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IR Notes 56 – 15 juin 2016
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Alain Lefebvre, Sylvain Nadalet et Frédéric
Turlan. Retrouver l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
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Notes en quelques clics sur le site
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Interview
Valeria Pulignano, professeur en sociologie du travail et relations
sociales, Université Catholique néerlandophone de Louvain
Vous
avez mené une étude,
financée par la Commission européenne, pour combler un
manque en matière de recherche : quelle est la perception
des managers à l’égard des comités d’entreprise européens ?
Quels sont les résultats ? En effet,
très peu d’études ont abordé cette question, ce qui a conduit la
Commission européenne à financer des projets visant à comprendre
comment les comités d’entreprise européens étaient perçus non pas
par les organisations d’employeurs, mais par les managers qui ont la
charge les relations avec les comités au sein des entreprises. Pour
cela nous avons mené 56
entretiens approfondis sur un échantillon représentatif des 1093
comités d’entreprise européens en activité. Notre première
interrogation était de savoir si la gestion des comités d’entreprise
européens posait un problème pour les managers. Contrairement à ce
qui était attendu, nous avons constaté lors des entretiens que la
gestion de ces instances était plutôt perçue comme facile. Même la
question du coût, souvent invoquée par les organisations
représentant les employeurs, n’a pas été présentée comme un
obstacle. Globalement les managers estiment même que les
« bénéfices » apportés par les comités européens sont au moins
équivalents aux coûts. Autre surprise, la gestion de la
transnationalité n’est pas présentée comme posant de réels
problèmes, même s’il faut reconnaître que la perception que les
managers ont de la transnationalité n’est pas forcément la même que
celle des représentants des salariés.
Est-ce que la révision de la
directive en 2009 a changé la pratique des managers
? Ce n’est
pas ce qui ressort des entretiens, car souvent la pratique avait
devancé le texte. Nous avons mis en avant une « courbe
d’apprentissage » dans la gestion des comités d’entreprise
européens. Nous observons que le management est décidé à développer
l’institution du comité d’entreprise européen à long terme dans le
but que ce dernier serve à des fins de l’entreprise. Cela signifie
que les comités d’entreprise européens ajoutent de la valeur au
management en ce sens qu’ils constituent un moyen de faciliter et
d’étendre des processus au niveau de l’entreprise, dans le cas d’une
restructuration par exemple. Nous observons d’un autre côté que les
entreprises sont peu nombreuses à faire participer les comités
d’entreprise européens aux processus de décision. Seuls 4 managers
sur le 56 interrogés soulignent que le processus d’information et
consultation est partie intégrante du processus de décision et que
le comité d’entreprise européen peut réellement exercer une
influence sur la décision qui sera finalement adoptée par le
management.
Pour
quelles raisons ces managers sont aussi peu nombreux
? Leur nombre est certes faible mais
cela souligne aussi une perspective d’amélioration pour les autres
entreprises. Mais l’un des freins les plus invoqués est la
financiarisation de l’économique qui empêche les directions à
présenter des projets aux acteurs de la finance ou devant les
marchés, si ces projets pouvaient être modifiés au cours du
processus d’information et de consultation.
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17
juin Paris Séminaire de
l’Association française de droit du travail en mémoire de Gérard
Lyon-Caen, intitulé « Subordination
juridique, dépendance économique : quelles protections pour quels
travailleurs ? ».
20 juin Bruxelles
Conférence de lancement de l’initiative de la Commission européenne « New
skills agenda for Europe » pour accroître les compétences dans
l’UE et déterminer les compétences nécessaires dans le futur.
27 au 29
juin Bruxelles Conférence
organisée par la Confédération européenne des syndicats et l’Institut
syndical européen sur l’impact
de la numérisation et de la robotisation sur le travail.
30 juin Berlin Soirée
anniversaire organisée par la Hans Böckler Stifftung sur les 40
ans de la loi de 1976 sur la cogestion.
4 juillet
Paris
Réunion du Club CE européens animée par l’association Astrees et IR
Share sur la conflictualité dans les CE européens, avec la participation
de Filip Dorssemont (Université catholique de Louvain). Tél. : 06 81 41
53 95.
17 novembre
Bruxelles
Conférence conjointe organisée par Eurofound et la commission emploi et
affaires sociales du Parlement européen, sur le thème «L’évolution des
conditions de travail en Europe: aller vers un travail meilleur ».
Seront présentés les résultats de la sixième enquête européenne sur les
conditions de travail.
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR Share
et son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente
sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le site. IR Share. IR Share est une
entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est
d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et
au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et
le Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
Inquiétude
sur les futurs arrêts de la Cour de justice sur le port du foulard islamique
À ce stade, il ne s’agit que de « conclusions » de l’avocat général, c’est-à-dire une
position soumise aux juges qui devront rendre leur décision dans les mois qui
viennent. Mais, sur une affaire aussi sensible, celle de l’encadrement par les
employeurs du port du foulard islamique, les conclusions
rendues le 31 mai, font craindre une solution bancale. La Cour de justice est saisie
de deux affaires semblables : l’une présentée par la Cour de cassation belge, qui
oppose une salariée portant le foulard contre le groupe de sécurité privée G4S
Secure Solutions (aff. C-157/15). La question est de savoir si la directive
2000/78 du 27 novembre 2000 doit être interprétée en ce sens que
« l’interdiction de porter un foulard en tant que musulmane sur le lieu de travail
ne constitue pas une discrimination directe lorsque la règle en vigueur chez
l’employeur interdit à tous les travailleurs de porter sur le lieu de travail des
signes extérieurs de convictions politiques, philosophiques ou religieuses ».
L’autre affaire a été portée par la Cour de cassation française (aff.
C-188/15) qui demande si « le souhait d’un client d’une société de
conseils informatiques de ne plus voir les prestations de services informatiques de
cette société assurées par une salariée portant un foulard islamique peut constituer
« une exigence professionnelle essentielle et déterminante, en raison de la nature
d’une activité professionnelle ou des conditions de son exercice ». L’avocate
générale Juliane Kokott a présenté ses conclusions
dans la première affaire. Pour elle, il s’agit d’une « question est socialement
délicate » au moment où l’Europe est « confrontée à un afflux absolument sans
précédent de migrants provenant de pays tiers ». Délicate, cela est sûr, et c’est
bien la raison pour laquelle des deux juridictions nationales ont préféré se tourner
vers la Cour de justice plutôt que de trancher elles-mêmes. Mais le rapport avec
l’afflux de migrants n’est pas forcément approprié. Ensuite, elle admet qu’un
client, « fût-il important », ne peut légitiment demander « de n’être servi que par
des travailleurs d’une religion, d’une origine ethnique, d’une couleur de peau, d’un
sexe, d’un âge ou d’une orientation sexuelle déterminés ». Mais « tout client est
parfaitement en droit d’exiger d’être servi sans discrimination ainsi que de manière
aimable et dans le respect des formes élémentaires de la politesse ». Alors, sur
cette base de ce curieux droit fondamental du client, « il est pleinement légitime
pour une entreprise d’ériger le respect de ces attentes de sa clientèle en condition
d’exercice de l’activité de ses travailleurs et donc d’en faire une exigence
professionnelle essentielle et déterminante au sens de l’article 4, paragraphe 1, de
la directive 2000/78 ». Par conséquent « une interdiction comme celle édictée par
G4S constitue en somme une mesure nécessaire pour mettre en œuvre dans l’entreprise
une politique de neutralité en matière de religion et de convictions ». Pour autant
prévient l’avocate générale, la politique de neutralité doit être proportionnée.
Pour cela, elle propose de tenir compte de plusieurs critères : 1° la taille et le
caractère ostentatoire du signe religieux ; 2° la nature de l’activité de la
travailleuse ; 3° le contexte dans lequel elle doit exercer son activité, et un
dernier critère, celui de « l’identité nationale de l’État membre concerné ». Le
recours à ce concept assorti à une sorte de droit du client à être servi poliment et
aimablement laisse craindre une décision juridiquement peu rigoureuse, loin de la
jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, qui nous semble beaucoup
plus appropriée et qui n’aurait sans doute pas accepté le règlement interne de G4S.
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1. Union
européenne
Législation
- Mobilité des étudiants, chercheurs et
stagiaires : la directive
n°2016/801 du 11 mai 2016 relative « aux conditions d’entrée et de
séjour des ressortissants de pays tiers à des fins de recherche, d’études, de
formation, de volontariat et de programmes d’échange d’élèves ou de projets
éducatifs et de travail au pair », est parue au JOUE du 21 mai (v. IR
Notes n° 50).
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Projet
- Navigation intérieure : le
Conseil a adopté, le 7 juin, une « orientation générale » sur un projet de
directive relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles dans
le secteur de la navigation intérieure. Le texte établit un système commun de
certificats pour l’ensemble de l’équipage, des apprentis jusqu’aux conducteurs.
Les titulaires d’un tel certificat pourront exercer leur profession sur les
voies de navigation intérieure dans l’ensemble de l’Europe (v. communiqué
du Conseil).
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Actualité
sociale
Adapter le droit du travail à l’écono-mie
collaborative : la Commission euro-péenne a présenté, le 2
juin dernier, une communication
intitulée «un agenda européen pour l’économie collaborative» qui vise à encourager
et à développer cette forme d’économie en pleine croissance « d’une manière
responsable ». En matière de droit du travail, la Commission analyse la relation
d’emploi dans l’économie collaborative par rapport à la jurisprudence de la Cour de
justice sur la définition du « travailleur ». « Il convient d’évaluer au cas par
cas, explique la Commission, la question de savoir s’il existe ou non une relation
de travail, en tenant compte des faits caractérisant la relation entre la plateforme
et le prestataire du service sous-jacent, et l’exécution des tâches correspondantes,
ainsi qu’en examinant de manière cumulée en particulier notamment les trois critères
essentiels suivants : 1 l’existence d’un lien de subordination; 2° la nature du
travail; 3° la présence d’une rémunération ». Les États membres devraient d’une part
« évaluer l’adéquation de leur législation nationale en matière d’emploi » aux
« modèles d’économie collaborative » et, d’autre part, « fournir des orientations
sur l’applicabilité de leurs règles nationales en matière d’emploi eu égard aux
formes de travail dans l’économie collaborative ».
- Plan d’action pour favoriser l’intégration
des migrants et attirer les talents : la Commission
européenne a présenté, le 7 juin, un plan
d’action (en anglais) visant à aider les États membres à intégrer les
ressortissants de pays tiers et une proposition
de directive (en anglais) pour réformer les règles applicables aux
migrants dotés de compétences élevées venus travailler dans l’UE. Il s’agit de
revoir le dispositif
de la « carte bleue » européenne (en anglais), lancé en 2009 mais qui
n’a jamais réussi à décoller. L’objectif est que les travailleurs étrangers
qualifiés se dirigent plutôt vers l’UE (ils sont 31% seulement à le faire) et
non vers des pays qui sont en concurrence avec l’UE (v. communiqué
de la Commission). Les services de la Commission ont aussi publié un document
de travail synthétique (en anglais) sur l’impact économique lié à la
crise des réfugiés.
- Contrôle de la santé des
pilotes : l’association européenne des pilotes (ECA) a
mis en ligne une série de
documents issue de l’Agence européenne pour la sécurité aérienne (EASA)
et de ses propres travaux sur des recommandations relatives à la surveillance de
la santé des pilotes, suite à l’accident de la Germanwings de mars 2015.
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Dialogue
social
Deuxième congrès
d’IndustriAll : la fédération syndicale européenne,
IndustriAll European Trade Union, a tenu son deuxième congrès, à Madrid, du 7 au
9 juin. Le président, Michael Vassiliadis (IG BCE), a été réélu. Deux anciens
secrétaires généraux adjoints restent au secrétariat : Luc Triangle (ACV-CSC Metea),
qui devient secrétaire général avec 99,39 % des voix, en remplacement d’Ulrich
Eckelmann (IG Metall) qui quitte IndustriAll tout comme l’ex-secrétaire général
adjoint Bart Samyn ; Sylvain Lefebvre (FCE-CFDT) qui partira à la retraite dans deux
ans et ne sera pas remplacé. La baisse des effectifs syndicaux pèse en effet sur les
finances de la fédération. Deux secrétaires adjoints font leur arrivée : le
syndicaliste espagnol Luis Angel Colunga (MCA-UGT) et le Belge Benoît Gérits
(FGTB-MWB) (v. communiqué).
IndustriAll a adopté après un long travail de préparation une résolution
politique 2016-2020 et un plan d’action 2016-2020 (communiqué).
En dehors du couac de l’absence, encore une fois, de femme au sein du secrétariat,
le congrès a été jugé de grande qualité. « Le congrès a été harmonieux, sans
controverse et a démontré l’unité et la cohérence du mouvement syndical, estime
Christian Weis, du département international du syndicat allemand des métallurgistes
IG Metall, ce qui est une surprise tant sont actuellement nombreuses les tensions au
sein de l’Union ». A noter aussi que c’est la première fois depuis 15 ans, qu’aucun
représentant d’IG Metall, l’affilié le plus puissant, ne figure au secrétariat.
« Mais ce n’est pas un manque d’intérêt, nous sommes très investis dans les autres
instances », précise Christian Weis.
- Lutter contre les cancers professionnels :
Six organi-sations, dont la Commission européenne, l’agence
européenne pour la santé et la sécurité au travail, la Confédération européenne
des syndicats (CES) et BusinessEurope, ont signé, le 25 mai, un Pacte
pour une nouvelle « Feuille de route sur les substances cancérogènes »
(en anglais). Ce programme vise à sensibiliser le monde du travail aux risques
d’exposition aux cancérigènes, ainsi qu’à échanger des bonnes pratiques (v. communiqué
de l’Institut syndical européen). par ailleurs, la Fédération européenne des
travailleurs du bois et du bâtiment (FETBB) a présenté un document
d’orientation (version
italienne) pour contribuer « à l’indispensable discussion sur la
révision de la directive 2004/37 sur les agents cancérigènes et mutagènes. Le
texte précise les attentes de la FETBB sur plusieurs substances préoccupantes.
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2. États
membres
Allemagne
- Un salaire minimum tout compris :
une première décision de la Cour fédérale du Travail du 25
mai 2016 (v. communiqué)
a été rendue concernant l’application du salaire minimum introduit en 2015. Un
employeur estime que pour calculer le salaire minimum, il est possible de
prendre en compte la rémunération annuelle y compris les indemnités de congés
payés et la prime de Noël. Selon ce procédé, une salariée est rémunérée 8,03
euros de l’heure au lieu de 8,50 euros. Mais en incluant les deux primes, le
salaire horaire moyen sur l’année atteint bien le niveau du salaire minimum.
Cette approche a convaincu la Cour qui a donné raison à l’employeur.
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Finlande
Le pacte de compétitivité est validé au niveau
des branches : après une décision de principe favorable de
soutenir le pacte de compétitivité accepté par les trois grandes confédérations
syndicales du pays (v. communiqué
de la confédération SAK, en anglais), il restait à vérifier que ses dispositions
seraient acceptées dans toutes les branches, afin de permettre l’entrée en vigueur
des engagements pris au niveau national. C’est chose faîte. Les accords collectifs
de la très grande majorité des accords de branche valident le pacte de compétitivité
proposé par le gouvernement, qui prévoyait le gel des salaires jusqu’en 2017, une
augmentation du temps de travail annuel de 24 heures, la diminution de 30 % de la
prime de vacances dans le secteur public (système de santé et collectivités locales
inclus), une augmentation des cotisations retraite et chômage pour les salariés et
une diminution de celles des entreprises. Les points les plus difficiles ont été les
hausses de cotisations sociales pour les salariés (qui seront significativement
compensées par une baisse d’impôt) et l’augmentation du temps de travail de 24
heures par an sans hausse de salaire. Sur ce point, les partenaires sociaux ont
trouvé des solutions diversifiées selon les branches. Il s’agit d’une première : les
négociations aboutissent de fait à une diminution des salaires horaires réels des
salariés, créant en pratique une situation de dévaluation compétitive au sein de la
zone euro. Nul doute que la réussite ou l’échec de la politique proposée par le
gouvernement sera étudié avec intérêt dans les autres pays européens.
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Italie
- Le « Job act » menacé par une
jurisprudence : la Cour de cassation (sentence n.
11868/2016) vient de décider que les règles réformant le licenciement prévues
par la loi Fornero de 2012, puis modifiées par le Jobs Act (décret législatif n.
23/2015) ne s’appliquaient pas aux salariés du secteur public. Cet arrêt aboutit
pour les fonctionnaires à la résurrection de la version précédente de l’article
18 du Statut des travailleurs (loi n°300/1970), qui reconnait le droit à la
réintégration en cas de licenciement illégitime et un dédommagement complet des
jours de travail perdus. Cette décision risque, selon certains juristes, de
remettre en cause la constitutionalité même du Jobs Act, en raison d’une
possible rupture d’égalité qu’engendre une différence de régimes entre les
employés du public et ceux du privé.
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Lituanie
- Augmentation du salaire minimum :
après de longues discussions avec les partenaires sociaux,
le gouvernement a décidé de porter le salaire minimum de 350 à 380 euros par
mois au 1er juillet 2016, conte l’avis du patronat qui s’opposait à
une seconde augmentation du salaire minimum en 2016, et contre celui du Fonds
Monétaire International.
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Pologne
- Vers un salaire minimum pour les « emplois
atypiques » : après une longue consultation des
partenaires sociaux, le Conseil des ministres a adopté, le 31 mai, un projet de
loi visant à introduire un salaire minimum horaire brut de 12 zlotys (environ
2,76 euros) pour les formes d’emploi dites « atypiques » (autoentrepreneurs,
contrats à la tâche mais pas pour les contrats à la pièce). Le texte doit aussi
supprimer la possibilité pour les employeurs de rémunérer les personnes ayant
moins d’un an d’expérience professionnelle à hauteur de 80% du salaire minimum.
Le gouvernement souhaite que ces dispositions entrent en vigueur le 1er janvier
2017, à condition que le Parlement les adopte rapidement.
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Roumanie
- Une solution pour lutter contre l’économie
informelle : le ministère du Travail veut réduire
l’économie souterraine avec la mise en place d’un système de « chèque-emploi »
qui permettrait aux employeurs de rémunérer facilement des travailleurs pour des
travaux de courte durée. Selon le projet, les employeurs auraient juste à
acheter des « bons » avec un prix fixe auprès des banques, avec une valeur
calculée sur la base du paiement moyen pour une heure de travail. Les
travailleurs pourraient alors encaisser leurs « bons » auprès de leur banque. Il
n’y aura pas de coût supplémentaire pour l’employeur. Les travailleurs payeront
un impôt réduit sur le montant de leurs recettes et ils bénéficieront aussi de
la sécurité sociale. Ce système pourrait être utilisé par environ 700000
travailleurs de l’économie informelle.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
ArcelorMittal : le comité
restreint du comité d’entreprise européen du groupe sidérurgique ArcelorMittal, qui
s’est réuni le 19 mai, a demandé à ses trois groupes de travail de travailler sur le
thème de la sous-traitance. Ce thème sera traité par les groupes de travail en
charge de la santé et sécurité au travail, de la responsabilité sociale et de
l’emploi. Après un état des lieux sur la base d’un questionnaire à remplir par pays,
chaque groupe de travail devrait être en mesure de présenter des recommandations
d’ici la fin de l’année. Le secrétaire du comité, Didier Zint (CFDT) souligne
l’importance de ce thème, notamment en termes d’accidents du travail. « Au moins 4
accidents mortels sur les six enregistrés au sein du groupe depuis le début de
l’année concernent des salariés de sous-traitants, précise-t-il. Et près de 25 % des
travailleurs sur les sites sont des salariés des sous-traitants
». > Voir aussi : déclaration
du comité d’entreprise européen d’Airbus SE contre le Brexit.
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Syndicalisme
Rio Tinto : Le comité exécutif
de la fédération syndicale internationale IndustriAll Global Union a entériné, le 30
mai, la décision
« de maintenir la pression sur Rio Tinto jusqu’à ce que le géant minier améliore ses
pratiques sociales » là où il est implanté. Des pourparlers avec la direction
« sont en cours sur des principes syndicaux applicables au plan mondial ainsi que
sur des structures régionales et mondiales qui permettraient le dialogue sur de
telles normes et leur application ».
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