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IR Notes 68 – 1er février 2017
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Frédéric Turlan. Retrouver l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
S’abonner à IR
Notes en quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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Interview
Jean-François Bourrée, responsable des relations sociales BNP Paribas
Pourquoi le stress est-il un enjeu
de dialogue social au niveau
européen? Dans un
contexte bancaire en profonde
mutation, agir en matière de prévention de stress au travail est un
enjeu clef pour le groupe BNP Paribas et contribue à une plus grande
efficacité ainsi qu’à une amélioration de la santé au travail et de
la sécurité au travail des collaborateurs. En complément des accords
ou pratiques existants sur ce sujet, il nous a paru important de
définir, avec le Comité de groupe européen, des principes et un
socle commun, qui soient une référence pour les RH de chaque pays et
de chaque entités concernés, ainsi que pour le management et les
collaborateurs. La volonté d’un accord à l’échelle européenne est
due à la forte implantation européenne du groupe BNP Paribas, avec
plus de 131 000 collaborateurs présents dans les 23 pays du
périmètre du Comité de groupe européen, et qui représentent près de
66% des collaborateurs du groupe dans le monde.
Lors des négociations avez-vous eu
l’impression que ce thème est compris de la même façon dans tous
les pays représentés au CE européen? Chaque pays représenté au sein du Comité
européen a sa pratique en matière de prévention du stress, lié
notamment au contexte culturel, législatif et aussi fonction des
effectifs de l’entité concernée et de ses enjeux. Pour autant nous
avions la volonté avec le Comité européen de définir un socle
commun, avec des définitions partagées et une méthodologie commune
dans ses grands principes.
Quelles sont les grandes étapes de
la mise en oeuvre de cet accord? Il est d’abord prévu une communication très
large de l’accord avec une mise en ligne dans chaque intranet des
sites concernés en Europe et ce dans la langue de chacun des pays où
il s’applique. Ensuite une attention forte au déploiement de
l’accord et à la mise en place de ses principales dispositions sera
apportée avec l’appui des équipes managériales et des RH des pays
concernés. Un premier bilan de la mise en œuvre de l’accord doit
être réalisé avec les partenaires sociaux lors de la session
plénière de novembre 2017. Enfin un suivi de l’application de
l’accord tous les deux ans est prévu dans les dispositions mêmes de
l’accord.
Vous venez de finir un cycle de
négociation sur une sorte de charte social européen reposant sur
trois accords européens. Quelle est la prochaine étape?
Cet accord
constitue le troisième volet de la charte sociale européenne de BNP
Paribas, après l’accord signé en juillet 2012 sur la gestion de
l’emploi et l’accord sur l’égalité professionnelle entre les hommes
et les femmes signé en septembre 2014. En 2017 et 2018, la priorité
sera d’accompagner l’ensemble des entités concernées du groupe dans
la poursuite du déploiement des trois accords de la charte sociale
européenne.
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Agenda
7 et 8
février Bruxelles
L’ETUI organise, en coopération avec l’Institut de recherche économique
et sociale (WSI) de la Fondation Hans Böckler, un atelier d’experts
intitulé «Les
salaires minimums en Europe».
24 février
Paris
Conférence de l’AFDT sur les discriminations au travail, sous la
présidence de Jean-Christophe Sciberras.
3 mars Luxembourg
Conseil « Emploi, politique sociale, santé et consommateurs ».
9 et 10 mars
Bruxelles
Conseil européen.
3 et 4 avril
La Valette
Conseil informel Emploi et Affaires sociales.
28 avril
Paris
Conférence de l’AFDT
sur la mesure de la représentativité syndicale et patronale.
29 avril
Bordeaux Le
Comptrasec (UMR 5114 – CNRS-Université de Bordeaux) organise une manifestation
internationale et interdisciplinaire sur l’innovation et la
protection de la santé au travail, avec le professeur Robert
Karasek, père du modèle d’évaluation du stress au travail Job
demand/Control.
4 mai
Paris
Conférence de haut niveau organisée par l’OCDE et la Fondation pour
l’amélioration des conditions de vie et de travail sur la
mobilité sociale et l’égalité des chances.
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IR Notes est une lettre
diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et
réalisée par IR
Share et son réseau d’experts. Elle propose une veille
européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique de
l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par
mois sur le site. IR
Share. IR Share est une entreprise à capitaux privés,
indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider l’ensemble
des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le correspondant
de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg, depuis 2009, et pour
la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
La
Commission européenne sanctuarise les droits à la participation des travailleurs
C’est une volte-face inattendue de la Commission qui s’est produite devant la Cour de
justice de l’UE, le 24 janvier, lors d’une audience relative à une affaire en cours
concernant la compatibilité entre la législation allemande sur la cogestion et le
droit de l’UE (aff.
C-566/15, Erzberger/TUI). Cette législation impose aux entreprises qui
emploient plus de 2000 salariés sur le territoire allemand d’accueillir au sein de
leur conseil de surveillance des représentants des salariés à proportion de la
moitié des sièges. Cette loi a pour conséquence que les salariés qui ne sont pas
situés sur le territoire allemand ne peuvent ni voter, ni se porter candidat pour
être représentant des salariés au sein du conseil de surveillance (v. pour plus de
détails IR
Notes 47). Dans cette affaire, un actionnaire du voyagiste TUI, opposé par
principe à la cogestion, considère que cette loi est discriminatoire et porte
atteinte, en particulier, à la libre circulation des travailleurs, protégée par
l’article 45 du Traité
sur le fonctionnement de l’union européenne. Dans un mémoire du 9 février 2016
remis à la Cour de justice, la Commission est allée dans le même sens, en suggérant
à la Cour de constater une atteinte à la libre circulation des travailleurs, ce qui
conduirait à remettre en cause de système de la cogestion allemande. Après une
intense campagne des syndicats, ulcérés par la position de la Commission, celle-ci a
fait machine arrière. Le jour de l’audience, la Commission a expliqué, selon son communiqué,
que «la participation des salariés constitue un important objectif de politique
publique et toute éventuelle restriction à la libre circulation des travailleurs
pouvant résulter d’une telle réglementation peut se justifier par la nécessité de
sauvegarder les systèmes de participation des travailleurs et leur objectif social.
En conséquence, la Commission considère que la réglementation allemande en vigueur
peut être considérée comme compatible avec le droit de l’Union». Interrogée, la
Commission n’a pas souhaité commenter « une affaire en cours » ni préciser s’il
s’agissait d’un cas d’espèce ou d’une véritable profession de foi en faveur des
systèmes nationaux de participation des salariés. C’est en effet la première fois
depuis de nombreuses années que la Commission fait passer un objectif social devant
une liberté économique de l’UE. La porte-parole nous a précisé qu’il est
« totalement normal que la position de la Commission puisse évoluer au cours d’une
affaire ou s’adapter après la prise en compte de différents arguments ». Reste à
savoir maintenant quelle sera la position de l’avocat général de la Cour, dont les
conclusions sont très souvent suivies par la Cour de justice lorsqu’elle rend son
jugement. > Pour en savoir plus, visitez le
« Mitbestimmungs-Portal
» de la Fondation Hans Böckler et le communiqué
publié après l’audience (en allemand).
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1. Union
européenne
Législation
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Actualité
sociale
Conférence sur le socle européen des droits
sociaux : la Commission européenne a organisé une
conférence, le 23 janvier, à Bruxelles, pour examiner les résultats de la
consultation publique sur le socle européen des droits sociaux. Elle devrait
présenter sa proposition en mars. Cependant la commissaire Marianne Thyssen a déjà
indiqué quelques éléments dans son discours,
comme la nécessité d’accorder des conditions de travail décentes à tous les
travailleurs, quel que soit leur statut, en permettant notamment l’acquisition de
droits transférables en matière de protection sociale. Le président de la
Commission, Jean-Claude Juncker, a mis en avant l’instauration d’un salaire minimum
dans tous les États qui appliqueront le socle, ceux de la zone euro, mais aussi les
autres qui choisiront de l’appliquer (v. communiqué de
la Commission et vidéo).
- Le Parlement européen demande un socle
européen des droits sociaux ambitieux : le Parlement
européen a adopté, le 19 janvier, à une large majorité, une résolution
sur un socle européen des droits sociaux qui exige des mesures concrètes
pour faire respecter les objectifs sociaux des traités et réduire la pauvreté.
Les parlementaires réclament une « proposition de directive-cadre sur des
conditions de travail décentes dans toutes les formes d’emploi, en étendant les
normes minimales existantes à de nouveaux types de relations
d’emploi ».
> Voir aussi sur le même
sujet l’avis du Comité économique et social européen (v. communiqué).
- Protection des travailleurs contre les
agents cancérigènes : neuf organisations européennes
d’employeurs ont adressé, le 4 janvier, un courrier
aux députés de la commission emploi et affaires sociales du Parlement européen
pour leur demander de ne pas revoir à la baisse les valeurs limites d’exposition
contre les agents cancérigènes proposées par la Commission. Les députés doivent
adopter, le 28 février, un rapport
sur la proposition de révision de la directive 2004/37 relative à la protection
des travailleurs contre les agents cancérigènes. Pour ces organisations, des
valeurs trop basses seraient difficilement applicables par les employeurs. De
plus, une position trop protectrice du Parlement aboutirait à l’effet inverse en
rendant difficile un accord avec le Conseil et la Commission, repoussant ainsi
l’entrée en vigueur de mesures en faveur de la santé des salariés (v. communiqué).
« Cette lettre est cynique, réagit Laurent Vogel, de l’Institut syndical
européen. Par exemple, la valeur limite pour le chrome hexavalent proposée par
la Commission et défendue par les signataires équivaut à un cancer du poumon par
dix travailleurs exposés alors qu’il y a un million de travailleurs exposés au
chrome VI en Europe ! Elle est 25 fois plus élevée que la valeur limite
réglementaire en France ou aux Pays-Bas ».
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2. États
membres
Belgique
- Adoption d’un accord interprofessionnel :
les partenaires sociaux ont achevé, le 11 janvier, la
négociation d’un accord interprofessionnel, qui a été approuvé par les trois
confédérations syndicales (CSC, FGTB, CGSLB), le 31 janvier. Le texte prévoit
notamment que les négociations salariales dans les secteurs et dans les
entreprises pourront prévoir des augmentations salariales pouvant aller jusqu’à
1,1% pour la période 2017-2018. Le texte revoit le système des préretraites
(prépensions) et prévoit un agenda de négociation sur de nombreux thèmes comme
le burn-out, l’organisation du travail ou la digitalisation et économie
collaborative.
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Portugal
- L’OCDE pousse à de nouvelles réformes du
marché du travail : dans un rapport
(en anglais) publié le 19 janvier, l’OCDE invite le Portugal à de nouvelles
réformes du marché du travail (v. communiqué).
Le rapport estime que les résultats de la décentralisation de la négociation
collective sont « mitigés » et préconise « de nouvelles augmentations du salaire
minimum » pour remédier au problème des travailleurs pauvres, tout en réduisant
les charges sociales à ce niveau de salaire afin d’éviter des destructions
d’emplois. Le rapport propose en annexe une synthèse des réformes entreprises
sur la période 2011-2015.
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Royaume-Uni
Requalification de livreurs indépendants en
workers : l’Employment tribunal de Londres a jugé,
le 6 janvier, qu’une livreuse de la société CitySprint ne pouvait pas être
considérée comme une travailleuse indépendante, mais comme une worker. Il
s’agit d’un statut particulier au Royaume-Uni. En effet, un worker n’est ni un
salarié ni un travailleur indépendant. C’est un statut intermédiaire qui accorde
comme principales protections : le paiement du salaire minimum, le droit à des
congés payés annuels ou encore une limitation du temps de travail hebdomadaire à 48
heures. Ce jugement concerne une femme employée depuis plus de deux ans en tant que
travailleuse indépendante (self-employed) qui n’avait aucune garantie de
rémunération, aucun congé payé annuel ni d’indemnité en cas de maladie. Le tribunal
a considéré que son statut officiel aurait dû être worker (v. article du Guardian).
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Fnac : la direction de la Fnac
(27000 salariés), une chaîne de magasins française spécialisée dans la distribution
de produits culturels et électroniques, et un groupe spécial de négociation assisté
par un expert de Syndex, mandaté par la fédération syndicale européenne UNI Europa,
ont signé, le 6 décembre 2016, un accord
pour mettre en place un CE européen. Sur les questions transnationales,
l’accord reprend la définition de la directive et précise que le comité est
également compétent « indépendamment du nombre d’États concernés, si » une question
« a un impact potentiel important sur les travailleurs européens ou si elle implique
des transferts d’activité entre États ». En matière d’articulation entre le comité
et les instances nationales de représentation des salariés, l’accord prévoit la
concomitance « dans l’accomplissement des procédures » tout en laissant dans
certains cas, la direction et le comité décider d’une « articulation différente ».
Le comité peut mettre en place des groupes de travail pour approfondir des sujets
transversaux. Le comité comprend 18 membres dont 9 pour la France (73% des
effectifs), 3 pour l’Espagne (qui va franchir le seuil de 10%) et 2 pour chacun des
autres pays (Belgique, Pays-Bas, Portugal). Le texte prévoit un membre observateur
pour Monaco et la Suisse). Un représentant syndical européen peut être invité aux
réunions. Le bureau du comité peut recevoir un mandat « défini dans le temps et sur
une mission donnée » pour exercer certaines des prérogatives du comité. Ce dernier
dispose d’un budget de recours à un expert de 20000 euros par an, hors demande
d’expertise spécifique en cas de restructuration, et d’un budget de fonctionnement
de 8000 euros est alloué notamment pour les traductions internes du comité.
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Accords
transnationaux
Suez : la direction du groupe
Suez a signé, le 1er septembre 2016, un accord
européen sur la gestion des emplois et des compétences avec des
représentants du CE européen et la Fédération syndicale européenne des services
publics. Il s’agit du troisième accord signé au niveau européen après ceux sur la santé
et la sécurité au travail et sur l’égalité
professionnelle. L’accord met en place un « observatoire européen des
métiers du groupe » qui doit effectuer une veille sur les évolutions réglementaires,
technologiques, commerciales afin d’en évaluer les conséquences sur l’emploi et les
qualifications. L’accord prévoit aussi une cartographie afin d’identifier les
métiers à « évolution quantitative significative », les métiers stratégiques, les
métiers en tension, les métiers vulnérables confrontés à un « risque significatif de
suppression d’emploi » et les métiers dont les conditions d’exercice peuvent
compromettre une carrière complète dans ces métiers (horaires atypiques, métiers
usants).
- OSM : la direction d’OSM
aviation (2700 salariés), la filiale de la compagnie à bas coût Norwegian
spécialisée dans le recrutement et la mise à disposition de personnel pour
l’aviation civile, a signé, le 6 janvier, un mémorandum avec la Fédération
syndicale internationale des travailleurs du transport (ITF) pour garantir
l’exercice des droits syndicaux (v. communiqué d’OSM
Aviation et d’ ITF).
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Syndicalisme
- Aviapartner : la
Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF) et ses affiliés en
Belgique, Allemagne et Italie ont distribué des tracts, le 7 janvier, aux
salariés d’Aviapartner (6000
salariés), une société belge spécialisée dans l’assistance aéroportuaire, pour
dénoncer la mauvaise qualité du dialogue social et le fait que la société ne
respecte pas son obligation légale d’informer les travailleurs par
l’intermédiaire du CE européen (v. communiqué
d’ETF).
- Prosegur : la fédération
syndicale internationale UNI Global Union a déposé une plainte, en Espagne,
contre le groupe espagnol de sécurité privée Prosegur auprès de l’OCDE. La
fédération évoque de multiples violations des Principes directeurs à l’intention
des entreprises multinationales en Amérique latine et en Inde (v. communiqué).
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4. Études et
rapports
Le monde du travail face à la révolution
numérique : l’Institut syndical européen a rassemblé à
Bruxelles, de nombreux experts pour aborder les questions sociales liées à la
digitalisation de l’économie. Ce thème est de plus en plus abordé par le dialogue
social, y compris au niveau transnational par plusieurs CE européens. Les acteurs du
dialogue social pourront parcourir le numéro des Notes
de prospective consacré aux résultats de cette conférence. Les actes
de ce colloque sont disponibles en anglais.
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