IR Notes

Travailler ensemble pour construire une Europe sociale

Une source d'information indépendante, fiable et impartiale sur les relations professionnelles et le droit du travail en Europe.

IR Notes 257 – Eurofound livre un état des lieux des conditions de travail dans l’UE

  IR Notes 257 – 10 septembre 2025
www.irshare.eu
 
 
  Une question à…
Emmanuel Larue, président du syndicat IPSO du personnel de la Banque centrale européenne (BCE)

La presse s’est fait l’écho cet été d’un dialogue social dysfonctionnel au sein de la BCE, alors que les institutions européennes prônent le dialogue social et la négociation collective. Pourquoi le dialogue social à la BCE est en crise ?
Il faut rappeler que les statuts de BCE, créés par le Traité de Maastricht, en 1991, ont été rédigés par un collège de gouverneurs de banques centrales, sans vraiment se soucier des personnes qui y travailleraient. Ce statut confère au comité des gouverneurs le pouvoir de fixer les conditions d’emploi du personnel. Ainsi, le personnel de la BCE n’est ni soumis au statut de fonctionnaire européen, ni à la législation sociale du pays où elle a son siège, en l’occurrence l’Allemagne. Concernant le dialogue social, aucune directive européenne ne s’applique évidemment, et nous avons un comité du personnel, créé par la BCE, qui est consulté sur les conditions d’emploi. Lors de son mandat, et à l’occasion d’un projet de réforme du régime de retraite de la BCE, Jean-Claude Trichet avait annoncé qu’il reconnaîtrait le syndicat IPSO lorsque nous représenterions 15% du personnel, ce qui semblait inatteignable. Mais sa réforme était si impopulaire que nous avons été reconnus représentatif. Cela souligne que le dialogue social a toujours été compliqué, mais cette fois, avec Christine Lagarde, l’actuelle gouverneure, on atteint un paroxysme ! Elle ne répond directement à aucun de nos courriers, ne nous rencontre jamais en bilatéral comme le faisait régulièrement Jean-Claude Trichet, tente de nous court-circuiter en mettant en place des « réseaux » au sein du personnel (pour les femmes, le groupe des minorités ethniques, les LGBT+), suscite des candidatures aux élections du personnel pour réduire l’influence d’IPSO et lance une réforme de la représentation du personnel qui vise essentiellement à réduire les moyens des représentants du personnel et l’influence syndicale. La coupe est pleine ! D’autant que dans cet îlot qui n’applique aucune législation sociale européenne, le personnel est à bout. Selon un sondage interne mené par IPSO, 39% du personnel est en situation de burnout, 9% fait état de pensées suicidaires et 77% se plaignent de favoritisme dans le recrutement et les promotions.

 
  Agenda

 


16 et 17 octobre
Salamanque
Séminaire international « La directive sur le devoir de diligence et les droits humains au travail après la proposition Omnibus », organisé par l’université de Salamanque.


19 et 20 novembre
Bordeaux
L’Institut syndical européen organise une formation sur le soutien que peuvent apporter les syndicats aux CE européens dans le cadre de restructurations transnationales.

 
  Qui sommes-nous ?

 


IR Notes est une lettre d’information diffusée tous les 15 jours, disponible en plusieurs langues européennes (allemand, anglais, espagnol, français, italien, polonais) et réalisée par IR Share et son réseau d’experts. Elle propose une veille européenne sur le droit du travail, les relations sociales et la politique de l’emploi. Elle est en vente sur abonnement pour un montant de 273 euros HT par an sur le site IR Share.


L’équipe : ce numéro a été préparé par Inès Bollet, Victoria Fonseca, Ambre Grenier-Boley, Laura Renucci, Iris Turlan et Frédéric Turlan. Retrouvez l’ensemble de l’équipe de IR Share sur le site.


S’abonner à IR Notes en quelques clics sur le site IR Share ou par E-mail : frederic.t@irshare.eu


> La lettre d’information IR Notes a été reconnue comme « service de presse en ligne » selon l’article 1er de la loi n° 86-897 du 1er août 1986 portant réforme du régime juridique de la presse. Outre la reconnaissance de la qualité d’IR Notes, le bénéfice du statut de « service de presse en ligne » nous permet de facturer (en France) les abonnements à IR Notes avec une TVA réduite de 2,1%.

Mentions légales. Editeur: IR Share SARL – 5, Les Compères – 89520 Fontenoy – +33 (0)6 81 41 53 95 – capital social 1500 euros – RCS (Auxerre) : 512 567 959. Directeur de la publication: Frédéric Turlan. Hébergeur: ALTEO géré par Damien Cornillet – Château – 89500 Villeneuve-sur-Yonne. N° de CPPAP : 0626 Z 93933.

 
  Suivez-nous sur LinkedIn!

Pour suivre l’actualité entre deux éditions, nous vous invitons à vous abonner à la page LinkedIn d’IR Notes. Suivez-nous ! Vous êtes déjà 737 à nous suivre !

 
  Dictionnaire européen des relations sociales

Si vous souhaitez aller plus loin dans la lecture d’IR Notes nous mettons à votre disposition des liens vers le Dictionnaire européen des relations sociales, publié par Eurofound, et régulièrement mis à jour par IR Share, éditeur d’IR Notes. Les définitions des termes sont disponibles en anglais et facilement convertibles grâce à des outils de traduction en ligne.

 

IR Share est une entreprise à capitaux privés, indépendante et apolitique, dont l’objectif est d’informer et d’aider l’ensemble des acteurs du dialogue social en Europe et au-delà. Elle est le correspondant de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) pour la France depuis 2009.

 

A la Une
Eurofound livre un état des lieux des conditions de travail dans l’UE

La Fondation pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) a publié, le 4 septembre, sa dernière enquête sur les conditions de travail. Réalisée auprès de 36 700 travailleurs dans les 27 États membres, elle apporte de nombreuses données au moment où la Commission européenne doit préparer une « feuille de route pour des emplois de qualité ». Même si la qualité de l’environnement physique de travail s’est améliorée depuis 2010, Eurofound souligne deux tendances préoccupantes : 1/ L’exposition croissante aux températures élevées. En 2024, 34 % des hommes et 18 % des femmes déclarent y être confrontés sur leur lieu de travail surtout dans certains secteurs comme l’agriculture (68 %), le BTP (52 %), l’industrie et les transports (33 %). Cette intensification, liée aux effets du changement climatique, impose de repenser la prévention des risques professionnels. 2/ La sédentarité. Principalement en raison de la numérisation des processus de travail, 42 % des femmes et 39 % des hommes déclarent passer de longues périodes assises, ce qui soulève de nouveaux défis pour la santé et le bien-être au travail.
Depuis 2010, l’évaluation des progrès réalisés dans les différentes dimensions de la qualité de l’emploi montre que quatre indices mesurant les dimensions non pécuniaires (environnement physique, qualité du temps de travail, compétences et autonomie, perspectives) se sont globalement améliorés. Les indices relatifs à l’intensité du travail et à l’environnement social se sont toutefois détériorés pour les femmes. Par exemple, surreprésentées dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des services au public, elles sont plus exposées à des conditions dégradées et confrontées à des comportements sociaux hostiles.
Parmi les améliorations, citons la proportion de travailleurs effectuant de longues heures qui a considérablement diminué depuis 2005. Ceux travaillant plus de 10 heures par jour sont passés de 37 % à 28 %, et la part de ceux travaillant plus de 48 heures par semaine est passée de 19 % à 11 %. Eurofound pointe également des tendances inquiétantes comme la proportion de travailleurs effectuant un travail monotone qui a augmenté de 39 % en 1995 à 48 % en 2024.
L’étude permet aussi de faire le point sur certaines évolutions récentes : si seulement 3 % des salariés de l’UE-27 télétravaillent à temps plein, une proportion plus importante pratique le télétravail régulier / « travail hybride » (9 %), ou le télétravail occasionnel (16 %). Quant à l’IA générative, seuls 12 % des travailleurs déclarent utiliser des outils d’IA dans leur travail (avec des variations de plus de 20 % dans certains pays à moins de 5 % dans d’autres). Enfin, concernant la gestion algorithmique, elle n’est pas encore répandue : environ 17 % des travailleurs déclarent qu’un programme informatique contrôle leurs performances professionnelles dans une large mesure ou dans une certaine mesure, tandis que 16 % déclarent qu’un programme est utilisé pour répartir leurs tâches et 10% pour déterminer leurs horaires de travail.


1. Union européenne
Jurisprudence

Dioxyde de titane : Contredisant les experts scientifiques de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) qui avaient classé, en 2019, du dioxyde de titane (TiO2) comme cancérogène de catégorie 2 par inhalation, la Cour de justice de l’UE a rendu un arrêt, le 1er août, contre cette classification, donnant raison aux industriels. En conséquence, employeurs des milliers de travailleurs qui sont exposés à cette substance très utilisée dans les peintures, les cosmétiques, les médicaments, les plastiques, les emballages, les textiles… ne seront plus obligés de les informer sur les dangers des poudres et poussières de TiO2 inférieures à 10 000 nm. La Cour confirme ainsi l’arrêt du Tribunal de l’UE de 2022 (v. IR Notes 202) en rejetant le pourvoi introduit par le gouvernement français et la Commission européenne, avec le soutien de l’ECHA et des gouvernements néerlandais et suédois (v. communiqué de la CJUE).



Mobilité et licenciements collectifs : La Cour de justice de l’UE s’est prononcée sur la compatibilité avec la directive 98/59 sur les licenciements collectifs de la législation française qui permet à l’employeur, dans le cadre d’une restructuration, de négocier avec les syndicats un accord de « mobilité interne » dont les termes s’imposent aux salariés. Selon la loi, lorsqu’un ou plusieurs salariés refusent l’application de l’accord, l’employeur peut les licencier selon les modalités d’un licenciement individuel pour motif économique, lui évitant ainsi une procédure de licenciement collectif. Ce dispositif, appliqué par l’entreprise Ineo Infracom à la suite de la perte d’un marché, afin d’affecter les salariés sur d’autres zones géographiques en France, est contesté par deux salariés. Ils estimaient que l’employeur aurait dû enclencher une procédure de licenciements collectifs et enclencher la consultation des représentants des salariés prévues par la directive. Dans son arrêt, la Cour rappelle sa jurisprudence : la procédure de consultation prévue à l’article 2 de ladite directive « doit être déclenchée par l’employeur au moment où a été adoptée une décision stratégique ou commerciale le contraignant à envisager ou à projeter des licenciements collectifs » (CJUE, 10 septembre 2009, aff. C‑44/08, Akavan Erityisalojen Keskusliitto AEK e.a., et CJUE, 21 septembre 2017, aff. C‑149/16, Socha e.a.). Tel est le cas lorsque l’employeur décide de proposer des modifications du contrat de travail, dont il doit raisonnablement s’attendre à ce qu’elles ne soient pas acceptées par un certain nombre de travailleurs entraînant, par voie de conséquence, la résiliation de leur contrat de travail. Or, dans cette affaire, Ineo Infracom a, dans un premier temps, formulé des propositions d’affectation géographique sans réduction d’effectifs, avant de négocier l’accord de mobilité interne « dont l’application lui permettait d’apporter des modifications unilatérales aux contrats de travail concernés en ce qui concerne le lieu de travail. » Par conséquent, Ineo Infracom devait « s’attendre, lors de la négociation de cet accord, à ce qu’un certain nombre de travailleurs n’acceptent pas de telles modifications unilatérales de leur contrat de travail sur le fondement dudit accord et que, par voie de conséquence, leurs contrats respectifs soient résiliés. » Si le nombre de salariés concernés dépasse le seuil de déclenchement des garanties accordées par la directive, alors l’employeur aurait dû respecter la procédure prévue par la directive en cas de licenciements collectifs. En revanche, si les négociations portant sur les conditions de mobilité professionnelle ou géographique n’évoquent pas de réduction d’effectifs, les négociations menées en faveur d’un accord de mobilité interne ne relèvent pas de cette directive, puisque, par définition, au cours de ces négociations, l’employeur n’envisage pas d’effectuer des licenciements collectifs, ne peut pas communiquer aux représentants des travailleurs les éléments énoncés à l’article 2, paragraphe 3, premier alinéa, sous b), i), ii) et iv) à vi), de ladite directive et n’a pas à entamer de projet de licenciement collectif.


2. États membres
Allemagne

Conditions de travail des livreurs de colis : Le gouvernement a décidé de prolonger la loi adoptée en 2019 pour protéger les travailleurs des messageries et de la livraison de colis (v. communiqué). Cette loi, qui devait expirer en 2025, lutte contre le travail illégal et garantit le versement des cotisations sociales. Selon la ministre du Travail et des Affaires sociales, Bärbel Bas, elle contribue également à réduire la concurrence déloyale.



Respect des conventions collectives : Un projet de loi approuvé par le gouvernement, le 6 août, prévoit que seules les entreprises appliquant les conventions collectives pourront obtenir des contrats publics fédéraux d’un montant égal ou supérieur à 50 000 euros (v. communiqué). Certains Länder appliquent déjà ce type de dispositif. Cette mesure vise à augmenter la couverture des conventions collectives, qui est en baisse continue, de 76% en 1998 à 50% en 2024 dans l’ouest du pays et de 63% à 42% dans les Länder de l’est (v. communiqué).



Convention collective unifiée pour l’intérim : La Confédération allemande des syndicats (DGB) et l’Association allemande des prestataires de services de personnel (GVP) ont conclu une convention collective unifiée pour le secteur du travail temporaire qui emploie 560 000 personnes (v. communiqué). Cette fusion des deux précédentes conventions collectives est la conséquence de la fusion, en 2023, de deux organisations patronales iGZ et BAP, pour former le GVP. La nouvelle convention prévoit que le trajet entre le domicile et le lieu de travail est désormais pris en compte dans la rémunération au lieu du trajet entre l’agence et le lieu de travail. Les heures supplémentaires dépassant le seuil de 91 heures (au lieu de 105) seront rémunérées (v. communiqué).


Autriche

Protection contre la chaleur : Le gouvernement a introduit une nouvelle réglementation, applicable à partir du 1er janvier 2026, visant à protéger les salariés travaillant à l’extérieur lors de périodes de chaleur (v. communiqué). Les employeurs sont désormais obligés de mettre en place des mesures de protection lorsque la température perçue atteint entre 30 et 34 °C. Ces mesures peuvent inclure le port de vêtements adaptés, l’aménagement des horaires ou encore la fourniture d’eau. La fédération syndicale ÖGB soutient cette initiative, mais encourage une extension de la couverture aux travailleurs en intérieur, également exposés aux fortes chaleurs (v. communiqué).


Pays-Bas

Protection des travailleurs en cas de faillite : Le Conseil des ministres a approuvé, le 11 juillet, un projet de loi visant à renforcer la protection des salariés (v. communiqué). Actuellement, lorsqu’un entrepreneur reprend une entreprise en liquidation ou en faillite, il peut librement choisir les employés qu’il conserve. Le projet prévoit que la sélection devra désormais se faire sur la base de critères objectifs, comme c’est le cas pour les licenciements pour raisons économiques en dehors d’une faillite. Cette mesure ne s’appliquera pas aux entreprises de moins de 20 salariés, sauf si le repreneur en fait le choix. Par ailleurs, les clauses de non-concurrence deviendront automatiquement caduques pour les employés concernés.



Travail indépendant : A la suite d’un accord conclu en 2023 avec les partenaires sociaux, le gouvernement a présenté un projet de loi clarifiant les critères permettant de déterminer si un travailleur doit être considéré comme indépendant ou salarié (v. communiqué). L’estimation de faux indépendant est environ 200 000 sur 1,3 million de travailleurs indépendants en 2024 (contre 630 000 en 2003). Le projet prévoit que les travailleurs indépendants gagnant moins de 36 euros de l’heure pourront choisir d’adopter le statut de salarié afin de bénéficier des droits associés. Cette mesure concernerait environ 15 % des indépendants. Si le Parlement adopte le texte, la loi entrera en vigueur le 1er juillet 2026.


3. Entreprises
Comité d’entreprise européens

Renouvellement : La direction du groupe Eiffage et les membres du CE européen ont adopté, le 27 juin, un protocole d’accord relatif au renouvellement du CE européen. Le nouvel accord apporte des améliorations significatives en termes de budget par rapport à l’accord de 2021, avec un budget de fonctionnement de 70 000 euros (+16%) et un budget pour organiser une formation annuelle de 50 000 euros (+66%). Le texte met en place un groupe de travail pour assurer le suivi des engagements du groupe en matière de développement durable et d’innovation transverse. Il comprend les membres du comité restrient, trois membres du comité intéressés provenant de trois pays différents et se réunira deux fois par an. S’inspirant de la proposition de révision de la directive 2009/38, les parties ajoutent au processus de consultation, que « sous réserve que les membres du CE européen aient exprimé leur avis dans un délai raisonnable, la direction répondra, avant l’adoption de la décision, par écrit aux questions qui lui seront posées ou à l’avis exprimé ».



Responsabilité sociale : Dans une déclaration adoptée le 26 juin, le CE européen de Safran a exprimé « son opposition au « paquet omnibus » présenté par la Commission européenne » qui « affaiblit la portée de la directive CSRD en limitant la transparence et en restreignant le nombre d’entreprises concernées ». Le comité demande à la direction de poursuivre la publication de rapport de durabilité, « comme prévu initialement », estimant que ce rapport « ne doit pas être réduit à une obligation formelle : il est un levier important pour identifier les risques sociaux et environnementaux, améliorer la gouvernance et renforcer le dialogue social. »


Accords transnationaux

Droits fondamentaux : La direction de la marque de commerce électronique ASOS a renouvelé, le 19 août, son accord-cadre mondial signé en 2017 avec la fédération syndicale internationale IndustriAll Global Union (v. IR Notes 83). Le nouveau texte ajoute « un mécanisme contraignant de résolution des conflits afin de traiter les plaintes des travailleurs concernant la violation de la liberté d’association et du droit à la négociation collective », souligne la fédération (v. communiqué). Le texte intègre aussi la convention OIT n°190 sur la violence et le harcèlement. « Notre relation avec IndustriAll nous a aidés à améliorer la résilience de notre chaîne d’approvisionnement, à atténuer les risques liés aux droits humains et à apporter des changements positifs à long terme pour les personnes qui fabriquent nos vêtements », souligne José Antonio Ramos, Pdg d’ASOS.


Études et rapports

Santé mentale : Passionnante étude livrée par Eurofound qui dresse un état des lieux de la santé mentale dans l’UE. Le rapport note qu’en 2021, la mauvaise santé mentale a coûté à l’UE 11,1 millions d’années de vie perdues ou vécues avec un handicap, dont les deux tiers sont dus à la dépression et à l’anxiété. La proportion de personnes à risque d’anxiété ou de dépression a augmenté pendant la pandémie de Covid-19, mais semble s’être stabilisée depuis. Mais certains indicateurs sont alarmants : après une baisse spectaculaire, les taux de mortalité par suicide augmentent à nouveau, notamment chez les femmes de moins de 20 ans et les hommes de plus de 85 ans. Parmi les 15-29 ans, le suicide est la principale cause de décès (18,9 % en 2021), suivi des accidents de la route (16,5 %). Les personnes travaillant dans les secteurs de la santé et des services sociaux sont les plus exposées : 24,5% se sentent émotionnellement épuisés. Viennent ensuite les professions de l’hôtellerie-restauration (22,7%) et de l’éducation (20,4%). Les moins exposés à la dépression sont les salariés (28,6%) et les personnes en étude ou formation (25,4%) contre 70,1% pour les personnes malades ou handicapées ou 47,1% pour les chômeurs. Dans l’ensemble, les femmes sont plus exposées au risque d’anxiété et de dépression que les hommes. À noter une mesure de l’éco-anxiété : en 2024, 8,4% de la population se déclare extrêmement inquiète par rapport au changement climatique (contre 5,7% en 2016). Un pourcentage qui monte à 39% en ajoutant les « très inquiets » contre 30% en 2016.



Sous-traitance : Le nouvel institut lancé par les organisations d’employeurs au niveau européen – l’European Employer’s Institute, qui se veut le pendant qu’est l’Institut syndical européen (ETUI) pour le monde syndical – vient de livrer sa première étude, réalisée par Erik Sinander, professeur associé à l’université de Stockholm, afin de démonter les risques associés à un encadrement législatif de la sous-traitance au niveau européen. « Les risques pour le bien-être des travailleurs, lorsqu’ils existent, constituent un problème crucial qui doit être traité, mais la solution ne réside pas dans des restrictions générales à la sous-traitance », conclue Delphine Rudelli, présidente de l’institut et directrice générale du Ceemet. De son côté, l’ETUI a publié récemment une autre étude (Sorry we subcontracted you) qui démontre que la sous-traitance logistique est un modèle économique répandu, qui conduit à des salaires plus bas et à des conditions de travail moins favorables, dans le but de réduire les coûts et d’augmenter les profits. Les auteurs prônent une limitation de la sous-traitance.

 


Désabonnement

IR Notes

Introduction

IR Notes est une note de synthèse indépendante, fiable et équilibrée sur les relations professionnelles et le droit du travail en Europe.

Publiée en 6 langues et vendue sur abonnement, cette newsletter vous donne accès à des informations concises, ciblées et pratiques sur les enjeux majeurs de l'Europe sociale et du dialogue social transnational.

Avec l'appui de nos experts et de nos correspondants nationaux, nous adoptons une approche dynamique, pratique et utile de la veille sociale européenne.

Ainsi, nous sélectionnons les sujets les plus pertinents, qui constituent une véritable source d'idées transversales et inspirantes.

Chaque numéro comprend:

  • Une interview d'un professionnel des relations sociales qui offre sa perspective unique sur un enjeu social d'actualité, un accord ou un exemple de bonnes pratiques.
  • Le point sur les évolutions législatives et jurisprudentielles de l'UE.
  • Le suivi de l'actualité du droit du travail dans les États membres de l'UE.
  • Des mises à jour sur les dernières évolutions concernant les comités d'entreprise européens (CEE) et les comités d'entreprise SE.
  • Enfin, IR Notes vous tient informé des principales études et recherches menées sur le monde du travail.

IR Notes
Construire ensemble une Europe sociale

La newsletter IR Notes offre à tous en Europe l'accès à une source d'information indépendante, fiable et impartiale sur les sujets liés aux relations sociales.

Three questions for Delphine Rudelli

Three questions for Delphine Rudelli

Three questions for Delphine Rudelli, Director General of CEEMET (*) On the delays in transposing the ‘pay transparency’ directive “We are calling for the application of the directive to be suspended while we assess what can be simplified – not to reduce rights, but...

read more...
European Union – Social update

European Union – Social update

European Works Councils The Expert Group set up by the European Commission to help Member States transpose the new Directive (EU) 2025/2450 on European Works Councils is due to submit its report this summer. This report may constitute a useful point of reference when...

read more...
A step in coordination of national social security systems

A step in coordination of national social security systems

At last, a step forward for freedom of movement for workers in the EU On 22 April, representatives of the Council and Parliament reached a provisional agreement on revising the rules on coordination of national social security systems, as provided for by regulation...

read more...
Picture of Nora Krokovay

A question for… Nora Krokovay

A question for…Nora Krokovay, Senior Analyst at Kopint-Tárki What changes can we expect in terms of social dialogue and labour law in Hungary following the elections that brought an end to Viktor Orbán’s 16-year leadership? The atmosphere was very euphoric and joyful...

read more...
Improvements in job quality

Improvements in job quality

Eurofound notes improvements in job quality in Europe Now that the European Commission has announced its intention to present a bill on job quality by the year end, the results of the latest European Working Conditions Survey (EWCS) will be scrutinised very...

read more...
Is pay transparency the new enemy to be targeted?

Is pay transparency the new enemy to be targeted?

After seeing off the corporate sustainability reporting and due diligence directives, Member States appear ready to tackle the pay transparency directive, which is due to be transposed in Member States by 7 June 2026.Not only are many countries behind schedule, but a...

read more...
A question to… Lidia Gil Otero

A question to… Lidia Gil Otero

A question for…Lidia Gil Otero, PhD Assistant Professor in Labour and Social Security Law at Santiago de Compostela University In the context of the Digilare project (*), you advocate using the transposition of the Platform Work Directive, which is due to be completed...

read more...