IR Notes

Travailler ensemble pour construire une Europe sociale

Une source d'information indépendante, fiable et impartiale sur les relations professionnelles et le droit du travail en Europe.

IR Notes 98 – La directive 2009/38 sur les CE européens n’a pas servi à grand-chose

  IR Notes 98 – 23 mai 2018
www.irshare.eu
 
 
  Qui est IR Share ?

IR Share est une agence de partage d’informations, de documentations et de compétences pour les managers RH et les représentants du personnel. L’agence IR Share opère via des publications en ligne, des groupes de travail, des formations consacrées à ces thématiques et un réseau d’experts.


L’équipe : ce numéro a été préparé par Frédéric Turlan.
Retrouver l’ensemble de l’équipe de IR Share sur le site.


S’abonner à IR Notes en quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu

 
  Interview
Michael Bach, Secrétaire syndical IG Metall, compétent pour les sites allemands d’ArcelorMittal

Vous animez un réseau de comités d’entreprise du secteur sidérurgique européen. C’est la première fois que des comités d’entreprises de différentes entreprises d’un secteur fondent un tel réseau. Quelle en a été la motivation ?
L’industrie sidérurgique européenne fait actuellement l’objet d’une réorganisation qui aura des répercussions considérables sur les travailleurs. ArcelorMittal (AM) projette d’acquérir Ilva. Simultanément, ThyssenKrupp (TK) et Tata planifient la fusion de leurs activités sidérurgiques. Par conséquent, le numéro 1 européen (AM) fusionnerait ainsi avec le n°4 (Ilva) et le numéro 2 (Tata) avec le numéro 3 (TK). Le résultat final sera la naissance de deux géants sidérurgiques qui clairement bouleverseront une fois de plus les rapports de force dans le secteur. Deux géants sidérurgiques verront le jour, qui se démarquent nettement du reste des sidérurgistes européens. De nombreux travailleurs en paieront le prix, car leurs emplois disparaîtront en raison des restructurations ou iront à des nouvelles entreprises. Dans le cadre de la fusion entre Thyssen et Tata, au moins 4 000 emplois disparaîtront. Chez AM/Ilva, l’emploi n’est garanti que pour quelque 10 000 salariés sur le site de Taranto (Ilva), par conséquent, près de 5 000 salariés perdront leur emploi. Dans le cadre des conditions imposées par la DG Concurrence de la Commission européenne pour empêcher une situation de monopole d’ArcelorMittal en Europe à la suite de l’acquisition d’Ilva, les cessions envisagées vont faire sortir 15000 salariés du périmètre d’ArcelorMittal pour se mettre au service d’un nouveau propriétaire. La sécurité à long terme des emplois dépend avant tout des motivations des nouveaux acquéreurs.


Quels avantages un réseau européen au niveau des comités d’entreprise offre-t-il par rapport à un réseau composé de comités d’entreprise européens ou de syndicats ?
Nous avons fondé un réseau composé de comités d’entreprises qui doivent s’informer sur les développements qui touchent le secteur. Nous voulons nous informer mutuellement et apprendre les uns des autres. Notre objectif est de partager le plus tôt possible les informations importantes, afin de gagner du temps pour nos activités. Les fusions dans des structures multinationales influencent le travail dans chaque entreprise. Toutefois, aucune de ces entreprises n’est en mesure d’influencer, de modifier ou d’empêcher fondamentalement ces processus. C’est pourquoi un échange entre des comités d’entreprise au niveau européen a un sens. Les structures existantes, notamment le comité d’entreprise européen, se limitent aux comités d’entreprise d’un seul groupe, quant aux réseaux européens de représentants syndicaux, ils atteignent les comités d’entreprise de manière insuffisante. L’échange coordonné de comités d’entreprise d’un secteur faisait défaut jusqu’à présent. Les informations sont échangées et les possibilités d’actions sont discutées par le biais de circuits courts, le développement de celles-ci pourra alors être poursuivi avec d’autres instances. À une époque où les activités des groupes se mondialisent de plus en plus, nous devons également créer des réseaux différents afin de pouvoir défendre comme il se doit les intérêts des salariés. Notre réseau ne représente à cet égard qu’une petite contribution modeste. Peut-être qu’une dynamique propre se développera, qui donnera lieu à d’autres contributions. Une poursuite de l’européanisation des activités syndicales serait tout à fait concevable et souhaitable.


Comment financez-vous le tout?
Nous avons lancé le réseau de comités d’entreprise il y a un an. Nous organisons nos réunions avec les moyens les plus simples. Nous logeons dans des hôtels à des prix raisonnables et organisons les traductions à partir des entreprises. À cet égard, nous bénéficions du soutien bénévole de collègues polyglottes. Les frais inévitables sont pris en charge par les entreprises au sein desquelles les comités d’entreprise sont actifs. Les directions des groupes affectent des moyens considérables au développement et à la mise en œuvre des stratégies du groupe. Il va de soi que les frais encourus pour l’information et l’échange des comités d’entreprise devraient également en faire partie. Jusqu’à présent, il n’y a eu aucune discussion avec la direction à ce sujet.

 
  Agenda

24 mai
Cologne
L’Agence européenne de sécurité aérienne (EASA) organise un atelier sur les limitations des temps de vol (FTL) et la gestion des risques de fatigue. L’atelier sera consacré aux exigences en matière de FTL et de repos pour les opérateurs de transport aérien commercial.


5 au 8 juin
Bordeaux
11e Congrès international sur le harcèlement au travail: Bullying2018 – Mieux comprendre le harcèlement au travail dans un monde en mutation, organisé par le Comptrasec et l’IAWBH.


18 et 19 juin
Paris
Colloque « Revisiter les solidarités en Europe », organisé par le professeur Alain Supiot, Collège de France, chaire « État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités ».


19 juin
Paris

La Dares et le BIT organisent une conférence internationale sur le thème « polarisation(s) » sur les marchés du travail.


21 et 22 juin
Luxembourg

Conseil Emploi et politique sociale


27 et 29 juin
Bruxelles
Conférence annuelle de la Confédération européenne des syndicats et de l’Institut syndical européen intitulé The World(s) of Work in Transition qui vise à analyser l’impact sur l’emploi de différentes transitions (écologique, énergétique, démographiques…) en vue de présenter une vision plus globale des changements en cours.


2 juillet
Bordeaux
Université d’été pluridisciplinaire et internationale sur le thème : “Travail et Innovations Technologiques“.

 

IR Notes est une lettre diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes et réalisée par
IR Share et son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 15 euros HT par mois sur le site.
IR Share. IR Share est une entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation de Dublin pour la France depuis 2009.

 

À la Une
La directive 2009/38 sur les CE européens n’a pas servi à grand-chose

Avec près de deux années de retard, la Commission européenne a livré, le 14 mai, son rapport d’évaluation de la directive 2009/38 relative au comité d’entreprise européen ainsi qu’un document de travail des services de la Commission plus détaillé, qui analyse succinctement les transpositions nationales et propose une synthèse du rapport commandé à l’institut ICF pour évaluer l’effet utile, l’efficacité, la cohérence, la pertinence et la valeur ajoutée de la directive (v. communiqué de la Commission). Le rapport d’évaluation est triplement décevant : 1° Sa publication tardive empêche toute initiative significative de la part d’une Commission et d’un Parlement européen qui arrivent en fin de mandat, ce qui souligne, comme le relève Peter Scherrer, le secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats, le fait que les CE européens « ne sont manifestement pas une priorité pour la Commission ». 2° Malgré un long processus d’adoption, la directive révisée a eu finalement peu d’impacts : elle « a insufflé un certain élan » à la mise en place de CE européens et à la renégociation des accords existants, « mais sans inverser la tendance à la baisse en termes de création » de comités. Les principaux objectifs de la révision, rappelés dans le considérant 7 (*) de la directive, n’ont globalement pas été atteints. L’objectif de créer davantage de CE européens a échoué avec une petite vingtaine de créations chaque année depuis 2011. La moitié des entreprises éligibles n’ont toujours pas établi de CE européen. La sécurité juridique recherchée n’est pas forcément garantie par ce texte qui reste complexe avec des dispositions sujettes à interprétation. Ainsi, la définition d’une question de transnationale pose toujours autant de difficulté aux praticiens pour « l’interpréter dans des cas concrets ». Enfin, la directive « s’est avérée moins efficace en ce qui concerne la consultation », car « les membres des CE européens semblent avoir peu d’influence dans le processus de prise de décision au sein de leur entreprise, notamment dans les cas de restructuration ». De plus, l’évaluation a révélé « des faiblesses dans les moyens mis en place pour permettre aux CE européens de faire valoir leurs droits, ainsi que des différences considérables dans la nature et le niveau des sanctions ». 3° La Commission ne tire pas les conséquences de cet échec : elle ne suggère ni de baisser les seuils de création de CE européen, ni de renforcer le processus de consultation afin que l’avis des représentants des salariés soit réellement pris en compte en amont de la prise de décision, ni de revoir les sanctions prévues en cas de violation du droit à consultation, ni de donner les moyens au CE européen de faire valoir ses droits. Elle propose simplement trois remèdes : un guide pratique, un recours aux instruments financiers de l’Union et un soutien aux États membres pour améliorer l’application de la directive (v. article ci-dessous). Reste à savoir si ces initiatives réussiront là où la directive 2009/38 a échoué, c’est-à-dire à contribuer à l’expansion des CE européens dans les groupes qui en sont toujours dépourvus et à insuffler une nouvelle dynamique pour en faire un acteur incontournable des restructurations transnationales.


(*) Il s’avère nécessaire de moderniser la législation communautaire en matière d’information et de consultation transnationale des travailleurs, dans le but d’assurer l’effectivité des droits d’information et de consultation transnationale des travailleurs, d’accroître la proportion de comités d’entreprise européens établis, tout en permettant le fonctionnement continu des accords en vigueur, de résoudre les problèmes constatés dans l’application pratique de la directive 94/45/CE et de remédier à l’insécurité juridique qui découle de certaines de ses dispositions ou de leur absence, et d’assurer une meilleure articulation des instruments législatifs communautaires en matière d’information et de consultation des travailleurs.


1. Union européenne
Législation

Gaz à effet de serre : le Conseil a adopté, le 14 mai, un règlement relatif aux réductions des émissions de gaz à effet de serre. Le règlement vise à ce que l’objectif de réduction de 30 % d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2005, des émissions soit atteint, dans les secteurs comme la construction, l’agriculture, la gestion des déchets et les transports (v. communiqué du Conseil). Pour accompagner les bouleversements induits par ces objectifs, la Confédération européenne des syndicats a publié, le 15 mai, un guide pour une transition juste vers une économie sobre en carbone (v. communiqué de la CES) disponible dans les prochaines semaines en plusieurs langues).


Projet

Fortes divisions au Conseil sur le « paquet mobilité » : les États membres se divisent ouvertement sur le « paquet mobilité » qui comprend une série de propositions de réglementation visant à encadrer le transport routier et la législation sociale spécifique à ce secteur, actuellement discutées au Conseil. La ministre des Transports française, Élisabeth Borne, a expliqué, le 11 mai, lors d’une rencontre avec son homologue allemand, que les deux pays n’entendaient pas « bâcler des règles qui s’appliqueront pendant au moins une décennie » (v. communiqué de presse commun). Dans la foulée, les ministres des Transports de l’« Alliance pour la route », formée par 11 pays d’Europe de l’Ouest dont l’Allemagne et la France, ont adopté, le 14 mai, une position ferme sur ce dossier. L’alliance s’oppose frontalement aux options de libéralisation poussées en avant par la présidence bulgare avec l’appui des autres pays d’Europe centrale et orientale (v. communiqué de l’Alliance). De son côté, le ministre bulgare des Transports a appelé, le 15 mai, les gouvernements de ces pays à faire front commun contre le « paquet mobilité » qui « nuit surtout aux pays situés à la périphérie de l’Europe : la Bulgarie et la Roumanie ».


Actualité sociale

Les propositions de la Commission pour améliorer l’application de la directive 2009/38 sur les CE européens : pour faciliter la mise en œuvre de la directive, la Commission envisage la publication, dans son rapport d’évaluation de la directive 2009/38 (v. À la Une), d’un guide qui viserait à : 1° accroître le recours aux CE européens ; 2° améliorer davantage l’effet utile des CE européens ; 3° diffuser les bonnes pratiques. Le document sera élaboré encore cette année, en coopération avec les partenaires sociaux et avec l’appui d’experts. Par ailleurs, La Commission entend dédier 7 millions d’euros dans le cadre de l’appel à propositions qui sera lancé après la publication du guide pour apporter un soutien financier aux partenaires sociaux qui lancent des projets visant à médiatiser et à encourager l’utilisation de ce guide pratique, ou bien à favoriser la sensibilisation aux bénéfices potentiels des CE européens pour les entreprises et les représentants des salariés, et améliorant l’établissement et le fonctionnement des CE européens. Enfin, la Commission annonce qu’elle soutiendra les États membres dans leurs efforts pour améliorer la mise en œuvre de la directive, et facilitera les échanges entre eux, « notamment en ce qui concerne la conception de sanctions “effectives, proportionnées et dissuasives” applicables en cas de violation des dispositions de la directive». À noter que le document de travail des services de la Commission contient en annexe un tableau récapitulatif des dispositions nationales adoptées en matière de règlement des litiges (annexe 5) et de sanctions (annexe 6).



  • BusinessEurope donne son avis sur la future autorité européenne du travail : dans une position, adoptée le 7 mai, l’organisation patronale BusinessEurope donne son avis sur la décision de la Commission européenne de créer une Autorité européenne du travail. Elle estime notamment que l’autorité ne devrait pas intervenir en matière de restructuration.


Syndicalisme

Congrès de la CEC European Managers : l’organisation CEC European Managers, qui se définit comme étant la voix indépendante des cadres, managers et professionnels en Europe, organise les 24 et 25 mai, son congrès à Mayence. Partenaire social européen reconnu par la Commission européenne, la confédération va renouveler, le 24 mai, ses instances et établir les lignes directrices de son développement pour les années à venir. Le lendemain un séminaire est organisé sur le thème « des cadres à l’ère de l’intelligence artificielle ». L’ensemble des résolutions et documents associés seront mis en ligne sur le site de l’organisation.


2. États membres
Allemagne

21e congrès du DGB : la Confédération allemande des syndicats, le DGB, a tenu son congrès du 13 au 17 mai, à Berlin. Avec un peu moins de 6 millions de membres, elle reste une organisation puissante, mais elle connaît une tendance à la baisse de ses effectifs. Fin 2017, ses huit fédérations affiliées comptaient 52 000 adhérents de moins qu’un an auparavant. Ils étaient encore autour de 6,5 millions il y a dix ans. La courbe démographique allemande et l’augmentation du travail précaire, défavorable au syndicalisme, sont les principales explications avancées pour ce déclin. Le congrès a reconduit la direction sortante menée par Reiner Hoffmann, 62 ans, lequel n’avait pas d’opposant. Cependant, il a obtenu un score décevant (76,3 % des voix, loin des 93,1 % récoltés en 2014), sanctionnant son appui très explicite à la formation d’une grande coalition CDU/CSU-SPD pour gouverner le pays. L’avenir du travail et la digitalisation ont tenu une place importante dans les débats, ainsi que la nécessité d’étendre la couverture conventionnelle et le nombre de comités d’entreprise en Allemagne, deux éléments vitaux pour assurer un « bon travail », comme l’a répété Reiner Hoffmann.



Le DGB compte appuyer l’Europe sociale : l’Europe sociale a été opportunément mise à l’ordre du jour du congrès du DGB (v. ci-dessus) avec une table ronde dédiée à « une Europe sociale forte pour une globalisation plus juste ». Pour la première fois, un dirigeant d’une confédération syndicale française a été invité à s’exprimer devant le congrès, en l’occurrence, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui a fait un vibrant plaidoyer pour que les syndicats quittent leur rôle d’observateur et de commentateur pour être une force de propositions dans un contexte de changements technologique et climatique. « L’Europe est une chance », a-t-il répété sous les applaudissements. La table ronde a permis aussi de montrer aux délégués la capacité des CE européens à participer à la création de normes sociales au niveau européen comme l’ont souligné Albert Kruft, secrétaire du CE européen de Solvay à propos de la récente charte visant à reconnaître les parcours des représentants du personnel (v. IR Notes n°96 EN ES DE IT) ou Bianca Cuciniello, secrétaire adjointe du CE européen de Groupama, à propos d’une charte sur la digitalisation qui sera prochainement signée entre la direction et le comité. L’idée est que l’Europe sociale se construit à différents niveaux, et que celui de l’entreprise n’est pas à négliger. De plus, comme l’a rappelé Albert Kruft, des progrès sociaux peuvent se faire aussi sans forcément passer par la cogestion à l’allemande et provenir d’une observation de ce qui se fait chez les voisins. Peter Scherrer, secrétaire adjoint de la Confédération européenne des syndicats, a également exhorté les congressistes à voir dans le CE européen un des outils nécessaires de la participation et de la démocratisation dans les entreprises.  Avec Laurent Berger, il a aussi appelé les gouvernements allemand et français à s’investir dans le renforcement de l’Europe sociale « qui non seulement indispensable pour l’Europe, mais importante pour le monde entier », a insisté Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération internationale des syndicats (v. communiqué du DGB et site du 21e congrès)


Autriche

  • Un premier comité d’entreprise dans une société de livraison de repas : le syndicat Vida a annoncé, le 12 avril, la création d’un comité d’entreprise au sein de la société de livraison de repas Foodora. L’objectif du comité est désormais de négocier un accord collectif avec la direction pour améliorer les conditions de travail, par exemple en valorisant le travail effectué dans des conditions difficiles, sous la pluie ou de nuit. L’objectif serait aussi de réduire le nombre de travailleurs indépendants afin d’accroître les effectifs travaillant sous un statut de salarié. 



> Voir aussi d’autres informations nationales : dans la dernière newsletter Collective bargaining de l’Institut syndical européen, et les récents développements (latest working life developments) enregistrés au cours du premier trimestre 2018 dans chaque État membre de l’Union par les correspondants d’Eurofound (dont fait partie IR Share).




3. Entreprises
Comités d’entreprise européens

Kelvion : à la suite de la vente de l’activité de fabrication d’échangeurs de chaleur GEA Heat Exchangers du groupe allemand GEA au fonds d’investissement Triton, ce dernier a réorganisé l’activité en trois sociétés : Kelvion, Enexio et DencoHappel. La nouvelle société, dénommée Kelvion, a mis en place un CE européen, le 20 décembre 2017, (accord récemment mis en ligne par l’Institut syndical européen). Pour la première fois à notre connaissance, la compétence transnationale du CE européen s’étend aux sujets concernant un pays hors UE et qui pourraient avoir des répercussions sur les entreprises européennes. Dans le cadre du processus de consultation, en cas de circonstances exceptionnelles, les membres du comité restreint du CE européen ont le droit de tenir des discussions préliminaires avec les représentants des salariés à l’échelon national dans les pays touchés, ainsi qu’avec les experts impliqués dans le processus d’information-consultation.


Restructuration

  • ArcelorMittal : la Commission européenne a accepté, le 7 mai, la proposition du groupe sidérurgique ArcelorMittal de se séparer de plusieurs entités en Europe afin d’acquérir le sidérurgiste italien Ilva. IndustriAll Europe dénonce de nouveau l’absence d’information et consultation du personnel sur les décisions de cessions dictées par la Commission dans le cadre du contrôle des concentrations (v. communiqué d’IndustriAll).


Syndicalisme

  • John Deere : des représentants du personnel de trois continents employés dans les sites du fabricant américain d’équipements agricoles et sylvicoles John Deere se sont réunis, le 10 mai, dans le cadre du réseau syndical mis en place en 2012. Pour la première fois, la direction du groupe a participé à la réunion du réseau (v. communiqué d’IndustriAll).


Accords transnationaux

  • Toll : la direction du groupe australien de transport et de logistique Toll (44000 salariés) a signé, le 25 avril, un accord-cadre mondial avec la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) afin de garantir des normes de travail sûres et équitables pour tous ses employés dans ses 1200 sites répartis dans 50 pays (v. communiqué commun de Toll et de l’ITF).

 

IR Notes

Introduction

IR Notes est une note de synthèse indépendante, fiable et équilibrée sur les relations professionnelles et le droit du travail en Europe.

Publiée en 6 langues et vendue sur abonnement, cette newsletter vous donne accès à des informations concises, ciblées et pratiques sur les enjeux majeurs de l'Europe sociale et du dialogue social transnational.

Avec l'appui de nos experts et de nos correspondants nationaux, nous adoptons une approche dynamique, pratique et utile de la veille sociale européenne.

Ainsi, nous sélectionnons les sujets les plus pertinents, qui constituent une véritable source d'idées transversales et inspirantes.

Chaque numéro comprend:

  • Une interview d'un professionnel des relations sociales qui offre sa perspective unique sur un enjeu social d'actualité, un accord ou un exemple de bonnes pratiques.
  • Le point sur les évolutions législatives et jurisprudentielles de l'UE.
  • Le suivi de l'actualité du droit du travail dans les États membres de l'UE.
  • Des mises à jour sur les dernières évolutions concernant les comités d'entreprise européens (CEE) et les comités d'entreprise SE.
  • Enfin, IR Notes vous tient informé des principales études et recherches menées sur le monde du travail.

IR Notes
Construire ensemble une Europe sociale

La newsletter IR Notes offre à tous en Europe l'accès à une source d'information indépendante, fiable et impartiale sur les sujets liés aux relations sociales.

Three questions for Delphine Rudelli

Three questions for Delphine Rudelli

Three questions for Delphine Rudelli, Director General of CEEMET (*) On the delays in transposing the ‘pay transparency’ directive “We are calling for the application of the directive to be suspended while we assess what can be simplified – not to reduce rights, but...

read more...
European Union – Social update

European Union – Social update

European Works Councils The Expert Group set up by the European Commission to help Member States transpose the new Directive (EU) 2025/2450 on European Works Councils is due to submit its report this summer. This report may constitute a useful point of reference when...

read more...
A step in coordination of national social security systems

A step in coordination of national social security systems

At last, a step forward for freedom of movement for workers in the EU On 22 April, representatives of the Council and Parliament reached a provisional agreement on revising the rules on coordination of national social security systems, as provided for by regulation...

read more...
Picture of Nora Krokovay

A question for… Nora Krokovay

A question for…Nora Krokovay, Senior Analyst at Kopint-Tárki What changes can we expect in terms of social dialogue and labour law in Hungary following the elections that brought an end to Viktor Orbán’s 16-year leadership? The atmosphere was very euphoric and joyful...

read more...
Improvements in job quality

Improvements in job quality

Eurofound notes improvements in job quality in Europe Now that the European Commission has announced its intention to present a bill on job quality by the year end, the results of the latest European Working Conditions Survey (EWCS) will be scrutinised very...

read more...
Is pay transparency the new enemy to be targeted?

Is pay transparency the new enemy to be targeted?

After seeing off the corporate sustainability reporting and due diligence directives, Member States appear ready to tackle the pay transparency directive, which is due to be transposed in Member States by 7 June 2026.Not only are many countries behind schedule, but a...

read more...
A question to… Lidia Gil Otero

A question to… Lidia Gil Otero

A question for…Lidia Gil Otero, PhD Assistant Professor in Labour and Social Security Law at Santiago de Compostela University In the context of the Digilare project (*), you advocate using the transposition of the Platform Work Directive, which is due to be completed...

read more...