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IR Notes 79 – 5
juillet 2017
www.irshare.eu
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Qui est IR Share
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IR Share est une agence de partage
d’informations, de documentations et de compétences pour les managers RH et les représentants du
personnel. L’agence IR Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce numéro a été préparé par
Alain Lefebvre, Sylvain Nadalet et Frédéric Turlan. Retrouver l’ensemble de l’équipe de IR Share sur le site.
S’abonner à IR Notes en quelques clics
sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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Agenda
31 août et 1er
septembre Édimbourg 44e rencontre IPSE, sur le thème « l’Europe autrement, de nouveaux espaces
pour la protection sociale ».
13 et 14 septembre Tallinn Conférence organisée par la présidence
estonienne de l’UE sur le thème « l’avenir du travail :
rendre l’informatique e-facile ». Avec Marianne Thyssen, Guy Ryder et des représentants du
Parlement européen, de l’OCDE, ainsi que des partenaires sociaux.
Du 20 au 22 septembre Prague 12e Congrès régional européen
de la Société internationale de droit du travail et de la sécurité sociale, en association avec
la Société tchèque de droit du travail et de la sécurité sociale.
23
octobre Bruxelles Conseil Emploi et Politique
sociale.
9 et 10 novembre Francfort-sur-le-Main Forum des CE européens et
comités de sociétés européennes, organisé par le syndicat IG-Metall
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IR Notes est une lettre diffusée
tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et réalisée par IR Share et son réseau d’experts.
Elle propose une veille européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique
de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le
site. IR Share. IR
Share est une entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est
d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le
correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg, depuis 2009, et pour la
Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
Le gouvernement français
lance la réforme du droit du travail
Le gouvernement mis en place après l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République, a
lancé le chantier de la réforme du droit du travail promise par le nouveau président. Ainsi après une
première
période de concertation avec les partenaires sociaux du 12 au 22 juin portant sur la rénovation
de la négociation collective, le gouvernement a adopté, le 28 juin, un projet
de loi dit « d’habilitation » qui permet au gouvernement, une fois voté par le Parlement, de
prendre des mesures législatives par voie d’ordonnance de façon plus rapide que le processus
législatif habituel (v. dossier
de presse). Ce projet annonce une série de sept ordonnances qui vont modifier profondément le
système de relations sociales français en prévoyant : 1/ Une décentralisation de la négociation
collective en redéfinissant le rôle des conventions collectives de branche tout en donnant plus de
compétences à la négociation d’entreprise. 2/ Une fusion de toutes les instances représentatives du
personnel (délégué du personnel, comité d’entreprise, comité d’hygiène, de sécurité et conditions de
travail) en seule instance qui pourrait, comme le Betriebsrat allemand, négocier des accords
d’entreprise ou au niveau du groupe. En contrepartie de cette simplification, les instances seraient
mieux associées aux décisions de l’employeur et la participation des salariés dans les organes de
direction serait améliorée. 3/ Un renforcement de la sécurité juridique pour les employeurs lorsqu’ils
procèdent à des licenciements individuels ou des licenciements économiques ainsi qu’un assouplissement
des conditions de recours au contrat à durée déterminée, au télétravail, ainsi qu’une possibilité
d’attacher la durée d’un contrat de travail à celle d’un chantier ou d’une mission. 4/ Une réduction
du nombre de conventions collectives de branche et une sécurisation des procédures d’extension des
conventions collectives. 5/ Une révision de la législation portant sur la reconnaissance de la
pénibilité du travail et de la réglementation du détachement de travailleurs. Le gouvernement poursuit
la concertation avec les partenaires sociaux pendant l’été avant de consulter les organismes
compétents dans lesquels siègent les partenaires sociaux avant d’adopter les ordonnances à partir du
mois de septembre.
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1. Union européenne
Législation
- Agents cancérigènes ou mutagènes sur le lieu du travail :
le Conseil et le Parlement européen sont parvenus à un accord, le 28 juin, sur
une directive
qui vise à protéger les travailleurs contre l’exposition aux agents cancérigènes ou mutagènes sur
leur lieu de travail. Un des compromis obtenu par le Parlement est que la Commission européenne
devra envisager la possibilité d’inclure les substances reprotoxiques dans le champ d’application de
la directive avant la fin du premier trimestre de 2019 au plus tard et peut présenter une
proposition législative à ce sujet (v. communiqué
du Conseil).
- Certificats pour le personnel navigant de la navigation
fluviale : le Conseil est parvenu à un accord informel avec le Parlement
européen sur la proposition de directive établissant un système commun de certificats pour les
personnes travaillant dans le secteur de la navigation intérieure au sein de l’UE. Les membres
d’équipage et les conducteurs, titulaires de ces certificats, pourront exercer leur profession sur
les voies de navigation intérieure dans l’ensemble de l’Europe y compris sur le Rhin (v. communiqué
du Conseil).
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Actualité sociale
- Interventions du Fonds européen d’ajustement à la
mondialisation : la Commission européenne a proposé, le 21 juin, que le Fonds
européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) alloue une aide à la Finlande pour un montant de3,5
millions d’euros afin d’aider 1000 des 1 248 salariés licenciés par Microsoft Mobile Oy et ses
fournisseurs à trouver un emploi (v. communiqué).
- Le mouvement syndical européen s’oppose à la carte
électronique de services : la Confédération européenne des syndicats (CES) a
publié un communiqué,
pour annoncer sa ferme opposition à la carte électronique de services proposée par la Commission
européenne, la veille d’une action menée par la confédération, les fédérations syndicales
européennes FETBB et UNI Europa.
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Jurisprudence
Maintien des contrats de travail en cas de transfert préalable
à une faillite : la Cour de justice s’est prononcée, le 22 juin, dans une affaire
néerlandaise concernant l’interprétation des articles 3 à 5 de la directive 2001/23 du 12 mars 2001
relative au transfert d’entreprises (CJUE,
22 juin 2017, aff. C-126-/16, Federatie Nederlandse Vakvereniging). Les faits concernent la
société Estro Groep, qui était la plus grande société de garderie d’enfants aux Pays-Bas avec près de
380 établissements et environ 3 600 salariés. Proche d’une mise en faillite, la direction a utilisé un
« pre-pack » une pratique en vigueur aux Pays-Bas, permettant de faire reprendre par une nouvelle
société une partie des actifs de la société avant sa déclaration de faillite. En utilisant cet outil,
une nouvelle entité a repris 243 centres sur les 380, et maintenu l’emploi de près de 2 600 salariés.
1000 salariés ont cependant été licenciés. Parmi eux, plusieurs ont contesté le pre-pack estimant que
la directive « transfert » aurait dû s’appliquer et garantir le transfert de leur contrat de travail
vers la nouvelle société. Alors que le droit de l’UE autorise une dérogation à l’obligation de
maintenir les contrats de travail en cas de transfert, en cas de faillite de l’entreprise, la Cour
relève que l’opération du pre-pack ne vise pas, « en définitive, la liquidation de l’entreprise » et
son objectif économique et social « ne saurait expliquer ni justifier que, lorsque l’entreprise
concernée fait l’objet d’un transfert total ou partiel, ses travailleurs soient privés des droits que
leur reconnaît la directive 2001/23 » (v. communiqué).
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2. États membres
Danemark
- Accord sur une réforme des retraites : la
coalition au pouvoir vient de conclure un accord avec le Parti populaire danois pour adopter, à
l’automne, une réforme des retraites qui permettra aux Danois d’allonger leur vie professionnelle
tout en continuant à cotiser pour améliorer leur pension, ce qui n’est à ce jour pas possible après
65 ans. La réforme modifiera aussi le mode de perception des pensions et réduira les possibilités de
retraite anticipée. La réforme, dont l’objectif est de repousser de six mois l’âge de départ à la
retraite pour faire face à l’augmentation de l’espérance de vie, sera votée à l’automne et mise en
place au 1er janvier 2018.
- Négociations tripartites sur la formation des adultes :
après l’accord conclu le 17 mars 2016 sur l’insertion des réfugiés sur le marché
du travail et celui du 19 août 2016 consacré aux jeunes et à leur formation, le gouvernement a
annoncé, le 21 juin, le début des négociations sur l’éducation des adultes et la formation continue
bouclant ainsi sa volonté que l’ensemble de la main d’œuvre soit préparée au mieux pour le marché du
travail du futur.
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Italie
Le retour des « vouchers » : le dispositif du
« voucher », une sorte de chèque permettant de rémunérer des travailleurs pour des activités de courte
durée. Il a été réintroduit par le gouvernement après l’abrogation en avril dernier des dispositions
légales qui encadraient ce dispositif (décret-loi n°25/2017), afin d’éviter l’organisation d’un
référendum réclamé par la confédération syndicale CGIL, visant à supprimer le recours à cet instrument
de flexibilité. Le gouvernement a adopté le décret-loi 50/2017 qui distingue entre les outils à
destination des entreprises et ceux destinés aux familles. Les petites entreprises de moins de cinq
salariés pourront, à travers une procédure télématique auprès de l’Institut National de Prévoyance
(INPS), recourir à des contrats pour des prestations occasionnelles jusqu’à un plafond de 5000 euro
par an, lesquels, par rapports aux précédents vouchers, confèrent au salarié davantage de garanties en
termes de salaires et de cotisations sociales. Les particuliers, quant à eux, pourront acquérir des
« livrets de famille », pour rémunérer des personnes qui accomplissent de tâches domestiques, dans ce
cas, les cotisations sociales sont moindres. Les opposants dénoncent une violation de la Constitution
italienne, et le syndicat CGIL, qui avait soutenu la demande de référendum, menace d’un recoursdevant
la Cour constitutionnelle.
- Nouveau dispositif de départ anticipé à la retraite :
le gouvernement a adopté deux décrets (n° 88 et 89) permettant à des travailleurs
d’anticiper l’âge de départ à la retraite. La première mesure permet de partir en retraite anticipée
après 41 années de cotisation pour les personnes ayant commencé à travailler au plus tard 18 ans.
Mais le bénéficiaire doit aussi faire partie de l’une des catégories très disparates de travailleurs
désavantagés, du fait d’avoir effectué des taches lourdes identifiées dans l’un des décrets, d’avoir
en charge une personne handicapée ou encore avoir été l’objet d’un licenciement en raison d’une
invalidité. De plus, les travailleurs appartenant à ces catégories pourront aussi bénéficier d’une
autre mesure. Il s’agit de leur permettre d’emprunter une somme d’argent afin de recevoir une
allocation mensuelle plafonnée à 1500 euros, à partir de 63 ans jusqu’au moment où ils pourront
bénéficier de leur pension vieillesse. Pour ces bénéficiaires, l’Etat prend en charge l’emprunt.
Pour les travailleurs qui ne remplissent pas tous les critères, le recours à ce type d’emprunt est
également possible, mais ils devront rembourser l’emprunt une fois à la retraite.
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Suède
- Accord collectif dans le commerce : un
accord a été trouvé difficilement, le 8 juin, entre les syndicats Akademiker et Unionen, et
l’organisation patronale Svensk Handel sur les services, l’encadrement et le commerce de détail qui
concerne plus de 80 000 salariés. L’accord s’applique du 1er mai 2017 au 30 avril 2020.
S’il prévoit une augmentation salariale conforme aux directives données par l’industrie (+ 6.5% sur
trois ans), il introduit une plus grande flexibilité dans la conclusion des contrats à durée
déterminée en permettant d’embaucher librement pour des périodes d’au moins sept jours, sauf accord
entre la direction et les syndicats prévoyant des durées inférieures.
- Le gouvernement envisage de revoir la législation sur le
droit de grève : après un an de grèves courtes, de lock-out et de conflits entre
le syndicat de dockers SDU et l’entreprise APM Terminals, qui gère le port de Götebörg, le principal
terminal suédois pour les conteneurs, le gouvernement mesure les pertes que ce conflit génère pour
le pays et a annoncé qu’il envisageait de revoir la législation pour empêcher ce type de conflit.
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3. Entreprises
Comités d’entreprise
européens
Tereos : le groupe coopératif français Tereos
(24 000 salariés dont 5525 dans l’UE), un des leaders des marchés du sucre, de l’alcool et de
l’amidon, a signé, le 4 mai, un accord de CE
européen. Le groupe spécial de négociation a été assisté par la fédération syndicale Effat. Les
principaux effectifs du groupe se situent en France (4 041 salariés, soit 73 % des effectifs), en
République tchèque (543), en Belgique (391), en Espagne (204), en Roumanie (189) et au Royaume-Uni –
Irlande (134). Seuls les pays disposant d’au moins 100 salariés sont représentés au CE européen.
Chaque titulaire doit disposer d’un mandat syndical local ou de représentant du personnel. Le comité
se réunit au moins deux fois par an, sur une journée, afin de permettre aux participants de regagner
leur domicile le soir, « pour des raisons d’équilibre vie professionnelle/vie privée ». Les membres
peuvent se réunir la veille en réunion préparatoire, sur une journée, et lors d’une réunion de
synthèse à l’issue de la plénière, sans pour autant les empêcher de regagner leur domicile de soir
même. L’accord précise que « la consultation du CE européen ne constitue pas un préalable au
déroulement des procédures d’information et de consultation des instances nationales. Les
consultations du CE européen et des instances nationales peuvent se réaliser dans n’importe quel ordre
ou de façon concomitante ».
- Michelin : lors de la dernière réunion
plénière, début avril, le secrétaire du CE européen a annoncé la création de groupes de travail au
sein du comité, sur des thèmes précis, comme la santé et la sécurité au travail. Par ailleurs, le
comité a lancé une étude avec l’aide d’un cabinet d’expertise (S.Partner, filiale de Syndex) sur la
« gestion des seniors ».
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