain. L’accord prévoit la mise en place d’un comité d’au moins trois
membres et d’au plus cinq représentants.
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Syndicalisme
- Maersk : la Fédération
internationale des travailleurs du transport, ITF, a salué la décision du groupe
de transport maritime danois Maersk de modifier ses accords d’affrètement pour
inclure l’exigence que les propriétaires des navires affrétés s’engagent à
appliquer à leur navire un accord reconnaissant le fait syndical et protégeant
les salariés. Maersk Group fait circuler au total environ 500 navires en propre
ou affrétés dans le monde (v. communiqué).
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4. Études et
rapports
La situation des salariés LGTB au
travail : la Fondation européenne pour l’amélioration des
conditions de vie et de travail (Eurofound) a publié une étude
comparative sur la situation des LGTB (Lesbiennes, gays, bisexuels,
transgenres) en matière d’emploi, sur la base des informations nationales
recueillies par sondage et par son réseau de correspondants nationaux. Ce document
donne un aperçu très utile sur leur intégration sur le marché du travail et sur les
initiatives législatives ou celles des partenaires sociaux pour les protéger des
discriminations ou pour développer une culture de la tolérance sur le lieu de
travail. Ce travail contient une carte très instructive sur ce que ressentent les
salariés LGTB dans les différents pays avec de fortes variations, en termes
d’acceptation des différences, entre les pays comme la Danemark et les Pays-Bas d’un
côté et de l’autre, certains pays d’Europe de l’est ou d’Europe centrale.
- Les modèles occidentaux de relations
sociales à l’épreuve de la mondialisation : des experts
en relations sociales de plusieurs pays européens ont répondu, dans cet ouvrage
disponible en français, à la question : « comment a évolué la régulation sociale
dans les entreprises depuis une trentaine d’années ? » Ce livre dresse un état
des lieux précis des principaux changements qui ont affecté les syndicats et le
dialogue social dans les entreprises en particulier en Europe sous l’effet
notamment de la globalisation « et son cortège de restructurations et de
recompositions économiques ». Les auteurs constatent « l’émergence de zones
grises, non régulées sinon sans véritables droits sociaux, même si certains
modèles nationaux, en raison des cultures sociopolitiques qui les soutiennent,
résistent mieux que d’autres ». L’ouvrage (Syndicats
et dialogue social. Les modèles occidentaux à l’épreuve) a été dirigé
par Dominique Andolfatto et Sylvie Contrepois et deux contributeurs réguliers à
IR Notes y ont participé, Vassil Kirov et Christer Thörnqvist.
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