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IR Notes 80 – 19 juillet 2017
www.irshare.eu
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Qui est IR Share ?
IR Share est une
agence de partage d’informations, de documentations et de compétences
pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR
Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des
formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.
L’équipe : ce
numéro a été préparé par Alain Lefebvre, Christer Thornqvist et Frédéric
Turlan. Retrouver l’ensemble de l’équipe
de IR Share sur le site.
S’abonner à IR
Notes en quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu
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À nos lecteurs
IR Notes prend sa pause d’été !
Toute l’équipe reviendra avec IR Notes n° 81 le 13 septembre. Nous vous
souhaitons une belle période de vacances et de repos. Rappelons que le
droit au congé annuel payé est « considéré comme un principe du droit
social communautaire revêtant une importance particulière » par la Cour
de justice de l’Union européenne. Cependant, même en période de
suspension de parution, nous restons à votre disposition (contact@irshare.eu – + 33 (0) 6
81 41 53 95). Si votre charge de travail baisse un peu pendant la saison
d’été, n’hésitez pas à nous contacter directement pour faire part de vos
suggestions, vos critiques, vos conseils… ou nous donner des idées
pour développer IR Notes. Nous pouvons engager un dialogue autour d’un
Skype. Pour cela vous pouvez laisser un message sur frederic.t@irshare.eu et
nous prendrons le temps d’échanger afin qu’IR Notes colle le plus
possible à vos besoins.
Bonnes vacances !
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Interview
Peter Scherrer, secrétaire général adjoint de la Confédération européenne
des syndicats
Depuis la présentation du Socle
européen des droits sociaux, les partenaires sociaux
européens ne semblent pas se précipiter sur les chantiers ouverts
par la Commission européenne : la proposition de directive
sur l’équilibre vie privée – vie professionnelle et les
invitations à négocier sur l’accès pour tous les
travailleurs à une protection sociale ou la révision de la
directive sur la déclaration écrite à remettre au
travailleur. Que se passe-t-il ? En
effet, le dialogue social européen au niveau interprofessionnel
traverse une phase de « gros temps ». Depuis le jour où
BusinessEurope a adopté une attitude très hostile, soit le 26 avril, le jour de la
présentation du Socle européen des droits sociaux, la collaboration
avec BusinessEurope s’avère extrêmement difficile. Ainsi par exemple
les syndicats voulaient depuis déjà plus d’un an que des
négociations aient lieu sur une directive sur l’équilibre vie privée
– vie professionnelle. BusinessEurope et l’UEAPME ont strictement
refusé. De la sorte, ils ont cédé volontairement à la Commission la
responsabilité propre aux partenaires sociaux d’examiner ce thème
important.
Est-ce que cela vous inquiète
? Oui, c’est préoccupant pour le
dialogue social européen, car nous devons aller vite. À partir de
l’automne 2018, plus aucune initiative importante ne pourra être
prise par la Commission européenne vu que des élections européennes
vont avoir lieu en mai/juin 2019 et que le mandat de la Commission
tout comme celui de Jean-Claude Juncker, qui ne se représentera pas,
expirent en 2019. Or il est d’urgence nécessaire d’avancer sur ces
points, raison pour laquelle nous demandons à la Commission de
poursuivre son travail rapidement et avec détermination. De toute
évidence, en tant que partenaire social, nous ne pouvons pas avancer
en raison de l’attitude de refus adoptée par Business Europe et
l’UEAPME. Cette attitude de blocage adoptée par les deux
associations patronales est irresponsable.
La relance du dialogue social,
promise par la Commission, a-t-elle échoué
? Il est trop tôt pour le dire. Mais
avant l’accord sur la transition démographique (accord de mars 2017
sur le vieillissement actif), l’immobilisme régnait depuis 2010. Si
l’on veut rendre le dialogue social à nouveau crédible, il nous faut
nettement plus d’accord contraignants entre partenaires sociaux,
assortis d’engagements. Nous constatons actuellement l’absence de
volonté en ce sens chez les employeurs. Face aux problèmes sociaux
pressants, nous ne pouvons pas nous offrir le luxe de « discussions
exploratoires » n’engageant à rien du tout. Notre actuel programme
de travail commun arrive à échéance fin 2017. La CES est prête à
assumer sa responsabilité et, à partir de 2018, à présenter un
programme de travail nouveau et ambitieux. Dans le cadre de la
première déclaration tripartite signée en 2016 avec le Conseil et la
Commission, les partenaires sociaux se sont engagés à utiliser
l’instrument du dialogue social pour créer une Europe sociale axée
sur la prospérité économique. C’est au tour des employeurs
maintenant de se montrer à la hauteur de leur responsabilité sociale
vis-à-vis de l’Europe.
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Agenda
30 et 31 août
Bruxelles
Commission Emploi et Affaires sociales du Parlement
européen.
31 août et
1er
septembre Édimbourg
44e rencontre IPSE, sur le thème « l’Europe
autrement, de nouveaux espaces pour la protection sociale ».
7 et
8 septembre Varsovie
Conférence « Relations sociales en Europe 2017 » (Industrial Relations
in Europe Conference 2017) organisée par l’université de Varsovie,
l’École d’économie de Varsovie et l’Association polonaise de sociologie.
Le thème de la conférence est, cette année, « les relations
industrielles en Europe : entre le centre et les périphéries ».
11 au 14 septembre
Strasbourg
Session plénière du Parlement européen.
13 septembre
Paris Réunion
du Club CE européens animée par Astrees et IR Share sur le rôle des CE
européens en matière de RSE des multinationales et les obligations de
vigilance. Tél. : 06 81 41 53 95.
13 et 14 septembre
Tallinn
Conférence organisée par la présidence estonienne de l’UE sur
le thème « l’avenir
du travail : rendre l’informatique e-facile ». Avec Marianne
Thyssen, Guy Ryder et des représentants du Parlement européen, de
l’OCDE, ainsi que des partenaires sociaux.
Du 20 au 22
septembre Prague
12e
Congrès régional européen de la Société internationale de droit du
travail et de la sécurité sociale, en association avec la
Société tchèque de droit du travail et de la sécurité sociale.
23
octobre Bruxelles
Conseil Emploi et Politique sociale.
9 et 10
novembre Francfort-sur-le-Main
Forum des CE européens et comités de sociétés européennes,
organisé par le syndicat IG-Metall
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IR Notes est
une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues
européennes et réalisée par IR Share et son
réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du
travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en
vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le
site. IR
Share. IR Share est une entreprise à
capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer
et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà.
Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le
Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
Une première
étape franchie pour révision de la directive « agents cancérigènes »
Le Parlement européen et le Conseil sont parvenus définitivement à un accord, le
11 juillet dernier, concernant la proposition
de la Commission européenne visant à fixer de nouvelles valeurs limites ou des
valeurs limites plus strictes pour l’exposition à plusieurs agents chimiques
cancérigènes sur le lieu de travail (en anglais) (v. communiqué
du Conseil). L’accord entérine le compromis trouvé, le 28 juin, entre le Parlement
et le Conseil. C’est donc la première étape de la révision de la directive
2004/37 du 29 avril 2004 concernant la protection des travailleurs contre les
risques liés à l’exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes au
travail. Cette révision a été entamée par étapes, avec cette proposition
présentée en mai 2016 par la Commission visant à étendre la protection prévue par la
directive de 2004, qui ne couvrait que trois substances, à onze nouveaux agents (v.
IR
Notes n°54). Un des compromis obtenus par le Parlement est que la Commission
européenne devra envisager la possibilité d’inclure les substances reprotoxiques
dans le champ d’application de la directive avant la fin du premier trimestre 2019
au plus tard et pourra présenter une proposition législative à ce sujet. Pour le
Chrome (VI), l’accord prévoit une valeur limite d’exposition initiale de
0,010 mg/m3 durant une période de cinq ans après la date de
transposition, après laquelle cette valeur sera abaissée à 0,005 mg/m3.
Concernant la poussière de bois, le texte fixe la valeur limite d’exposition à
3 mg/m3 pendant les cinq années suivant la date d’entrée en vigueur de la
directive et à 2 mg/m3 par la suite. À côté de ces avancées, le compromis
est décevant concernant l’exposition à la silice cristalline alvéolaire (poussière
de sable) car le texte indique seulement que la Commission s’engage à examiner la
nécessité de modifier la valeur limite lors de la prochaine évaluation de la mise en
œuvre de la directive. La valeur limite reste donc fixée à 100 microgrammes, comme
le proposaient la Commission et les industriels, au lieu des 50 microgrammes
assortis d’une période de transition de dix ans comme le demandait le Parlement.
Un deuxième texte portant sur 5 autres agents est en cours d’examen au
Parlement européen en vue d’une adoption à l’automne prochain (v. IR
Notes n°67, À la Une). Un des points durs des discussions, comme l’ont
souligné les
auditions qui se sont déroulées le 13 juillet au Parlement, portera sur
l’exposition des salariés aux gaz d’échappement des moteurs Diesel auxquels sont
exposés plus de 3 millions de travailleurs, selon l’analyse d’impact de la
Commission. Celle-ci estime que ces gaz sont bien dangereux, mais seulement pour les
anciens moteurs, alors que les plus récents ne présenteraient pas de danger. Une
analyse fortement contestée par plusieurs Etats ainsi que l’Institut syndical
européen. Au Parlement, le rapporteur principal est Claude Rolin (PPE). Son rapport
est prévu pour le 17 octobre et le vote en commission emploi et affaires sociales
interviendra en janvier 2018. Enfin, la Commission a entamé les travaux
préparatoires à l’établissement d’une nouvelle série d’agents. Une proposition sera
présentée au début de l’année prochaine. Mais ce texte porterait sur moins d’une
dizaine d’agents, ce qui ne permettra pas à la Commission d’honorer son engagement
d’étendre la protection à 25 agents d’ici à la fin 2016 puis 50 agents d’ici à la
fin 2020.
> Flash : la Cour de justice de
l’UE a estimé dans un arrêt
rendu le 18 juillet, que la loi
allemande sur la cogestion ne porte pas atteinte à la libre circulation des
travailleurs et est bien compatible avec le droit de l’Union, comme
l’avait déjà souligné l’avocat général (CJUE,
concl., 4 mai 2017, aff. C-566/15 et v.
IR
Notes n°65 et IR
Notes n° 60, interview) (v. communiqué
de la Cour et réaction de la Confédération européenne des syndicats).
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1. Union
européenne
Jurisprudence
Un pilote peut encore voler au-delà de 65 ans,
mais pas pour transporter des passagers : un pilote de la
Lufthansa a été interdit de vol après son 65e anniversaire puis a vu son
contrat rompu deux mois plus tard au moment où il a obtenu sa retraite à taux plein.
Le pilote contestait la réglementation fixant l’âge limite à 65 ans pour les vols
commerciaux et estimait qu’il aurait pu exercer, pendant les deux mois qui restaient
à effectuer, des activités en qualité d’instructeur, d’examinateur ou de pilote de
vols de convoyage. La Cour de justice a validé la limite d’âge de 65 ans pour
effectuer des vols commerciaux (CJUE,
21 mars 2017, aff. C-190/16, Werner Fries). Elle estime que « les mesures
qui tendent à éviter les accidents aéronautiques par le contrôle de l’aptitude et
des capacités physiques des pilotes afin que des défaillances humaines ne soient pas
à l’origine de ces accidents constituent indéniablement des mesures de nature à
assurer la sécurité du trafic aérien ». Il est tout autant « indéniable » que les
capacités physiques diminuent avec l’âge. Aussi, en permettant d’exclure qu’« une
diminution des capacités physiques après 65 ans ne soit à l’origine d’accidents »,
les dispositions litigieuses « sont aptes à atteindre l’objectif d’intérêt général
poursuivi ». Pour autant, la Cour souligne que la limite d’âge n’instaure « pas un
régime impératif de mise à la retraite d’office et n’impliquant pas nécessairement
qu’il soit mis un terme au contrat de travail d’un salarié au motif que celui-ci a
atteint l’âge de 65 ans ». De plus, l’interdiction ne s’applique qu’au « transport
aérien commercial » qui couvre le « transport de passagers, de fret ou de courrier
contre rémunération ou effectué en vertu d’un contrat de location ». Par conséquent,
la Cour constate « que ni les vols à vide ni les vols de convoyage ou les activités
associées à la formation et à l’examen de pilotes » ne relèvent de cette activité.
Le pilote pouvait donc légitimement attendre de son employeur qu’il lui maintienne
une activité de pilote pendant deux mois, en dehors des activités commerciales.
- Le Conseil de l’Europe dénonce des mesures
d’austérité adoptées en Grèce : le comité européen des
Droits sociaux (CEDS), le principal organe de contrôle en charge du respect de
la Charte sociale européenne (NDLR : conclu dans le cadre du Conseil de l’Europe et non
de l’Union européenne), a déclaré dans une décision du 5 juillet, non
conforme à la Charte sociale européen plusieurs mesures prises par le
gouvernement grec pour faire face à la crise économique et budgétaire qui a
frappé le pays. Se prononçant une réclamation introduite par la Confédération
générale des travailleurs grecs (GSEE) et soutenue par la Confédération
européenne des syndicats (CES), le CEDS a relevé une série de violation de la
Charte sociale européenne. Le comité écarte tout d’abord l’argument du
gouvernement grec qui justifiait les dérogations aux droits sociaux sur la base
de l’article 30 de la Charte concernant les « dérogations en cas de guerre ou de
danger public ». Le Comité passe en revue diverses violations et relève
notamment que la situation des salariés en matière de temps de travail viole
l’article 2§1 de la Charte en raison de la durée excessive du travail
hebdomadaire autorisée, ainsi que de l’absence de garanties suffisantes. Le
comité note également « que le salaire minimum brut, primes comprises,
correspond à environ 46 % du salaire moyen brut, et le salaire minimum réduit
des travailleurs de moins de 25 ans à environ 41 % seulement du salaire moyen
brut, ce qui est très en-dessous des seuils établis par le Comité ». Pour le
comité, «la réduction du salaire minimum des travailleurs de moins de 25 ans est
excessive et constitue une discrimination fondée sur l’âge » (v. aussi le communiqué
de la CES). Le Comité des ministres, sur la base de cette décision, invite dans
sa résolution les autorités
grecques à fournir, dès que possible, des informations sur les mesures prises et
envisagées afin de rendre la situation conforme à la Charte ».
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2. États
membres
Belgique
- Lutte contre le dumping
social : le Conseil des ministres a approuvé, le
30 juin, un guide, une charte et une circulaire contre le dumping social dans
les marchés publics et les concessions (v. communiqué).
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Croatie
- Retard dans la transposition de la
directive “détachement” : la Commission européenne a
saisi la Cour de justice de l’UE, le 13 juillet, d’un recours contre
la Croatie au motif que celle-ci n’a pas transposé en droit national la
législation de l’UE relative à l’exécution de la directive
2014/67 (v. communiqué).
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France
Un accord d’entreprise peut réserver un jour
férié aux femmes : la Cour de cassation a rendu un arrêt,
le 12 juillet, dans lequel elle a jugé qu’« un accord collectif peut prévoir au seul
bénéfice des salariées de sexe féminin une demi-journée de repos à l’occasion » de
de la journée internationale pour les droits des femmes du 8 mars, «dès lors que
cette mesure vise à établir l’égalité des chances entre les hommes et les femmes en
remédiant aux inégalités de fait qui affectent les chances des femmes » (v. note
explicative de la Cour).
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Lituanie
- Adoption d’un nouveau Code du
travail : la présidente de la République, Dalia
Grybauskaité, a approuvé, le 14 juin, le nouveau Code du travail qui doit
apporter plus de flexibilité au marché du travail et attirer les investisseurs.
La promulgation de ce texte, élaboré en groupe de travail tripartite, met un
terme à un long processus qui avait conduit le Parlement à voter en faveur d’un
premier Code, en juin 2016, plus libéral, et pour lequel la présidente avait mis
son veto. Le nouveau Code est entré en vigueur le 1er juillet.
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Pologne
- Vers une hausse du salaire minimum :
le gouvernement a transmis au Conseil du dialogue sa
proposition de revalorisation du salaire minimum pour 2018. Il passerait de
2 000 PLN (474€) à 2080 PLN (493€) mensuels bruts (+4%), tandis que le salaire
minimum horaire brut grimperait de 13 (3,08€) à 13,50 PLN (3,20€). Pour le
moment, les partenaires sociaux ne sont pas parvenus à trouver une position
commune sur le sujet. Si le désaccord perdure, le gouvernement pourra mettre fin
à la consultation et imposer sa proposition.
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Suède
Grève sauvage dans la collecte des
déchets : pour la première fois depuis plus de deux
décennies, une grève sauvage fait la manchette des journaux. Le 5 juillet, une
cinquantaine d’éboueurs employés par la société privée Reno Norden, ont lancé une
grève sauvage rejoint par une centaine de collègues. Les salariés contestent un
nouveau mode de rémunération, qui va réduire leur niveau de salaire, et une nouvelle
organisation du travail qui modifie la façon dont les éboueurs accèdent aux locaux à
poubelles, perdant ainsi le bénéfice de leur expérience car ils pourront plus
facilement être remplacés par de nouveaux salariés sans expérience. La grève viole
la convention collective existante et n’est donc pas soutenue par le Syndicat des
travailleurs des transports. Le 14 juillet, la grève a également été déclarée
illégale par le tribunal du travail. Malgré le statut non officiel de la grève,
plusieurs autres éboueurs employés par d’autres entreprises ont organisé des grèves
de sympathie. Par ailleurs, 65 éboueurs qui ont été appelés devant le tribunal, le
12 juillet, ont décidé de quitter leur emploi chez Reno Norden. À ce jour, le
conflit n’est en aucun cas résolu et les ordures à Stockholm ne sont pas collectées.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
- Axa : la réunion plénière
du comité européen du groupe Axa s’est tenue le 14 juin, à Varsovie. La
direction a présenté un projet de transformation du groupe lié à la numérisation
et la décentralisation. Le compte-rendu
précise les conséquences sur l’emploi et le calendrier du processus
d’information et de consultation afin de mettre le projet en œuvre courant 2018.
- Deutsche Bahn : pour la
première fois, avant la réunion du CE européen qui s’est tenue du 27 au 30 mars,
ce dernier s’est réuni conjointement avec le comité de groupe de Deutsche Bahn.
Les sujets traités portaient sur l’impact de la technologie numérique sur le
monde du travail et les conditions de travail en Allemagne et en Europe. Il a
été convenu de poursuivre l’échange d’informations et d’accroître la coopération
entre le CE européen et le comité de groupe (v. communiqué).
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Accords
transnationaux
Sodexo : le groupe de services
aux entreprises et aux particuliers Sodexo (425 000 salariés) a signé, le 21 juin,
avec l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation (UITA) un accord
international de prévention contre le harcèlement sexuel au travail qui
s’inscrit dans la continuité de l’accord-cadre
international signé en décembre 2011 (v. communiqués de presse de l’UITA et de Sodexo).
C’est la troisième fois que l’UITA conclut un accord dédié à la lutte contre le
harcèlement sexuel après ceux signés avec Chiquita en 2013 et Unilever
en 2016 (v. IR
Notes n°47). L’accord établit une liste d’agissements caractérisant le
harcèlement sexuel tout en précisant qu’il peut exister des « circonstances
aggravantes » lorsque le harcèlement « se produit dans une situation où cela est une
condition préalable à l’embauche, ou comme une condition pour garder un emploi et
comme un facteur influant sur les conditions d’emploi et/ou d’évolution de
carrière ». L’accord prévoit des procédures pour prévenir et lutter contre le
harcèlement, qui « fait l’objet d’une tolérance zéro » de la part des signataires.
Au-delà de ses propres salariés, Sodexo s’engage à inclure une clause contre le
harcèlement sexuel dans son code de conduite, à la communiquer à ses sous-traitants
et fournisseurs.
- EDF : les membres du
Comité mondial de dialogue sur la responsabilité sociale (CDRS), mis en place
dans le cadre de l’accord sur la responsabilité sociale du groupe EDF signé avec
IndustriAll Global Union, ont publié une déclaration
(en français) pour vivement dénoncer l’attitude de la direction d’EDF Luminus,
filiale belge du groupe EDF, « qui a licencié 14 personnes en violation de la
loi belge » (v. communiqué
d’Industrial).
- Inditex : dans le cadre du
processus d’application de l’accord-cadre
mondial avec Inditex, les affiliés d’IndustriALL Global Union du secteur
du textile et de la confection de Bulgarie se sont rencontrés pour débattre de
leurs besoins en matière de renforcement des capacités et pour élaborer des
plans de syndicalisation (v. communiqué
d’IndustriAll).
- LafargeHolcim : la
direction du groupe cimentier LafargeHolcim (100000 salariés) et les fédérations
syndicales mondiales IndustriALL Global Union et l’Internationale des
travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), ont signé, le 12 juillet, un protocole
d’accord en vue de finaliser la négociation d’un accord-cadre mondial.
Les négociateurs sont parvenus à projet d’accord, le 30 juin, et ce dernier doit
être avalisé par les différentes parties afin d’être signé officiellement d’ici
la fin de l’année (v. communiqués de presse de l’IBB,
d’Industriall).
Le mémorandum précise que l’accord couvre quatre chapitres : les droits
fondamentaux, la santé et la sécurité au travail, l’échange d’information et la
recherche de solution à d’éventuels conflits ainsi que les relations avec les
sous-traitants et fournisseurs. Les signataires annoncent également leur
intention de négocier un accord sur la santé et la sécurité au travail pour
prévenir les accidents du travail et maladies professionnelles.
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4. Études et
rapports
Un état des lieux du syndicalisme en
Europe : l’Institut syndical européen propose un ouvrage
opérant un état des lieux du syndicalisme européen depuis les années 2000 avec une
série de monographie couvrant 11 Etats membres (Allemagne, Autriche, Belgique,
Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède). Les
différents chapitres mettent l’accent sur les ressources structurelles,
organisationnelles, institutionnelles et discursives des syndicats. L’ouvrage
comprend aussi une analyse sur les fédérations syndicales européennes (v. interview des directeurs
de cet ouvrage collectif, en anglais).
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