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IR Notes 67 – 18 janvier 2017
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
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L’équipe : ce
numéro a été préparé par Alain Lefebvre, Sylvain Nadalet, Frédéric
Turlan et Mariangela Zito. Retrouver l’ensemble de l’équipe
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À nos lecteurs
Toute l’équipe d’IR Notes est heureuse de
compter parmi ses lecteurs, depuis quelques semaines, des membres
européens du comité d’entreprise européen de Bayer
et de Scor. Des discussions sont en cours avec
d’autres comités mais aussi des syndicats et des directions
d’entreprise. Notre objectif d’atteindre 1000 lecteurs en fin
d’année est en bonne voie. Vous pouvez également contribuer
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Frédéric Turlan frederic.t@irshare.eu
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diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
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Share et son réseau d’experts. Elle propose une veille
européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique de
l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par
mois sur le site. IR
Share. IR Share est une entreprise à capitaux privés,
indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider l’ensemble
des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le correspondant
de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg, depuis 2009, et pour
la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
La
Commission lance le processus de révision de la législation sur la santé et la
sécurité au travail
La Commission européenne a lancé, le 10 janvier, le chantier de la révision de la
législation européenne en matière de protection de la santé et de la sécurité au
travail, tout en proposant une nouvelle liste d’agents cancérigènes et mutagènes
pour lesquels elle propose des valeurs limites d’exposition. Sur le premier point,
la Commission se donne deux ans pour « supprimer ou de mettre à jour des règles
dépassées » prévues par l’actuelle abondante législation adoptée depuis la
directive-cadre de 1989 sur la santé et la sécurité au travail. Cette
« modernisation » se fera « avec les États membres et les partenaires sociaux »,
précise la Commission (v. communiqué).
La principale faiblesse de ce cadre législatif est qu’il est mal appliqué par les
entreprises et en particulier par les petites. D’où l’idée qu’il serait nécessaire
de simplifier la législation pour la rendre plus facilement applicable et ainsi
mieux protéger les salariés. De plus certaines dispositions méritent d’être revues
comme, par exemple, la définition du « lieu de travail » à l’heure du travail
réalisé via des plateformes collaboratives ou du travail nomade. La Commission
précise ses objectifs dans une communication
(en anglais) sur la base d’un document
de travail de ses services (en anglais) et diffuse déjà un guide à
destination des employeurs, pour l’instant disponible seulement en anglais.
Pour montrer sa bonne volonté, la Commission publie aussi une proposition
de directive fixant de nouvelles valeurs limites d’exposition pour cinq
agents chimiques cancérigènes supplémentaires à ceux déjà couvert par la proposition
de directive publiée en mai 2016 (v. communiqués « foire aux questions » sur la politique en
matière de santé-sécurité et l’action relative
aux agents cancérigènes. Sur ces points, l’Institut syndical européen a
livré une première analyse, très critique sur l’initiative relative aux agents
cancérigènes qui, d’une part, est trop peu ambitieuse par rapport aux nombres de
substances concernées – et même en deçà des annonces faîtes par la Commission en mai
2016 – et d’autre part, n’inclut pas les vapeurs de diesel (v. communiqué).
La Confédération européenne des syndicats dénonce également le peu d’ambition de la
Commission (v. communiqué).
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1. Union
européenne
Législation
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Actualité
sociale
Faciliter la libre prestation de services dans
l’Union : la Commission européenne a présenté, le 10
janvier, un train de mesures « qui permettra aux entreprises et aux professionnels
de fournir plus facilement des services », explique-t-elle. Cette initiative
comprend notamment une proposition
de règlement (en anglais) relative à une « carte électronique de service ».
L’idée est qu’une entreprise de services s’acquitte dans son pays d’origine et dans
sa langue des formalités administratives requises en vue d’exercer sa profession à
l’étranger, à charge pour l’interlocuteur de son pays d’origine de vérifier les
données nécessaires et de les transmettre à l’État membre d’accueil. Cette
initiative n’emporte pas l’adhésion des partenaires sociaux. Diplomatiquement,
l’organisation des employeurs BusinessEurope, veut s’assurer que cette carte
électronique apportera une plus-value en permettant de réduire les coûts,
d’économiser du temps et de rendre la vie des entreprises plus facile (v. communiqué).
De son côté, la Confédération européenne des syndicats est également dubitative (v.
communiqué).
- Priorités sociales de la présidence
maltaise de l’UE : le gouvernement maltais, qui prend la
présidence tournante de
l’UE pour le premier semestre 2017, entend promouvoir l’égalité des
sexes et les droits des minorités et des groupes vulnérables, faire progresser
les discussions sur la proposition pour une directive sur l’amélioration de
l’équilibre entre les hommes et les femmes parmi les directeurs des sociétés
cotées en Bourse et lutter contre la violence à caractère sexiste (v. programme).
- Protection des lanceurs
d’alerte : la commission du contrôle budgétaire du
Parlement européen a voté, le 9 janvier, à l’unanimité, un rapport
qui réclame la mise en place immédiate d’un « programme européen efficace et
complet » pour protéger les lanceurs d’alerte qui agissent dans la protection
des intérêts financiers de l’Union européenne. En dehors des agents de l’UE
protégés par le règlement du personnel de l’UE, les lanceurs d’alerte dépendent
des protections accordées par les législations nationales, à supposer qu’elles
existent. « La situation varie d’un État membre à l’autre. Par conséquent, il
est essentiel de disposer d’un outil législatif ainsi que d’un organe européen
indépendant qui protégerait les lanceurs d’alerte externes », précise l’auteur
du rapport, le député néerlandais Dennis de Jong (GUE/NGL). Le Parlement se
prononcera en plénière sur les propositions législatives en février prochain.
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Jurisprudence
- Une autorisation préalable de licenciement
peut enfreindre le principe de liberté d’établissement :
une filiale grecque du groupe Lafarge contestait une décision
administrative refusant qu’elle procède à des licenciements collectifs (v. IR
Share n°66). La Cour de justice estime qu’une autorisation préalable aux
licenciements collectifs n’est pas incompatible, en principe, avec la directive
sur les licenciements collectifs ni avec la liberté d’établissement. Cependant,
dans sa mise en œuvre, l’autorisation préalable analysée par la Cour, reposant
sur des critères imprécis et trop généraux, est jugée incompatible avec le
traité (CJUE,
21 décembre 2016, aff. C- 201/15, AGET Iraklis et communiqué
de presse).
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2. États
membres
Allemagne
Projet de loi pour lutter contre les inégalités
salariales entre les femmes et les hommes : le gouvernement
a adopté, le 11 janvier, un projet
de loi visant à réduire l’écart salarial persistant en Allemagne, qui
atteint 21%. L’objectif est de contraindre les employeurs à davantage de
transparence, permettant ainsi aux salariées de disposer plus facilement de données
afin de demander le même niveau de rémunération que leurs collègues masculins.
Ainsi, dans les entreprises de plus de 200 salariés, une salariée pourra demander à
son employeur, par l’intermédiaire du comité d’entreprise, d’expliquer sur quels
critères sa rémunération est fondée et de la comparer (sa rémunération brute ainsi
que deux avantages en nature comme une voiture de fonction ou un smartphone) par
rapport à un groupe de sept salariés masculins. Avec les éléments recueillis, la
salariée pourra, le cas échéant, demander un rattrapage salarial (v. schéma
diffusé par le ministère). Par ailleurs, les entreprises de plus de 500 salariés
devront produire un rapport annuel sur la structure des rémunérations qui sera rendu
public. Le texte concerne selon le ministère, environ 14 millions de salariés (v. communiqué
de presse).
- Projet de loi pour développer les régimes
de retraite d’entreprise : le gouvernement a adopté, le
21 décembre 2016, un projet
de loi qui vise à permettre aux petites et moyennes entreprises à mettre
en place plus facilement en place un régime de retraite d’entreprise et à
inciter fiscalement les salariés ayant de faibles rémunérations à cotiser à de
tels régimes (v. communiqué
de presse).
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Belgique
- Nouvelle législation sur l’incapacité de
travail : la loi
du 20 décembre 2016, qui est entré en vigueur le 9 janvier, règle les
aspects liés au droit du travail dans les cas d’une reprise partielle du travail
après une période d’incapacité. En outre, cette loi précise les conditions de
rupture du contrat de travail en cas d’incapacité de travail définitive (v. communiqué de
presse).
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Italie
Discrimination liée au genre dans l’attribution
de primes : la société de transport public de Turin (GTT) a
été condamnée en première instance pour avoir discriminé ses salariées dans
l’attribution des primes de résultat. Le système d’attribution des primes prévoyait
en effet des réductions en cas d’absences liées au congé de maternité, au congé
parental d’éducation ou pour enfant malade. De nombreux systèmes de prime en vigueur
au sein des entreprises se fondent, pour évaluer la productivité des travailleurs,
sur la présence du salarié en entreprise. Ce critère de la présence, s’il ne fait
pas l’objet de correctifs liés au genre, peut donc se révéler discriminant. Cette
affaire devrait faire jurisprudence.
- La Cour constitutionnelle refuse un
référendum sur le Jobs Act : la Cour constitutionnelle a
rejeté, le 11 janvier, le projet de référendum d’initiative populaire porté par
la Cgil, la principale confédération syndicale italienne. La Cgil demandait
l’abrogation d’une disposition emblématique du « Jobs Act » qui a supprimé
l’article 18 du Statut des travailleurs imposant la réintégration dans
l’entreprise d’un salarié injustement licencié. En revanche, la Cour
constitutionnelle a notamment accepté la tenue d’un référendum pour abroger les
« vouchers », qui permettent de rémunérer des personnes effectuant des travaux
occasionnels accessoires, mais qui n’accordent pas la protection conférée par un
contrat de travail.
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France
- Adoption d’une loi visant à protéger les
lanceurs d’alerte : si plusieurs textes existent déjà
dans certains domaines pour protéger les lanceurs d’alerte, la loi
du 9 décembre 2016 les a dotés d’un statut commun, quel que soit le
champ de l’alerte. La loi définit les lanceurs d’alerte, précise comment une
alerte doit être signalée et accorde une garantie au lanceur d’alerte à travers
son irresponsabilité pénale et l’interdiction des représailles professionnelles.
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Luxembourg
Entrée en vigueur de la réforme du congé
parental : loi du
3 novembre 2016 portant réforme du congé parental est entrée en vigueur le
1er décembre 2016. Elle vise à améliorer la conciliation entre vie privée et vie
professionnelle et à inciter les parents, et en particulier les pères, à faire un
usage plus important du congé parental. Les principaux points de la réforme
consistent à attribuer une allocation proportionnelle aux revenus du parent qui
prend le congé, et d’offrir la possibilité de prendre le congé d’un bloc ou de façon
fractionnée voire à temps partiel (v. présentation
de la réforme).
- Relèvement du salaire minimum et
déclenchement de l’indexation des salaires : en
application de la loi du 15 décembre 2016, le salaire social minimum a été
relevé de 1,4 % à partir du 1er janvier 2017. Compte tenu du déclenchement
concomitant de l’indexation des salaires qui impose une augmentation de 2,5 %
des salaires, traitements et pensions, le salaire minimum progresse de 3,9 % au
1er janvier, pour atteindre 1 998,59 euros.
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3.
Entreprises
Accords
transnationaux
BNP Paribas : la direction de
la banque française BNP Paribas (186000 salariés dont plus de 146000 en Europe) a
signé, le 10 janvier, son troisième accord européen, après ceux sur la gestion
de l’emploi (2012) et sur l’égalité
professionnelle. Le nouvel accord porte sur « la
prévention du stress au travail » et a été conclu, comme les précédents,
avec UNI Europa
(v. communiqué
de presse), la FECEC
et le secrétariat
du comité de groupe européen (v. communiqué
de la direction). L’accord comprend quatre principaux chapitres relatifs à la
description du stress au travail, son évaluation, la prévention et le traitement. À
noter que l’accord rappelle que l’utilisation des outils numériques « doit se faire
pendant les horaires de travail habituels tout en respectant le repos
hebdomadaire ». Pour les signataires, « les modes managériaux basés sur une pression
systématique ne peuvent constituer un mode de gestion des équipes ».
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Comités
d’entreprise européens
UniCredit : le CE européen du
groupe bancaire UniCredit a adopté une déclaration
lors de sa réunion plénière du 15 décembre 2016. Le CE européen estime que le plan
stratégique sur trois ans adopté par la banque ne doit pas uniquement sécuriser les
actionnaires et le marché, mais aussi se dérouler en respectant des garanties
minimales pour les salariés. Le texte précise le contenu minimum d’un plan social
(droit à une année de formation professionnelle pour permettre une reconversion, pas
de licenciements contraints, reclassement avant tout licenciement…) et demande le
démarrage d’une négociation en faveur d’un accord-cadre international entre le CE
européen et UNI Global Union.
- ArcelorMittal : lors de la
réunion plénière des 14 et 15 décembre 2016, le CE européen a présenté les
travaux sur la sous-traitance menés par ses trois groupes de travail (emploi,
santé-sécurité, développement durable) qui ont abouti à des recommandations,
comme par exemple l’élaboration dans chaque site d’une charte des sous-traitants
ou l’adoption d’un plan d’action pour réduire les accidents du travail mortels.
- Michelin : le CE européen
de Michelin a décidé de lancer une expertise sur l’enjeu de la gestion des
seniors au sein des entités européennes du groupe. « L’objectif est d’effectuer
un état des lieux et d’aboutir à des actions concrètes », explique Christian
Bradier (CFDT), secrétaire du CE européen.
- Sanofi : la direction du
groupe pharmaceutique Sanofi et son CE européen ont achevé la négociation d’un
avenant à l’accord de CE européen. L’accord met fin à la désignation de 5
administrateurs salariés avec voix consultatives au conseil d’administration,
afin de se conformer à la loi française n° 2015-994
du 17 août 2015, qui prévoit dans les grandes entreprises la désignation
de deux représentants des salariés, avec voix délibérative, au conseil
d’administration. Le comité pourra désigner l’un des deux représentants.
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4. Études et
rapports
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