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IR Notes 66 – 21 décembre 2016
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Francisco Gomez Abelleira, Jan Czarzasty, Alain
Lefebvre et Frédéric Turlan. Retrouver l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
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Notes en quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail.
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Editorial
Chers lecteurs
Comme des milliers d’Européens qui se
déplacent librement dans l’Union, je me suis rendu à Berlin, en
cette fin novembre, pour assister à une réunion sur l’intégration
des réfugiés sur le marché du travail des États membres. J’y suis
allé en famille et nous avons traversé les marchés de Noël installés
depuis peu, impressionnés par le sentiment de liberté et de légèreté
qui s’en dégageait, mais conscients, en tant que Français, de la
fragilité de cette atmosphère berlinoise. Berlin, comme le reste de
l’Allemagne, apparaissait encore comme un îlot préservé. Cet
éditorial devait vous donner des nouvelles d’IR Notes, à l’aube de
la quatrième année d’existence (*). La tragédie de lundi soir rend
cette communication sans intérêt. Elle nous rappelle à quel point
l’Union européenne et ses valeurs sont précieuses, même si nous ne
manquons pas de critiquer certaines de ses orientations. Pour
autant, elle reste l’unique espace démocratique qui a réussi à
assurer la paix et faire émerger un modèle social protecteur. À
l’échelle de l’histoire de notre civilisation, cet espace est jeune
et néanmoins menacé. Il doit donc être renforcé. C’est le sens du
projet de socle européen des droits sociaux. Il ne doit surtout pas
être remis en cause par les partisans d’une fermeture au reste du
monde et d’un repli national, car c’est la voie assurée vers une
nouvelle tragédie. Force est de constater que cette union de
démocraties ouvertes et respectueuses des droits fondamentaux est
« insupportable » pour une ultra-minorité d’écervelés. Raison de
plus pour la protéger et la faire grandir.
Nous adressons notre solidarité aux
personnes touchées directement et indirectement par ce dernier
attentat. Nous souhaitons à nos lecteurs de défendre notre modèle
européen en 2017 et de le renforcer.
Nous espérons que vous passerez, malgré
cette tristesse, de belles fêtes de fin d’année.
Frédéric Turlan Directeur d’IR Share
(*) Après sa suspension de fin d’année, la
prochaine IR Notes sortira le 18 janvier
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Interview
Jean-Claude Fillon Ancien membre du ministère des Affaires sociales
français et membre du réseaux européen FreSsco
La
proposition de révision du règlement de coordination
présenté par la Commission européenne (v. À la Une,
ci-contre), apporte-t-elle des améliorations aux citoyens
européens ? Globalement, le texte n’est
pas à la hauteur de ce que l’on pourrait attendre d’une véritable
révision du règlement de coordination. Il laisse trop de situations
sans réponse et ajoute des dispositions souvent verbeuses et
inefficaces, comme en matière de lutte contre la fraude au
détachement.
La
Commission annonce que sa proposition facilitera la mobilité
des travailleurs ? Notamment en permettant aux chômeurs de
rechercher plus facilement un emploi dans un autre État
membre ? Oui la Commission met en avant
la disposition qui permet à un chômeur de percevoir ses
allocations-chômage pendant au moins six mois, au lieu de trois
actuellement, lorsqu’il se rend dans un autre État membre pour y
rechercher un travail. C’est bien, mais la portée reste limitée.
Cela concerne très peu de citoyens en réalité et puis repose sur une
vision très années 50 du marché du travail où il fallait
nécessairement se rendre sur place pour trouver un emploi alors que
désormais la recherche d’emploi se fait majoritairement en
ligne.
Vous
estimez que cette « avancée » masque un véritable recul pour
la libre circulation des inactifs, et en particulier des
ex-travailleurs En effet, l’application
servile de la jurisprudence de la Cour de justice visant à soumettre
le règlement de coordination à la directive sur le droit de séjour
va considérablement entraver la libre circulation des retraités ou
des personnes handicapés. Par exemple, pour les personnes
handicapées, dès lors que leur prestation spéciale compensant le
fait qu’elles ne peuvent pas travailler n’est plus exportable et que
l’attribution d’une telle prestation n’est pas automatique dans le
pays d’accueil, leur chance d’exercer leur droit à la mobilité est
très restreinte, car ils ne pourront pas justifier de ressources
suffisantes dans le pays d’accueil puisque leur pays d’origine
cessera de verser l’allocation spéciale.
La
proposition apporte tout de même des
améliorations ? La plus significative
est celle concernant le paiement des allocations chômage. La
Commission propose que l’État qui a encaissé les cotisations
d’assurance chômage du travailleur frontalier ou assimilé soit aussi
celui qui versera l’allocation. Cette solution apporte davantage
d’équité entre les régimes de sécurité sociale, car il n’est pas
normal de laisser perdurer la situation actuelle où la charge des
allocations versées à l’ex-salarié incombe au régime du pays de
résidence, et non au régime d’assurance chômage du pays dans lequel
il a cotisé, même s’il y a dans certains cas une participation très
partielle de ce dernier. La solution proposée facilite concrètement
la vie des salariés. En effet, actuellement, lorsqu’un salarié
allemand, résidant en Allemagne et qui travaille depuis cinq ans au
Luxembourg comme frontalier, perd son emploi, il doit se réinscrire
au régime de sécurité sociale allemand pour percevoir ses
allocations et obtenir sa couverture maladie. Puis s’il retrouve un
emploi au Luxembourg, il devra de nouveau de désaffilier pour
revenir dans le régime luxembourgeois de sécurité sociale. La
proposition de révision évite ce type d’aller-retour, complexe à
gérer et à l’origine de pertes de droits ou de retard dans le
versement des prestations.
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Agenda
10 janvier
Paris
Réunion du Club CE européen animé par Astrees et IR Share, sur le thème
de l’internationalisation des CE européens, avec notamment une
intervention de Stéphane Galiné (CFDT), secrétaire du CE européen de
Sanofi. Contact: +33 (0)6 81 41 53 95
30 et
31 janvier Hambourg
Séminaire annuel sur les CE européens organisé par la EWC Academy, sur
les dernières évolutions et l’impact du Brexit (v. programme).
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR
Share et son réseau d’experts. Elle propose une veille
européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique de
l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par
mois sur le site. IR
Share. IR Share est une entreprise à capitaux privés,
indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider l’ensemble
des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le correspondant
de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg, depuis 2009, et pour
la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
La
Commission prévoit des retouches à la coordination des régimes de sécurité
sociale
La Commission européenne a présenté, le 13 décembre, une proposition
de règlement qui vise à réviser la réglementation de l’Union relative à la
coordination de la sécurité sociale. Cette réglementation, complexe, permet la libre
circulation des personnes au sein de l’Union, et des travailleurs en particulier.
Ses dispositions garantissent que les citoyens conservent leur couverture sociale
lorsqu’ils se rendent dans un autre État membre (v. communiqué
de la Commission). La proposition porte essentiellement sur quatre domaines :
l’accès des citoyens non actifs à des prestations sociales, les prestations pour
des soins de longue durée, les prestations de chômage et les prestations familiales.
Avec ce texte, la Commission cherche à contenter les pays qui demandaient plus de
moyens pour lutter contre la fraude sociale et le « tourisme social ». Ainsi, la
Commission s’aligne sur la jurisprudence de la Cour de justice en soumettant, les
règlements relatifs à la coordination des régimes de sécurité sociale à la directive
2004/38 sur le droit de séjour. Les États membres pourront ainsi décider, comme les
y autorise la Cour de justice, de ne pas accorder de prestations sociales aux
citoyens mobiles qui sont économiquement non actifs et qui ne disposent pas d’un
droit de séjour légal sur leur territoire. Ces citoyens n’ayant un droit de séjour
légal que s’ils possèdent des moyens de subsistance et une couverture santé
complète. Mais, contrairement aux assouplissements concédés à David Cameron avant le
vote en faveur du Brexit, la Commission ferme la porte à une modification des règles
concernant l’exportation des prestations familiales. Elles sont dues même si
l’enfant ne réside pas dans l’État membre d’accueil, et versées intégralement sans
modulation liée au niveau de vie de l’Etat dans lequel réside l’enfant. Par
ailleurs, la Commission tente aussi d’améliorer certains droits pour les citoyens.
Ainsi, la durée de la période maximale pendant laquelle les chômeurs à la recherche
d’un emploi dans un autre État membre peuvent demander l’exportation des prestations
de chômage, est portée de trois à six mois voire, au choix de l’État membre, à la
totalité de la durée du droit aux allocations chômage. La proposition de la
Commission doit aussi se lire en lien avec son projet de révision de la directive
sur le détachement, car plusieurs de ses dispositions visent à renforcer la
coopération administrative entre les États, en particulier en ce qui concerne la
vérification des formulaires A1 livrés par l’employeur qui détachent des
travailleurs dans un autre État membre pour justifier que ces derniers sont bien
affiliés à la sécurité sociale du pays de départ. De plus, la Commission entend
apporter sa contribution à la lutte contre les sociétés boîte aux lettres. Ainsi, un
salarié est soumis à la législation de l’État membre dans lequel l’entreprise ou
l’employeur a son siège social ou son siège d’exploitation, uniquement lorsque
l’employeur exerce généralement des activités substantielles dans cet État membre.
Si tel n’est pas le cas, le salarié est soumis à la législation de l’État membre
dans lequel sont situés le centre d’intérêt ou les activités principales de
l’employeur ou de l’entreprise. Pour l’aviation civile, le texte prévoit
explicitement, l’activité d’un pilote ou du personnel navigant membre dans le
transport de voyageurs ou de fret est « considérée comme étant une activité exercée
exclusivement dans l’État membre dans lequel se trouve la base d’affectation ».
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1. Union
européenne
Actualité
sociale
- Déclaration en faveur de la révision de la
directive « détachement » : les ministres en charge de
l’emploi de sept États membres (Allemagne, Autriche, Belgique, France,
Luxembourg, Pays-Bas, Suède) ont publié une tribune,
dans Le Monde (12-12), pour appuyer la proposition de révision de la
directive sur le détachement de travailleurs. Pour les ministres, « les
travailleurs détachés doivent pouvoir bénéficier de conditions de vie et de
travail décentes et d’une rémunération équivalente à celle des travailleurs du
pays d’accueil dès le premier jour de leur détachement ». Il est à noter que les
signataires font tous partie des principaux pays receveurs de travailleurs
détachés. Aucun pays d’Europe central et de l’Est n’y a apposé sa signature, ce
qui témoigne de nouveau de la fracture sur ce dossier entre les « anciens » et
les « nouveaux États membres ».
> Voir aussi: la Commission
félicite le Conseil pour l’adoption de la directive visant à améliorer les conditions de travail dans le secteur de
la pêche (v. communiqué).
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Jurisprudence
Un salarié victime d’une luxation du coude peut
bénéficier de la protection accordée aux salariés
handicapés : la Cour de justice de l’Union européenne a déjà
admis que la maladie, même curable, pouvait conduire à un handicap, pourvu que la
limitation qu’elle engendre soit « de longue durée » (CJUE,
11 avril 2013, aff. C-335/11, HK Danmark). Dans un nouvel arrêt (CJUE,
1er décembre 2016, aff. C-395/15, Daouidi), la Cour se prononce
sur le cas d’un salarié espagnol qui est victime d’une luxation du coude suite à une
chute sur son lieu de travail. En arrêt maladie, il est licencié pour incompétence.
L’ex-salarié conteste son licenciement et estime être victime d’une discrimination
liée à son handicap. Le juge espagnol se tourne vers la Cour de justice pour
déterminer si la limitation de la capacité subie par l’intéressé peut être qualifiée
de « durable », conformément à la notion de « handicap » visée par la directive
2000/78. Dans cette affaire, la pathologie dont est victime l’ex-salarié, est
réversible. Mais, comme six mois après l’accident, il était toujours plâtré et dans
l’incapacité de travailler, peut-on parler d’une limitation « de longue durée » qui
lui permettrait de bénéficier de la protection prévue pour les salariés handicapés ?
La Cour ne l’exclut pas. Elle note que le fait qu’une incapacité soit qualifiée de
temporaire en droit interne ne signifie pas qu’elle ne peut pas être durable au sens
de la directive 2000/78. Par ailleurs, le caractère « durable » de la limitation
doit être examiné au regard de l’état d’incapacité, en tant que tel, de la personne
concernée à la date de l’acte prétendument discriminatoire. Pour aider le juge
national, la Cour livre ensuite des indices lui permettant de vérifier si la
limitation de la capacité possède ou non un caractère « durable ».
- Validité d’une autorisation préalable de
licenciements : la Cour de justice doit rendre, ce
mercredi, un arrêt important sur la validité d’une autorisation de licenciement
collectif au regard des libertés fondamentales consacrées par le traité.
L’affaire concerne une filiale du groupe LafargeHolcim qui a voulu procéder, en
2013, à une restructuration en Grèce conduisant à une fermeture de site et à des
licenciements. Le groupe conteste le refus, par l’autorité administrative,
d’autoriser les licenciements collectifs. L’avocat général, dans ses conclusions
rendues le 9 juin 2016 (aff-
C-201/16), soulignait d’une part, que la directive 98/59 ne s’oppose pas
à la disposition grecque « qui exige des employeurs d’obtenir une autorisation
administrative préalablement à la mise en œuvre de licenciements collectifs ».
D’autre part, il a évalué le dispositif d’autorisation préalable aux libertés
fondamentales de l’Union. L’avocat général estime que l’autorisation limite la
liberté d’établissement car elle restreint « la liberté d’une entreprise
employeur de procéder à des licenciements collectifs. En effet, à défaut de
respecter cette règle, ces licenciements ne seront pas valables. Une telle règle
s’immisce ainsi directement dans l’organisation interne des entreprises et dans
la gestion de leur personnel, de même qu’elle les expose au risque éventuel
d’une exploitation à perte ». Pour l’avocat général, la liberté d’établissement
implique qu’une entreprise transfrontalière puisse « réduire les activités d’un
établissement dans un État membre et, en fin de compte, de le dissoudre […] même
si son unique raison de le faire est de poursuivre une activité économique dans
un État membre où il générera davantage de bénéfices ». En conclusion, l’avocat
général estime que l’article 49 TFUE relatif à la liberté d’établissement,
interprété à la lumière de l’article 16 de la Charte, « s’oppose à une
disposition telle que celle de la règle en cause. Le fait que l’État membre
concerné puisse traverser une crise économique aiguë, accompagnée de taux de
chômage très élevés, ne modifie pas cette analyse ». Reste à savoir si dans l’arrêt
rendu aujourd’hui, la Cour de justice suivra l’opinion de son avocat
général. Si tel est le cas, les Etats dans lesquels existent une autorisation
préalable aux licenciements collectifs devront évaluer sa compatibilité au
principe de la liberté d’établissement.
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Dialogue
social sectoriel
Dialogue social sur la transformation dans les
postes européennes : les partenaires sociaux européens du
secteur postal ont adopté, le 12 décembre, une déclaration commune sur le rôle du
dialogue social dans la transformation du secteur postal, basée sur une analyse
d’accords collectifs signés par 16 opérateurs postaux nationaux (v. communiqué
PostEurop).
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2. États
membres
Autriche
- Accord salarial dans le secteur de la
métallurgie : les salaires des 120 000 salariés de la
métallurgie et du génie mécanique vont augmenter en moyenne de 1,68 %, avec
effet rétroactif au 1er novembre 2016. Les hausses varient de 1,2 % à
2 %, les plus importantes concernant les bas salaires. Le nouveau salaire
minimum est fixé à 1 785,03 euros par mois. La rémunération des apprentis
augmente de 1,75 % et les employeurs s’engagent à continuer à payer les frais de
déplacement vers l’internat, si l’apprenti ne peut pas rester chez lui et doit
utiliser les transports en commun. L’accord est valable pour un an.
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Espagne
- Allongement du congé paternité :
le gouvernement a annoncé, le 16 décembre, que le congé de paternité
passera, au 1er janvier 2017, de 13 jours à quatre semaines. Un
décret royal devrait être adopté d’ici la fin de l’année pour entériner cette
mesure.
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Grèce
- Extension des avantages liés au mariage au
contrat de vie commune : un décret présidentiel vient de
mettre en œuvre une loi de 2015 qui oblige les entreprises à permettre aux
salariés qui ont signé un contrat de vie commune et qui le souhaitent, de
bénéficier des mêmes avantages que les couples mariés. Les entreprises
attendaient ce décret pour incorporer les dispositions de la loi dans les
contrats de leurs salariés, car certains détails n’étaient pas suffisamment
clairs dans le texte.
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Italie
- Convention collective unitaire dans la
métallurgie : une nouvelle convention collective
nationale unitaire a été conclue, le 26 novembre, entre les trois organisations
syndicales de la métallurgie (FIOM-CGIL, FIM-CISL et UILM-UIL) et la fédération
des employeurs, mettant ainsi fin à une période d’accords séparés. Cette
convention, d’une portée de quatre ans, va couvrir l’ensemble de la métallurgie
(1,6 million de salariés). Elle garantit un ensemble de dispositions minimales
et les syndicats auront la faculté de négocier des améliorations additionnelles
au sein des entreprises. L’accord sera soumis à référendum auprès des salariés.
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Pologne
- Diminution de l’âge de la retraite
: à la fin novembre, le Parlement
polonais a voté pour le rétablissement de l’ancien âge de la retraite de 65 ans
pour les hommes et de 60 ans pour les femmes, refusant ainsi la décision prise
en 2013 d’augmenter l’âge de départ à 67 ans et de le niveler pour les deux
sexes. Le changement qui vient d’être adopté attend la signature du président,
mais cela ne semble qu’une simple formalité, car c’est le président qui est la
force motrice de cette initiative. La loi entrera en vigueur en octobre 2017.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Covestro : la filiale du groupe
Bayer, Covestro (ex-Bayer MaterialScience), l’un des principaux fournisseurs
mondiaux de polymères, s’est doté d’un comité d’entreprise européen. L’accord, signé le 16 novembre,
couvre les salariés de neuf pays européens. Il met en place un comité restreint
composé du secrétaire du comité, de ses deux suppléants et d’un membre de chaque
pays comptant au moins 100 salariés. En cas d’événements exceptionnels, le comité
restreint est informé et peut être consulté par la direction. Si ces événements
concernent plus de la moitié des pays représentés au sein du comité, son secrétaire
peut, après accord avec la direction, convoquer dans un délai de dix jours ouvrés
une séance plénière du comité d’entreprise européen.
- HeidelbergCement :
l’Institut syndical européen a publié l’accord du 20 mai 2016 mettant
en place d’une instance provisoire d’information et de consultation au niveau
européen au sein du cimentier allemand HeidelbergCement, dans le cadre du rachat
du groupe italien Italcementi, les deux groupes ayant chacun un CE européen.
L’accord met en place un groupe de coordination composé de représentants des
deux comités. Il s’est réuni « une fois par mois», jusqu’à la clôture de
l’opération, afin d’être « régulièrement informé […] de l’intégration » du
groupe italien dans HeidelbergCement.
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Syndicalisme
- LafargeHolcim : les
fédérations syndicales internationales IndustriAll, IBB et FETBB ont organisé,
le 10 décembre, une journée d’action mondiale, « pour attirer l’attention sur
les nombreuses violations des droits des travailleurs commises par le plus grand
fabricant de ciment au monde ». La campagne vise à ouvrir une négociation sur un
accord-cadre mondial avec le groupe cimentier (v. communiqué
d’IndustriAll).
- Pirelli : la fédération
syndicale internationale IndustriAll a organisé la deuxième réunion annuelle du
réseau syndical mondial mis en place dans le groupe italien Pirelli, les
30 novembre et 1er décembre derniers, à Turin (Italie). (v. communiqué
d’IndustriAll).
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4. Études et
rapports
Un travailleur européen sur six est un
travailleur à bas salaire: selon des données livrées par
Eurostat, la proportion de bas salaires parmi les salariés s’élevait à 17,2 % dans
l’UE en 2014 (v. communiqué
d’Eurostat). Cela signifie qu’ils gagnaient deux tiers ou moins du salaire horaire
national brut médian. De grandes différences subsistent entre hommes et femmes ainsi
qu’en fonction des tranches d’âges. En 2014, 21,1 % des femmes salariées percevaient
un bas salaire, contre 13,5 % des salariés hommes. En outre, près d’un tiers
(30,1 %) des salariés âgés de moins de 30 ans percevait un bas salaire, contre 14 %
ou moins pour les tranches d’âges situées entre 30 et 59 ans. La proportion de
travailleurs à bas salaires variait fortement selon les États. Les pourcentages les
plus élevés ont été observés en Lettonie (25,5 %), en Roumanie (24,4 %), en Lituanie
(24 %) ainsi qu’en Pologne (23,6 %). Mais des pays d’Europe de l’ouest ne sont pas
loin derrière : l’Allemagne (22,5 %), l’Irlande (21,6 %) et le Royaume-Uni (21,3 %).
En revanche, moins de 10 % des salariés percevaient des bas salaires en Suède
(2,6 %), en Belgique (3,8 %), en Finlande (5,3 %), au Danemark (8,6 %), en France
(8,8 %) et en Italie (9,4 %).
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