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IR Notes 8 – 23 avril 2014
www.irshare.eu
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Interview
Kenneth A. Dubin, PhD, enseigne la gestion des ressources humaines à la
Lord Ashcroft International Business School / Anglia Ruskin
University
Lors du workshop international
« Going Up the High Road: Rethinking the role of social dialogue
to link welfare and competitiveness » (*), qui a eu lieu à
Cambridge, le 1er avril 2014, vous avez mis l’accent
sur les « nouveaux risques sociaux ». Pouvez-vous en donner
quelques exemples ? Parmi les nouveaux risques sociaux figurent
par exemple l’incapacité à concilier exigences familiales et
professionnelles quand tous les membres adultes de la famille
travaillent, l’incapacité à trouver les moyens ou le temps de suivre
une nouvelle formation / une formation continue afin de progresser
dans sa carrière professionnelle, les difficultés à gérer la
mobilité géographique pour tirer parti de nouvelles opportunités en
matière de travail, les périodes de chômage plus fréquentes et
peut-être sans indemnisation.
De quelle manière l’Etat providence
peut-il élargir sa protection pour couvrir ces nouveaux
risques ? Des
partenariats régionaux ou publics privés pourraient permettre de
socialiser les coûts de pareils risques et de réduire leur impact
sur les individus.
Est-ce possible également en
période de crise ? En période de crise, ces mesures de
protection sont plus importantes que jamais. Comme les risques
sociaux traditionnels, ces nouveaux risques augmentent non seulement
la probabilité pour certains de basculer dans la pauvreté et
l’exclusion sociale mais aussi la difficulté d’assurer la
participation au marché du travail pendant toute la durée de la vie
active. L’accroissement du taux de participation au marché du
travail a une importance majeure aussi bien pour assurer la
viabilité du modèle social européen que pour maximiser la croissance
économique et la compétitivité.
Quels seraient les avantages pour
les employeurs ? Du personnel plus productif, plus motivé et
plus flexible. Moins de résistance de la part des travailleurs à des
changements concernant l’organisation du travail, le temps de
travail et même le niveau de l’emploi.
Vous pensez que la flexicurité
s’est traduite par plus de flexibilité pour les employeurs que
pour les salariés et qu’il est temps de trouver un meilleur
équilibre et d’offrir plus de flexibilité aux salariés, n’est-ce
pas ? Absolument.
En pratique, la flexicurité
consistait largement à négocier des concessions pour une plus grande
flexibilité au profit des employeurs, l’Etat offrant (peut-être) un
soutien au profit de ceux exposés à des risques sociaux. Nous avons
préconisé de modifier les termes du débat de sorte qu’il soit tenu
compte des besoins de flexibilité des salariés et pas seulement de
ceux des employeurs.
(*) Le workshop “Modèle « high road » : repenser le rôle du dialogue
social pour conjuguer bien-être collectif et compétitivité” s’inscrit
dans le cadre d’un projet cofinancé par la Commission européenne.
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IR Notes est
une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues
européennes et réalisée par IR
Share et son
réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en
vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le
site IR Share. IR Share
est une entreprise à capitaux privés,
indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider
l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le
correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le Luxembourg,
depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
L’adoption
définitive de la directive sur le détachement
Le Parlement européen achève son mandat avec l’adoption d’un texte emblématique, la
directive
« relative à l’exécution de la directive 96/71 concernant le détachement de
travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services ». Ce texte
déchaîne les passions, entre ceux qui saluent une avancée pour l’Europe sociale et
la protection des travailleurs et ceux qui y voient une victoire du libéralisme qui
va favoriser le dumping social. La vérité est entre les deux. Le texte offre aux
États membres des moyens pour lutter contre les abus constatés en matière de
détachement des travailleurs. Grâce aux derniers amendements votés, le 16 avril, par
le Parlement, ils disposeront davantage d’éléments pour « déterminer si une
entreprise exerce réellement des activités substantielles » dans le pays d’origine,
justifiant qu’elle puisse détacher ses salariés dans d’autres États membres. Les
autorités nationales pourront ainsi plus facilement lutter contre la pratique des
sociétés “boîtes aux lettres” dont l’unique but est de gérer le détachement de
salariés à bas coût sans autre activité réelle dans le pays d’origine. Les États
d’accueil pourront aussi plus facilement vérifier la qualité de « salarié détaché »
en détectant les cas de travailleurs « faux indépendants ». Le texte invite les
autorités à s’appuyer sur les faits, comme la « subordination et à la rémunération
du travailleur, quelle que soit la qualification de la relation » prévue au contrat.
Au final, le texte tente de « garantir le respect du niveau approprié de protection
des droits des travailleurs détachés pour une prestation transfrontalière de
services tout en facilitant l’exercice de la liberté de prestation de services pour
les prestataires de services et en favorisant une concurrence loyale entre ces
derniers ». Il s’agit de soutenir le fonctionnement du marché intérieur et non
d’ériger des barrières aux frontières, d’où l’ire des différents partis
« nationalistes ». Maintenant, ce texte reste fragile car il repose sur la bonne
volonté des États membres. Or celle-ci peut être mise en doute. D’autre part, il ne
change rien au fait que les charges sociales finançant les systèmes nationaux de
protection sociale connaissent une forte disparité en Europe, ce qui a un impact sur
le coût du travail, favorisant les entreprises qui détachent des salariés à partir
de pays à faibles coûts sociaux. Mais l’Europe est ainsi faîte : c’est un grand
marché intérieur et aucun pays n’a souhaité confier à l’Union européenne le mandat
d’harmoniser les systèmes nationaux de sécurité sociale.
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1. Union
européenne
Législation
- Adoption de la directive facilitant la
libre circulation des travailleurs : le Conseil a
définitivement adopté, le 14 avril, la directive
« relative à des mesures facilitant l’exercice des droits conférés aux
travailleurs dans le contexte de la libre circulation des
travailleurs ». Cette directive, que les États membres devront intégrer
dans leur droit interne d’ici deux ans, vise à assurer l’effectivité du droit à
l’égalité de traitement avec les nationaux pour les travailleurs et leur famille
qui se déplacent pour travailler dans l’UE. Il s’agit en particulier de faire
respecter ces droits en matière d’accès à l’emploi, de conditions d’emploi et de
travail (rémunération, licenciement, santé et sécurité…) ou d’avantages
sociaux et fiscaux. Les États doivent prévoir dans leur législation que « des
procédures judiciaires visant à faire respecter ces obligations soient
accessibles à tous les travailleurs de l’Union » et leur famille « qui estiment
qu’ils ont souffert ou souffrent en raison de restrictions ou d’obstacles
injustifiés à leur droit à la libre circulation ou s’estiment lésés par le
non-respect à leur égard du principe de l’égalité de traitement […] ». Pour les
aider, la directive ajoute que « des associations, des organisations, y compris
les partenaires sociaux, ou d’autres personnes morales » pourront engager, soit
au nom de travailleurs et de leur famille, soit en soutien à ceux-ci, avec leur
consentement, toute procédure judiciaire et/ou administrative prévue pour faire
respecter » ces droits.
- Adoption de la directive sur les droits à
pensions complémentaires : le Parlement européen a
adopté définiti-vement, le 15 avril, la directive
améliorant la protection des droits à pension complémentaire des
travailleurs mobiles. Ce texte, qui doit encore être adopté formellement
par le Conseil, accorde en particulier trois garanties aux salariés mobiles : 1°
les droits à pension doivent être acquis (garantis) après trois années d’emploi
au plus tard. 2° Les droits des salariés qui quittent un régime de pension
financé par l’employeur avant leur départ à la retraite doivent être préservés
et traités de la même manière que les droits des salariés qui restent dans le
régime (si le régime prévoit une indexation, celle-ci doit s’appliquer aussi aux
droits à pension de ceux qui ont quitté le régime). 3° Les salariés ont le droit
de connaître les conséquences d’une éventuelle mobilité sur leurs droits à
pension, et ceux qui ont quitté le régime doivent être informés de la valeur de
leurs droits.
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Projets
- Institution de retraite
professionnelle : la Commission européenne a adopté, le
27 mars, une proposition
de directive concernant les activités et la surveillance des
institutions de retraite professionnelle qui ne prévoit pas d’imposer de
nouvelles normes de solvabilité à ces institutions comme le demandaient les
partenaires sociaux.
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Actualité
sociale
- Plate-forme européenne
contre le travail non déclaré
:
la Commission européenne a proposé, le
9 avril, la création d’une plate-forme
européenne destinée à améliorer
la coopération au niveau européen afin de prévenir et de décourager de
manière plus efficace le travail non déclaré. Cette plate-forme regrouperait
tous les organes impliqués dans chaque pays dans la lutte contre le travail
non déclaré (inspections du travail, instances de sécurité sociale, services
fiscaux …).
- Campagne européenne sur les risques
psychosociaux : l’Agence européenne pour la sécurité et
la santé au travail (EU-Osha) a lancé, le 7 avril, une campagne de deux ans au
niveau de l’UE intitulée : « Les risques psychosociaux : mieux prévenir pour
mieux travailler ». L’agence souligne que la prévalence du stress lié au travail
en Europe est « stupéfiante ». Selon un sondage commandé par l’agence, 51 % des
travailleurs considèrent que le stress lié au travail est un problème fréquent
et 40%pensent que le stress n’est pas correctement pris en charge par leur
employeur.
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Dialogue
social sectoriel
- Rébellion des acteurs du dialogue social
sectoriel : le refus de la Commission européenne
d’adopter une proposition de décision du Conseil afin de rendre obligatoire
l’accord sur la santé et la sécurité, signé le 26 avril 2012 par les partenaires
sociaux européens de la coiffure, a été dénoncé, le 7 février, par
l’organisation employeur du secteur de la sécurité privée – CoESS (v. déclaration)
et, en mars, par les partenaires sociaux européens du secteur du sucre (v. déclaration).
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2. États
membres
Estonie
- Estonie : alors qu’une
réforme du système de négociation collective est en cours, comme le décrit un article
publié par Eurofound, une nouvelle réforme est en préparation sur la question de
l’invalidité au travail. Le thème est actuellement en discussion avec les
partenaires sociaux, comme l’explique un autre article
d’Eurofound.
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Luxembourg
- Amendements au Code du travail :
le Conseil de
gouvernement a adopté, le 4 avril dernier, un projet de loi
modifiant le Code du travail. Les nouvelles mesures visent : 1° à fournir un
cadre destiné à instaurer une politique des âges dans les entreprises qui devra
être négociée entre les partenaires sociaux. Les entreprises occupant plus de
150 salariés devront établir un plan des âges adapté à l’entreprise et ce, en
vue de favoriser le maintien dans l’emploi des salariés « seniors ». 2° À
augmenter la période de référence légale pour le calcul du temps de travail à
quatre mois pour les salariés à temps partiel afin de permettre un horaire de
travail plus important pendant certaines périodes compensé par des périodes plus
creuses, en vue d’une meilleure conciliation entre vie de travail et vie
familiale. 3° À mettre fin à la cessation de plein droit du contrat de travail
au moment où le salarié se voit attribuer une pension de vieillesse ou s’il
atteint l’âge de 65 ans et décide, en accord avec son employeur, de continuer la
relation de travail à temps partiel.
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Pologne
- Révision des périodes de préavis en cas de
licenciement : suite à l’arrêt de la Cour de justice (CJUE 13 mars 2014, C‐38/13,
Małgorzata Nierodzik) qui avait jugé incompatible avec le droit du l’UE,
l’existence de règles de préavis différentes pour les salariés engagés en
contrat à durée déterminée et ceux employés sur les contrats à durée
indéterminée (v. IR
Notes n° 6), le gouvernement se prépare à amender le Code du travail.
Les employeurs ont proposé de faire varier la période de préavis de ces deux
types de contrat en fonction de l’ancienneté : un préavis de deux semaines pour
les salariés employés depuis moins de 12 mois, porté à deux mois pour les
contrats allant jusqu’à 36 mois. Les syndicats jugent le préavis de deux
semaines inadapté et demandent à ce que les licenciements des salariés en
contrat à durée déterminée soient justifiés par l’employeur.
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Suède
- Loi sur l’accessibilité en faveur des
personnes handicapées : le gouvernement a adopté un projet de
loi (2008:567), en vue d’une entrée en vigueur au 1er janvier
2015, qui considère comme une discrimination en tant que telle l’inadéquation de
l’accessibilité en faveur des personnes handicapées. Une discrimination pourra
être établie, notamment en matière d’emploi, lorsqu’une personne handicapée est
désavantagée en raison d’une défaillance de l’accessibilité en vue de mettre les
personnes handicapées dans une situation comparable à celle de personnes
dépourvues de handicap, alors que des aménagements pouvaient être
raisonnablement attendus.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
- Adecco : « Nous avons le
regret de vous faire part de la mise en place du CE européen d’Adecco », signale
le syndicat français CFDT du groupe de travail temporaire. Négocié sous l’égide
du droit britannique, l’accord est « bas de gamme » et « bien inférieur à ce que
prévoit la directive européenne », estime la CFDT, qui regrette que certains
syndicats représentés au sein du groupe spécial de négociation aient voté en
faveur de « ce pseudo-accord ». Sur 26 votants, « 17 pays ont voté pour la mise
en place de cet accord. Neuf pays, dont la France, ont voté contre », explique
la CFDT.
- GDF Suez : le CE européen
du groupe a obtenu, dans le cadre d’une consultation sur la réorganisation de la
branche Énergie Europe (25000 salariés), les mêmes engagements pris par la
direction lors d’une précédente consultation sur la création de centres de
services partagés, envers les salariés qui pourraient être concernés par une
suppression de poste (v. IR
Notes n° 6). De plus, des membres du comité et de la direction doivent
se rencontrer, début mai, pour élaborer un tableau de bord avec des indicateurs
pour suivre sur la durée la mise en œuvre de cette réorganisation.
- HSBC : la banque HSBC
(270000 salariés) négocie, depuis le 5 octobre 2013, un nouvel accord de CE
européen après que l’accord constitutif du 6 septembre 1996 a été dénoncé, en
octobre 2011, par les représentants des salariés en raison de l’insuffisance des
droits à information et consultation contenus dans cet accord. Les représentants
des salariés ont introduit une demande de négociation d’un nouvel accord en
octobre 2012, date à partir de laquelle le CE européen a cessé de fonctionner.
Une première réunion du groupe spécial de négociation a eu lieu en mars 2013.
Deux autres ont suivi en novembre 2013 puis en mars dernier.
- Metro : la direction du
groupe de grande distribution allemand Metro et les représentants des salariés
européens ont signé, lors de la réunion annuelle du CE européen, le 3 avril, un
nouvel
accord qui renforce les droits à l’information et à la consultation du
comité. L’accord constitutif du comité date du 11 octobre 1996 et a été
renégocié en 2006. La nouvelle renégociation a démarré en avril 2013 pour
aboutir le 15 janvier. Le nouvel accord renforce le droit à la formation et le
rôle du comité restreint et du secrétaire. Les membres salariés obtiennent le
droit d’organiser une seconde réunion, une fois tous les deux ans, consacrée à
un thème particulier comme la santé et la sécurité, la formation, l’égalité de
traitement… Les représentants des salariés peuvent aussi recourir à deux experts
de leur choix. UNI Europa obtient un siège permanent en tant qu’expert syndical.
* Ce dernier sera bientôt disponible sur IR
Share.
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Négociations
transnationales
- GDF Suez : la direction et
la fédération syndicale internationale ont achevé la négociation d’un accord sur
la santé et la sécurité au travail, qui reprend les grandes lignes de l’accord
qui a été conclu au niveau européen. Par ailleurs, un groupe spécial de
négociation se réunira pour la première fois le 28 avril, pour lancer une
négociation en vue d’un accord européen relatif à la qualité de vie au travail.
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Société
européenne
- SAP : l’accord sur
l’implication des travailleurs (*) conclu le 10 mars 2014 dans le cadre de la
transformation du leader mondial du progiciel, SAP, en société européenne (SE)
(v. IR
Notes 7), comporte une partie sur le comité d’entreprise de la SE qui
succédera à l’actuel CE européen, et une seconde sur la représentation des
salariés au sein du conseil de surveillance. Le comité de la SE comprend un
représentant pour chaque pays dans lequel le groupe est implanté et les pays
dont l’effectif est inférieur à 10 salariés peuvent demander à être représentés
par un membre du comité d’un autre État membre. Le texte prévoit un représentant
supplémentaire par tranche de 10 % des effectifs, ce qui conduit à une
composition accordant la délégation la plus importante à l’Allemagne (sept
membres), tous les autres pays étant représentés par un seul membre, formant
ainsi une délégation de 34 membres. Contrairement au CE européen qui ne se
réunissait qu’une fois par an, le comité de la SE tiendra quatre réunions
annuelles. Le comité de la SE peut mettre en place des groupes de travail
thématiques pour une période limitée afin d’assurer une plus grande expertise au
comité. À noter que le texte ne donne compétence au comité que sur les questions
transnationales impliquant au moins deux États membres, sans prendre en compte
l’autre partie de la définition de la directive sur l’implication des
travailleurs qui accorde aussi une compétence lorsqu’une décision prise par la
direction centrale (en Allemagne) touche les effectifs d’un autre État membre.
Quant au conseil de surveillance, il est composé de 18 membres dont neuf
représentants des salariés (puis 12 membres dont six représentants des salariés
à partir de 2019, si cette diminution est adoptée par l’assemblée générale des
actionnaires). L’accord désigne les premiers représentants qui resteront en
place pendant un an jusqu’au renouvellement qui sera ensuite effectué par voie
d’élection. Le conseil comptera sept représentants allemands, un représentant
français (en tant que deuxième pays le plus important en terme d’effectifs) et
un autre représentant européen désigné parmi les autres pays représentés dans le
comité de la SE.
* Ce dernier sera bientôt disponible sur IR
Share
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Syndicalisme
- IBM : la coordination
syndicale mise en place au sein du groupe informatique américain IBM, par les
fédérations syndicales UNI Global Union, IndustriAll Global Union et IndustriAll
European Trade Union, s’est accordée sur des demandes à adresser à la direction
du groupe afin « d’éviter la suppression de millier d’emploi et la détérioration
des conditions de travail » (v. communiqué).
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4. Études et
rapports
Rapport annuel sur
l’égalité des
sexes : la Commission
européenne a publié, le 14 avril, son
rapport annuel sur l’égalité entre les femmes et les hommes (en anglais)
qui souligne « des progrès tangibles dans la
lutte contre l’écart de rémunération entre hommes et femmes ». Mais « aux
rythmes de progression actuels, il faudra presque 30 ans pour atteindre
l’objectif que l’UE s’est fixé de hisser le taux d’emploi des femmes à 75 %,
70 ans pour faire de l’égalité de rémunération une réalité et 20 ans pour
atteindre la parité dans les parlements nationaux », annonce la Commission.
L’écart de rémunération continue de stagner à 16,4 % au niveau européen. Pire,
l’écart en matière de pensions de retraite entre hommes et femmes s’élève à
39 %. Les femmes représentent en moyenne 17,8 % des membres des conseils des
plus grandes sociétés cotées en bourse et 2,8 % des présidents directeurs
généraux.
- Une augmentation de qualification dans
l’UE : une publication
d’Eurostat, parue le 11 avril, constate une amélioration continue du nombre de
jeunes « décrocheurs » – les 18-24 ans qui possèdent au mieux un niveau
d’enseignement du premier cycle du secondaire et ne poursuivant ni études, ni
formation – et du nombre de jeunes diplômés. Pour la première catégorie, leur
part est passée de 17 % en 2002 à 12 % en 2013. Pour la seconde, Eurostat
observe une augmentation constante de la part des personnes âgées de 30 à 34 ans
ayant achevé des études supérieures dans l’UE. Cette part est passée de 24 % en
2002 à 37 % en 2013.
- Le sous-emploi dans l’UE poursuit sa
progression : sur la base des résultats 2013 de
l’enquête européenne sur les forces de travail, Eurostat souligne dans une publication,
que parmi les 216,4 millions de personnes âgées de 15 à 74 ans ayant un emploi
dans l’UE en 2013, 9,9 millions étaient des travailleurs à temps partiel en
situation de sous-emploi, c’est-à-dire souhaitant et étant disponibles pour
travailler un plus grand nombre d’heures. Depuis le début de la crise, leur
proportion n’a cessé de croître, passant de 18,5 % en 2008 à 22,7 % en 2013.
Parmi les 137,2 millions de personnes économiquement inactives (c’est-à-dire les
personnes autres que celles ayant un emploi ou étant au chômage), Eurostat
dénombre 9,3 millions de personnes âgées de 15 à 74 ans disponibles pour
travailler, mais ne recherchant pas un emploi et 2,2 millions recherchant un
emploi, mais temporairement indisponibles. Au total, ces deux groupes de
personnes représentent une force de travail potentielle supplémentaire de
11,5 millions de personnes, soit l’équivalent de 4,7 % de la population active
(contre 11 millions en 2012).
- Grand écart entre les taux de chômage des
régions européennes : en 2013, le taux de chômage
régional a présenté de fortes disparités parmi les 272 régions de l’UE, selon
une étude
d’Eurostat. Les taux les plus faibles ont été enregistrés dans les régions
d’Oberbayern en Allemagne (2,6%), de Freiburg en Allemagne et de Salzburg en
Autriche (2,9% chacune) tandis que les taux les plus élevés (entre 33,7% et
36,4%) ont été relevés dans cinq régions d’Espagne.
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Le mot de la
quinzaine
Libre
circulation des travailleurs
La libre circulation des personnes est l’un des droits fondamentaux de l’Union
européenne et sans doute l’un des plus importants et concrets pour les citoyens
européens. Pour les travailleurs, ce droit à la libre circulation existe depuis le
traité de Rome qui a fondé la Communauté européenne de 1957. L’actuel article 45
du traité
sur le fonctionnement de l’Union européenne précise que cette libre
circulation implique l’abolition de toute discrimination, fondée sur la nationalité,
entre les travailleurs des États membres, en ce qui concerne l’emploi, la
rémunération et les autres conditions de travail. Elle comporte le droit 1° de
répondre à des emplois effectivement offerts ; 2° de se déplacer à cet effet
librement sur le territoire des États membres ; 3° de séjourner dans un des États
membres afin d’y exercer un emploi conformément aux dispositions législatives,
réglementaires et administratives régissant l’emploi des travailleurs nationaux ; 4°
de demeurer, dans des conditions qui feront l’objet de règlements établis par la
Commission, sur le territoire d’un État membre, après y avoir occupé un emploi. Plus
de détails dans le Dictionnaire
européen des relations sociales (en anglais).
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