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IR Notes 6 – 26 mars 2014
www.irshare.eu
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Interview
Patrick Itschert, secrétaire général adjoint de la Confédération
européenne des syndicats
Vous avez exprimé votre déception
quant au cadre de qualité sur les stages
? En effet,
nous avions trouvé de bonnes choses dans la communication publiée en
avril 2012 par la Commission européenne. Elle avait posé un
diagnostic. D’un côté, les stages représentent un tremplin vers
l’emploi. Cela nous pouvons l’entendre, nous sommes d’accord que les
jeunes aient un contact plus tôt avec l’emploi. De l’autre, elle
rappelait qu’un tiers des stagiaires se plaignent du contenu du
stage et des conditions de travail et que 60 % n’étaient pas
rémunérés. Pour nous, l’absence de rémunération a un effet
discriminatoire, empêchant les jeunes qui ne sont pas aidés par
leurs parents à accéder aux stages. Nous étions déjà beaucoup plus
critiques lorsqu’elle a publié la proposition de recommandation en
décembre 2013, qui avait déjà subi des altérations par rapport aux
propositions initiales. Mais là, le cadre adopté par le Conseil, a
encore été vidé de la substance par les États membres.
Les États membres ont-ils tenu
compte de l’opposition des
employeurs? Ce
n’est pas parce que les employeurs
s’opposent à un cadre européen en la matière qu’il faut refuser
d’envoyer une voiture-balai pour au moins mettre fin aux situations
les plus choquantes et discriminatoires. Mais là, il n’y a plus
rien. Le stage peut ne pas être rémunéré, l’employeur n’a pas à
assurer de protection sociale, rien n’est dit sur le fait de ne pas
remplacer des salariés permanents par des stagiaires…
L’affaiblissement d’un texte par
les États membres s’illustre aussi avec la directive sur
l’information non financière ? C’est exact. Là aussi les États membres sont
parvenus à alléger le contenu de la proposition initiale de la
Commission. Et le Parlement a validé le texte, préférant un accord
que rien du tout. Au final c’est un premier pas timide mais nous
allons, et j’espère aussi le prochain Parlement européen, à
batailler pour renforcer de texte.
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Agenda
2 et 3
avril Genève Forum
de dialogue mondial sur les défis à relever en matière de
négociation collective dans la fonction publique, organisé par
l’Organisation internationale du travail
7 avril Bourg-la-reine L’Institut
Européen du Salariat organise, avec le soutien du CURAPP (Université de
Picardie), de l’IDHE.S (Université Paris Ouest Nanterre) et de la MSH
Lorraine, une journée d’études internationale sur le thème “Le Workfare
comme travail, comme rapport social et comme économie“.
11 avril
Manchester La
Middlesex University organise un séminaire intitulé « Work-life
balance, fairness and social justice in recession ».
28 avril Bruxelles Conférence
sur les conditions de travail, organisée par la Commission
européenne.
14 et 15
mai Genève Forum
de dialogue mondial sur les relations d’emploi dans le secteur des
médias et de la culture, organisé par l’Organisation
internationale du travail.
20 mai Créteil Conférence
organisée par le RT 18 (Relations professionnelles) de l’Association
française de sociologie et intitulée « Syndicats
et nouveaux acteurs face aux défis des restructurations
multinationales ». Contact: dkessel11@gmail.com
23 mai
Avignon
Séminaire méditerranéen de droit du travail, organisé par l’Association
française de droit du travail en association avec l’association
espagnole et l’association italienne de droit du travail. Le thème est
celui du « fait religieux dans l’entreprise ».Lien
vers le programme.
26 au 28
mai Copenhage Le Danish National
Research Centre for the Working Environment (NRCWE) organise la
troisième conférence internationale sur le bien-être au travail.
12 et 13
juin Paris Colloque
international « Trajectoires
professionnelles et
dispositifs publics en action » organisé par sept institutions
de recherche (CEE, IDHE, Ires, Irisso, Lest, Lise et Printemps).
20 juin Bruxelles
Conseil «Emploi et Affaires sociales »
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IR Notes est
une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues
européennes et réalisée par IR
Share et son
réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en
vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le
site IR Share. IR Share
est une entreprise à capitaux privés,
indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider
l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le
correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg,
depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
Les leçons
de la fermeture du site Tenneco de Gijon
La décision prise par l’équipementier automobile américain Tenneco (26000 salariés),
en septembre 2013, de fermer son site de Gijon (230 salariés) en Espagne, peut
paraître banale dans un contexte marqué par des fermetures de sites industriels à
travers toute l’Europe, mais elle mérite de s’y attarder, parce qu’elle illustre que
l’échelon européen peut avoir un « effet utile » : 1° les représentants du personnel
du site, soutenus par le comité d’entreprise européen et le coordinateur syndical de
la fédération syndicale européenne IndustriAll (un représentant du syndicat belge
FGTB/ABVV) ont obtenu qu’un expert soit désigné (le cabinet français Secafi) par le
comité d’entreprise local, même si la législation espagnole ne prévoit pas une telle
nomination. Un exemple qui montre que le comité d’entreprise européen peut servir à
quelque chose. 2° La Commission européenne, sollicitée en décembre par les parties
pour retrouver la voie du dialogue, a menacé d’intervenir pour vérifier la bonne
application des règles européennes en matière d’information et de consultation (voir
Mot de la quinzaine, ci-dessous). Il y avait une part de bluff, mais en pointant du
doigt que la direction avait violé la législation européenne en expliquant dès le
départ du processus d’information-consultation que sa décision était irrévocable,
donc déjà prise, la Commission a donné des arguments aux représentants du personnel.
3° En l’absence de débat sur les solutions alternatives proposées par l’expert et
d’avancée dans le dialogue avec la direction, les représentants syndicaux du site
ont saisi le tribunal supérieur de justice des Asturies sur le non-respect de la
procédure d’information-consultation. Résultat : le tribunal a déclaré la nullité
des licenciements intervenus sur le site, demandé la réintégration immédiate des 216
salariés faisant l’objet de licenciement et condamné la société à payer les salaires
dus aux travailleurs sans emploi depuis la fin de décembre 2013.
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1. Union
européenne
Législation
- Cadre de qualité pour les stages
: le Conseil a adopté, le 10 mars, une recommandation
« relative à un cadre de qualité pour les stages ». Les États membres sont
invités à changer leur législation d’ici la fin 2015 afin que des conventions de
stage soient conclues, par écrit, entre le stagiaire et le « fournisseur de
stage » (l’employeur). Cette convention doit préciser les objectifs
d’apprentissage, les conditions de travail et si une rémunération ou une
indemnité de stage est versée au stagiaire ou bien si une protection sociale est
prévue. Les États devraient veiller à ce que les stages « aient une durée
raisonnable n’excédant pas, en principe, six mois ». La recommandation est jugée
insuffisante par de nombreuses associations fédérées par le Forum européen de la
jeunesse (v. communiqué)
ainsi que par la Confédération européenne des syndicats (v. communiqué
).
- Égalité entre les femmes et les hommes
: la Commission européenne a adopté, le 7 mars, une recommandation
« relative au renforcement du principe de l’égalité des rémunérations des femmes
et des hommes grâce à la transparence ». La recommandation suggère quatre pistes
pour renforcer la transparence comme la mise en place d’audit sur les
rémunérations dans les entreprises d’au moins 250 salariés dont le résultat sera
« mis à la disposition des représentants du personnel et des partenaires
sociaux » (JOUE,
8 mars 2014, L 69, p. 11).
- Aviation civile : le règlement
245/2014 du 13 mars 2014 « modifiant le règlement 1178/2011 du
3 novembre 2011 déterminant les exigences techniques et les procédures
administratives applicables au personnel navigant de l’aviation civile » est
paru au Journal officiel (JOUE,
14 mars 2014, L 74, p. 33).
- Droit d’auteur : parution
au Journal officiel de la directive
n° 2014/26 du 26 février 2014 concernant “la gestion collective du droit
d’auteur et des droits voisins et l’octroi de licences multiterritoriales de
droits sur des œuvres musicales en vue de leur utilisation en ligne dans le
marché intérieur” (JOUE
20 mars 2014, L 84, p. 72).
- Détachement de travailleurs
: l’accord
informel entre le Parlement et le Conseil sur la proposition de
directive d’exécution de la directive sur le détachement des travailleurs a été
approuvé, le 18 mars, par la commission emploi et affaires sociales du
Parlement, par 30 voix pour, 11 contre et 3 abstentions. Le texte sera présenté
pour une adoption définitive à la plénière d’avril (14-17 avril).
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Actualité
sociale
- Préservation des droits à pension
complémentaire : parution de la position
du Conseil, adoptée le 17 février en première lecture, en vue de l’adoption de
la directive « relative aux prescriptions minimales visant à accroître la
mobilité des travailleurs entre les États membres en améliorant l’acquisition et
la préservation des droits à pension complémentaire » (JOUE,
15 mars 2014, C 77E, p. 1).
- Résolution du Parlement européen sur la
libre circulation des travailleurs : le Parlement
européen a adopté, le 12 mars, une résolution
sur la proposition de directive relative à des mesures facilitant l’exercice des
droits conférés aux travailleurs dans le contexte de la libre circulation des
travailleurs.
- Intervention de la « Troïka »
: le Parlement européen a adopté, le 13 mars, deux
résolutions sur le rôle de la troïka (BCE, FMI, Commission européenne) dans les
quatre pays ayant bénéficié d’une aide financière internationale (Chypre, Grèce,
Irlande, Portugal), l’une sur « le
rôle et les activités de la troïka dans les pays du programme de la zone
euro » et l’autre sur les « aspects
liés à l’emploi et dimension sociale du rôle et des activités de la
troïka ». Les députés recommandent que les dimensions sociales et
l’emploi soient mieux reflétés dans les programmes d’aide et que chaque pays
concerné bénéficie d’une « task force sur la croissance ». Les députés appellent
à accorder une attention identique aux déséquilibres sociaux et aux
déséquilibres macroéconomiques.
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Jurisprudence
- Congé maternité et mère porteuse
: la Cour de justice de l’Union européenne s’est
prononcée dans deux affaires concernant des salariées ayant réclamé un congé de
maternité pour l’arrivée de leur enfant conçu par l’intermédiaire d’une mère
porteuse. Faute d’être enceinte ou d’avoir accouché au sens de la directive
92/85, la Cour de justice estime que dans ce cas la salariée ne peut bénéficier
du congé de maternité. Certes, la Cour a déjà jugé que ce congé vise également à
assurer la protection des rapports particuliers entre la femme et son enfant.
Mais souligne-t-elle cette fois-ci, cet objectif ne concerne que la période
postérieure « à la grossesse et à l’accouchement », ce qui exclu les femmes
ayant recourt à une mère porteuse et qui n’ont pas eu elles-mêmes une grossesse.
Par conséquent, le refus pour un employeur d’accorder le congé de maternité ne
constitue pas une discrimination directe – un père commanditaire ayant eu un
enfant grâce à une convention de mère porteuse est traité de la même manière
qu’une mère commanditaire dans une situation comparable – ni une discrimination
indirecte – le refus du congé en cause ne désavantage pas plus les travailleurs
féminins par rapport aux travailleurs masculins. Par conséquent, 1° les États
membres ne sont pas tenus d’accorder un congé de maternité à une travailleuse,
en sa qualité de mère commanditaire ayant eu un enfant grâce à une convention de
mère porteuse, y compris lorsqu’elle est susceptible d’allaiter cet enfant après
la naissance ou qu’elle l’allaite effectivement (CJUE
13 mars, aff. C-167/12, CD.). 2° L’employeur qui refuse de lui accorder
un congé de maternité ne commet aucune discrimination liée au sexe, ni de
discrimination fondée sur le handicap, même si la travailleuse était dans
l’incapacité de porter un enfant, l’obligeant à recourir à une mère porteuse (CJUE
13 mars, aff. C-363/12, Z.). Deux affaires dans lesquelles la Cour ne
fait pas preuve d’audace.
- Contrats à durée déterminée
: la Cour de justice a rendu deux arrêts, le 13 mars,
concernant l’accord-cadre sur le travail à durée déterminée, conclu le 18 mars
1999, annexé à la directive 1999/70 du 28 juin 1999. La Cour juge qu’une
législation nationale ne peut pas prévoir des règles de préavis différentes pour
des contrat à durée déterminée de plus de six mois (un préavis fixe de deux
semaines) et des contrats à durée indéterminée (de deux semaines à trois mois en
fonction de l’ancienneté du salarié), lorsque ces deux catégories de salariés se
trouvent dans des situations comparables (CJUE 13 mars 2014, C‐38/13,
Małgorzata Nierodzik). Dans une autre affaire, elle accepte une
réglementation qui permet aux universités de procéder au renouvellement des
contrats de travail à durée déterminée successifs conclus avec des enseignants
associés, sans aucune limitation en ce qui concerne la durée maximale et le
nombre de renouvellements de ces contrats, dès lors que de tels contrats sont
justifiés par une raison objective (CJUE
13 mars 2014, C-190/13, Márquez Samohano).
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2. États
membres
France
- Travail temporaire : le
nouveau dispositif du « contrat de travail à durée indéterminée intérimaire »
(CDI intérimaire) est entré en vigueur le 6 mars, suite à la publication de
l’arrêté d’extension (JO 6 mars 2014). Conclu entre un intérimaire et une agence
d’intérim, le CDI intérimaire comporte des périodes d’exécution des missions –
où l’intérimaire reçoit une rémunération équivalente à celle pratiquée dans
l’entreprise utilisatrice – et des périodes sans exécution de missions, pour
lesquelles il bénéficie d’une garantie minimale mensuelle de rémunération qui ne
peut pas être inférieure au salaire minimum (Smic). Pendant ces périodes,
l’agence d’intérim peut lui demander de suivre des formations. L’objectif des
partenaires sociaux est de conclure 20 000 CDI intérimaires sur trois ans. (v.
communiqué
de presse de l’organisation employeur Prism’emploi et infographie,
en français).
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Italie
- Réforme du marché du travail
: le nouveau gouvernement a mis en œuvre son projet de
« Jobs act » qui doit amener à une nouvelle refonte de la législation du
travail. Le Jobs act se décline en deux temps. 1° une procédure d’urgence avec
un « décret-loi » qui comprend les mesures accentuant la flexibilité des
contrats à durée déterminée (CDD) et l’apprentissage. 2° Un programme très
ambitieux de réformes à travers un projet de la loi-cadre qui, une fois adopté
par le Parlement, déléguera au gouvernement le soin d’adopter dans les six mois
des décrets législatifs mettant en œuvre diverses mesures. Une des premières
mesures est de permettre la conclusion de CDD sans cas de recours. Il est
désormais possible de renouveler plusieurs fois un CDD sans motif sur une durée
maximale de trois ans. En matière d’apprentissage, il est désormais possible de
prévoir jusqu’à l’âge de 29 ans des contrats de deux ans avec une rémunération
fixée deux échelons en dessous de celle normalement prévue par les grilles de
classification des conventions de branche. Le décret-loi prévoit en outre que
les heures de formation seront payées à la hauteur de 35 % de la rémunération
horaire.
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Luxembourg
- Assurance chômage : le
Conseil de gouvernement du 19 mars a adopté le projet de règlement grand-ducal
définissant les critères de « l’emploi approprié » dans le cadre de la réforme
du régime d’assurance chômage (Adem) (v. communiqué
en français). Les demandeurs d’emploi sont tenus d’accepter un emploi approprié.
Pour être considéré ainsi, l’emploi doit permettre d’obtenir une rémunération au
moins égale à l’indemnité de chômage complet. L’emploi proposé ne doit pas être
identique à celui exercé avant, mais en rapport avec la qualification ou
l’expérience professionnelle. Le trajet journalier et la situation familiale ne
sont plus pris en considération pour justifier le refus d’un poste. Après avoir
été inscrit pendant trois mois comme demandeur d’emploi, une personne doit
accepter un poste proposé à temps partiel même si elle bénéficiait d’un emploi à
plein-temps auparavant.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
- Axa : trois membres du
Comité européen de groupe d’AXA dont le secrétaire, Olivier Pelras, le syndicat
CFDT et la direction des ressources humaines d’AXA France ont reçu une
délégation du Trade Union Congress (TUC). Le TUC prépare un rapport sur
l’application de la législation britannique sur l’information et la consultation
(ICE) après s’être rendu notamment chez Axa, Thales, Pernod Ricard et Husqvarna.
- GDF Suez : lors de sa
réunion plénière du 12 mars, le CE européen de GDF Suez a obtenu des engagements
de la direction dans le cadre d’un projet de création d’une direction des
centres de services partagés (CSP) en Belgique et en France. Le comité a rendu
un avis négatif jugeant que pour certaines activités, les conséquences sociales
« s’avèrent démesurées tant en coût financier induit qu’en termes humains ». La
direction pour sa part s’est engagée sur plusieurs points. Les salariés affectés
ne subiront ni licenciement ni mobilité forcée. Ils bénéficieront d’un
accompagnement personnalisé et, pour le personnel en doublon, d’un reclassement
prioritaire au sein du groupe GDF Suez avec un accompagnement financier et
professionnel. Les conventions collectives et les statuts du personnel de chaque
entité demeurent inchangés dans le cadre des législations locales. Un suivi des
engagements sera réalisé par le CE européen durant les deux années à venir.
- Rockwell Collins : la
direction de l’équipementier aéronautique américain Rockwell Collins (20 000
salariés) et le secrétaire du CE européen ont signé un nouvel accord
de CE européen sous l’égide de la loi luxembourgeoise, qui est sans doute l’un
des plus court signés ces dernières années. Le texte se réfère aux prescriptions
minimales de la directive de 2009 et aux dispositions du Code du travail
luxembourgeois. Cependant deux réunions annuelles sont prévues au lieu d’une
comme le prévoit la législation. Le groupe compte plus de 1800 salariés en
Europe et est surtout implanté en France (40% des effectifs européens), en
Grande-Bretagne (29%) et en Allemagne (28%) ainsi qu’en Suède et aux Pays-Bas.
- Suez Environnement : les
partenaires sociaux ont entamé, le 20 février, la négociation d’un accord
européen sur la santé et la sécurité au travail. Une prochaine réunion de
négociation est prévue le 27 mars avant une réunion, en principe conclusive, le
10 avril.
- EWCdatabase : la base de
données de l’Institut syndical européen a récemment mis en ligne l’accord du CE
européen de Yara (2005) et ses deux avenants ainsi que l’accord du CE
européen mis en place par le groupe d’électroménager slovène Gorenje (2013).
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4. Études et
rapports
Comité d’entreprise européens :
dans un numéro de Courrier
hebdomadaire (n° 2198, 6,98 euros) édité par le Centre de recherche
d’information sociopolitique (CRISP), Peter Kerckhofs livre une analyse détaillée de
la « nouvelle réglementation belge sur les comités d’entreprise européens »
complétée par une étude statistique portant d’une part sur les multinationales
belges concernées par la nouvelle directive européenne, et d’autre part sur les 91
CE européens auxquels s’applique aujourd’hui la transposition en droit belge de
celle-ci.
- Représentativité des partenaires sociaux
européens : la Fondation de Dublin (Eurofound) a publié
une étude
représentativité des partenaires sociaux européens de niveau
interprofessionnel. Les syndicats nationaux affiliés aux trois organisations
syndicales européennes (ETUC, Eurocadres et CEC) couvrent 91% des salariés
européens tandis que les trois organisations employeurs (BusinessEurope, UEAPME,
CEEP) couvrent 85% des entreprises et 89% des salariés. Seules ETUC et
BusinessEurope ont des affiliés dans tous les pays de l’UE. La Confédération
européenne des cadres (CEC) n’est présente que dans 11 pays tandis que
l’organisation des employeurs à participation publique (CEEP) a des affiliés
dans 17 pays.
- Travail temporaire : la
Commission européenne a publié le 21 mars, le rapport
d’application de la directive 2008/104 sur le travail intérimaire. Le
rapport conclut qu’il n’est pas nécessaire de modifier la directive mais il
relève que « certaines dérogations au principe de l’égalité de traitement
prévues par la directive peuvent avoir été utilisées d’une façon qui empêche,
dans la pratique, l’application de la directive de déboucher sur une
amélioration de la protection des travailleurs intérimaires ». Par ailleurs la
Commission regrette que les Etats membres ont trop souvent maintenu des
interdictions ou restrictions concernant le recours aux intérimaires.
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Le mot de la
quinzaine
Information-consultation
L’affaire Tenneco souligne de nouveau le débat sur le moment où intervient
l’information-consultation des représentants du personnel. Cette notion qui existe
depuis les directives adoptées dans les années 1970 pour accompagner les
restructurations (directives licenciements collectifs, transfert d’entreprise,
insolvabilité) est au centre de directives plus récentes comme celles sur les
comités d’entreprise européens (directive 94/45), les comités de société européenne
(directive 2001/86) ou la directive 2002/14 sur un cadre relatif à l’information
consultation. La lecture de ces textes amène à un constat : pour que l’information
et la consultation aient un « effet utile », elles doivent intervenir avant que la
décision de l’employeur soit prise définitivement. Consulter sur une décision déjà
prise ou irrévocable ne peut qu’être considéré comme une violation de la législation
sociale européenne. Voir plus de détails dans l’European
industrial relations dictionary, (en anglais)
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