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IR Notes 85 – 8 novembre 2017
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Dernière minute
Pas de négociation pour réviser la directive relative à la déclaration
écrite
Alors que l’organisation patronale européenne BusinessEurope s’était déclarée
favorable à l’ouverture d’une négociation avec la Confédération
européenne des syndicats (CES) sur la révision de la directive relative
à la déclaration écrite, qui doit être remise au travailleur, la CES
vient de décliner l’offre, dans un communiqué
du 8 novembre. Elle demande à la Commission européenne de présenter sa
proposition car elle estime que l’ouverture d’une telle négociation, à
laquelle la CES était favorable l’été dernier, risquerait maintenant de
retarder la révision. En effet, si au bout de neuf mois, le délai
accordé aux partenaires sociaux pour conclure un accord, les parties ne
s’entendent pas, une proposition de la Commission ne pourrait alors plus
être adoptée avant la fin de la législature du Parlement européen. Il
faudrait alors attendre 2020 pour que la nouvelle Commission puisse
reprendre le dossier. De plus, le mandat de négociation des employeurs a
été jugé trop restreint par la CES
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Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin, pour la France et le
Luxembourg, depuis 2009, et pour la Bulgarie depuis 2014.
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À la Une
Un dernier
programme de travail pour rééquilibrer l’Europe sociale
La Commission européenne a publié, le 24 octobre, son programme de
travail pour 2018, avec 26 nouvelles initiatives qui seront, précise-t-elle,
toutes présentées d’ici mai 2018 pour permettre au Parlement et au Conseil de
terminer le travail législatif avant les élections européennes de juin 2019 et la
mise en place d’une nouvelle Commission (v. communiqué de presse de la Commission).
Il s’agit donc du dernier véritable programme de travail de la Commission Juncker,
car celui de 2019 consistera à expédier les affaires courantes. « De nouveaux
efforts sont nécessaires pour faire de l’équité sociale et des droits des
travailleurs les marques distinctives du marché unique », souligne la Commission qui
rappelle dans sa communication
surtout des chantiers d’ores et déjà annoncés, comme le socle européen des droits
sociaux, qui devra « nous faire progresser vers une “union des normes sociales” »,
selon la formule du président de la Commission, Jean-Claude Juncker. À ce titre, la
Commission présente un « train
de mesures en faveur de l’équité sociale » (v. point
8 de l’annexe 1) qui couvre quatre propositions dont la plupart sont connues
: 1° une proposition législative visant à instituer une « autorité européenne du
travail » ; 2° une proposition visant à garantir l’accès à la protection sociale
des travailleurs indépendants atypiques ; 3° une nouvelle proposition en faveur de
l’introduction d’un numéro de sécurité sociale européen « qui pourrait être utilisé,
le cas échéant, dans tous les secteurs » ; 4° la révision de la directive relative à
la déclaration écrite imposant à l’employeur d’informer le travailleur des
conditions applicables au contrat ou à la relation de travail. Outre la révision de
la directive détachement (v.
point 29), la Commission souhaite aussi voir aboutir avant la fin de son
mandat plusieurs textes en matière sociale qui figurent dans le paquet « L’Europe en
mouvement » (v.
point 17) : 1° la révision de la législation sur le temps de travail des
routiers (règlement n° 561/2006) et la localisation au moyen de tachygraphes
(règlement n° 165/2014) ; 2° la révision de la directive 2006/22 quant aux exigences
en matière de contrôle et établissant des règles spécifiques pour le détachement de
conducteurs dans le secteur du transport routier. À cela s’ajoute : 3° la
proposition modifiant les règlements n° 883/2004 (coordination des systèmes de
sécurité sociale) et n° 987/2009 (application du règlement n° 883/2004) (v.
point 30); 4° la proposition de directive concernant l’équilibre entre vie
professionnelle et vie privée des parents et aidants (v.
point 31). Le programme, sans doute le plus « social » des dix dernières
années, a été accueilli avec satisfaction par la Confédération européenne des
syndicats qui regrette cependant le peu de reconnaissance de l’impact social de la
numérisation de l’économie et de « l’absence totale de référence au développement de
la démocratie industrielle et à la participation des travailleurs » (v. communiqué).
L’organisation patronale BusinessEurope n’a pas réagi, mais elle a déjà eu
l’occasion d’exprimer son opposition à toute nouvelle directive en matière
sociale. > Pour accéder à l’ensemble
des documents présentés par la Commission.
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1. Union
européenne
Législation
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Projets
La révision de la directive détachement déçoit
les partenaires sociaux : la Confédération européenne des
syndicats a jugé la proposition adoptée par le Conseil « plutôt décevante » (v. IR
Notes 84). Elle regrette l’exclusion du transport routier, des garanties
insuffisantes pour le « versement effectif des indemnités », l’absence de base
juridique pour garantir l’équilibre entre loi du marché unique et protection des
travailleurs, l’absence de reconnaissance de nombreux types de conventions
collectives et un délai de transposition trop long (3 ans) (v. communiqué).
La CES compte sur le Parlement pour rééquilibrer le texte lors des négociations avec
le Conseil. Comme le souligne la fédération syndicale Effat, le Parlement avait pris
en compte de nombreuses revendications syndicales (v. communiqué). De son côté
l’organisation patronale BusinessEurope y voit « un
mauvais compromis conduit par le symbolisme politique ». Elle dénonce
l’abaissement de la durée maximale du détachement à 12 mois, contre 24 mois
actuellement et comme le demandait le Parlement européen. > Le
texte de la proposition
de révision de la directive détachement adopté par le Conseil est désormais
disponible sur le site IR Share.
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2. États
membres
Allemagne
Le syndicat IG Metall adopte ses revendications
: le bureau exécutif du syndicat des métallurgistes IG
Metall a fixé ses revendications, le 26 octobre, pour les négociations des accords
tarifaires qui démarrent le 15 novembre prochain (v. communiqué).
Le syndicat revendique : 1° une augmentation générale des salaires de 6 % sur douze
mois pour les 3,9 millions d’employés de la métallurgie ; 2° un droit individuel à
la réduction du temps de travail pour passer d’un temps plein jusqu’à 28 heures par
semaine, pour une période pouvant aller jusqu’à 24 mois. « L’objectif, précise Jörg
Hofmann, le président de l’IG Metall, est une plus grande autodétermination du temps
de travail. La flexibilité du temps de travail dans les usines doit cesser de se
faire au détriment des salariés, elle doit aussi leur être utile ». De plus, les
salariés qui réduisent leurs heures de travail pour s’occuper d’enfants de moins de
14 ans ou pour prendre soin de membres de leur famille, devraient recevoir une
allocation forfaitaire de 200 euros de la part de leur employeur. Les salariés qui
travaillent en équipe ou dans le cadre d’autres formes de travail qui nuisent à leur
santé, devraient également obtenir une allocation forfaitaire s’ils réduisent leur
temps de travail, d’un montant de 750 euros par an.
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France
- Deuxième vague de réformes du marché du
travail : après l’adoption, en septembre, de la réforme
du droit du travail et de la négociation collective, le gouvernement a présenté,
le 25 octobre, une feuille
de route pour la transformation de l’apprentissage, de la formation
professionnelle et de l’assurance chômage. Dès le début du mois de
novembre, la réforme de l’apprentissage sera lancée avec l’installation de
groupes de travail multipartites. À la mi-novembre, le gouvernement invitera les
partenaires sociaux à engager une négociation interprofessionnelle sur la
réforme de la formation professionnelle. Enfin, à la fin du mois, le
gouvernement donnera le coup d’envoi de la réforme du système d’assurance
chômage avec l’organisation d’une réunion multilatérale de l’ensemble des
parties prenantes. L’objectif sur ces trois thèmes est d’adopter une loi avant
la fin de l’été 2018.
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Royaume-Uni
- Augmentation du nombre de salariés
travaillant de nuit: le nombre de personnes travaillant
régulièrement de nuit a augmenté de 260000 au cours des cinq dernières années,
soit une augmentation de 9 %, selon une étude
la confédération syndicale britannique TUC.
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3.
Entreprises
Comités
d’entreprise européens
Total : la direction du groupe
Total a signé, le 30 juin, un avenant
à son accord de CE européen, mis en place en 2001. Le texte règle
temporairement l’impact du Brexit. Ainsi, pour le nouveau mandat,
qui court jusqu’en septembre 2021, il est convenu de maintenir les représentants
britanniques même si le Royaume-Uni vient à quitter l’UE et l’Espace économique
européen. Le sujet sera réexaminé lors du prochain renouvellement du comité. De
même, à cette occasion, les parties conviennent d’examiner « la possibilité de
prendre en compte » les pays situés hors de l’Europe. L’accord prévoit la montée en
puissance du comité restreint. En cas de circonstances exceptionnelles, le comité
est réuni dans les 24 heures avant le démarrage des procédures d’information et de
consultation nationales ou au plus tard simultanément à ces dernières. En fonction
de l’importance du sujet, le comité pourra rendre un avis immédiatement ou demander
à se réunir une deuxième fois pour disposer du temps nécessaire à l’analyse du
dossier, ou bien encore, avec le soutien de deux tiers des membres, renvoyer
directement le sujet à une réunion extraordinaire du CE européen. À noter également
la création d’une quatrième commission permanente en charge des énergies
renouvelables et la transformation du séminaire annuel consacré à la santé-sécurité
en une commission transversale permanente dédiée au développement durable et à la
responsabilité sociale et environnementale. Cette dernière peut effectuer un
déplacement par an sur site.
- Princes : après trois ans
de négociations, un accord a été signé, le 12 octobre, pour mettre en place un
CE européen au sein de Princes (groupe
Mitsubishi Corporation), une entreprise multinationale du secteur
agroalimentaire dont le siège social et les principales usines se situent au
Royaume-Uni. Princes a également des sites de production en Italie, en France,
en Pologne, aux Pays-Bas et à l’île Maurice. Le CE européen sera composé de 3
représentants italiens, 9 représentants britanniques, 1 pour les Pays-Bas, 1
pour la Pologne et 1 pour la France. Le point critique de l’accord est le fait
d’exclure des sujets soumis à l’information et à la consultation les questions
de santé et de sécurité, d’environnement et celles liées à la relation de
travail. En annexe de l’accord, un formulaire doit être signé par les membres du
CE européen s’engageant à respecter une clause de la confidentialité.
- Saipem : la société
italienne Saipem, spécialisée dans la recherche et les forages pétroliers, a
signé, le 17 juillet, un accord sur la mise en place d’un CE européen couvrant
les salariés de l’Espace économique européen. La première réunion du CE européen
est prévue pour l’automne (v. communiqué en anglais
ou italien).
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Syndicalisme
HeidelbergCement : les
fédérations syndicales internationales IndustriAll Global Union et BWI ont organisé,
les 1er et 2 novembre, à Brême (Allemagne), la première réunion du réseau
syndical mondial du groupe cimentier HeidelbergCement (v. communiqué).
À cette occasion, les 40 syndicalistes présents ont adopté une déclaration
commune demandant à la direction 1° d’engager une négociation pour mettre en
place un accord-cadre international, avec un mécanisme de résolution des litiges, un
comité de suivi et un accent porté à la santé et la sécurité au travail ; 2° de
mettre en place un comité d’entreprise mondial.
- Hewlett-Packard : les
fédérations syndicales européennes IndustriAll Europe et Uni Europa ont organisé
conjointement, le 13 septembre, à Bruxelles, une réunion de représentants du
personnel des trois sociétés issues du groupe américain Hewlett-Packard (HP) qui
n’a cessé de se restructurer depuis deux ans : HP Inc, HP Enterprise (HPE) et
DXC Technology, elle-même issue de la fusion de CSC et de HP Enterprise
Services. L’objectif de la réunion était de développer une stratégie de
coordination syndicale, dans le but d’assurer un dialogue social approprié au
niveau européen, dans les trois entreprises notamment en y créant des CE
européens (v. communiqué).
Chez HP Inc., un CE européen devrait être mis en place prochainement selon les
prescriptions subsidiaires de la directive 2009/38. Un nouveau groupe spécial de
négociation (GSN) a été constitué au sein de HPE. Pour DXC Technology, la
situation est plus confuse car il existait déjà un accord de CE européen de
droit allemand chez CSC. Selon IndustriAll, la direction estime devoir mettre en
place un GSN, considérant que DXC Technology est une nouvelle société et de
négocier sous le régime de la loi irlandaise, puisqu’elle a son siège en
Irlande. Une vision que ne partage pas IndustriAll Europe pour qui les termes de
l’accord du CE européen de CSC doivent être respectés. Ce dernier précisant
qu’en cas de dénonciation, des négociations doivent être lancées sous l’égide de
la loi régissant l’accord, donc la loi allemande.
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4. Études et
rapports
- Fonds européen d’ajustement à la
mondialisation : la Commission européenne a publié, le
31 octobre, un rapport
sur les résultats obtenus en 2015 et 2016 par le Fonds européen d’ajustement
à la mondialisation (FEM). En 2015 et 2016, le FEM a porté assistance à
19 500 travailleurs licenciés et à 1 251 jeunes sans emploi qui ne suivaient ni
études ni formation (NEET). La contribution de l’UE s’est élevée à plus de 70
millions d’euros. Au total, 9 072 travailleurs, soit près de la moitié des
personnes ayant participé aux mesures financées par le FEM avaient retrouvé un
nouvel emploi ou exerçaient une activité indépendante au bout d’un an. Au même
moment, 645 travailleurs supplémentaires suivaient des études ou une formation.
Depuis sa création, le FEM a reçu 147 demandes d’intervention. Quelque 600
millions d’euros ont été demandés en vue de porter assistance à environ 137 600
travailleurs et 2 944 NEETs (v. communiqué).
Le FEM n’a en réalité consommé en dix ans à peine plus que la ligne budgétaire
qui lui avait été attribuée pour une seule année (500 millions d’euros), ce qui
démontre sa sous-utilisation. À noter que les trois plus gros dossiers sur la
période 2015-2016 concernent deux constructeurs automobiles (l’industrie la plus
consommatrice du fonds) avec Adam Opel (6.95 millions) et Ford Genk (6.26
millions) ainsi que la chaîne de supermarché Larissa en Grèce (6.46 millions).
Le pays le plus consommateur de fonds sur cette période a été la Finlande avec
près de 12 millions d’euros et, depuis sa création, la France (89.7 millions).
- Plateforme européenne contre le travail
non-déclaré : en vue d’éclairer les échanges au sein de
la commission emploi et affaires sociales du Parlement européen, les services de
ce dernier ont publié une note
sur la plateforme européenne contre le travail non-déclaré, créée en
mars 2016. Cette plateforme pourrait aussi, comme le souhaite le Conseil,
traiter de la lutte contre les abus en matière de détachement de salariés dans
la cadre de prestations de services.
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