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IR Notes 76 – 24 mai 2017
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Sylvain Nadalet et Frédéric Turlan.
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Notes en quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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Editorial
Solidarité avec Manchester
Terminer la rédaction d’une IR Notes au moment où un attentat fauche des
vies dans l’un des Etats membres de l’Union, devient une habitude. Mais
elle suscite toujours la même indignation, toujours la même tristesse,
et donne toujours plus envie de clamer la nécessité de vivre unis dans
la diversité, comme l’évoque la devise de l’UE (Unie dans la diversité /
In Vielfalt geeint / United in diversity / Unida en la diversidad).
Comme l’explique la Commission européenne, cette devise signifie que, au
travers de l’UE, « les Européens unissent leurs efforts en faveur de la
paix et de la prospérité, et que les nombreuses cultures, traditions et
langues différentes que compte l’Europe constituent un atout pour le
continent ». Condamnant la constante lâcheté de ces attentats, la
rédaction d’IR Notes exprime toute sa sympathie aux personnes touchées
par l’attentat de Manchester, et à ses lecteurs britanniques.
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IR Notes est
une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues
européennes et réalisée par IR Share et son
réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en
vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le
site. IR
Share. IR Share est une entreprise à
capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer
et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà.
Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le
Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
La
Commission pose les jalons d’une mondialisation heureuse
Après son Livre
blanc sur l’avenir de l’Europe, présenté le 1er mars, puis le document
de réflexion sur l’Europe sociale, publié le 26 avril, la Commission
européenne a rendu public, le 10 mai, son document
de réflexion sur la maîtrise de la mondialisation. Ce texte « vise à lancer
un débat sur la manière dont l’UE et ses États membres peuvent façonner la
mondialisation de façon à anticiper l’avenir et à améliorer les conditions de vie
des Européens ». Après un plaidoyer sur les bienfaits de la mondialisation tant dans
l’Union que dans le monde, la Commission évoque aussi un certain nombre de défis :
les pratiques commerciales déloyales de pays tiers qui ont fragilisé des industries
comme la sidérurgie ou la construction navale ; la non-réciprocité en matière
d’accès à leur économie nationale ; la réduction du nombre d’emplois non qualifiés
qui a pour conséquence que les travailleurs licenciés peinent à trouver un nouvel
emploi, surtout lorsque cela implique d’acquérir de nouvelles compétences, ou encore
l’optimisation fiscale qui permet à des entreprises de payer leurs impôts dans des
pays à faible fiscalité plutôt que là où elles produisent. Une pratique qui prive
« les gouvernements de l’UE de recettes fiscales » et contribue « à l’injustice et
à la perception que l’intégration mondiale ne profite qu’aux grandes entreprises et
aux citoyens fortunés ». Après avoir dressé les défis, la Commission prévient que
cette mondialisation va radicalement changer sous l’effet de la numérisation de
l’économie. Face à cela, elle écarte la tentation isolationniste – « si nous fermons
nos frontières, d’autres feront de même. Nous serions tous perdants » – et mets en
avant deux actions : 1° Développer la coopération économique, la diplomatie
économique et les instruments visant à garantir une concurrence équitable ». 2°
Renforcer la résilience par un meilleur partage des richesses et le renforcement de
la compétitivité à long terme. La politique sociale y a toute sa place, et la
réussite est accessible semble indiquer la Commission citant des pays qui vont dans
la bonne direction : il est ainsi nécessaire de développer « un enseignement et une
formation de qualité, comme en Finlande ou en Estonie » qui apporte aux citoyens les
compétences et la résilience nécessaires à une adaptation efficace. « Des
politiques actives du marché du travail et des mesures de redistribution efficaces
contribuent à assurer la cohésion sociale et à lutter contre l’exclusion sociale,
comme c’est le cas au Danemark, en Suède et dans d’autres pays ». « La maîtrise de
la mondialisation commence donc à l’intérieur de l’Union, conclut donc la
Commission. L’Europe doit agir de façon à répartir plus équitablement les bénéfices
de la mondialisation, conformément à ses principes de solidarité et de
durabilité ». À la lecture de ce document, la Confédération européenne des syndicats
a salué le travail de la Commission qui a « mis du temps » pour reconnaître que « la
mondialisation doit être plus juste » (v. communiqué).
« La réponse à la mondialisation, explique la secrétaire confédérale de la CES,
Liina Carr, n’est pas la fermeture des frontières […] mais bien une application de
règles pour prévenir une course à la baisse des salaires, les mauvaises conditions
de travail, le dumping social et l’exploitation et pour empêcher les entreprises
multinationales d’éluder l’impôt et de contourner le droit du travail. » Lors de la
présentation du document devant le Parlement européen, les députés « ont appelé à
une meilleure protection de l’industrie et des travailleurs européens et ont exhorté
l’UE à assurer un rôle moteur en matière de promotion d’un commerce mondial
équitable » (v. communiqué).
Plusieurs députés ont appelé à un plan d’actions « pour éviter un nivellement social
par le bas » et plaidé pour une meilleure redistribution, par les États membres, des
bénéfices de la mondialisation à leurs citoyens.
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1. Union
européenne
Législation
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Dialogue
social sectoriel
- Les partenaires sociaux du secteur de la
pêche s’opposent au travail forcé : les partenaires
sociaux européens du secteur de la pêche maritime (ETF, Cogeca, et Europêche)
ont signé, le 10 mai, une résolution invitant l’UE à
prendre ses responsabilités et à mettre fin aux pratiques de travail forcé à
l’encontre de travailleurs d’Etats tiers à l’UE dans les eaux de l’UE. Les
inspections menées par la Fédération internationale des travailleurs du
transport (ITF) ont mis en avant des infractions comme des intimidations, des
menaces, des confiscations de documents identifiés ou de retenue de salaire.
« Ces violations qui nuisent aux pêcheurs et les mettent dans des conditions
inhumaines se produisent sous l’œil vigilant de l’UE et de ses États membres,
dénonce Flemming Smidt, porte-parole représentant des travailleurs. Ceci est
tout à fait inacceptable et indigne d’une union qui condamne dans les termes les
plus forts de telles pratiques immorales en dehors des eaux de l’UE!» (v. communiqué).
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2. États
membres
Belgique
- Un Code sur le bien-être au travail :
le Code sur le bien-être au travail, qui a été promulgué, le
28 avril, réunit toutes les dispositions réglementaires pertinentes relatives au
bien-être des travailleurs (v. communiqué).
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Danemark
- Une nouvelle convention collective pour le
secteur financier : les partenaires sociaux du secteur
financier ont conclu une nouvelle convention collective pour trois ans qui
prévoit une augmentation générale de 6% sur trois ans, une hausse de la
contribution au fonds destinés soutenir le développement des compétences des
salariés du secteur, une plus grande flexibilité du temps de travail accordée
aux entreprises dans le cadre d’accord d’entreprise ou encore la mise en place
de cinq groupes de travail thématiques en particulier sur l’évaluation d’un
compte épargne temps (timebank), le travail à la demande et les astreintes, ou
la santé-sécurité des agents d’assurance (v. communiqué
d’UNI Europa).
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Irlande
Vers plus de transparence sur les inégalités
salariales : le nouveau
programme de gouvernement, adopté le 11 mai, envisage de nouvelles mesures
pour réduire les inégalités de salaire entre les femmes et les hommes, en
particulier en obligeant les entreprises de 50 salariés et plus, de répondre à une
enquête sur les salaires pour mettre en évidence les différences de rémunération
entre les femmes et les hommes. Un système de ce type a été mis en place en début
d’année au Royaume-Uni pour les entreprises de 250 salariés et plus. L’objectif est
d’obliger les entreprises à être transparentes afin de les amener à corriger les
différences de traitement. Par ailleurs, le gouvernement veut atteindre un taux de
participation des femmes dans les organismes d’Etat de 40%.
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Italie
Nouvelle réforme du marché du
travail : le Sénat a adopté définitivement, le 10 mai, une
loi
apportant des modifications à certaines formes d’emploi. La loi comporte deux
volets : le premier, que l’on présente comme le « Jobs Act » du travail autonome,
modifie le statut du travailleur non salarié lorsque celui-ci n’agit pas en tant
qu’entrepreneur indépendant. Ces travailleurs bénéficient de davantage de protection
(indemnisation en cas de maladie grave, droit à un congé parental, indemnité lors du
congé maternité…), surtout lorsqu’ils travaillent pour un même donneur d’ordres. Par
ailleurs, la définition du travailleur parasubordonné est modifiée et sa mission
doit désormais être précisée par accord. Le second volet introduit le « smart
working » (ou « travail agile »), comme un mode d’exécution du travail exempt de
contraintes spécifiques concernant l’horaire ou lieu de travail, et caractérisé par
l’utilisation d’outils technologiques. Les modalités pratiques sont à définir par
accord entre l’employeur et le salarié. Ces travailleurs bénéficieront notamment
d’un droit à la déconnexion et à une couverture contre les accidents de travail et
de trajet.
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Luxembourg
- Nouvelle législation pour réduire les
inégalités salariales : lors d’une conférence
de presse, le gouvernement a présenté le volet « droit du travail » de
la loi du
15 décembre 2016, qui permet d’infliger une amende de 251 à 25000 euros
à un employeur à partir du moment où une différence de salaire ne pourra plus se
justifier pour des raisons objectives et qu’elle est fondée sur des
considérations de genre. Les entreprises sont invitées à utiliser le logiciel
Logib-Lux qui permet d’identifier les causes d’éventuelles inégalités
salariales.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Air France KLM : le comité de
groupe européen d’Air France KLM a rendu un avis
négatif, le 5 avril, sur le projet de fermeture de la base de Transavia de
Munich (Allemagne). Cette base ouverte, en mars 2016, a fait l’objet d’une décision
de fermeture du conseil d’administration de Transavia le 10 février, « soit moins
d’un an après le démarrage », souligne le comité. Ce dernier « regrette
profondément » cette décision et « que son avis soit demandé sur une décision déjà
prise et que, d’aucune façon, les recommandations » que le comité pourrait faire
« ne sauraient être prises en compte ». Le comité demande à la direction de leur
communiquer « le suivi social des 108 salariés qui perdront leur emploi fin
octobre 2017 », tout en estimant que leur employeur, la société Transavia NL « n’a
pas tout mis en œuvre pour soutenir les employés qui perdent leur emploi ».
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Société
européenne
HelloFresh : la société
allemande HelloFresh, créé en 2011 et qui propose de livrer à domicile des boîtes
contenant tous les ingrédients pour élaborer chez soi des recettes culinaires, s’est
transformée en société européenne (SE) après avoir signé, le 7 novembre 2016, un accord
sur l’implication des travailleurs dans la SE. Le comité comprend trois
membres provenant d’Allemagne, des Pays-Bas et du Royaume-Uni. Un membre
supplémentaire est nommé si l’effectif dépasse 3000 salariés dans un pays. Le comité
de la SE se réunit une fois par an. En cas de circonstances exceptionnelles, il peut
être réuni physiquement mais aussi sous forme de conférence téléphonique, par
courriel ou autres moyens de communication appropriés. L’accord écarte à l’avenir
toute participation des travailleurs au conseil de surveillance, la cogestion
n’existant pas dans le groupe au moment de la transformation en SE.
- UBS : la direction de la
banque suisse UBS et un groupe spécial de négociation de représentants des
salariés de filiales européennes ont signé, le 11 août 2016, un accord
sur l’implication des travailleurs dans la société européenne (SE). Le
comité de la SE est composé d’au moins un représentant pour chaque pays ayant au
moins un effectif de 30 salariés. Le comité est composé de 15 membres et désigne
en son sein un bureau de cinq personnes dont le secrétaire du comité. Le nombre
de membres du bureau sera revu à la hausse si les effectifs du CE européen
progressent également (7 membres si les effectifs du comité sont compris entre
16 et 20 membres). Le comité, qui se réunit au moins deux fois par an, est
compétent pour les questions transnationales, mais pas celles concernant un seul
État, ce qui semble contradictoire avec les prescriptions de la directive sur
l’implication des travailleurs dans la société européenne. Néanmoins, une
réunion extraordinaire du comité de la SE peut être convoquée lorsqu’un projet
n’affecte qu’un seul pays en ayant des conséquences sur un nombre de salariés au
moins égal à 1 % des effectifs du groupe. Par ailleurs, l’accord permet à des
membres du comité d’au moins quatre pays, d’interpeller la direction sur un
projet qui nécessite selon eux, une réunion extraordinaire du comité.
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Négociation
transnationale
Schneider Electric : la
direction de Schneider Electric (110000 salariés) et la fédération syndicale
européenne IndustriAll Europe ont signé, le 18 mai, un accord
européen relatif à l’anticipation et à l’évolution des compétences et de
l’emploi, qui remplace un précédent
accord sur ce thème, signé en 2007. Le nouvel accord met en place un
« observatoire européen de l’emploi et des métiers » afin d’établir un « panorama
des évolutions des emplois en volume et en compétences sur plusieurs années à
travers un diagnostic social » portant sur différents indicateurs sociaux. Pour
assurer le maintien de l’employabilité et le développement des compétences, l’accord
prévoit en particulier : 1° le droit pour tous les salariés de passer un entretien
annuel sur le développement professionnel. L’objectif es de dresser un bilan, voire
de définir un projet professionnel et d’identifier des dispositifs pour progresser
dans son poste ou dans un futur poste. L’entretien peut conduire à prévoir une
formation ou une mobilité professionnelle. 2° Le groupe « garantira l’accès à la
formation pour tous », en accordant un droit à la formation, pour chaque salarié, de
sept heures minimum par an. Par ailleurs, le groupe s’engage à atteindre un taux de
recrutement externe de 42 % de femmes et 50 % de jeunes. L’accord contient un volet
sur la gestion des réorganisations ayant un impact sur l’emploi, en indiquant un
panel de mesures à observer dans toutes les entités. Enfin, pour promouvoir le
dialogue social au niveau national, les signataires prévoient la mise en place d’une
« structure sociale avec les représentants des salariés dans chaque pays membre de
l’accord qui n’en dispose pas déjà » (. v. communiqué
commun de Schneider Electric et IndustriAll Europe).
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Syndicalisme
Orpea : dans la cadre d’une
initiative qui vise à organiser les salariés des entreprises transnationales opérant
dans le secteur des soins aux personnes (v. communiqué),
la fédération syndicale européenne EPSU a réuni, les 4 et 5 mai, à Bruxelles, des
représentants des salariés du groupe français Orpea (43000 salariés), le
leader européen de la prise en charge de la dépendance, pour mettre en place une
coordination syndicale (v. communiqué).
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4. Études et
rapports
Publications des « recommandations pays »:
la Commission européenne a présenté, le 22 mai, ses
recommandations par pays pour 2017, dans lesquelles elle décrit ses orientations
économiques adressées aux États membres pour les 12 à 18 prochains mois (v. communiqué de
presse). Ces recommandations
sont disponibles en ligne, en anglais et dans la version linguistique du pays
concerné. Il s’agit d’un document important qui donne « le ton » de la politique
européenne en matière de gouvernance économique et sociale. La Confédération
européenne des syndicats a souligné quelques inflexions positives par rapport aux
précédents exercices, même si elle adresse des critiques à la Commission (v. communiqué). Aucun communiqué n’a été diffusé par BusinessEurope.
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